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DERNIERS EXCÈS DES ANGLAIS

a huit lieues, tous les villages étaient la proie des écorcheurs, et nul n'osait s'aventurer dans les campagnes. Hommes, moines, femmes, enfants, tout était tué sans merci, et si Ton épargnait quelqu'un, on ledépouillait de ses vêtements, et on le laissait errer absolument nu par les champs, de quelque état ou de quelque sexe qu'il fût. {Journal (Tun bourgeois de Paris, 197.)

Comme au temps du roi Jean, le peuple disait hautement que rien ne se faisait que de la volonté des seigneurs, qui ne soldaient pas leurs hommes d'armes, et ne voulaient pas terminer la guerre. {Ibid., 271-273.) Ces accusations n'épargnaient ni le connétable Arthur de Richemont, ni le roi lui-même, et la voix publique avait raison lorsqu'elle disait que les bandits avaient acheté la complicité du connétable, et que le roi « était le chef et droite orine des larrons de France ; car ses gens faisaient pis que Sarrasins. » Aux alentours de Paris (1434), les Armagnacs promenaient en tous lieux le fer et la flamme, arrachaient les vignes, coupaient les arbres, faisaient le mal pour le mal. Dans la Flandre, dans la Normandie et jusqu'aux portes de Paris, les Anglais s'entouraient du désert. Des préposés « sans loy et sans droit, et par force, prélevaient en nature une partie de la récolte des vignes, et mettaient les villages k rançon. Et de tout cela le roy ne s'inquiétait pas plus que s'il eût été k Rome où a Jérusalem. » {Ibid., 273-288.)

Pour donner quelque ombre de satisfaction aux plaintes du peuple, on plaça des garnisons dans les environs de Paris, en disant bien haut qu'elles avaient

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pour missioD de protéger les récoltes contre les courses dévastatrices de renoemi, et pour permettre aux cultivateurs de faire leurs moissons (1437-1438). « Mais pour certain on ne savait desquels on avait le meilleur marché, ou des Anglais, ou des Français ; car les Français prenaient pactis et tailles de trois mois en trois mois, et si les povres laboureurs n'avaient de quoi payer, les gouverneurs les abandonnaient aux gens d'armes ; les Anglais les délivraient quand ils les pouvaient prendre par rançon. »

Charles rentre dans sa capitale, sans que sa présence arrête en rien le mal qui ronge la France jusque dans la moelle. <ic Par saint Georges ! disaient les Anglais, vous pouvez bien crier et braire k votre connétable qu'il vous secoure ; car, par saint Edouard ! tant qu'il sera connétable, nous n'avons point peur que nous soyons combattus par lui ! » — «En effet, ils pillaient plus que jamais, et ni roi, ni duc, ni comte, ni prévôt, ni capitaine n'en tenait compte pas plus que s'ils fussent à cent lieues loin de Paris. »

Les loups, enhardis par cette terreur qui pesait sur la France et paralysait les courages, trouvant les campagnes désertes, venaient enlever leurs victimes jusque dans les faubourgs de Paris. Pour lever les tailles, on mettait chez les pauvres gens des garnisaires. Dans la Bourgogne, c'était le connétable luimême qui guidait les bandits k la proie. En Normandie, c'était le roi qui marchait pour enlever Harfleur aux Anglais. Ses hommes d'armes ravissaient les enfants, les mutilaient sous les yeux de leurs parents, les enfermaient dans la huche où ils les

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