‹ Histoire des paysans (volume 5)Chapitre 20 sur 225 · OMNI A SUNT REGIS · texte numérisé non relu

OMNI A SUNT REGIS

Quant au serf, dont nul au fond ne se souciait, c'était à ses dépens que se faisaient ces transactions, et cela sans scrupule ; car ce n'est que par une concession toute libérale que ses maîtres lui abandonnent une portion dans le partage des biens de la terre, qui, en toute évidence, appartiennent à eux seuls. — Nulle terre sans seigneur, nul seigneur sans terre, tel est l'axiome de droit féodal que répètent toutes les coutumes. « Le seigneur enferme les habitants sous portes et gonds, du ciel à la terre ; la bête qui fuit, l'oiseau qui vole, l'animal égaré, le voyageur perdu, bien plus, le vent qui roule, l'eau qui coule, le soleil qui luit, tout appartient au seigneur. » (Michelet, Orig. du droit.)

Les serfs, au contraire, ne possèdent rien et ne peuvent rien posséder (1), et c'est avec raison qu'un vieux jurisconsulte dit qu'ils sont « comme beast en parkes, pissons en servors, et ouseaux en cage. »

Il suffit de remonter à l'origine de la propriété pour être bien convaincu que le serf n'y a en effet nul droit.

Chez les Romains, la conquête d'un territoire entraînait après elle comme conséquence naturelle, l'appropriation, au profit du vainqueur, de toutes les terres du pays soumis par les armes. C'était donner aux anciens maîtres, que de ne les

impetus militaris instigabat, assumpta mei equitatus caterva satellitumque turba, in prefatam villam consueveram descendere, facullatesque hominum sancli Pelri meis militibus ad escam proriigaliter tradere. Michi i laque, pro hujus oppressionis remissione, peregre profieiscenli ad Jérusalem, que adhuc servit cum filiis suis, sub oblenta venie facinorum meorum a Deo i m pet r aride, Xdenariorum libras ad sumplum prepositi itineris dederunt; et sorori mee, Hugonis Dunensis vicecomitis uxori, nominc Comilisse, pro asseusu, très libras; Hamelino fratri meo XL solidos... » fàid., 428.

Tous les cartulaires sont pleins de pareils actes et de pareils aveux. Ainsi, dans celui de Saint-Père de Chartres, p. 173, 227 , 232, 248, 320, 471, 520.

(1) « En moult de coutumes, les seigneurs peuvent prendre de leurs serfs et à la vie et à la mort, toutes les fois qu'il leur plaît, et ils les peuvent contraindre à toujours demeurer sou» eux. » Beaumanoir, Coutume du Beauvoisit, chap. lxt, p. 258.

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