‹ Histoire des paysans (volume 5)Chapitre 82 sur 225 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Les trois fils de Philippe le Bel. — Réaction au profit de l'esprit chevaleresque.

— Les guerres privées continuent. — Comment on guerroyait alors: on ne se battait pas, on ruinait son adversaire en massacrant ses hommes et en saccageant son territoire. — Misères affreuses. — Nouvelle insurrection des pastoureaux. — Premiers affranchissements généraux : ordonnance de 1315.

— Les serfs refusent de se racheter. — Louis X ordonne de tailler les récalcitrants. — L'ordonnance de 1315 reste sans effet.

« Les paysans étaient décidément plus malheureux qu'ils ne l'araient été dans les deux siècles précédents. » Sumondi, X, 443.

Ce fut la tradition constante de tous les rois et princes de la troisième race de montrer au lit de mort un repentir amer des injustes et continuelles levées d'impôts, des variations de monnaies et de toutes les violences qu'avait endurées le peuple pendant leur règne (Mézerai, V, 374, 375). Muni du pardon de l'Eglise, le monarque se retirait de la scène du monde en repos avec sa conscience, et laissait le trône à son successeur,

puissant prince, notre très cher et redouté sire, Philippe, par la grâce de Dieu roi de France, a fait et relevé plusieurs tailles, subventions, exactions non dues, changements de monnaies, etc., par quoi les nobles et les communes ont été

moult grevés et appauvris etc.»

Sept actes d'associations semblables furent rédigés à la même époque (1314) par les nobles de diverses provinces.

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