‹ Histoire des peintres de toutes les écoles (volume 2)Chapitre 17 sur 58 · JOSEPH H I IIE HA · texte numérisé non relu

JOSEPH H I IIE HA

itominiquin. Autant Zampieri paraissait dédaigner l'excellence du promit* , les violents effets du Hnir-uWur. (•I, puiMjii il finit h* dire, toutes 1rs parties de l'art qui lui manquaient , aillant I libéra devait professer de mépris pour quiconque néluit pus initié à In magie des illusions, ne savait pus manier le pinceau, empaler sa tuile, filin' avancer h*s objets, n'Iinusser adroitement les clair».

Etrange peintre que ce Hilu-ni' Si l’on aperçoit ii distance un de ses tableaux, quoNpie lis formes * soient très-accusée» , très- saillantes , qunique les contours y soient le plus souvent arrêtés avec sécheresse , ou ne distingue pas facilement les objets qui le composent. A voir de loin ers grands partis d'ombre forte et de clairs brillants, on s'attendrait plutôt ii la repri*enlation d'un songe qu'à la |iriuturv d'une action réelle, Ijùet lit. une lumière isolée, perça ni la profonde obscurité du fond , prèle ù la composition une apparence fantastique, et l'on a d'autant plus de peine à rcvomiuitrc danser tableau éloigné la présence du corps humain, que 1rs posions y sont extraordinaires, sinon fonris , les lignes anguleuses et buurrcs, les contorsions violentes.

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Mais si le spectateur s'approche de I» toile de llibern, il a tout à coup devant les yeux des ligures pleines de vie, quelque arène empruntée aux tragédies de la place publique, des masques vulgaires, de» carnaüon» palpables à farce de vérité, tous les accidents d'uue peau ridée où serpentent des veines sensible», où sont rendus les moindres plis, les moindres poils, de sorte qu'il est saisi d'un mouvement involontaire eu rencontrant la réalité même au milieu de ce* ténèbre qu'il croyait habitées par des fantomes.

Depuis que la peur et In mort l'avaient délivré de ses rivaux, Hihera jouirait en paix de sa renommée, tb* son opulence . de In faveur des vice- rois de Naples, successeurs du duc d’Ossunu. Palais, couvents, église», tout se remplissait de ses dramatiques peintures. Les seigneurs napolitains, la gnndease espagnole, Philippe IV lui -même, se disputaient les o uvres d'un peintre dont l'Espagne commençait à s honorer. Le» Jésuite» qui le protégeaient montraient avec orgueil dans l'église du (iesu-.XHoro les tableaux où il avait représenté Ignace de Loyola écrivant ses fameux statuts, il l'apparition et comme sous la dictée de la Vierge: tableaux exécutés, cette fois, en un style moins lier que de coutuim*. avec beaucoup de morbidesse, et non sans quelque ressouvenir de la manière lombarde. Partout reclicrclié, lliliera pouvait a peine suffire aux travaux qu'on lui commandait. C'étaient les moine» de San-Marlino qui lui dcmaudaieul une Communion des Apôtre» et douze Prophète» pour In décoration du beau couvent bâti pur eux au pied du fort Saint -Klme ; c'était la fabrique de la cathédrale qui voulait un Saint Janvier sortant de ta f on riunxe, magnifique sujet où il déploya dans toute leur farce et toute leur variété, les merveilleux eiïcts de son clair-obscur.

Il est rare que les plus Hères natures ne soient pas adoucies , humanisées par la bonne fortune. Le sombre peintre des tortures humaines souriait mainteiuint à ses triomphes. Les angoisse* de la jalousie avaient fait place nu culme sentiment «b» la force, et son orgueil, autrefois si féroce, ne *e traduisait plus que par rostentulion de ses richesses, par le faste de ses manières. Installé à Naples dans la maison ou. pour mieux dire, (buis le palai» qui faisait face à l'église Suint- François- Xavier, il y vivait comme un grand seigneur, alla grande, en des appartements somptueux, noblement vêtu et soigneux d'écarter de sa présence jusqu'au souvenir de son ancienne pauvreté. Il avait carrosses et livrées; parmi son nombreux domestique, on distinguait un porte -enseigne réfonné , dont runii|ue charge était de lui faire tenir se* pim eaux . de l'accompagner eu voiture et de l'avertir des heures écoulées. Quand I Espagnole! . attentif, passionné, absorbé comme il l'était devant sa toile, avait travaillé trois heures le matin et deux heures après dîner, cet officier entrait pour lui dire : « Siguor cavalière H itéra, c'est assez travailler, votre carrosse est prêt. ■» A la voix de l'ofliclcr, Itibera quittait ses pinceaux et souvent il trouvait rangés autour de son chevalet de nobles visiteurs (pii. silencieux et inaperçus, avaient attendu son repos en l'admirant. Lui, quoique petit et de fumies grêles, il avait de la dignité dans le maintien, et tandis que. |«u un railincmcnt d'orgueil, il affectait des allures familières avec les vice-rois de Naples , il traitait ses inférieurs avec gravité.

Marie à Léonoca C-orlose, femme d'esprit , d'une beau lé singulière , et dont il eut plusieurs enfants, Itibera avait trouvé en elle des goûts semblables aux siens, surtout l'amour des plaisirs et des longues veilles. Cependant il employait ordinairement le smr a dessiner ce qu'il devait peindre le jour, et lorsqu'il avilit arrêté le mouvement de ses figures, il finissait son esquisse, soit à In plume, soit à la sanguine ou au crayon noir, avec des couches de lavis. Il peignait les vieillards d'après nature, s’étant procuré ib*s modèles secs, décrépit» , tel» qu'on les voit dans ses ir-uvres, et il s'en servait particulièrement pour le Saint Jérôme, qu'il a répété tant de fois avec toutes les variétés de la vieillesse, mais toujours omnigri par les années, exténué par le jeune, macéré par b» pénitences, bi |ieati collée sur les os et complètement ridée, surtout le long des flancs, pour plus de laideur. Tantôt lé vieux solitaire, à demi vêtu d'osier, médite sur la Bible, u axant d’autre couche qu nu rocher, d'autre compagnie qu'un lion, d'autre horizon que le désert; tantôt un le voit entouré de livres dans sa grotte, mais interrompu tout à coup par le son de la t mm pelle qu'un ange aux ailes déployées fait retentir i» son oreille; trompette sinistre, roulée sur elle- même et souple comme un serpent. Quelquefois il sc frap|ie la poitrine avec une pierre, ou bien la lé te de mort sert de pupitre a la Ihhle ouverte, tandis qu'au milieu d'une solitude boisée, un rayon de la lune, passant entre deux arhres, vient éclnirrr la poitrine osseuse du pénitent et ses mains décharnées.

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Rien n'est plus précieux . plus puissant et plus ferme «pie les eaux fortes (R» llibera. Klles pnrlenl la trace île sa manière savante, attentive aux détails. On s'aperçoit «pie la (kmiiIc n‘n (vis euuru librement et enmiiie au hasanl sur le vernis; au contraire, elle a tourné rluupie mus«ie , attaipié dan* les pieds et les mains les plis de lu peau et les moindres ourlets de chair autour des oublis. Celte vive accentuation du détail est remarquable dans lu belle gravure du Christ mort, où, sans rien ôter a lu grandeur de la ligure, le peintre a marqué du bout de <1 pointe jusqu'aux lèvres de la plaie que les clous uni laissée sur les pieds du Christ. Rihcni excelle

et se plaR a graver comme à peindre les tètes de mort. Quelques tailles carrées, brutales, légèrement assouplies toutefois à la forme des os du crâne, lui suffisent pour en exprimer la dureté, le vide, la sonorité mélancolique.

Kii parcourant au Cabinet des Kslnmpes de la Ribliothèque royale l'ieuvre de llibera, je me suis longtemps arrêté à considérer plusieurs eaux fortes, notamment un portrait équeslre de don Juan d'Autriche, portant la date de ltifH. Ce portrait m'a saisi d'autant plus fortement, que le héros représenté Tut la muse des dernier* malheurs et de la mort de llibera. Kn peignant son modèle à cheval, gracieux et lier, avec son chapeau a plumes et ses grands cheveux tombant sur les dentelles de sa collerette, l'Kspagnolet ne soupçonnait pas que *a vie serait empoisonnée par ce même don Juan. On sait qu'en 1617 éclata la révolution de Naples. A la voix de Mosunit'llo, le peuple insurgé assiégea dans son palais le duc d'Arras, et le força de reconnaître pour gouverneur l'héroïque Inzzanme. Hou Juan d'Autriche, Ills naturel de Philippe IV, envoyé par son père avec mission d apaiser les troubles et de ramener Us esprits, lit son entrée dans Naples en triomphateur, gagna huis les rieurs par sa bonne grâce, et voulut bientûl connaître tous les liants personnages de ta ville. Ribern, plus orgueilleux que jamais de son origine, invita chez lui don Juan d'Autriche à line fêle splendide. If prun e

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fui reçu avec magnificcuce par la femme «t les filles tle Ribera , auxquelles il dnmin sn tanin à baiser, l ue (lises filles. Maria- llosa, élait d'une beauté rare, «Ile plut à don Juan, qui lui fil l'honneur de danser avec elle, lui parla d'amour cl la séduisit aisément par l'élégance de sa personne -autant que par le prestige de son rang. Sous prétexte de venir poser dans l'atelier de Ribera, don Juan d Autriche lit des visites fréquentes à Maria- Roea , et il parvint un soir n renie ver.

Üepuis ce moment funeste, l'Espagnolcl fut pris de la plus amère tristesse. N'osant plus se montrer dans les rues de Naples, il acheta une iiuiison de campagne sur le rivage du Pausilippe. et s'v abandonna aux sombres ju-nsées qui Imitaient. On raconte qu'ennuyé de vivre, il Teignit un jour d’être appelé à Naples par une affaire importante, sortit avec un seul domestique qu'il renvoya en chemin, et disparut sans qu'on ail jamais su n- qu'il devint. C'est du moins lu version du Napolitain liommici, qui, dans sa jeunesse, avait entendu souvent parler de Ribera chez son père'. 4!enn Itermiidez h* fait mourir à Naples en IG56.

Quoi qu'il en soit, b terrible manière de l' Espagnole! ne mourut pas entièrement avec lui; elle lui survécut

dans ses élèves. Ciovamii ho. qui sut imiter son iiudtre de façon à tromper l'teil le plus exercé, Krrico

Fbmingo, Rartrdomeo Passante, Aniolln FaU-oue, excellent peintre de batailles. Amin* Yaeearo, César, François cl Michel- Ange Fraeanzani, et enfin le célèbre Lura Cionlano, tels furent les continuateurs de celte peinture exagéré»? , mais énergique et farte, de cette |H-mture à outrance.

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' Urninnln île Ponuniri, tenir II. jsise îl el suivante*.

IÏC3IK3IÏ2. VS IHKMiaTlOHS.

Toutes 1rs galeries de l'Europe (Ml! de* lalifc-ouv «le M h- ronde île PuurtaU*4iorgM-r |m sseilr . dan* -si galerie

Ribera. l-e nuitée rte al do Midi ni en eompt«- jusqu'à 33. n pBrls, quatre taldeaiix île IliU-r.i : ta Mnltifdicatim tin

Ou y remarque surtout uur Echelle de Jacob , qui e*t «le pa ins — Saint Jérôme contemplant une tète de mort

l'époque où Itilx-ia se convertit ira Cortège, — un Saint — la t -erge en oraison — ri ntt F.cce Homo.

Jact/u n rt «tu Saint Koch m |imh 1 , magnifique» |tmdnnt.» Maigre leur mérité. les ouvrages di- Ritx-ra ru- «c -sml pas

venus ib 1E*ninal. {Y. les Moues de M. Viarüot ) maintenu» ù des prix élevés. En !Hi3 . a la vente «b M- b

l.es clwfs -d'œuvre do Ribera sont ;i Nupte* : le Silme marquis «le lois Martsma*. une Sainte Jamille an répit* de

(«4 bien gravé) se voit au irmov Drgli Sludi , ainsi <|ii un l'Ef-pagnobt , maniéré flaire, fut vetidue *,<iiKt franc». Une

Saint Brun» agroedié. un Saint Sébastien attaché «-t b Descente de Croix, poussée a 3.050 francs, fui retirée. La

Saint Jrrdmr <|ui entend In troni|N-tle de lange . La fameuse Cierge et l'Enfant Jésus atteignirent le |*ix de 3.000 fr.

Descente (te Crois est dan» la sacristie des Lliurtrmix tir Onze autres loties furent adjugées au prix moyen de 400 fr.

San Marti no , gravée sur nn dessin de Frngnnanl, nu mm.

Au palais l'iltl. h Flomic* , un Martyre de saint A h venir du cardinal Frscb , pii mars I S 17, a Ktmir. un

Barthélemy; à Dresde , rntre aulrrs ouvrage*. une Mie Mette, 3?srudi (190 fr. Ml c.'). «leux Portrait t, 150 seuil i.

Sainte Marie Égyptienne; a Itolin un seul tableau, encore un Géomètre, 40 -jeudi. — Les cataloguer antérieurs ne

un Martgre de saint Ba> thrtemy; à la l'inarotbi'-que de signalent pas de prix plu» élexe».

Munir h . otite tableaux , dont une admirable Descente de On sait que k-s eaux fortes «b Ribera sont des mode b»

émir de saint .Indre ; a la pabrie de Ibmptoncourt . nn dans e«- genre de gravures. Barsclt n'a eonuu que du -huit

Saint Jean |m-ces «b ce maître, el il ru donne la nomenclature et la

La Fronce compte au Loinrr vingt .cinq tableaux «b ce description dans le W vohuna ib son Peintre • Grareur.

maître, la plupart importants. On y remarque *arl«iul une Ijp rabinel de* Estampe* de U Bibliothèque nalionab de

.tdoralian des Berger * — Saint Jérôme — te Martyre de France pwMe les plus belle» eaux forte» «b lliîiera qui

saint Barthélemy — Camttat rf' ttereate et et nn Centaure sont : le Christ mort , le dm Juan cT.tntrlthe . le Saint

— Caton se déchirant 1rs entrailles. Barthélemy «i le Silène , dont il existe plusieurs états.

La collection léguée au mi Uiuis-I'ltilipiir par M. Franck Ribera a signé ses ram forte* en rappdamt b plu» souvent

Hall SUndish renferme cent quarante -cinq tableaux d» son origine espugnob . rarement il a signé se* tableaux;

l'école espognole. parmi b»quels un Saint Jérôme «le Ribera. cejiemlant U grande J dorât ion des llrryrrs «lu Louvre

On voit. «Uns U galerie de M. le dur «le Dalmatir, |*nrte I m-crq-tino «moule: Joaepka Bibera hispanns e

entre aulir* tableaux de ce maître, un Saint Ptem- aux academie ns romanus facirhat Parthevope , I6i*.

liens Pt une Sa» nu- Mie, d'une grande beauté. U- «brnier Voici ace monrçramme*. chiffras ■atqura •’* signature»,

«le ce* tableaux . qui représente l'enfant Jésus endormi sur décalqué avec la plu» parfaite exactitude sur l« |ûeccs

les genoux «le la Vierge entouré de saint Jean et «b saint origmalr».

Joseph, est «l'une Mb juiu- et «l'une couleur admirable. • Lp wutn totuin ns air. i* r.

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