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CHAPITRE III

Croisade contre les Albigeois. — Ruine des campagnes dans le midi.

« C'était une jurisprudence acceptée pur toute la France, que l'un pouvuit piller les excommuniés. Aussi a'e m pressait-un de se racheter à deniers comptants de l'excommunication On comprend pourquoi elle était frëqueute. » De Vérité.

A toutes ces causes de guerre, le fanatisme en vint joindre une autre, bien plus terrible, et dont nous retrouverons les effets jusqu'au xvnie siècle. Je veux parler des guerres religieuses, qui ne cessèrent point d'attirer tant de misères sur les populations des campagnes. Racontons donc quelques scènes de la guerre des Albigeois, l'un des épisodes les plus abominables de noire histoire.

Les provinces du midi, plus rapprochées du foyer de l'ancienne civilisation , jouissaient do plus d'indépendance , de prospérité, de richesses que celles du nord, lorsque la barbarie conquérante de celles-ci, se ruant sur elles, vint promener la destruction, la ruine et l'incendie sur cette partie de la France qui avait le tort impardonnable de se faire Pavantgarde de la civilisation nouvelle. Pour les pays comme pour les hommes, c'est toujours un crime irrémissible d'être en avant de son époque.

Vers le milieu du xne siée I<\ un riche négociant de Lyon, Pierre de Vaud, ou Valdo, après avoir distribué «*iu\ pauvres sa grande fortune, s'érigea en réformateur des mœurs, et fit de cet abandon absolu dos richesses terrestres une règle commune parmi ses disciples. C'était la loi évangélique ramenée à toute sa pureté primitive, et rien de plus. C'était le renoncement aux biens de la terre ordonné par Dieu ; seulement, en même temps que l'on prêchait !a théorie, la pratique était maudite et poursuivie à l'égal d'un crime, et l'immense charité des disciples de Jésus-Christ était devenue une hérésie aux

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