LE PÈRE DU PEUPLE
fallu établir une crue et augmenter les tailles, mais autant que possible on demanda aux villes des emprunts et des dons gratuits. Quant aux impôts, ils furent exigés mollement; le roi engagea et aliéna ses domaines plutôt que de « hausser la taille, dont le pauvre peuple était merveilleusement travaillé ». (Regist. du Parlement.)
Dans les dernières années de ce règne trop vite écoulé, il arriva un de ces petits faits que Ton remarque à peine, et qui portent dans leurs flancs des conséquences immenses. Louis faisait chaque année un fonds pour payer l'expédition des arrêts du Parlement, et 6,000 livres suffisaient alors pour que les sujets du roi jouissent en partie des bienfaits de la justice gratuite. Thémis, on le voit, n'avait pas alors le robuste appétit qui lui est venu depuis , en mangeant. Un commis s'enfuit avec ce fonds; Louis désirait supporter cette perte, mais, si modeste que fût la somme enlevée, la guerre qu'il avait à soutenir épuisait le trésor; un homme de cour, habile financier sans doute, persuada au roi que les parties ne seraient point grevées pour payer, pendant un temps, le coût de ces expéditions : et, en effet, il n'en coûtait que six blancs, deux sols et demi! Mais le provisoire dure encore, et ses conséquences furent de ruiner le peuple en frais de procédure et de lui rendre inaccessible le temple de la justice (1).
(1) Bailly, Hist. financière de la France, I, 208.
FRANÇOIS rr.