LA GUERRE DES PAYSANS. A
encore, et la France comptait un héros de plus, Claude Ier, chef de la glorieuse maison de Guise (1).
Cependant on n'avait pu parvenir à tout tuer, et beaucoup de fuyards s'étaient répandus dans la Champagne, dans le pays de Montbelliard, dans la Franche-Comté, semant en tous lieux les idées d'émancipation qui leur avaient mis les armes à la main, soulevant l'indignation de tous aux récits (Jes cruautés des égorgeurs des princes lorrains, et faisant germer dans tous les cœurs le désir de la vengeance. Déjà en avril et mai 1525, pendant la jacquerie allemande, la réforme avait pénétré dans la Franche-Comté, et les campagnards montbelliardois et comtois, renforcés bientôt par les débris de la grande armée insurrectionnelle de Munzer, avaient consommé la leur contre les nobles et le clergé, leurs éternels ennemis. Vainqueurs en diverses rencontres , à Grammont, à Dampierre-sur-Doubs, à Mathay, ils avaient promené la flamme et le pillage dans les châteaux et les abbayes, avaient saccagé celle de Belchamp, rançonné le chapitre de Saint-Maimbeuf, et inquiété les moutiers de Lieucroissant, Lanthenans, Saint-Valbert et Bilhaine. Une fermentation sourde agitait les campagnes avoisinantes, Héricourt, Lure, Vcsoul, Ganges, Faucogney; l'incendie se propageait, il gagnait du terrain et menaçait de répandre ses flammes dévastatrices sur toute la France, lorsque les nobles, l'archevêque de Besançon lui-môme, tous ceux enfin qui étaient menacés par ces tentatives prématurées d'émancipation, se réunirent en groupant en un seul faisceau toutes les forces qu'ils purent réunir, et fondirent sur les paysans, qu'ils finirent par exterminer, mais non pas sans peine. (Uougebief, 422.)
Grâce à l'ambition et aux idées belliqueuses du roi, une ligue redoutable s'était formée contre la France; la misère suivit l'augmentation des impôts, et un malaise universel
(J) jTn pieux ecclésiastique, Pillait, a cêïéhré, dans un poëme latin eij six rhanls, les exploits du prince de Lorraine el la dêfaile des rusleaux.