LE PÈRE DU PEUPLE
coupables aux magistrats. (Ordon. du 20 janvier 1514.) On réduisit le nombre des procureurs, « qui rongaient la substance du pauvre peuple, » et défendit aux juges d'exiger « dépens ni autre chose des parties, » hors les épices. Enfin, contraint de demander, en 1501, un fouage aux États de Vannes, nous le voyons en exempter deux mille feux, les plus pauvres de la province.
Les États généraux de 1506 décernèrent à Louis le titre le plus glorieux que roi ni empereur aient jamais porté, celui de Père du Peuple, hommage qu'a ratifié la postérité. Lorsqu'il traversait les provinces, les paysans quittaient leurs travaux, ornaient les chemins de ces modestes arcs de triomphe de verdure, si touchants quand c'est la reconnaissance du peuple qui les élève. Les cris de joie et les acclamations se succédaient sur son passage, et quand ils l'avaient perdu de vue, ils couraient par des sentiers plus courts pour le voir encore, et pour le remercier et le bénir. Puis, quand le royal cortège avait disparu au tournant de la route, c'était un souvenir qui ne s'effaçait plus, on le voyait encore avec les yeux du cœur, avec les yeux de l'amour, car c'était de l'amour, en effet, de cet amour vrai et qui ne s'use point, des enfants pour un père dévoué et généreux. « C'est lui, se disaient-ils, qui fait régner la justice parmi nous, qui féconde nos moissons, qui nous a préservé des pilleries des gens d'armes, et qui, le premier, nous a fait goûter les douceurs de la paix et de la concorde. »
Aussi, le bien-être venait visiter ce pauvre royaume désolé, bien des exilés volontaires rentraient dans leurs chaumières, si l'on peut appeler volontaires ceux que la misère et d'indignes traitements avaient erivoyé chercher une tombe loin de leur berceau. Les campagnes se repeuplaient, et, suivant Seissel, à la fin de cet heureux règne un tiers du royaume avait été remis en culture depuis trente années.
En 1513, à la suite de ces fatales guerres d'Italie, il avait