‹ Histoire des paysans (volume 5)Chapitre 205 sur 225 · LA GABELLE. À · texte numérisé non relu

LA GABELLE. À

procès qui ont été faits contre eux, pour raison desquels plusieurs ont été condamnés et exécutés à mort. » (D. Roger, Anjou, 421.)

« Les impositions que Ton met sur le sel sont si grandes, que c'est horreur de le dire, lisons-nous dans un pamphlet dirigé contre Henri III (1); car encore que les pauvres villageois fussent ruinés par les guerres recommencées tant de fois, néanmoins on contraint jusqu'à une pauvre veuve qui n'a aucun moyen d'avoir du pain pour ses pauvres enfants qui meurent de faim, à prendre du sel par chaque quartier de Tannée, ce qui vaut plus d'une fois ce qu'elle peut gagner en toute une année. El pour avoir le payement de ce, il est advenu en divers endroits qu'on a vendu jusques à la poêle en laquelle on faisait la bouillie aux pauvres innocents, et, ayant emporté la paille sur laquelle couchaient les misérahles enfants, on vendit encore le pain d'avoine qu'ils avaient, en tous moyens, pour leur nourriture d'un jour ou deux. Et néanmoins ces pauvres gens n'eussent su que faire de sel, car ils n'avaient à quoi l'employer. Horreur horriblement horrible, laquelle tombera sur Henri de Valois qui n'en a été ignorant, d'autant qu'on lui a remontré assez de fois. »

Pressé par la nécessité de la guerre, et après avoir fait argent de tout, Henri inventa un nouveau subside; il mit un impôt de vingt livres sur chaque clocher, mais ce fut la maîtresse du roi, la célèbre Diane de Poitiers, qui toucha l'argent du peuple, ce qui fit dire à Rabelais, qui dépeignait les règnes de François Pr et de Henri II sous des allégories aujourd'hui difficiles â retrouver, que Gargantua attachait les cloches au cou de la grand'jument qu'il montait.

L'impôt n'était jamais que le moindre inconvénient de la guerre. La sœur de Charles-Quint, Marie d'Autriche, reine de Hongrie et gouvernante des Pays-Bas, brûle et dévaste les

(1) La vié et faits notables de Henri de Palois. — Archxv. curieuses deChist. de France, t. XII, 1™ sér., p. 458.

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