‹ Histoire des paysansChapitre 38 sur 84 · LA TAILLE DEVIENT PERPÉTUELLE · texte numérisé non relu

LA TAILLE DEVIENT PERPÉTUELLE

les deniers de la dite taille... en leurs terres et seigneuries... et aucuns les prennent... et aucuns mettent, avec et par-dessus la taille du roi, sur leurs sujets, autres grandes sommes de deniers à leur profit... sous couleur de taille du roi... » (Art. 41.) Du reste, imitant l'exemple qui leur était donné, ils abonnèrent en tous lieux la taille seigneuriale, qui devint annuelle comme la taille royale. Le paysan en eut désormais deux à acquitter.

La royauté, par toutes ces mesures si habilement prises, se plaçait entre les sujets et les seigneurs. La féodalité sentit le coup et la Praguerie fut organisée pour le parer. Cette prétendue ligue du bien public mit sur pied une armée qui, pendant six mois qu elle dura, ajouta encore aux désastres de la France. Dans le Berry, on eût fait dix lieues sans trouver k boire ou à manger, sans pouvoir se procurer un fruit ou toute autre chose. (Bourg, de Par., 287). Les chefs donnaient Texemple aux soldats, assaisonnant leurs crimes de raffinements odieux. (Guill. Gruel, 216.) Alexandre, bâtard de Bourbon, était Finsligateur de la révolte : on lui fît son procès, et il fut jeté a la rivière. La ligue fut dissoute, mais le dauphin Louis persista dans sa rébellion, et en 1445, ses troupes pillent TIle-de-France. Il récompensait k prix d'argent ceux qui enlevaient les vaches et les chevaux des cultivateurs, et pour vendanger « il fallait racheter sa vigne k grand'rançon. »

Quelques années plus tard, le roi s'empara de Bordeaux ; mais dès Tannée 1452, les habitants du Bordelais se donnent au roi d'Angleterre, « sous couleur qu'ils disaient que depuis qu'ils s'étaient mis

en robéissaoce da roi de France, ils étaient travaillés d^aides, subsides, tailles, gabelles et maltôtes, que bonnement ils ne pouvaient pas souffrir (1). » La Guyenne redevint anglaise, et Charles VII dut la reconquérir une fois de plus.

Cependant Charles, après la dispersion des oialandrins, avait songé k les remplacer par des milices nationales. Le 28 avril 1448, il ordonna que chaque paroisse du royaume choisit, équipât et entretint un homme robuste et en état de faire la guerre, toujours prêt k entrer en campagne, muni d'un arc, de flèches et d*une dague, et qui devait s'exercer au tir de Tare durant les jours fériés. Leur solde fut fixée k quatre francs par mois pendant la durée de leur service actif seulement. Ils étaient en outre francs et exempts de toutes tailles et autres charges ; aussi le roi leur donna-l-il le nom de francs-archers, que les gentilshommes changèrent dérisoirement en celui de francs taupins, faisant allusion aux taupinières qui sillonnent les campagnes, au grand préjudice des champs, et surtout des prairies. Comme il était écrit que tout, jusqu'aux améliorations, ouvrirait la porte aux abus qui écrasaient lés paysans, il arriva que les gens riches obtinrent d'entrer dans les compagnies d'archers pour devenir exempts des tailles, et aggraver

"es charges des communautés. (Ordon. du

it k la taille, elle devint peut-être, ainsi trans-

, moins onéreuse au plat pays, parce que, principe, elle fut juste et modérée. Elle s'é-

clerq, Mém.i 615.

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