‹ Histoire des peintres de toutes les écoles (volume 2)Chapitre 15 sur 58 · LES HERRERA · texte numérisé non relu

LES HERRERA

Herrera el Moro commence dan» les Ecoles de Séville et de Madrid la série des décadents, successeurs trop immédiats de» grands artistes qui avaient été la gloire de ces Écoles. Héritière des dehors mais non de» inspirations de son aînée, cette génération, tristement habile, va chercher à élever h la hauteur du génie

TtlOMMI IIK »»IM achat 'Vh «.Il II*. ■•»** I .'•» «r MU- l>

absent ses dangereuse» facilités de pratique et sa déplorable fécondité. Herrera le Vieux inspirait Velnrque/ : Herrera el Mnzo devait aboutir à Luca Fa pmto,

Herrera el Moro était né a Séville en 1622. Ses premières études faisaient pressentir un vrai maître : rcul qu'aussi les rudes enseignements paternel» ne lui permettaient guère de s'écarter des grniids el austères modèles. Mai» son séjour en Italie lui lit perdre si»» précieuses qualités natives. A Rome, Herrera ol Mon»

ÉCOLE ESPAGNOLE

étudia I architecture, la perspective et la peinture à fresque. Malheureusement, le slvle tourmenté et les compilions théâtrales des Italiens dégénérés eurent plus de prise sur lui que les chefs-d'œuvre des vieux maîtres; Herrera s'engoua du maniérisme.

Dès qu’il apprit In mort de son père, il revint à SéviUe. Son premier ouvrage fut destiné à la chapelle du Saint-Sacrement, dans le sagrario de la cathédrale : c’est une de ses meilleures compositions ; elle a été gravée par Matias Arteaga et représente les l tarir tirs de T flglise adorant le saint Sacrement et la Vierge. Presque en même temps il entreprit pour la chapelle de Saint-François une autre grande toile : Saint François s'élevant dans tes deux soutenu par des anges; elle a été également gravée à l'eau-forte par Arteaga.

Lorsque, grâce à l’initiative et aux persévérants efforts de Murillo, les artistes de ScvîIIh établirent, en 1060, l'Académie publique de dessiu, création que Vailles Leni et Heirern el Muzo tentèrent vainement de faire échouer, Murillo fut élu président et Herrera vice-président. Mais l'orgueilleux artiste ne pouvait s’accommoder de ne venir qu'au second rang, alors même que Murillo occupait le premier : il donna sa démission et quitta immédiatement SéviUe pour venir résider à Madrid. Peu de temps après sou arrivée, il fut chargé d'exécuter, pour le mnilre-aulel du cnuvriil des forines-héehuussés, un tableau, aujourd'hui catalogué sous le n" 531, mi Musée royal de Madrid, et représentant Saint Hermenegilde s'élevant aux deux après son martyre, le même qui est gravé dans cette notice.

Herrera déploya dans cel ouvrage Unité sa science de coloriste el il obtint un immense succès. Sa vanité en fut très-exaltée et il lui échappa de dire publiquement * que son tableau eût mérité d'être mis en place au son des timbales el des clairons, n Telle était d'ailleurs sa modestie ordinaire lorsqu'il parlait de ses propres productions.

Aussitôt après le Saint Hermenegilde, Herrera peignit à fresque les voussures du chœur de San Felipe el Real, ouvrage qui grandit encore sa réputation et lui valut que Philippe IV lui (lt confier la décoration de la coupole de Notre-Dame d'Atocha. L'artiste choisit pour sujet f Assomption de la Vierge. Vers la partie la plus élevée de la coupole, il ligura Marie portée par une gloire d'anges, el, en bas, dans l'aimeuu de la voûte, les apôtres appuyés â une balustrade peinte en trompe-l'œil. Celte fresque se détériora rapidement. Dès l'année 1090, Sébastian Munoz et Isidore Arredondo durent la restaurer; ils s’aidèrent pour ce travail des esquisses mêmes de Herrera el llozo. Quelques années après cette première restauration, Luca Giordano reçut de Charles II l'ordre de la reprendre à nouveau : il ajouta autour de la Vierge des groupes d’anges et de chérubins, et modifia quelques autres parties. Finalement, cette malheureuse fresque, tant de fois restaurée et qui avait coûté la vie à Sébastian Munoz, tombé d'un échafaudage, a péri nu commencement du dix-neuvième siècle.

Après avoir peint la coupole d'Atocha, Herrera reçut le titre de peintre du roi. La vogue iluiit il jouissait s’en accrut d'autant; les commandes lui arrivèrent de toute part, et le grand amiral de Castille mil le comble à cet engouement en lui demandant un tableau destiné ii prendre place dans sa magnifique collection des meilleures œuvres de l'école.

Nommé fourrier du palais, Herrera fut encore appelé, après la mort de Gaspar de Pcfia, à lui succéder dans sa charge de grand maître des (diras rentes. Dès lors il délaissa la peinture pour ne plus s'occupei que du service de ses emplois et se consacrer à la surveillance des grande» constructions dont sa charge lui donnait la direction. Eu 1686, il allait o Snrngossc dresser les plans du sanctuaire de Notre-Dame de! Filar, qui fut commencé sous ses yeux. Herrera, qui, durant son séjour it Home, n'avait fait comme architecte que des études très-superficielles, donna, dans ces travaux, libre carrière à son extravagante fantaisie; aussi l'architecture, tombée dans une complète décadence depuis le règne de Plülippe IV, atteignit-elle le comble du mauvais goût sous le nouveau grand maître.

Dans sa biographie de Herrera el Mozo, Ce an Hemmdcz raconte quelques traits qui mettent en relief son caractère jaloux et son intraitable amour-propre. Envieux à l'excès, il se regardait lui-même comme une victime de l’envie. Tantôt, comme au bas de la coupole d’Alocbn, il peignait un lézard rampant sur su signature; tantôt, comme dans son tableau de Saint Vinrent Ferrer , pour l'hôpital des Aragonais, il figurait

LES UERRERA (1576-1622). 7

un chien tennnt dans sa gueule une mâchoire d'Ann, ou bien encore c'étaient des rats rongeant le papier où se trouvait son nom : autant d'épigranimatiques allusions à l'adresse de ses émules, qui ne songeaient pas à nier son mérite, et que, cependant, il attaquait et critiquait lui-même sans pudeur ni convenance.

' -vX^WvV-

SAUT rkANÇOI* •'ILBTART An CI«CI iCilMnh KfU.),

Cette rageuse tournure d'esprit, Hcrrera l'avait en toute occasion. Chargé par un grand personnage, que Pulomino dit être le comte-duc d'OIivarès, de lui choisir dans une vente les tableaux qui lui paraîtraient les meilleurs, Herrera lit ce qu'on désirait de lui. Mais il arriva justement que le personnage, ne tenant miruii compte du choix de l'artiste, acheta d'autres tableaux fort inférieurs, tlerrera, au lieu d'en rire, prit tout de suite de l'humeur. Il saisit une toile, y figura un jardin rempli de fleurs et de fruits, et au milieu,

ÉCOLE ESPAGNOLE

un superbe singe cueillant un chardon, pour lui la fleur préférable. Herrera km allait fièrement présenter culte boutade emblématique à l'ignorant acheteur, lorsqu'un ami, le rencontrant. lui enleva le tableau et coupa court A l'aventure.

Francisco de Herrera et Moro mourut » Madrid en 1 G H 5 ; il fut enterré dans l’église do San Pedro. Comme son père, il a gravé à l'eau-forte, et il y a de lui une pièce datée de 1671, très-spirituellement traitée, dans le livre où la Torre Farfan décrit les fêtes célébrées à Séville lors de la canonisation de saint Ferdinand.

Herrera n'a pas formé d'élève qui ail marqué dans l'histoire de l'art.

cail lé fout.

1*1101112 31 T !l H DJ Cime fl S

Palomini) et Cran Bermudez ont décrit, à la »uile dm notices ,-onsamf* aux doux lierre», les ouvrages qu'il* |**ignireirt pour Ir* couvent* et Ira église*. Il ne nous reste donc (unir cmu|déter leurs induration* qu a donner lu liât* des tableaux rte cm maître» faisant partie aujourd'hui des musées d'Eum|w ou île* galerie* particulière* :

Misée Royal de M vnnin. — Triomphe de saint //craie negilde, de Herrera el Moro.

Mi sée sational ne Fouexto. — Sainte Therrte de Jésus . Sainte Anne et la Vierge; Sainte Juste, le cœur perré d'une (Ur ht: Sainte Juste couronnée d'épines ; Saint Aicolas de Talent inn ; Saint Antoine, de Padou*.- cm six toile* sont de Herrera el Moto.

Académie or San Feux as bo. — U Miracle des pains et des poisson* : Saint Pierre pleurant; de Herrera Ir YÎCUX.

Misée eaovisuvL de Skville. — Douze tableaux de HernTJ le Vieux, pour la |4u|uirl figures de saint», grandeur nature et en hu*te. Le* pin* remarquable* sont un Saint Antoine, un Su in/ Grégoire {cintré du haut!, Saint Diego, et deux (.-oinixiMtHKi» : Sain/ llermenegilde. Mini Isidore et saint Léandee acre des anges, et le Sauteur arre saint Basile et les apdtrei.

(bit* ce même musée, deux Uibleaux de Herrera el Mozo : Sainte Anne et la Vierge, et Saint Ferdinand.

Mi t. k F. dc Loivre. — Saint Basile dictant sa doctrine. de Herrera le Vieux. — C* tableau a été acheté 12.000 franc*, a la vente Soult.

Misée imk Rotes. — Vwt’on de saint Jérôme. — Herrera le Vieux.

Misée b’Avicsos. — Un Mendiant ; la Pénitence de saint Pierre. — Herrera le Vieux.

Mi sée de Mcmch. — Mercure apparaissant à deux vieillards. — Henrera et MoaOu

SAiST-PÉTEasaocRU. Eaurrvr.r. — La sainte Vierge, sainte Catherine el sainte Marte -Madeleine acre un Dominicain . — llerreta el Mimi.

Atx-LA-€mrBUJt.GALB«iK îjCE—OK PT. — Tête de vieillard.

— Ilerivra h* Vieux.

I. 'ancienne galerie espagnole du Muhs* du Louv re renfermait treiar tableaux de Herrera le Vieux et deux de Herrera H Moju. Ile tous ces tableaux, vendu* il Londres eu 105.1, aucun. qu* 1 nous «cIikiim «lu moins. ne*4 rentré en France. Quelquesuns cependant étaient d'excellent» spérimeua de la manière île ce» deux maître». Voici quelle* H. lient h** pniicj|ule» conqmtKinsqui ont fait partie dc cette regrettable galerie espagnole, et le» |>ri\ qu’elle» ont atteint» Ion de b venu* à Londres : far Herrera le Vieux. — Le Miracle des cailles au désert. 20 t, — J oh sur le /Minier, 6 < !0. — La Sahvité, ti < 10.

— Jésus portant ta troix, 10 10. — dpparitioN de

sainte Catherine à une famille en prison, lit.— Suint Pierre en costume pontifical, Il C. — l'n Jfoine uugushn, martyr, 10 * 10. — Deux Mendiants, Ht. — Deux Paysages, fl f 20. — Musc* Sundish, Incrédulité de saint Thomas, ti t.

Par Herrera el Mozu. — L'Archange Raphaël, 1 f 15, — L'Ange gardien, 4 * 10.

Mu*ce Sbindish, Apparition de la Vierge à des saints, 4 t 15.

Vente Suull (1052). Herrera k* Vieux, Saint Basile. 12.000 fr.

— Herrera el Mozo, Miracle des pains. 1 ,000 fr. — Vote* de Canu, 2.150 fr.

IU» — IvrilHklk bl MMItm, I R t,

LUIS TRISTAN

Tou» le» amateur* «le peinture qui ont visité le Musée de Madrid ont été émerveillé» d'un grand Chris I en rrtiir , peint par Velaxque/ (n® 5t du Catalogue), dan» un style sévère et terrible. L«* crucifié se modèle énergi<|uement, comme un marbre pèle, sur les ténèbres du fond. La tète esl douloureusement infléchie sur la poitrine, et du front tombe une longue mèche de cheveux noirs qui ray«* le visage. C’est superbp! (Quelque chose de shakespearien.

Pour reconnaître Velaxque/. dans cette oeuvre étrange et sublime, il faut être très-initié a la chronologie de son talent. Car il a eu, comme la plupart de» maîtres, diverses manière» successives. Eli bien! son Christ de Madrid procède de Luis Tristan.

Au château «lu marquis de Salamanca, Vista Alegre, près Madrid, on admire aussi un petit Crucifia qu'«in prendrait pour la première pensée du grand Christ de Velaxque/. Un chef-d'œuvre également, et qui est de Tristan.

Après Pacheco et lierre ra, Uiis Tristan peut donc compter comme un d«*s maîtres de Velaxque/. dette influence de Carliste loh ; dain sur le grand peintre de Philippe IV «»»l signalée par liais les biographes et rriti<|u«>s : •• Pour

la COrreclloQ du dttain, dit Cean Dermudez, pour le charme du coloris, pour la vérité cl la clarté de ses compositions, et pour bien d'niyres qualités de son style, Luis Tristan mérita que Velâzquez le choisit pour modèle, de préférence à tant d'autres peintres espagnols ou italiens, et cela seul est le plus grand éloge qu’on puisse faire de Tristan. » — •< De tous les peintres dont les ceux res passèrent alors sous les yeux de Velâzquez (pendant qu'il étudiait encore à Séville), dit M. William Stirling, ce Tut Luis Tristan de Tolède qui produisit sur lui l'impression la plus vive. Disciple favori du Greco, Tristan s'était formé pour lui-même un style où les tons sobres des artistes castillans se mêlaient avec le coloris plus éclatant des Vénitiens... Ses œuvres ont pu apprendre îi Velâzquez à ajouter î» sa palette quelques teintes brillantes qu'il appliquait sur sa toile, avec une touche encore plus magique et plus habile... Velâzquez reconnut ci instamment les obligations qu'il avait à Tristan, et il n'en parla jamais qu'avec un enthousiasme chaleureux... » — « Tristan, dit M. Hichard Cumberland» eut l'honneur d'être imité par In célèbre Velâzquez, qui m» déclara son admirateur, et, ahaudonii.iiit les préceptes de Pacheco, se réforma d'après le style et la manière de Luis Tristan. » — «S'il fallait choisir parmi les différents peintres sortis de l'École de Tolède, dit M. Louis Yinrdot, c'est à Luis Tristan que nous donnerions, salis hésiter, la préférence, et nous n aurions-, pour la justifier, qu'à citer l'exemple de Velâzquez, qui changea sa première manière, dure et sèche, pour adopter ce large et grand style qu'il ne quitta plus, dès qu'il eut vu les œuvres du maître tolédain... « — - Si les œuvres de Tristan ne suffisaient pas à sa célébrité, dit M. Adolphe Siret, le titre de maître de Velâzquez rendrait sa gloire assez belle. »

Heureusement, les œuvres de Tristan, bien que très-rares, lui assureraient un rang distingué à son épique et dans son École, quand même son nom lie serait pas indissolublement annexé à l'histoire de Velâzquez.

J'avouerai encore ici que je ne sais parler d'un peintre qu'aprês avoir vu et étudié sa peinture dans des exemplaires significatifs. De Tristan, j'ai vu, entre autres, trois tableaux qui marqueraient dans des collection* bien choisies : le Sain/ Jérôme, de l'Académie rie Madrid; le Crurifij •, de Visla Alegre, et un Moine dans sa grotte, qui faisait partie de la galerie IJrzuiz, u Madrid; figure entière, de grandeur naturelle, avec une belle signature, en toutes lettres. Le Saint Jérôme de l'Académie de Madrid, dont nous donnons la gravure, rappelle aussi, on le voit, les compositions analogues du Titien, mais avec plus d'emportement. Du sent que Velâzquez a pris de cette |KMiiturc lu touclie libre et 1a gamme lumineuse du coloria. Car, par Tristan, c’eut le génie vénitien qui passa en Velâzquez : tons d'argent et franchise d'exécution.

Creco avait été l'importateur en Espagne des procédés de l'École vénitienne. Tristan fut en quelque aorte lo nux/imn entre Greco et Velâzquez. Son portrait de I vi/lard tenant dans la main droite un Mton (Musée de Madrid, n* 1865), continue le Greco et fait pressentir Velâzquez. C'est le seul tableau de Tristan qu’il y ail au Musée de Madrid. Mais on admire encore plusieurs de ses peintures à Tolède, et peut-être aussi dans quelques autres villes de la Castille.

Luis Tristan naquit dans un village voisin de Tolède, vers 1586. Le Greco, qui était venu habiter Tolède dès 1577, y faisait beaucoup de bruit, pur son talent et aussi par son caractère. (Test chez lui qu'entra h* jeune Tristan pour apprendre le métier de peintre, et tout de suite il deviiit l'élève affectionné du vaillant mailre. On peut lire, dans la biographie du Greco \ parM. Lefort, l’anecdote déjà racontée par Palomino, Cran Dermudez, Cumberland, Louis Viardol : Le Greco avait cédé à son condisciple la commandé d'une Crue pour le couvent de la Sisla, hors les murs de Tolède, et ce muchacho de Tristan fit une merveille, dont les moines lui contestaient le prix, sous prétexte de son extrême jeunesse. Le Greco intervint, et finalement les moines, pour garder le tableau, durent payer 500 ducats, au lieu de 200.

A l'âge de trente ans, vers 1616, Tristan exécutait les peintures de Yepes, ses chefs-d'œuvre, suivant Cean Dermudez : la Naissance, Y Adoration des Mages, le Christ à la colonne, la Mise m croix , la

1 Histoire des Peintres, Ht., n* ISO <ie U publication, b* |{ dp f École espagnole.

LUIS TRISTAN (1586). 3

Résurrection , l'Ascension et divers* 1 » figure» de saint». Kn 1 fi 1 9, il faisait le portrait de l'archevêque de Tolède, cardinal don Itenianl» de Snndovul, |kiur la salle capitulaire de la cathédrale. Ver» le même temps, il peignait aussi le grand poète Lope de Yoga, portrait conservé au Musée de l'Krmilage, « Saint-Pétersbourg n* 413 du Catalogue , et proteuunl de la collection Coesvcldt. Certains portraits attribués au lîreco et disséminés dans des collections particulière?. pourraient bien être de Tristan, à l’époque ini il collahnrail. pour ainsi dire, avec son maître.

Ccuil Bermudei signale encore, comme des «ruvres excellente» de Tristan, deux grandes compositions : un Miracle rie Moïse et une Dispute du /tclit Jésus avec les Docteurs, appartenant, x ers la lin du dix-liuitH*iii« a siècle, à deux amateurs de Madrid; lui-même, Bennude/, possédait aussi un tableau de Tristan, date IGîili. la Trinité, avec ligure» de grandeur naturelle.

Tristan doit avoir beaucoup travaillé, à en juger par lu catalogue de ses œuvres ornant Ica églises et les couvent* de Tolède , de Madrid et d'autre* villes à l’époque où Bemiudez publia son Dictionnaire /aoijmpfutjue . Kt cependant, il n'a pns vécu très- vieux : suivant son ami don Lazaro Ilia/ del Vnllc. la date de sa mort est 1 fi i 0. et non ll>4!l, date hasardée par Palomino.

En 1640, il y avait déjà quinze an* que le Groco était mort. Velâzquez était alors dans toute sa piBSMnoe. Le jeune Munllo n'avait pas encore Tait son voyage à Madrid.

Tristan est donc une sorte de précurseur dan* la brillante École espagnole du dix -septième siècle. Il n'avait pas été, comme tant d'autres h la (lu du dix-septième siècle, dénaturer en Italie son caractère national. Mais, par chance, grâce au Grcco, il avait pu s'assimiler les pratiques habiles des Vénitiens, sans subir les dangereuses théories des Écoles romaine et bolonaise. Ses allié*, les peintres espagnol* du seizième siècle, n’ avaient été, en général, que des pseudo-italiens : — par exemple l'illustre Juan de Joanès, un sectateur dellaphaèl: par exemple Francisco Itibnltn, un imitateur des Car raidie. Luis Tristan conserve pur le tempénimcnt de son pays. S’il ne compte pas en première ligne dans l'histoire de son École, du moins il e*l national, même avec ses accents de couleur vénitienne, et surtout, il faut le répéter, son nom est ineffaçable de la tradition espagnole, dans le corde où ravounu le grand Velâzquez

w. Ht HO KM.

'ÜXCUX&mSS T! IBDÎCmDïïSL

Il |mii toujours être Mille dp rcpruluire la liste «les (riHTPt •)Uf> Cenn Berroudei donne « la lin de *<** biographie». Depuis le lommencetnmt de mitre siècle. |»etM|iie loua ce* tableau» ont été dispersés, par «mile de» guerre», de la fermeture de* convenu, el d’au Ire* n venlun** ; mais il en reste dan» le» église* Micore omaacnV» au mile, et l’indication de ceux qui ont di»(Kiru peut ailler à les retrouver. Je crm* nu'nie qu'on en retrouve une partie dan» le* célèbre* galerie» île Snult H d'Aguailo. et dan» l'aonr-n Musée CsfKigDoi de Luui*-Pliilq»|ie. A la vérité, ce* trois cdlrclion» ont «umm i*tê diaperM*». mai» 00 peut savoir à («eu près où les tableaux ont passé après la vente publique.

Voici te (dialogue do Bormudei :

A Tolkdk. — Cathédrale : Un Saint Antoine. abbé . un et codent Crucifix, dan* la utriilw, et le Portrait de l'srvlu*véqur de Sandoval, dan» la salle Capilidairr. — Xunla Clara Quelque* labte»ux du grand-autel, parmi ceux du Giwo, — S. Roman : Un tableau dan* le portique «te l'ëçlwe. — Uni fatal del Réfugia, joint à 5. S vola* ; Un tableau sur U port»? «te rétablissement. — S. Pedro mariir : Le célèbre tableau représentant Saint Louis, nu «le France, donnant l'aumône aux pauvret, pince «Lui* un «le* angles du cloître.— Aux Capucin» : Ou lui attribue le tableau dis» 0 mise Apôtre*. ligure» de grandeur naturelle, dan» U aarnslie. — S. ftartn, tome de .Sbiwo/ct : l,a Décollation de saint Jean-Rapti*te. peinte avec «me grande fores de clair-obscur. — Couvent de * Sonne» de la ftrinr : l.e* quatre truie» «lu graml-aulcl. représentant la ,Y«uuiner, Epiphanie, lu Résurrection et la Descente de. f Reprit -Saint . — La Trinitc Un l’Arûl à la eoloaw, près «le la porte de legti»e. — Couvent de la Sùla : La Crue là laquelle se rap|xirte l'anecdote où figure I*» Grero', placée «laiwk' réfectoire, et un tuMcau dan» la cellule du prieur.

A Uixbs. — Couvent de Santiago : Quelques gnuid» la* hltsiux dan» lin teneur de l'église.

A CrElVA. — BglUe parons mie lie» lableuux dan» une elt»|*-lle.

A Vkm:». — Église paroissial* : Au grand -autel, le Christ A la colonne, la Su* en croie, la Réiurrrction et l'.ltrenaiiin. et autre» tableaux avec ligure* de saint», à miH'nrj ».

A Minait». — Aux Carmes-Chauué* . Dan» la «'iiD|M*llf aliénant à celle «te la Conception. un .Suint /ferma» et un .Vain/ Jérôme. — Aux Carnie*-Déchau*té* : Deux Apôtres et un Suint Jérôme.

Nous avons dit que tr Mutée de Madrid n'avait qu'un lalicau de Tristan : le Portrait de l'ieilUrd ,en Ui»le. n* t*6.“>

A L'Actiniair botxlk UK Munie — Le lieau Saint Je rôme grave ri-contre.

A Vi»ta Alcgrr. ebàtean de M. Sdnmanca : la* Crucifie qui ressemble ti celui de VeJntquex ; il provient de ta collection Ahainiru. M. I.rdurt eu |»«»srdr un dessin par Tri»lan.

At Mc»kc pis I KnarrxcB. à Saint-Petersbourg. — Le plairait de Lufie de Véga. (amenant «Je la collection Guesveldl. M. Waugcn, dans son livre sur le Miius* «le l'Ermitage, en critique le dessin et il doute que ce portrait mnI «le Ti istun. « d'un maître ai rrwiwnmé. »

Ancieiine galerie Urtaix. k Madrid ; Le Vornc dons su grotte.

Ancienne collection Aguailu , vente à Pari», 181-1 : Le Christ A la entonne, cinq figura* .serait-ce le l utile» u «h* La Trinité de Tolède ou celui «!«• la Paroisse de V«-pc»? ; la Vierge et l'enfant Je* tM , sur «b*» nuage» .

Ancien MuisV espagnol de laïuis-Philippc ; .liforufioa de» Berger* et Adoration de t Sage*. |«endaut*, de même dune.». «no, 2,27 sur 1.(0; et quatre pendiinls. «b* l.ftfl sur 10,02 : I’ -4 do nation de* Sages, la Descente du Saint-Esprit, le Christ en noir et la Kéturreetiim. Seniinil-ce le» la- Neaux du couvent «b 1 » Nonne» de la Remit Ce* six tableaux ont été acheté* par don Anglais, * la venle publique à Londres.

Ml* — IHnillll MUMX MX B4»l«.t1l, S «« V.

( co/e / ytery.Hc/e

./t a/otrc L/rm/e

Page 1