OMNI A SUNT REGIS
testable alors, et Louis XIV avait raison, dans un édit d'août 1692, de proclamer ses droits sur la propriété générale de la France, et il écrivait en propres termes à son fils, pour 6on instruction.
c Tout ce qui se trouve dans l'étendue de nos États, de quelque nature qu'il soit, nous appartient au même titre. Vous devez être bien persuadé que les rois sont seigneurs absolus, et ont naturellement la disposition pleine et entière de tous les biens qui sont possédés aussi bien par les gens d'église que par les séculiers, pour en user comme de sages économes et suivant le besoin général de leur état (1). »
Ils avaient les biens, ils avaient les personnes, ils avaient tout.
« Voyez, disait le vieux Villeroy à Louis XV enfant, en lui montrant la foule qui encombrait les environs des Tuileries; voyez, mon maître, voyez tout ce peuple, cette affluence, ce nombre de peuple immense : tout cela est à vous, vous en êtes Je maître ». (Saint-Simon, XXVIII, 225.)
Il est vrai que plus tard, une autre révolution arriva encore, à la suite de laquelle il parut tout simple que J.-B. Say pût écrire ces lignes :
c Tout gouvernement qui se dit propriétaire de la fortune des particuliers, ou qui agit comme s'il Tétait, est usurpateur: or l'usurpation est un fait, et non pas un droit; autrement un voleur assez adroit ou assez fort pour s'emparer du bien d'autrui, une fois qu'il serait devenu le plus faible, et qu'on l'aurait saisi, serait néanmoins propriétaire légitime, et dispensé de la restitution (2). »
Voyez comme changent, à cent années de distance, les bases sociales les plus sacrées et les plus respectables ! Voilà un roi, le plus puissant des rois, qui meurt au xvnr* siècle, et
(lj OEuvres de Louis XIV, Mémoires historiques. (2) Traité d'économie politique, II, S69.