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LES INDULGENCES

vernement lui échappaient. Avec sa métropole, il possédait six évêchés et huit ou neuf abbayes ; il entrait dans toutes les afiFaires de TÉtat, il était tantôt k Rome, tantôt k la cour de François P^^ très rarement dans son diocèse, où le cardinal Duprat, son prédécesseur, n'avait jamais mis le pied (1). »

Les curés ne résidaient pas plus que les évoques. Ils avaient imaginé un système d'unmis personnelles qui leur permettait de réunir plusieurs cures sur une nnéme tête. On n'en possédait qu'une seule en titre, et toutes les autres étaient réunies a celle-lk par des rescrits que l'évêque accordait, pour de l'argent, et pour la vie de l'impétrant.

« On a vu, — dit le procureur général Brulart dans un mémoire dressé en 1548 au sujet des prétentions du pape sur la province de Bretagne, — on a vu un procureur de Rome, nommé Régis, tenir en Bretagne 15 ou 20,000 livres de rente en cures et églises parochiales par unions personnelles, et ne vit en sa vie un de ses paroissiens es vingt-cînq ou trente cures qu'il tenait en la province : et le semblable d'un autre officier de Rome, nommé Clérici, et plusieurs autres que l'on nommerait, qui ont fait cidevant train et marchandise (2). »

Ces accapareurs de cures les donnaient k desservir au rabais, et l'usage d'affermer une paroisse, tant pour le spirituel que pour le temporel, élait devenu ordinaire (Id., 94). On doit comprendre ce que valaient ces singuliers curés qui, comme les fermiers

(1) Longuevaî, Hist, de VÉgL gallicane.

(2) Camus, Traité des, portions congrues, I, 98.

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dont le bail est k courte échéance, ruinent la ferme en lui faisant rendre au delà du possible. S'ils n'eussent pas exigé leurs droits avec rigueur, s'ils ne les eussent pas étendus par tous les moyens licites oa illicites, ils fussent morts de faim à côté de ces richesses prodigieuses que l'Église accaparait, mais pour n'en laisser partager les fruits qu'entre les membres de l'aristocratie cléricale.

Aussi les ecclésiastiques ne se contentaient pas des dîmes, « de quelque nature qu'elles fussent, et contre les ordonnances de la primitive Église, comme les papes même confessent, ont empoigné tous legs testamentaires, tant meubles comme immeubles, duchés, comtés, baronnies, fiefs, châteaux, maisons aux villes et aux champs, rentes de toutes sortes, obligations gratuites : et néanmoins prenaient succession de tous côtés, vendaient, eschangeaient, acquéraient et négociaient du revenu des bénéfices pour l'employer en autres acquisitions : et le tout sans payer tailles, impôts' ni charges, aux lieux mesmement où les tailles sont personnelles (1)... »

Le. concile de Trente (1545) avait la prétention de réformer l'Église. On signala quelques-uns des abus les plus révoltants, on ordonna d'administrer gratuitement les sacrements. Mais on admit un tempérament qui accuse déjà l'influence des casuisles de l'école de Loyola. On sait en effet que le second général de l'ordre des jésuites, Lainez, assista au concile en qualité de théologien du saint-père. Les docteurs reconnurent bien qu'on ne pouvait en effet rien recevoir de

(1) Jean Bodin, De la République^ liv. V.

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