A80 PERSÉCUTIONS RELIGIEUSES
et secours. Dans le bourg seul de Cabrières, plus de sept cents hommes furent égorgés de sang- froid ; on renferma ensuite les femmes et les enfants dans un grenier rempli de fourrage, on y mit le feu, et l'on repoussait dans la fournaise ardente, à coups de crocs et de piques, ceux qui tentaient de s'échapper. Pour couronner cette œuvre d'iniquité, les maisons furent rasées, les bois coupés, les arbres des jardins arrachés, et en peu de temps le désert reprit sur les Vaudois leur conquête usurpée.
Cependant le roi ne guérit pas.
La cour feignit que Ton avait outre -passé ses ordres, d'Oppède et quatre conseillers qui s'étaient associés à ses crimes, furent traduits devant le Parlement de Paris, mais, après des débats qui remplirent cinquante audiences, d'Oppède, déclaré innocent, fut rétabli dans ses fonctions.
La justice de Dieu suppléa à celle des hommes, et il fut frappé, en 1558, d'un mal mystérieux et rapide qui l'enleva de ce monde.
Le règne de François Ier fut l'un des plus glorieux de la monarchie. Seulement il est à remarquer que la misère du peuple fut généralement en raison directe de la gloire de la couronne, ce que nous rendrons plus sensible lorsque nous serons arrivés à Louis XIV. En attendant, tandis que le roi déployait son faste, le paysan de France ignorait l'usage de la viande, ne tuait pas même de porcs, parce que la gabelle tenait le sel à des prix trop élevés, se nourrissait de glands, de châtaignes, de pommes, de poires cuites ou crues, etc., et était réduit à regarder le pain comme une nourriture de luxe dont il ne goûtait que le dimanche (1*).
(1) La Bruyêrc-Champier, médecin de François Ier, De re cibarid.