‹ Histoire des paysans (volume 5)Chapitre 88 sur 225 · LES SEIGNEURS VENDENT LA FIUNCHISE · texte numérisé non relu

LES SEIGNEURS VENDENT LA FIUNCHISE

chissement. Il résulta de cette nouvelle position concédée ^ la classe agricole, que la personne resta sujette à la foi et hommage, à l'aveu et dénombrement, à la reconnaissance au terrier, à l'assistance aux plaids généraux, aux corvées, aux amendes, à la banalité, etc., et que les biens furent assujettis aux droits de cens, surcens, chefccns, lods et ventes, relief, rachat, dîmes, champart, retrait et saisie féodale, etc., état de choses anarchique, incohérent et barbare, qui persista jusqu'en 1789, pour ne disparaître qu'avec la monarchie elle-même.

L'intérêt des maîtres est le seul motif qui les porte à affranchir leurs hommes, et, pour que nul n'en doute, ils en consignent naïvement l'aveu dans leurs chartes de manumission (1). Toujours et partout étrangers sur cette terre qu'ils ne peuvent pas posséder, les serfs se portent, par de fréquentes migrations, aux lieux où ils espèrent une position moins mauvaise, et c'est alors que pour les retenir, les sires se décident à leur vendre la franchise. Ainsi, dans une charte de 1354, donnée par Guillaume Choiseul aux habitants d'Aigremont et de la Rivière, aux environs de Langres : « Nous voyons qu'à cause de l'ancienne servitude, la plupart des maisons étaient tombées, plusieurs avaient abandonné leur domicile, se retirant dans les villes franches, dont nostre cour estait moult désolée... »

En février 1361, les habitants de Buxeuil obtiennent des lettres d'affranchissement de mainmorte et de diminution de tailles : de cinquante à soixante feux, Buxeujl n'en avait plus

(t) « Et pro hac manumissione et franchesia habui et recepi octodecim libras Vienner.sium bonorum, quas in utilitatcm meam et ronimodum rneum posui.» — Guicbenon, Hisi. de Brest? et de Dugey, preuves p. 5 (titre de 1185).

Titre de 128-2 : Olhon IV accorde la franchise aux habitants d'Arbois : «Nos, Othe, cuens (comte) palatin de Huiirgoigne, sire de Salins, façons savoir à tos ces qui verront ces présentes lailres, que nos désirons que nostre ville d'Arbois soit creuc, multipliée et amendée por le proffit de nostre dicte ville et por nostre profit... » — Rougebief, La Franche- Comté, 236.

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