LES RAVAGES EN LORRAINE
mont, el les troupes passaient par la Provence, « dont le pauvre peuple est contraint de fournir vivres et de faire étapes, qui est une charge presque ordinaire. » On devait de plus fournir k l'entretien des forteresses, etc. Chaque feu, en somme, payait un fouage de 50 écus. Bien que les tailles dussent être réelles, les gens de noblesse, d'Église et de juslice s'étaient affranchis de toute charge, encore bien qu'ils tinssent des biens roturiers et contribuables. Après avoir acquis les meilleurs domaines, ils les tenaient eux-mêmes sans les donner à ferme, de sorte que le nombre des terres et des personnes sujettes k l'impôt était très diminué, et fort surchargé par suite. Aussi voyait-on bien des lieux abandonnés et déserts. Depuis longtemps les consuls d'Olières étaient prisonniers pour n'avoir pu faire rentrer la taille, par Texcellente raison que le seigneur du lieu avait acquis tout le terrier, et refusait de la payer.
En présence d'abus nombreux, force fut bien de transiger sur quelques points, et un arrêt intervint le 6 mars 1549, qui, respectant toutes les anciennes franchises de la Provence, ordonna que tous payeraient pour toutes terres acquises depuis 1471, époque k laquelle cette province avait, été réunie k la France.
En 1552, le second héros de la maison de Lorraine, François de Guise, fils du bourreau de Saverne, défendait Metz, qu'assiégeait l'empereur. Après avoir approvisionné largement la ville par réquisitions for-^ cées sur la campagije, et contraint des bourgs voisins d'apporter toutes sortes de provisions k Metz, il ordonna que tous ceux qui ne pourraient le faire k temps sortissent tout hors de chez eux et y missent
eox-méines le feu, de crainte que renoemi ne s'ea prévalût. Dans l'espace de quatre jours, chacun dut amener k la ville son bétail et ses grains, sous peine de voir, passé ce délai, les soldats aller tout piller chez lui. Puis il en ût sortir toutes les bouches inutiles, qui durent être bien ennpêchées de vivre, puisqu'il avait donné ordre de détruire tous les moulins à trois lieues à la ronde, et de faire, par la flamme et par l'incendie, le dégât sur le plat pays. (D. Calmet, V, 692.)
Voila comment ce grand général se préparait a défendre la ville ; voici maintenant comment l'armée soutenait le siège. Les officiers, logés k discrétion chez les bourgeois, chassaient leurs hôtes sur les remparts k coups de bâton, de jour et de nuit, et pendant ce temps déshonoraient par force lemrs femmes et leurs filles, assassinant au besoin, soit les femmes trop cruelles, soit les maris ou les pères mal endurants.
Ce ne sont Ik que « gaillardises entre gens de guerre, » et le gouverneur lui-même, M. de Gonnor, donnait l'exemple et vivait publiquement avec une belle jeune fille dont la honte avait tué le père, et dont la mère, plus malheureuse peut-être, vivait dans le désespoir. Lorsqu'il eut été remplacé par M. Vieilleville, qui s'est fait l'historien de toutes ces infamies auxquelles il mit un terme, celui-ci ordonna que chaque capitaine rendît la liberté k « la poule qu'il cachait en mue, » et il fit lui-même des perquisitions dans toutes les maisons qui lui furent signalées. Aussitôt chacun d'ouvrir en grande hâte la porte a
la bête k vingt ongles » qu'il détenait cachée chez
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