‹ Histoire des paysans (volume 5)Chapitre 98 sur 225 · LE VILAIN DÉPOUILLÉ DE TOUT · texte numérisé non relu

LE VILAIN DÉPOUILLÉ DE TOUT

troupeaux transhumans qui, à la fin du printemps, quittaient les plaines desséchées pour aller, sous la conduite de leur baille, ou chef des bergers, émigrer vers les pâturages plus frais des provinces voisines. Combien la nature devait-elle être empoisonnée pour le paysan, combien devait être amoindri ce plaisir qu'éprouvait le vieil historien du Berry à voir « les trouppelettes d'agnelets qui sautellent, » bonheur partagé, selon lui, par tous les vilains, « n'ayans pour toute volupté humaine autre plaisir que de voir ce mesme bétail s'entresuivre à belles bandes, où les béliers cornus précèdent en assez grave ordonnance; et me semble que ce plaisir surpasse tout autre (J. Chaumeau, I, 39). »

A qui ne devait-on pas, soit des redevances, soit des honneurs, soit de l'obéissance? Il y avait, c'est la très ancienne coutume de Bretagne, rédigée vers 1330, qui nous l'apprend (art. 292), il y avait le pape, le roi, le duc, le comle, et tous les autres princes -, il y avait les évêques, abbés, archidiacres, doyens etautres constituésen dignités, comme chapelains, etc. ; il y avait les barons, chevaliers et simples gentilshommes, « et aussi ceux qui ont les chiens et les engins à prendre les mauvaises bêtes et les faramines qui détruisent les bêtes et les nourritures que les bonnes gens nourrissent et ont pour le proffit commun. »

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