‹ Histoire des peintres de toutes les écoles (volume 2)Chapitre 18 sur 58 · ANTONIO IUZI FRAY JUAN RIZ! FRANCISCO KIZI · texte numérisé non relu

ANTONIO IUZI FRAY JUAN RIZ! FRANCISCO KIZI

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Lorsqu'en 1595, Federigo Zurcheri vint en Espagne, appelé de Rome par le roi Philippe II, deux artistes, Hartolomeo Carducri et Antonio Ricci ou Rizi, celui-ci Bolonais, l'autre Florentin, l'accompagnaient: sous la direction de Zurcheri, ils devaient concourir aux travaux de décoration du l' Escortai.

Soit que Rizi fût trop jeune, au temps de son séjour à l' Escortai, pour que son talent attirât l'attention ; soit encore, car l'une et l'autre suppositions sont également vraisemblables, que Zuccheri ne remployât qu’à litre d'élève ou d 'officiai % préparant les toiles et broyant le* couleurs, il n'entra point, après que Federigo eut quitté l'Espagne. au service du roi.

En 1589, Rizi venait se fixer ô Madrid et il s'y mariait avec doua Cabriola de Chiaves, dont il eut deux fils : Juan et Francisco. Tous deux ont marqué dans l’École madrilène. Antonio Rizi mourut trèsprobablement nutuur de l'année 1610, no laissant aucune œuvre importante. Cean Itcnmidcz ne cite du lui qu'un seul tableau : un Saint Awjmtin qui se voyait dans 1a chapelle des religieuses de Santo Ikuningo le Real.

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Juan, l'aîné des fils de Riri, apprit In peinture à l'école de fray Juan Raulisla May no, chargé sous le règne de Philippe IV de tout ce qui concernait les beaux-arts. Au sortir de l'atelier de Mayno, Juan Rizi peignit pour le couvent des pères de la Merci quelques scènes de martyres et des sujets de la Passion ; ces premières productions ne se retrouvent plus à Madrid.

En l'année 1626, Juan se fît religieux : il prit le froc au couvent des bénédictins de Montserrate en Catalogne. Après son noviciat, il alla étudier la philosophie et la théologie à F université de Salamanque. Ses études terminées, Rizi retourna au couvent de Montserrat»*, où le soin de diverses charges monastique* l'éloigna momentanément de l’exercice de mu» art. Nommé enfin abbé du monastère de Médina del t’.ampo, il commençait, en 1653, au couvent de San Millan de f.ogolla de Yuso, une suite importante de compositions religieuses. Pour le maître-autel il fît un Saint Millan, à cheval, secourant les Xararrais, et pour le cloître divers sujets empruntés à la vie du même saint. Mais son plus remarquable ouvrage était une grande composition, placée dans l’escalier principal, et représentant les Enfants de Tordre de saint Benoit. Ceau Bermudes vante beaucoup cette peinture, d'une exécution aussi brillante qu'expressive, et oùl’urtiste avait mi varier, avec une étonnante habileté, les physionomies des nombreux personnages rassemblés sur sa toile.

Rizi séjourna aussi quelque temps au couvent de Sari Juan Rautista, à Burgos. Il y laissa plusieurs bons ouvrages : une Sainte Famille , des épisodes de la Vie de la Vierge , le Baptême du Christ, la Décollation de saint Jean- Baptiste et diverses figures de saints.

Fray Juan Rizi vint ensuite habiter le couvent de San Martin à Madrid. Son grand tableau des Pèlerins <C Emmaùs, une suite de sujets tirés de la Vie de saint Benoit et de nombreux portraits de religieux bénédictins datent de celle époque. Ces derniers ouvrages, qui correspondent à la période la plus éclatante du talent de l'artiste, le placèrent haut dans l'opinion des connaisseurs : une des plus grandes daines de lu cour, la duchesse de Rejar, qui peignait elle-même avec quelque succès, le voulut avoir pour maître. Rizi écrivit alors et dédia à la duchesse un traité sur la peinture qui est demeuré inédit.

Le désir d’étudier l’antiquité et les chefs-d'œuvre des grands maîtres fit entreprendre à Rizi le voyage d'Italie. Il visita Home et bientôt après il entrait dans la congrégation des pères du mont Gassin. Dans cette retraite, Rizi reprit si»s travaux et produisit quelques compositions qui lui valurent les suffrage des artistes et dll pape lui-même; le Saint-Père se fît présenter le moine, et, touelié de ses vertus et de son mérite, il lui conféra un évêché en Italie. Muis Rizi ne put en prendre possession ; il mourut en 1675, au monastère du mont fosain, h l’Age de quatre-vingts ans.

Cean Rcrmudez définit avec justesse le talent de fray Juan Rizi : a Ses ouvrages, écrit-il, paraissent plutôt ébauchés que terminés; en général, on les dirait peints au premier coup. Mais la liberté de leur exécution n'en exclut pas la correction : le dessin est ferme, la composition simple, l'arrangement naturel et l'effet presque toujours profond. »

L'un des meilleurs tableaux de Rizi, son chef-d’œuvre peut-être , fait aujourd'hui partie de la collection de l'Académie de San Fernando. Il représente Saint Benoit célébrant la messe; c’est une peinture sobre et puissante et qui unit nu caractère des plus vaillants artistes de l'École madrilène le coloris énergique de Zurbaran et de Ribera.

la* Saint François recevant les stigmates , qui est au Musée royal, peut encore être regardé comme une des bonnes productions du peintre. Deux autres tableaux, d’un moindre intérêt, et qui proviennent du couvent •le San Millan de la Gogol la, figurent au Musée national : l’un est un Saint Benoit bénissant un pain que fui présente un frère lai; l’autre, Saint Benoit tenant la crosse abbatiale , avec un ange portant la mitre.

Francisco Rizi, le plus jeune et le plus célèbre des fils d'Anlonio, était né à Madrid en 1608. Élève de Vieenle Carducci, son éducation d’artiste fut rapide et brillante. Ses prodigieuses dispositions faisaient augurer un maître : à une singulière fécondité d’invention Rizi joignait une pratique délibérée, un coloris agréable, une touche hardie, le mouvement, la verve et une élégance de facture qui devait, de lionne heure, lui assurer le succès, l’ourlant, toutes ces qualités ne produisirent qu'un précurseur de Lues Giordnno, un peintre sans caractère, sans profondeur, dont les exemples et les doctrines allaient

LES H l/l (15 .-1595-1608). J

malheureusement exercer la plu* fAchciisc influence sur l'Ecole madrilène. Comme l’observe judicieusement Ccan Rennudcz, celle dangereuse facilité dont llizi était doué et qui lui faisait aborder el résoudre, comme en ne jouant, toutes les difficultés, produit dan» les art» les même* effets que la trop grande mémoire

dan* l'élude de» sciences et de» lettres : elle est un olistaclc à la réflexion, il la formation du jugement ; ceux qui s'y confient if apprennent ni à penser ni à créer; jeune», on les vante comme de» prodige»; plus âgés, ce ne sont le plu» souvent que de» médiocrité». C'est ce qui arriva de (liai .

Francisco liizi s’est exerré dons tons les genres : grandes compositions religieuses, fresque», décoration» scéniques, tableaux historiques, portrait», cl le nombre de se* productions est immense. Hans celte

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multitude d'œuvres* rien n'est mauvais, mais rien n'est absolument bon. Son talent a plus d une analogie avec relui de Lo|>u de Vega, qui faisait une comédie par jour, comme Hui un tableau : tous deux oui eu lu même fortune, il» ont été loués et admiré» jusqu'à l' enthousiasme par leurs contemporains, mais la postérité s'est montrée pour Ions deux justement sévère; elle n'a point admis que la fécondité Ont lieu du génie consciencieux et mûri, saus lequel il n'y a pas de grand artiste.

Nommé, en 1653, peintre du chapitre de Tolède, après avoir achevé pour la sacristie sou tableau de la Fondation dr la Cathédrale * Rizi entreprit avec Carrefto les fresques de la chapelle del Qchaoo et du «ancluaire de Notre-Dame, tenninêes vers 1670. Dans le même temps. Hui fit pour la salle capitulaire le portrait du cardinnl Mommo, et eu 1671, une composition qui représente l'archevêque I). Rodrigue montrant au saint roi Ferdinand les plans de son église. Enfin, aidé de Curreini, du Mantuniio et d'E sentante, il exécuta toutes les décorations du colossal rnouiiinent qu'un dresse flans la cathédrale de Tolède pendant la semaine sainte.

En 1656, Philippe IV nomma Kizi pintar dr ramant ; Charles II y ajouta la charge de fourrier du palais après que l'artiste eut peint pour le salon des Glaces, au Palais vieux, divers passages de l'histoire de Pandore. A la même époque nous retrouvons encore Carreno et Rizi travaillant en commun aux fresques de l’église San Antonio de lus Portugueses.

C’est principalement dans ses décorations pour le théâtre de lluen Retiro que Hizi lit preuve de son incroyable fécondité : il y prodiguait* dit Coan, les édifices les plus capricieux, les ornements les plus fantasques, introduisant, dans ses extravagance» architectoniques, comme une mode* de corruption et de mauvais goûl qui, du théâtre de la cour, se répandit rapidement dan» le pays entier. Par ses hauts emplois, par son enseignement. Kizi se trouvait en effet à la tête de l' Ecole madrilène, et ses exemples ne pouvaient manquer d'exercer une influence d'autant plus nuisible que l urtiste, nu dire de ses biographes, préférait hautement la facilité à la correction, et uc voyait dans l'art qu'un moyen pour vivre et pour s'enrichir.

Francisco Rizi mourut en 1685. 11 était alors à l’Escorial, où il se préparait à peindre le tableuu de la Forma , repris et terminé par suit plus illustrer élève, Claudio Coêllo.

Hui laissa de nombreux disciples. Indépendamment de Coêllo, il a formé Isiduro Armtnndo, Gonzalez, de la Vega* Esealante et Josef Aiilolinez.

Le catalogue du Musée royal de Madrid attribue à Francisco Rizi deux toiles : l'une, très-curieuse sous le rapport historique, provient du Huen Retiro et représente un Auto-da-fé sur la jdaza May or, au temps dr Charles H; l’autre est le portrait d’un général inconnu, portrait superbe, d'un coloris profond, harmonieux, d'une touche large et moelleuse et d'une tournure tout à fait distinguée.

PAUL LtroUT.

MOXMIB2S 'SI IHDJMmïïS.

Mcsbi royal n* Madrip. — Saml Français nmwii les lUçmala, «In fniy Juan Km. — En Auto-da-fé sur la ptaza .Wayor. au UmfS de Chartes / /, rl un Portrait, |wr Francisco Rizi.

Misée NATIONAL. — Par Pranrâno Rizi : divers» Concept (tons : Jetât au Cai voire ; l'Annonciation ; la Présentation au Temple: l'Adoration des Pois; Vrn»*imo? de Jésus-Christ , Prédication de saint Jean-Baptiste.

Par fr.iy Jiuii Rizi : .Saint /tenu (J 6enmun( le pain : Saint Benoit abbé.

Acaobuie uc San Frrmmm. — Saint Benoit célébrant la buihc par Cray Juan Rizi. On pourra cornu! ter, pour ceux des

ouvrage» des Kizi qui ont apiauienu ou ajquirljcnitcni encore aux églises, chapelles et couvents de Madrid, de Tolède el de diverses autres kK-.il.tr» d'Espagne, le» catalogu» dr Palominû, lie Pota ot dr Ccun Bermudez.

Deux tableaux de Francisco Hizt ayant fait partir de laiwien Musée »pagiial et vendu» à Londres en 1853. onl RUeiiH le» prix suivante : Tête de ut mi Pierre, 17 ï , l'Enfant prodigue. 151 10.

Vraie Aguado (1845). Saint Français d Assise. iSt» fr. — L'Adoration des tirn/ers, 909 fr. — Vente I.. . . de Madnd : l ierye de ta Purification, -J, (KM) fr. O* Irois taWuaux étaient allribués, jwr les catalogues de vente, è Francisco Rizi .

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