LES INDULGENCES
temporel pour Tadministration du spirituel. Mais ils ne furent pas moins unanimes a déclarer «c que Ton peut recevoir un salaire pour la peine de les administrer, surtout si ce salaire n'est donné ni reçu en vue du sacrement, mais en forme d'aumône (1). > On ne remédia donc à rien, bien qu'on eût commencé par reconnaître que « les recteurs des églises n'y résidaient point, et néanmoins voulaient en avoir tous les fruits, jusques à affermer les incertains h de pauvres prêtres qui sont forcés de vendre tout pour vivre (Id.). »
On sait que le Jubilé attirait k Rome, dans la première année de chaque siècle, tout l'or de la chrétienté. L'opération était si lucrative, que les papes les firent bientôt sémi-séculaires ; ils revinrent ensuite tous les trente-trois ans, en souvenir du temps que Jésus avait passé sur la terre, puis enfin tous les vingtcinq ans. Toujours merveilleusement habile k soutirer l'argent des fidèles, le clergé français imagina d'instituer des sortes de jubilés locaux, qui amenaient de riches aumônes dans certaines églises privilégiées. En 1293, un évêque d'Angers avait prescrit aux confesseurs et curés de son diocèse de donner pour pénitence aux pécheurs de visiter annuellement l'église cathédrale de cette ville, au moins pendant cinq ou sept années. Les autres évoques imitèrent cet exemple lucratif. « Les abus se glissèrent dans ces pèlerinages de piété, dit le savant auteur de la Discipline ecclésiastique (V, 197). Ils furent momentanément abandonnés presque partout. Mais en 158.1, le concile de
(4) Fra Paolo Sarpi, Hlst. du Concile de Trente, liv. II, p. 229.
Rouen fit revivre celle couUime si profitable en allachanl ces indulgences à la visite faite à « Téglise matrice » de la ville, au moins k Pâques et k la Pentecôte, et depuis les pèlerinages n^ont jamais cessé de reprendre leur ancienne faveur. « Toutes les provinces en eurent, en grand nombre, et les dévots ne cessèrent jamais d'y venir apporter leur offrande. Ils devinrent annuels : quelques-uns mêmes sont chroniques, toujours ouverts, et c'est ainsi que nous les voyons encore aujourd'hui. »