‹ Histoire des peintres de toutes les écoles (volume 2)Chapitre 2 sur 58 · LUIS DE VARGAS · texte numérisé non relu

LUIS DE VARGAS

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Luis de Vargas a été, en Andalousie, le plus ancien el le plus illustre des sectateurs de l'art italien. C'etl encore ce maitrc qui, le premier, vulgarisa dans sa patrie les meilleurs procédés de peinture à l'huile et è fresque : ù Vargus. eiitin. revient l'honneur d'avoir créé à Séville de» tradition» et une Kcole qui mettent fin à la période gothique et dont l'influence se prolonge jusqu'à la fin du seizième siècle.

Lui» de Yargas est né à Séville en 1502. Destiné de bonne Iiciiit à la peinture, on croit qu'il eut pour maître Diego de lu Barrera, et qu'il s'exerça d'abord à peindre à la détrempe sur de grandes toiles é mies appelées sarga* y alors recherchées dans Unité l'Kspagne. ('.es toiles servaient à voiler les autels pendant la semaine suinte, ou, le plus souvent, un en revêtait, comme de tapisserie», les muraille* des palais et des demeures des grands. L'exécution de ce genre de détrempe, mélange de couleurs broyées à l'eau et de colle, exigeait une pratique habile, un dessin rapide et sur. Aussi les maîtres avaient-ils coutume d'y astreindre longtemps leur» élèves ; ils acquéraient ainsi l'habitude d'indiquer avec hardiesse les contours précis d'une figure et se familiarisaient vile avec l'agencement de» plus vastes compositions. Lu peinture de» tttrga» impliquait encore une connaissance profonde de l'anatomie : le* nu* y abondaient, et l'artiste devait prendre soin d'en accuser le modelé par de* louches d'une grande énergie.

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Fortifié par cesmAles éludes, Luis de Varias résolut d'aller poursuivre son éducation artistique en Italie. Quelque» belles oeuvres de l’Ecole romaine, apportées à Séville, f impressionnèrent sans doute et décidèrent de son avenir. Il partit pour Rome. Mais, depuis quelques années déjà, Raphaël était mort, et Varias ne put que s'attacher h I un des disciples du divin maître. On pense que ce fut à Perino del Vaga, dont il rappelle, en effet, le style et la manière.

Krancisrn Pacheeo, le plus autorisé des biographes de Vargns, affirme que cet artiste ne séjourna pas moins de vingt-huit années en Italie. I/* premier ouvrage de Vargus, après son retour dans sa patrie, ne contredit point celle assertion. Cent une Nativité, placée dans la cathédrale de Séville, près de lu porte de San Miguel, signée des mots : Tune discebam Luisius de Yorgas, et que les archives établissent avoir été peinte en 1555 : Vargns avait donc cinquante-trois ans.

Celte même année, il peignit à fresque, dans l’église de San Pnblo. une Vierge au rosaire, dont il ne subsiste plus rien aujourd hui. Une autre fresque, exécutée vers la même époque sur un arc de l’ancien sanctuaire, et que 1 rs contemporains de Vargus réputaient une merveille d'habileté et de coloris, est également détruite.

Rn 1563, le chapitre de la cathédrale lui pavait une somme de 136,000 muravedis pour In Voie de douleurs, fresque qui fut, trente années plus lard, restaurée par Vaseo Pereyra. mullre portugais établi à Séville. De celle belle composition devant laquelle le> condamnés s'arrêtaient pour prier, et que. pour cette raison, le peuple appelait elCrùto de la* azntadns, le Christ des fouettés, il restait encore, nu temps où Ccnil Bermudez écrivait son dictionnaire, d’importants vestiges malheureusement défigurés par les restaurations inintelligente* qui ont suivi celle de Vnsco Pereyra.

lino œuvre magistrale de Vargus, le Jugement tlemtrr, qu’il peignit aussi à fresque dans le patio de la Casa i de la Miserirorditi , n'a pu qu'incomplelemenl échapper aux injures du temps et à l’incurie. Toute ta partie supérieure, représentant le Rédempteur, la Vierge et les Apdtres, est encore assez bien conservée : mais la partie basse, qu’occupaient les groupes des élus et des damnés, celle où l'artiste avait manifeste son dessin vigoureux et savant, son entente du nu, et donné toute la mesure des vastes connaissances qu'il avait acquises en Italie, est absolument dégradée.

C’pst à peine si l’on entrevoit aujourd’hui quelques lignesdes nombreuses figun^d'npdtres, d'évangélistes, de docteur» et de saints que Yargas avait peintes dans les niches nruhes delà Giralda. Commencées en 1563, ces fresques ne furent achevées qu’en 1568. « L'homme intelligent, dit Cean, admirera la noblesse et la •» superbe tournure de ces figures, et déplorera amèrement leur ruine ; car, par leur mérite et leur grandiose « aspect, elles étaient à coup sùr l une des merveilles artistiques de la cité. »

Parmi les peinture à l'huile de Luis de Vargns conservées dans h cathédrale de Séville, son œuvra par excellence est celle qui représente la Génération temporelle de Jésus-Christ , et que l’on désigne habituellement sous le nom de Cuadro de la Gamba. Sous cette appellation légendaire se propage un anachronisme que se transmettent religieusement les guides et les rierroni. el dont la notice que Pulominn a consacrée à Vargns pourrait bien être le point de départ. Selon ce biographe, Maleo perez de A le si o. peintre italien, et auteur du gigantesque San Cristoforo qui est à l'entrée de la cathédrale, se serait écrie en voyant Vargas peindre la jambe de l'Adam agenouillé au premier plan du tableau : Pin raie la tua gamba rhe tutto il rnio San Cristoforo , éloge certainement mérité, mais qui n'a aucune valeur historique, puisque Alesio n'exécuta «mi Saint Christophe qu’eu 1584, c’est-à-dire seize années après la mort de

Varna»-

Il faut considérer encore comme l’un des meilleurs ouvrages de. Vargas le retable placé entre la porte San Miguel et la chapelle de San Lauretuio; il renferme, nu centre, la Naissance de Jésus-Christ ; dans la partie inférieure, Y Annonciation, Y Adoration des /lois et la Circoncision, et sur chaque panneau latéral, deux Évangélistes.

L’un des autels de l'églisede Santa Marin la Rlancn est également une œuvra notable du vieux maître. Pour sujet principal, il y peignit le Christ mort, soutenu par la Vierge , avec la Madeleine prosternée lui embrassant

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in pieds ; sur l'un de* côté* est représenté Saint François recevant les stigmates ; sur l' au Ire se voient les portraits de Francisco Orlit et de sa femme Melrhora de Maldonado, qui firent don de ce retable en 1564 ; l'artiste la signé : Ltàsius de Y tarifas faciebat.

Comme Juan de Joanès, sou contemporain, et connue tant d'autres peintres de l'École espagnole. Luis de Yargas était dune ardente piété. Sa vie fut celle d'un saint; il partageait son temps entre le travail et les pratiques religieuses les plus austères. A sa mort, on trouva chez lui dt 1 * instruments de macération et de pénitence, même un cercueil où il se couchait pour méditer sur son heure dernière . Son caractère était doux et affable» sou esprit enjoué, avec une légère pointe de malice. Palomino raconte ainsi l’une de ses saillies : Un marnais peintre lui montrait un Christ expirant sur la croix, et quêtait un éloge : « L'expression en est juste, dit Vargas; on croirait qu'il va s'écrier : # Pardonnez-leur, mon Dieu, car « ils ne savent ce qu'ils font! »

Cean ïtermudez a analysé avec beaucoup de justesse le talent de Vargas : « Il n'y a. dit-il, rien de plus s exact que ses contours, de plus grandiose que ses formes, rien de mieux entendu que ses raccourci», s car, en ceci, il surpassa tout ce que peignirent, même après lui, ses compatriotes les plus réputés. Si les

* tableaux de Yargas avaient autant d'air ambiant, autant de dégradation dans les lumières et les teintes > qu'ils ont d'éclat dans le coloris, de distinction dans l'arrangement des étoffes, de douceur expressive

• dans le caractère, et les attitudes, de grftce et de noblesse dans les tête* el les figures, de parfaite imitation de la nature dans lus accessoires, il aurait été le plus grand peintre de l' Espagne. »

Selon Pacheco el Morgado, Luis de Vargas mourut à Séville en 1568. Ou cite parmi ses élèves Antonio de Arfion el Luis Fernandez, qui forma Pacheco, llerrora le Vieux, et les deux frères Agustin et Juan del CaslUlo.

P 4 CL Liront.

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Aucun de» Mince* d'Europe . pe» même ceux de Madrid, ne |iouÿde d'ouvrage de Lu»» de Vargas.

Le catalogue de l'ancienne galerie eapagnote an Mum'w du Louvre mentionnait un tableau de Vargas : ta Sainte »'• ergr et l'enfant Jésus. dans une glaire, avec *«i«4 Michel terrasso*ii le démon. Il a Hé vendu, il Londres . eu I8U. pour U somme de 40 1.

Un Portemenl de Croix H un Caivmrr figuraient dans U

galerie Aguadi» : nous ignorons djitv quelle* main» «ont passée* ce* deux toile*, vendue* la première 4A0 fr.. la onde m tr.

Deux tableaux r*|iré*eiiUnt Saint Jean et saint Paul . Soin* Janfues et saint Barthélémy (deux pendant si. « attribué* à Vergé*, n'ucit atteint, à ta vente Soult IH.M . que 335 fr.

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LUIS DE MORALES, surnommé EL DIVINO

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Au siècle de la Hcnuissam'e et de la Réforme, alors qu'une partie de l‘Kurnpe, en lutte contre Rome, abandonne ses dogmes el déchire ses symboles; quand l'Italie, devenue tout à coup païenne, ne demande plus ses inspirations qu'à l'antiquité classique; quand Home elle-même introduit au Vatican les dieux de l'Olympe et du Parnasse, l' Espagne, la grande nation catholique, effrayée pour s» foi, se mure dans ses croyance*, les opposant, comme une barrière infranchissable , à ces idées réformatrices et à ces nouveautés mythologiques qu'elle répudie, abhorre ou condamne.

Réagissant contre la Renaissance italienne, dont il dédaigne les tendance «eittunlwlc*, l'art espagnol, étroitement immobilisé dans la représentation des scènes de l'évangile, des martyres, des miracles ou des pénitence, s'empreint plus profondément encore de ce mysticisme austère qui, déjà, est le caractère el comme le tempérament «le l'ftcole.

Instrument docile de l'hglisc, qui dirige el censure ses créations, l'artiste semble dès lors ne plus entrevoir et ne poursuivre d autre but que la glorification «lu Dieu qu’il sert : sa foi prime son génie. Au seizième siècle, toute h

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philosophie de l'arl espagnol se résume eu celle simple formule qnu Pachcco, Je lltéologien «le la peinture, pourra écrire encore au commencement du dix-septième siècle ; •< La mission de Tari chrétien est de porter les hommes à la piété et de les conduire vers Dieu », el fauteur de V Art r de la Pi ut uni ajoute : « que bien souvent ce grand art a produit de plus puissants effets pour la conversion des pécheurs que In parole du préire 1 . » Ainsi définie, cette mission de l'artiste lui crée charge d'âmes: sou mie, c'est la prédication par limage, le prosélytisme par la statue, par le tableau: il doit réchauffer les cœurs tiède», montrer aux fidèles les splendeurs du ciel, émouvoir et frapper de terreur le pécheur endurci.

Profondément convaincus de la grandeur et de lu sainteté d'une lâche qui fait de l'artiste l'auxiliaire du sacerdoce, Juan de Joanès à Valence, Luis de \ argus à Séville, se préparent par la prière, le jeûne el les macérations à reproduire les images du Christ, de la Vierge ou des Saints : ils ont des visions, des révélations d'en haut, et plus d'une fois leurs divins modelés leur apparaissent au milieu de miraculeuse* extase*.

Tout le seizième siècle fourmille du ce* dévots artistes dont l'existence s'écoule, humble et recueillie, n l'ombre des cathédrales et des cloîtres ; ils méditent, pensent au ciel, travaillent et prient. Ce sont des ascètes, îles saints, et le récit de leur vie semble moins appartenir à l'histoire de l'art qu'à la Légende dorée.

Aussi, conçues en dehors des préoccupations de système, de manière et d’école, toutes les productions de cette période présentent-elles à un haut degré le caractère de la sincérité la plus naïve alliée à la plus pénétrnnlu expression du sentiment religieux : on sent que ce sont là des œuvres de foi. Si élevé qu'il soit par sa propre nature, l'art s'est élevé eiirore sou» h 1 * pinceau v de ces inspirés eu *c niellant au service d une idée plus grande que lui.

C'est à c«* groupe de pieux peintres qui ileninnihiieut à leur génie non de charmer les veux, mais de traduire les touchantes aspirations de leur rieur, qu'appartient Luis de Moralès, le plus spiritualiste et le plus ausicre des maîtres de l'Ecole espagnole.

Lun de Moralès. que ses contemporain* surnommèrent El Itivùio, non parce qu'il ne peignit que des sujets sacrés, mais plutôt à cause de la perfection de son exécution, qu'ils jugeaient divine, naquit à Hadajoz, capitale de l'Kslramadure. Ui date du sa naissance reste indécise : on peut, toutefois, la fixer approximativement autour de l’année 1509, en n'acceptant que comme très-douteuse l'assertion doPalumino, qui lui donne soixante-dix-sept ans, lors de sa mort, en 1586.

Tout, du reste, u est qu'iiicrrliliide el obscurité de ce qui louche à la vie de ce grand artiste, et maigre les recherche» entreprises à la (in du siècle dernier par l'abbé Pom el par le consciencieux ('.eau Hermudez. la critique ne possède encore que de bien vagues données sur les principaux faits de son existence. On ignore quelle fut sa famille, s'il pussa sa jeunesse dans sa ville natale, quelle', études il fit et de quel maître il reçut ses premières leçons. Cependant il parait établi qu'il ne quitta jamais l'Espagne.

Ce qui demeure bien constant encore, c'est qu’il ne saurait être, comme le sup|>ose l’alomitio, élève du Pedro Compati», puisque ce maître ne vint se liver à Séville qu'en 15(8, et qu'il existe à Hadajoz, dans l'église du la Conception, des tableaux de Moralès datés de 1540. Les jicinturc* de Murales de sa première époque different, d'ailleurs, du style et d'exécution, avec les ouvrages de» artistes nationaux ou étrangers qui travaillaient à Séville, soit à la fin du quinzième siècle, soit au commencement du seizième; ce serait donc plutôt parmi les peintres de la Castille et de Tolède qu'il faudrait lui chercher des attaches.

Morales s'est surtout inspiré du style des Ecoles allemande et flamande du quinzième siècle : l'expression mélancolique et puissamment ressentie de se* ligures, la grave simplicité du ses compositions, lus (dis rigides et cassés il angles aigus de ses draperies, lu fini de ses détails, la minutieuse perfection de son exécution rappellent la manière des Van Eyck, de lluits ilolbuiii, d'Albert lhirer el de Roger van der Weyden. Connus en Espagne par quelques ouvrages très-importun t», ce» grand» artistes comptaient parmi les peintres indigènes de nombreux et habiles sectateurs. Parmi ces disciples directs ou indirect» des Ecole» du llhiu, Fernando tiallugos, l'iui des plus remarquables, né à Salamanque, ver» le milieu

1 PjcImmi», Arte de h Pm t tint, lilwn IIP, p. Mi».

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LUIS DF. MORALfcS fl 509).

«lu quinzième siècle. florittail précisément en Castille à l'époque où Morales dut étudier son art. Doriques tableaux de C.allegos, élève peut-être* de cet énigmat iqiit* Juan Flamenco. de ce {laits le Flamand, dont la critique n est pa> encore punenue à débrouiller l'identité et qui peignait à la lin du quinzième siècle à la Chartreuse de Miraflores et à Paleneia. subsistent encore dans l'une des chapelles de la cathédrale de Sulauianque.

Quoiqu'ils aient >ubi des altémlions. ces ouvrages. que l'nloiniiio compare, avec trop d’enthousiasme, aux

i* Titani ut nui'Lita* ■•••» mj* * mm

productions d Alliert Durer, pcnucllciil ce|M*ndant d'établir avec certitude que Callegos suivait étroitement lu tradition de* maîtres du Nord et qu'il la transmit lui-même a tout un groupe d’artistes castillans. Son influence s'etendil-clle a Moralès? C‘es| là une hvpothese probable sinon certaine. Kntre les tahlenux de la cathédrale de Snlauiauque elles premières productions de Moralès, on saisit de telles analogies de procédé cl de manière quelles ne sauraient être jugées fortuites: même coloris un penser, mais également plein d'éclat; même dessin rv»eiili, même modelé timide, même rendu minutieux des détails et des accessoires. S'ils lie suffisent |Nis a démontrer que Morales est Irès-proluihleineiil un disciple du maître de Salamanque, ces analogie». li»»p frappantes pour qn’on n’en cherche pas les causes ailleurs que dan» la communauté de l'origine et de In

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tradition adopté**, sont du moins intéressantes à constater; il appartient à l’érudition espagnole de diriger de ce côté d’attentives et nouvelles recherches cl de nous révéler si des liens «l’école rattachent effectivement Morales à Fernando GaBego*.

L'élude de ceux des ouvrages de Moralè* dont l'authenticité ne saurait être mise en doute prouve qu'au cours de sa longue carrière, le génie de l'artiste, si peu varié eu général dans mas manifestations, subit pourtant une transformation profonde.

En écartant tout d'abord, comme indignes de sou pinceau, les Hcro homo «lécluirne», les Mater Dulorota grimaçante», et toutes le» natures chétive», auv membres mal attachés et aux Formes anguleuse, i|u il faut rendre auv tristes imitateur» «lu maître, on distingue, dan» l'ensemble de son «euvre, deux période» bien distincte».

Dan» lu première, Morales peint volontiers des compositions d'un groad uoinbre de ligures; tes personnage^ y sont parfois traité» de grandeur naturelle, et son exécution, presque large cl aisée, contraste singulièrement av«îe SCS productions plus tardives. Un Portement de (Voix, une Vicrye avec f enfant Jésus tenant un oiseau attaché au tout d'un fil ; Saint Joachim embrassant sainte Aime, «le l'église paroissiale «le la Conception, à Radajoz ; les six sujets de la Passion qui décorent le nialtre-oulel do l'église de lliguera de Fregenal, ainsi que quelquea autres ouvrages demeurés en Estramadure, appartieiuient incniilc-tablemont à cette première et plu» libre manière ; elle parait s'étendre jusque ver» 1350.

Autour de cette date, Morales restreint l'importance de ses compositions; il n’aborde plu» que de» sujet» «l’une seule ligure ou de deux au plu», ne dépassant guère, pour les dimension», une tête ou un buste u ini-corp», et reproduisant presque constamment l'un ou l'autre de ce» trois motif» : VKeee homo, la Vierge soutenant le Christ mort , et le Christ à la colonne. En même temp», l’nrtisle modifie le caractère de sou exécution.

Sur de» fonds bitumineux, son dessin, (dus expressif, cerne «l'un truit ferme les contour» de ses ligures d'une svultesse peut-être un peu grêle, mais empreinte «l une gréer mélancolique et singulièrement élégante; son coloris un peu sec. presque monochrome . tuais ferme et brillant comme l'émail, son modelé délicat, procédant par demi-teintes et accusant finement le relier, rappellent, comme facture, les patienté procédé» des miniaturistes; la recherche exquise qu'apporte encore Moralè» a parfaire ses chevelure», »i vraiment soyeuse» que, selon l'expression de l’aloiniuo, « l'on esl tente «b* souiller dessus »; le soin un peu puéril qu'il met ë bien détacher chaque poil de la barbe, à bien rendre toutes le» goutleletle» de sang qui tombent du front de ses f.hnsL» couronnés d'épines, ou le» larmes «b* se» Vierge» pëmées de douleur; tout cet ensemble, mélange d'archaïsme «'l d'originalité, donne aux productions «le celle seconde manière une physionomie spéciale, très-serrée, très- nerveuse et tout à fait individuelle.

D'après le nombre et f importance de» ouvrage» dont il tMiricliit le» église» et le» couvent» de l'Ealramadure. ou présume «pie Moralè» dut passer la presque totalité de son existence dan» sa ville natale. Son génie y étuit du resté grandement honoré, et, du vivant même du peintre, se» concitoyens lui «lérenièrent un éclatant témoignage de leur admiration en donnant son nom a In rue qu'il habitait à Itadujoz. Tolède, burgo». Valladolid, Séville, Grenade, connurent de bonne heure »e» ouvrages, et sa renommée se répandit rapidement dan» l'Espagne entière. Mus heureux que Joanès, que Yargns et que tant «l'autre» artistes »«•» contemporains, dont le talent n’eut pour théâtre que l'étroite enremte d'un couvent ou d’une seule cité et dont la réputation ne franchi! que longtemps après leur mort le» limite» de leurs provinces, Moralè» m» vit appeler à la cour. C'était vers 1 563, à l’époque où Philippe 11 venait «le jetér le» fondement» de l’Escorial et préparait d'avance tout ce «pii devait concourir à la décoration «lu royal monastère. Ébloui sans doute d'une telle distinction, Moralè», renonçant ii la simplicité dosa vie ordinaire, se présenta devant Philippe avec le faste et l'apparat d’un grand seigneur, Ce» dehors magnifique* lui attirèrent le* raillerie» des courtisans et déplurent au roi. Philippe ne lui commanda qu'un seul tableau : un Christ marchant an Calvaire , qu'j] donna n l’église de San Gernninio de Madrid; il fil ensuite payer à l artiste s«*s frai» de mute et le congédia.

LUIS DK MORALÈS (1509) 5

Profondément bleasé dan» son naïf orgueil, Moralès revint h Radajoz. Do celle entrevue, dont il s'élail promis la fortune, il ne rapportait que l'humiliation et le découragement. Dés lors sa santé s'altéra, «a vue s affaiblit, scs mains tremblèrent et le rendirent promptement inhabile à continuer de peindre ses palienls chefs-d'œuvre. Délaissé de tous et bientôt accablé par les infirmités de la vieillesse, il tomba, de chute en chute, dans un affreux déiiûment.

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I.r seul document relatif à Moralès que Ceon Bermudez ait retrouvé dans les archives de la cathédrale île Hajadoz atteste précisément l’état de pauvreté où en était déjà arrivé l'artiste en 1575. 1/ 1 1 février de celle année, il vend au licencié Ruenavida. pour le prix de cent ducats, une vigne qu'il possédait dans la partie haute de la Vega de Merida.

(l'est dans la plus misérable situation que, quelques aimées après, en 1581, Philippe II revit Morales. I *' roi revenait de Portugal et traversait lludajoz. Le peintre ullu se placer sur le passage du monarque. ipu «■arrêta, ému de pitié : « Vous êtes bien vieux, Moralès, dit le roi. — Oui, sire, et bien pauvre. - Philippe lui accorda sur-le-champ une pension de 500 ducats: cinq ans après, en 1586. Moralès mounil.

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Le* grandes cathédrales d.î l'Espagne et quelque* églises de l'Est ramadan» ont conservé les plus importantes productions de Morales. À ne prendre que celles dont l'authenticité est incontestable, ce* production* ne sont pas nombreuses. Morales peignait et dessinait lentement, et l'application minutieuse qu'il apportait dans son exécution explique asseï la rareté de ses ouvrages Malgré l'invasion française et h suppression des couvents, qui ont fait connaître et permis d'étudier, en dehors de leur patrie, les peintres espagnols, bien peu d'ouvrages du tlivino Moralès ont franchi les Pyrénées. Iles trois tableaux, réuni» sous son nom, dans l'ancienne Galerie espagnole, au Louvre, deux nu moins paraissaient douteux ou apocryphes; actuellement encore, le même Musée relègue dans quelque coin obscur un Portement de Croix, inscrit cependant nu Catalogue sous le nom de Morales, et qu'on juge sans doute indigne de nos regards

Le Musée royal de Madrid n'est pas lui-même très-riche en ceux res choisies : La Vierge de douleurs. les deux Erre homo, une Tête de Christ, ainsi que* lu Vierge et l'enfant Jésus ne sont que d’estimables peintures. |j> Circoncision est une œuvre plus intéressante : «Ce dernier tableau, dit M. Viardot dans ses « Musées tP Espagne, me parait le plus important et le meilleur; mais, dans tous. Morales se montre

- pleinement. S'il a les défauts habituels de son époque, s'il est minutieux et léché, surtout dan» l'exécution

- de la barbe et des cheveux; si l’on peut lui reprocher trop de* dureté dans le* contour* et trop peu de m relief dans le modelé, au moins faut-il reconnaître qu'il dessinait axer soin et correction, qu’il entendait « savamment l'anatomie des nus, et rendait ndinirahleuieiil la fine dégradation des demi-teintes; il faut •• reconnaître surtout qu’il excellait dans les expression* de» douleur religieuse et que nul n'a mieux réusai ■■ à peindre les angoisse* poignantes d'un Christ couronné d'épines, ou d'une Vierge percée des sept épée»

de douleur*. •

Le Musée du Fomenlo possède un Christ entre les deux Larrons , qui rappelle la première factura de Morales et non la plus parfaite; plus heureux que les grandes collections de la capitale, le Musée provincial de Tolède a recueilli deux précieuses peintures du maître ; un Christ, d'un travail exquis, et une \otre~ Dante de In Solitude, d'un fini incomparable.

L'une de* plu* belles composition* de Moralès se trouve malheureusement enfouie dan* la sacristie de l'église de Han Isidro el Boni, à Madrid : c’est un Christ à la colonne qu'on ne peu! entrevoir qu'à grand’ peine, à la lumière des cierges. La souffrance physique du Christ, sa résignation divine, le pardon miséricordieux que sou regard, voilé par de longue paupière*, adresse à l’apôtre renégat et la contrition profoude de saint Pierre, sont admirablement exprimés dans ce chef-d'œuvre, de l'exécution la plus nerveuse el de l'effet le plu» solennel et le plus saisissant, r.omparable pour la naïveté el l’élévation du sentiment religieux aux plus sévère» production» de* maitre* italien* qui ont précédé la lleuaissauce, cette page est peut-être sans rivale, même dans l'œuvre de l'artiste, sou* le rapport de l'expression ; elle atteint une intensité si aiguë, si poignante, quelle semble surhumaine. Mieux que les commentaires de m»* biographes, celte peinture explique pourquoi Moralès reçut de ses admirateurs le surnom de Divino.

Dans *e* remarquables Études sur la peinture espagnole, publiée»» en IH35 par la Revue de Paris, M. T. Thoré a décrit un très-beau tableau de Moralès qui faisait alors partie delà galerie Soult. « Le tableau « de M. Soult,- — dit M. Thoré, — la Mère de douleurs, représente la Vierge à mi-corps, tenant dans se» » bras le Ghrist mort. J'ai vu à l'ancienne exposition du MM. Hunier, rue de 1a Chaussée-d'Antili, une « répétition «le ce sujet, que Moralès a reproduit plusieurs foi*, car il y en axait un dans l’église des «■ Carmélites déchaussés d'Avila, un à Sainte-Catherine de Xafra, de Grenade, un dans la cathédrale de “ Badajoz, et un autre, que je soupçonne celui de M. Soult, dans l'église Saint- Augustin de la même •• ville. La mort est merveilleusement rendue sur le* trait* gli.ee» du Lhrisl, mai* la face divine n » conservé un calme inaltérable qui révèle la résurrection ; la douleur de la Vierge-mère est si solennelle •• el si intime, qu’on s’arrête à rêver devant et* grand drame «le souffrance et d'amour. Comme exécution, “ eelle peinture n offre pas une analogie bien marquée avec Y Etre homo du Louvre attribué au même

1 la-» Mutée* d Ks/eijn-, |«*r M. Luoi» Vunkil Pari*. MW.

LUIS UK MOHALÉS (1509). 7

•• artiste; elle est mous moelleuse de couleur, moins savante d'anatomie, moins grandiose de dessin, sans ■ pourtant qu’il soit possible de préférer l'un à l’autre : c’est un même sentiment, une même simplicité

• religieuse, une même délicatesse de touche dans tous ses détails. Cependant, considérant le dessin de » YEcre homo du Louvre, je le murais plus volontiers d’un peintre initié à l’École florentine et postérieur

* à Morales, qui n’a jamais quitté l'Espagne. *

Morales eut un tils, Cristobal Morales, peintre lui-même, et de nombreux imitateurs qui s'efforcèrent de copier

et de reproduire scs propres productions. Comme toujours, ces imitateurs ont exagéré jusqu'au grotesque les défauts du maître, à qui l'on a fait tort trop souvent de leurs mauvaises et caricaturales copies.

Juan Labrndor, le seul élève éminent qu'ait formé Moratès, se voua fl la peinture des fruits et des fleurs : il ap|M>rta dans cette brandie de l'art la perfection, l’éclat et la vérité d'exécution qu'il avait acquis à F école du fit ri no. Labrador mourut à Madrid eu l'aimée 1600.

Juan de Jnanês s’est inspiré plus d'une fois des œuvres de Morolès : mais l’artiste valciicien est lui-même un maître, et si ses Ecct homo ou ses Christs au roseau rappellent la manière archaïque et naïve de Min contemporain, Jonnès ne laisse pus que de leur imprimer le caclict de sa puissante individualité : sou dessin est plus grand, ses types sont moins émaciés et son coloris, plus large et plus savant, accuse d’ailleurs, dans ses procédés, un peintre formé en Italie.

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Vniei U l»*e des taWrewx de Morales qui fcml aujourd'hui partie des Musées del'Eurof* ei des collections particulière* :

Mi'sict: lit Luisait. — 7r»u* port a ni tu croir.

M mut». — Misât sut \r.. — Ijt Viergr de douleur», Etre fcmno. la Cirm*es»ion. T fie de ChrtsJ, la Vierge et f Enfant.

Mi »>: MTSixu Di PauKNTo. — Le l'krisl mire 1rs tleuj- /arma* iiitpiù. en IKftj pour la somme île iti.WIO ivtuiv .

AcUHUMIl ut San Füsxanu>. — Le Chrtri présente au peuple par l'Halr.

.\N(4E>kk luatcnox llmuo ;piluu Salaiiutnca . — Erre knuirj.

Aiv-i.id'.iueKu.». — i 'olfaction Sceruonut. — Eae huma.

Misée *♦: Dresmi. — Ecre Komo.

MlsÉlc UC SliNr-PKTKRiMNM su. — Mater dularnaa la Vierge tri te* fit ni Jésus.

Anbutiiii. — Hriwn h Coûte*. — I e Christ.

Coclection Stiruno. — La V serge de douleurs,

Cm.LEi.Tii» Houein». — Le Christ à la ruhume.

(àiiXM-Tuix Vimx. — Trie de Cknrt.

Vi:\rt: Agi «nu l»U . — Im Vierge soutenant le Chrisi mort, 75# fr. ; fcVnr Aomo, ïl»û fr.

Vente Soci.t 11511. — La Voie dm douleurs, li.WM fr.

Vante Loi K-Piuun*K. Londres (IH53. — Portement de Cruir, 120 f: La Vierge snsilmant te Christ mort, 71 f; Venir sujet, t> * IC; Erre hotuo, 1 10 *.

Vante Stanwsh. Lowiiren.IH53 . — La Vierge mulen/iut le Chrùt uiurl. 5f 15; Saint leiwnt une rruù. 22 *

*•«•* — Œ*n»»S» rninill, lit SAVIITTI. ! If «

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ummiL - «uni ik iim

a G e que Velâzquez fut pniir Philippe IV, Alonzo Siinehez Coello r a\ait élé pour Philippe II: le peintre chéri, le courii»nn familier. le prirado det rty. •* Ainsi commence le biographie «le Sanchez Coelln dans riiiipurlant travail de M. L. Vinrdol sur l’Ecole espagnole, lin |murrail «jouter que Sanchez Coello fut pour Philippe Il ce qui* Titien avait été pour Charles-Quint, Holhein pour Henri VIII. et même C.rnnncli pour Luther; ce que furent plus tard Y ni» llyck pour ! Charles I" et Walkcr pour Cromwell.

Bien que Vicente Carducho. au chapitre VIII de ses lùnlnijur* sur la Trinlurr , parlant de deux copies d'apre- le Titien, ait appelé Sanchez — Lusitauo futnoto; bien que Palomiiio. sur la fui de celte qualification . le dise lié en Piu'Uigai et qu'on lui ail donné le surnom de Tirât un porlHyues , Alonzo Sanchez Coello était cependant né eu Espagne, à Hcnifnvro. royaume de Vulence. A quelle date? Aucun biographe lie le sait. Pour tout renseignement nous trouvons dans Palomiiio que Saneliez Coello mourut à l'Age de soixante-quinze ans.

ÉCOLE ESPAGNOLE

«il 159ü. f.eun Rertmnlcz confirme celte même date, nm parler île l'Age. Suivant Paloinino, In date de imis-vuncfl serait donc environ 1515. Comment, âpre* cola, Palomino peut-il en arriver à admettre qu«* «rr ntdde artiste apprit Fort de h /teinture 4 F fade de Raphaël* »1 Faut-il traduire: dans F école, et entendre pur là les continuateurs, sectateurs, anciens élèves de Raphaël, mort en 1 520 ? l'alomino est assez eiHitumier de pareilles erreurs, que plusieurs biographes cuit servilement propagées après lui et qu'un simple rapprorhement de dates eût fait éviter. Le séjour de Sanchez Coello en Italie, pendant sa première jeunesse, nous parait d'ailleurs tout a fait hypothétique. On verra plus loin pourquoi. Ce qu'il y a de sur, c’est qu'eu 15(1 il demiiiniit à Madrid. «*t qu'il y épousa cloua Luisa Rev natte, dans la paroisse de Saint-Michel.

Donc, jusqu’à «rite date, rien que d'inexact ou d'incertain dans les premiers biographes du peintre. Oan Kormudez, le plus consciencieux et le plus récent des compilateurs espagnols, apporte? seul un peu de lumière sur les origines «le Sanchez. A force de fouiller patiemment les archives des paroisses et de» ordres religieux, «le consulter les notes ou les mémoires inédits «les rares auteurs es|NLguols qui se sont occupés des heaux-art* et «les artistes, il découvrit que H. Alvarez Raima, en compulsant les preuves de noblesse fourmes par un petit-lils île Sanehez Coello. don Antonio llerrera, alors qu'il sollicitait son admission de chevalier dans l’ordre de Sainl-Jac«|iics , avail rencontre quelques renseignements , assez {hui prévis, desquels il ressortait : que Sanchez Coello était bien originaire du royaume «le Valence et du village «le ItenifaviVi : qu'il avait été baptisé à l'Alqueria Hlanea, territoire de* Va Ile ta s de Murviedr». et qu’il s'appelait exactement Alonzo Sanchez tialvaii y Coello; que ce dernier nom «Hait «•«•lui «b» sa mère, et quenfm il demeurnit impossible de fixer le jour de sa naissance autrement que par celle indication bien vague : au commencement du seizième siècle. Comme l’atouiiuo, Ccau Rennudez, un {icii moins sûr lorsqu'il s'agit «les <‘la*silleaUoih> divole, de style ou de manière, admet que Sanch«?z avait étudié en Italie, s'appuyant sur cette assertion que le dessin de ce maître est très correct S’ensuit-il forcément qu’il n’ait pu acquérir celle correct nui qu'en Italie?

Telle opinion, commune à buis ses biographes, les «ouvres «le Saneln*/ (audio, qui sont les iiMMlleurs «lorunients à consulter, lu coiitmlisent hautement. De tous les tableaux qui nous restent, à «pielque é|HM|iie «le h carrière de l'artiste qu’ils appartiennent, aucun ne porte, ni dans le style, ni dans la «composition, ni dans le coloris, l'empreinte d études franchement italiennes; ils prouvent au contraire que Sanchez Coello •lut être l'élève d'un «k» ces maîtres de transition. Manuimls italianiiés qui révèrent l'amalgame des écoles de Flandre et d’Italie. Les Demard Van Oriey, les Michel Cocxie, les lleemskerk, les Lambert Icunlwoil. les Frnns Floris, les Martin de Vos, sont les pcrsounulité*s les plus marquantes «le cette époque byhriile. Eux. leurs élèves ou leurs tableaux, on les rencontre en Espagne au «sonmcncemenl du seizième siècle, et leur influeuce est facile à constater sur un assez grand nombre d'artistes espagnols, disciple* ou -eulenieiit contemporains de ces étrangers.

Le tableau ih*s FàuiçttUk * de suinte Catherine, protcnaiil «k* l'Eseorirtl , aujourd'hui au Musée ik* Madrid. «*t signé en toutes lettres : A/onsu* Sanfius peut très-bien être pris pour type de la manière de Sanchez dans ses compositions religieuses. C'est, à proprement dire, un mélange tempéré de Frnns Floris et «le Martin «le Vos; il dut ëlr»? exécuté autour «le 15(2, car, à partir de cette date, une rapide mctamorplios* 1 s'opère clic/. Sanchez Coello : désormais il est l’élève subjugué d' Antonio Moro, et dans ses portraits notamment, son style et sa couleur vont se rapprocher de plus en plus «les traditions des écoles du Nord.

T est en effet vers 15(2 que Sanchez entra dans l’atelier d' Antonio Moro, qui peignait alors à Madnd le |MMlrail «b* l'infant, fils «le Charlcs-Quint, depuis Philippe 11. L'élève et le matin* devaient être à peu près du même âge ; jeunes tous deux, ils se lièrent sans doute d’une étroite et vive amitié; car, lorsque Mur partit

' « Eitf iwiWr artpN a/trrndin rJ arte de la pinlura en Routa, en la «icwto de Rafaël de L'rbino, y des/ me» en la de Antonio JfnriMM Esftuna.o Paliwiino. l'ida de los l'intom eminenfet espaüole*.

• o J*itdo mu y bien kabrr aprrndido %u pmfesian rn liai ta, tftjun h corrrrcùtn que letua en rl dihujo.ê Cim Berwuiba. Pireionano Attlonco, t. IV.

ALONZO SANCUEZ COELLO (loti .

|KMir la cour de Lionne, où, par ordre de l'empereur, U devait peindre la future, épouse de Philippe, rinfnnte «lona Maria, Soudiez Coello l'aiYompngmiit.

Le brillant accueil que reçurent nos artistes auprès du roi Jeun el de In reine Catherine dWulridie, mrur en île Ile de Chnrles-Quinl. déterminèrent Cnello h s'attacher au service de don Juan, priuee de Portugal et

epoux de doiia Juann, tille de l'empereur et sumr de Philippe II. Don Juan mourut. Sanchez, privé de ce protecteur et désirant retourner en Espagne, pria dofla Juunu de le recommander à Philippe II, qui l'agréa. Swlnil tout d’abord pur les manières, l’esprit et le talent de Pnrtiste, le roi reporta sur lui cette même affection, celte bienveillance familière, dont il avait donné tant «le preuves à Antonio Moro, parti alors pour les Pavs-llas. Cette faveur de Sanchez auprès du terrible Philippe ne Qt du reste que grandir par la suite et devint telle, que. lorsque le roi ne l'emmenait pas avec lui dans ses expéditions, il lui écrivait très-fréquemment

fcc OLE ESPAGNOLE.

•■I de sa propre main en adressant les lettres à son trh-aimé fils Alonzo Sanchez Cœllo : « Al mut/ amado hijo Alonzo Sanchez ('rtelln, ezcelentisimo pin for de la majatad cristiana . » (l’est ce que rapporte Pâfheo», nu livre I** de YArte de la Pin/ura , ou il n'étend longuement et fournil mille détails curieux sur les rapports d’intimité de Philippe |( et de son peintre :

■> Le roi, dit Paeheco, lui donna pour logement une varie maison Unit proche du pajais. Comme il mi

* gardait seul la clef. — par un passage secret et en toilette du matin, il avait coutume d’entrer à tout»* heure

- chez lui et de le surprendre tandis qu’il était h dîner avec sa famille. lorsque Sanchez voulait quitter la « table pour le saluer révérencieusement comme son roi, il lui commandait de rester en place et entrait

- ensuite, par passe-temps, dans son atelier. D'autre* fois, il lu trouvait assis et peignant; s'approchant u doucement il lui mettait les mains sur les épaules. (Juaud Alonzo Sanchez, se voyant si honoré, essayait

- par juste respect de se lever, le roi l’obligeait de se rasseoir et de continuer sa peinture. Sanchez peignit 4 souvent Philippe, armé, à pied ou il cheval, en costume de voyage, ou bien encore portant simplement la ■* cape et le loquet; il peignit également dix-sept personnes royales, reines, prince* et infant*, qui 4 f honoraient et l'estimaient au puint de venir habituellement jouer et se divertir en sa maison avec sa ** femme et mis enfants.

•• Sa renommée ne lui valut pas moins d'honneurs de In part des plus grands princes du monde, et il put *• compter au nombre de ses admirateur* les papes Grégoire XIII et SixhHJuint, le grand-duc de Florence,

- celui de Savoie et le cardinal Alexandre Famés*, frère du dur de Parme. Il avait tmqour» à ni table quelque

* geiitilliumme important, car, le vivant ainsi dan* les bonne* grâces d'un grand monarque, beaucoup

* s'empressaient à rechercher son amitié. Sa inuisoii était fréquentée par les plu* hauts |MT*oiuiage* ^ «le l'époque : le cardinal Granvelle; l’arelievèque de Tolède, don Gaspar de Quiruga; don Rodrigue de* « Castro, archevêque de Séville; et qui plus est encore — le seigneur don Juan d’Autriche, le prince don

* Carlo*, ainsi qu'un grand nombre de personnes titrées et d’aniliassadeurs, à ce point que maintes foi*

- le» chevaux, les litières, les carrosses et les clwii*es remplirent les deux vastes coure de la inuison. « Devenu ainsi le peintre le plus célèbre de son temps, il gagna plus de cinquante-cinq mille durais . 1 •• Après Pacheco. Jusepe Martinez, peintre do Philippe IV et auteur d’un manuscrit qui renferme un traité sur la peinture et des renseignements biographique* livs-intéressants sur les artiste* espagnols, note, à propos d’ Alonzo Sanchez, quelque» particularité*» qui ont échappé h tous les autres biographes :

4 Au début du règne de Philippe II, un grand artiste en portraits, nommé Alonzo Sanchez, commença

* île se révéler avec tant d’éclat, que Sa Majesté le til appeler et lin ordonna de lui fournir une preuve

* de son talent en faisant son portrait. O portrait plut tant à Sa Majesté qu elle voulut qu'un logement voisin

* du |Nilais royal, dans la maison du Trésor, frtl donné à l'artiste, et elle eut soin d’y ajouter île* gag»**

- et de» allocation» qui furent toujours très-exactement servis.

« Longtemps Sanchez fut occupé à peindre des portraits du mi, que l'on envoyait aux divers monarque* •• et aux prince»; lrè*-estimés dès lors, ces portraits le sont bien davantage encore à cette heure. Pour •• récompenser les service* chaque jour plus éclatant* de sou peintre. Sa Majesté le til gentilhomme de •• la Clef- Noire et son valet de chambre ! . »

Le mémo Jusepe Martinez, (Mi tant de Y Allégorie sur la bataille de butante , tableau célèbre que le Titien peignit à l'âge de quatre-vingt-quatorze ans et qui est au Musée d»* Madrid, rapporte quelque* faits d’un assez grand intérêt pour mériter d'être reproduits.

4 Gomme Philippe H désirait que le Titien lui peignit un tableau dont il se réservait d'ordonner lui-même

* la composition, il manda Alonzo Sanchez, lui communiqua son projet et lui indiqua comment il entendait « que s'exécutât le dessin qui devait être envoyé au Titien. Avec sa modestie accoutumée, Alonzo Sanchez

1 Pachero, — A rte de la P mlura , litre P*, clmp. *«.

» Jusepe Martinez. — Disrunos pract trahies dei noWarmo arte de la Pinturo. I. XVII. Ce nmmrril . récemment publie pur le* s <in» de l' Académie de S*n Fernando, h Madrid, a été nu iefai de note* prréimuc* par don V.l lard wn», mouitnt» de l'tlla Academie.

*e récusa d'abord ; main le roi ordonnait el il fallut obéir. Sa Majesté se At dune peindre en pied, élevant au riel dans ses bras le jeune infant don Fernand ; une Itenmnméo, chargée de palmes el de couronnes.

■AlIkCI II Bilan CATNIIIII »»• «. Btlntfl.

plane sur ce groupe, el le Turc gît il terre, vaincu et euebuiné. A cette esquisse, le roi lit joindre moi pnrlniil de grandeur naturelle, et le tuut fut dirigé sur Venise.

h A la riM-cplioo du portrait el de l'esquisse, Titien écrivit aussitôt que, |>uisque Sa Majesté a mil auprès d'elle un ruait re si habile, il n'élait pas besoin qu elle recourût à des peintres étranger*.. l'lnlip|M- lit

f. ÉCOLE ESPAGNOLE.

« réjtondre qu'il partageait l'avis sur te mérite d’Alotun Sanchez, mais qu'il aurait ii satisfaction que le « Titien exécutât te tableau, ce qui eut lieu ainsi. «

En 1570, Sanchez Coello fut chnrgé. avec Diego de Urbina, de peindra les art> de triomphe que Ton éleva à Madrid pour l'entrée d'Anne d'Autriche, femme de Philippe 11.

De 1573 a 1577, il exécuta pour l'église paroissiale de l’Espinar une suite île tableaux destinés a décorer te maître-autel. (in a retrouvé dans les archives de l’Espinar le contrat intervenu entre Alonzo Sanchez et la paraisse, relatant tontes les clauses et conditions auxquelles devait se conformer l’artiste. Selon l'usage, il dut présenter quatre témoins qui k- cautionnèrent et signèrent l'acte avec lui. Au nombre de ees témoins figure l'illustre Giaoomo Trezzo. Alonzo Sanchez s'acquitta si consciencieusement de eut important travail, qu'il fut terminé au jour dit et que les experts nommés par les parties pour taxer et juger l'reuvre, en outra du prix de 3,350 ducats primitivement stipulé au contrat, jugèrent qu'il y avait lieu d’allouer une majoration de 75,875 maravédis. Vers 1582, Sanchez Coello avait achevé de peindre pour la ■salle des Portraits du palais du Pardo, buis U» personnages suivants : Dorta Jtiana, princesse de Portugal; doua ratatina, femme de Jean 111, roi «k* Portugal ; don Luis Mondez de Han», marquis del Carpio ; don Diego de Cordoba, premier écuyer de Sa Majesté; don Juan d'Autriche, frère de Philip(M> 11; don Carkis, son fils ; l'empereur Uodolphe ; son (rare Ernest; Ferdinand, archiduc d Autriche. Trèra de lein|>creui Maximilien.

Le monastère de l'Escorial, allait être fini. Philippe II voulut que Sanchez Coello, malgré son grand âge. concourût à la décoration de ce vaste monument. L'artiste peignit dune encore. A partir de 1990. il exécuta successivement plusieurs compositions religieuses : Suint Paul f! saint Antoine ermites; Saint Etienne et saint Laurent ; Saint Vinrent et mini Geory* ; Sainte Catherine et sainte Inès. Son tableau du Martyre /les suints enfants Juste et Posjor, où il plaça une charmante vue de Alcuin de llenarès. date de 1583. A cette meme année appartient aussi te portrait du 1*. Siguenza, qui n'est plus à l'Escorial'. Celui ■lu fameux fondateur de l'ordre des Jésuites, qu'il |M-ignit avec l’aide d un masque de cira moule sur le visage du saint, et qui, selun Facbeco, est le plus rassemblant des portraits d'Ignace de Loyola, date de 1585. Sanchez Coello avait alors au moins soixante-dix ans. Cinq ans plus tard (15901- . il s'éteignit à Madrid.

Sa vie d'artiste avait été laborieusement remplie; il laissait un œuvra considérable, surtout eu portraits, dont la plupart, malheureusement, périrent dans les incendies successifs des palais du Pardo et de l'AIcnzar de Madrid. La destruction semble sétre acharnée sur les peinturas de ce maître : l'église du couvent de San Gcrunimo, à Madrid, renfermait encore, en 1782, un important tableau de Sanchez, daté de 1580 et représentant un Saint Sébastien: on en a perdu loule trace depuis lu ruine ch- ce couvent.

Ce qui reste aujourd'hui de tant de travaux suffit cependant à la gloire de Coello. Il faut, meus l avons dit, fuira bon marché de ses compositions religieusc-s, qui appartiennent au faux goût flamand-italien, et dont le moindre défaut est le manque absolu d'originalité. Mais, dans ses portraits, c'est un maître, naif et vrai, distingué et contenu, un peu froid, mais très-fin.

Voilà bien le talent qui convenait à ce peintre de cour, homme de cour lui-même, de cette cour d'un monarque qui n'a ri qu'une seule fois, le jour où il apprit le massacre de la Saint-Barthélemy. Du fond de ses toiles, on voit se détacher, raides, pâles, la bouche pincée, raines, infants, princesses, gentilshommes, tout emprisonnés dans leurs riches costumes; mais une étincellp avive légèrement leur regard et lui fait dire ce que taisent leurs lèvres serrées. Sonl-ee là des ombras ? non, ces personnage* vivent, mais d'une vie étrange, mystérieuse. Un sent, à les regarder, combien dut peser à ces muets courtisans le froid glacial du cloîtra. — le morne silence de l'Escorial !

Au Musée de Madrid, deux portraits, surtout donnent bien la noie de ce talent sobre et un peu

1 Ce |ntflrai( a été gravé en Espagne par D. F. Seinu. à la âa du ufcd» dernier.

mi*. Ils «ml de l'.-uiiiloxip ii\ir les Antonio Moro, du mémo musée. C,es portraits, numérotés 152 et 151 représentent l'un l'infant d«Mi Carlo», do Ironique mémoire, l’autre dorïa Isabelle-Clairü-EuKénie llllt* de Phillp|M* II, qui devint la femme de l’archiduc Alliert. Ces deux portraits sont délicieux:

iiimu. mis oc pmuipps n cm * iu*«4

II.iIIhmii, CJuuet, Moro, n'ont rien peint de plus exquis, de plus délicat, et ce rapprochement n’a rien d’excessif : comme ci» maîtres, Coello sait évoquer tout le caractère de ses modèles, toute leur individualité, sans le moindre effort, sans même que lu toile laisse seulement transparaître le procédé d'exécution.

AI 011/.0 Sanchez Coello laissn trois élèves : sa propre fille, dona Isabelle, Philippe de Liuùo, connu pur -es portraits de petite dimension, et enfin Pnntoju de la Crut, le plus célèbre des trais, qui succéda a

ÉCOLE ESPAGNOLE

son maître dans la trhatge do peintre et de \nlet de chambre de Philippe II. l'.'iiitnja e*l l auteur de nombreux portraits. Sa couleur est chaude et transparente ; il est très- soigneux du détail et il rappelle assez bien son maître par une certaine timidité de pinceau, par la simplicité de» poses et l'exactitude du dessin. Il mourut en 1610, à Madrid, à l'âge de .VJ ans.

t*.xt L LtroHT .

lïmioitë rr imacmons

Les laHeaux de CoeMo mnt imjourd liui Inet rare* en France et il mu existe plus un seul au Mu*rr du Ixnivrr. Ceux que le mi tamis-ltn lippe avait fait acheter et qui tirent pari h 1 «le lu üalrrie espagnole, uni été. connue IVm suit, rem lus u lu famille d'Orliviis. jkjia vendus u Londres. Trois île res lj*14« a iMi\ a|»parlieniirol aujourd'hui un Musée de Bruxelles. Vuhi in lit.tr des ouvrages de Coello qu'on jviit voir en Es pogne ri dans quelques MUserset galeries do l'Europe.

AU-KMAGMt. Mtsst bl. VlKNML — Eli po rlniil lie dune.

Collection Su:«uo>er. à Aix-la-Chapelle, — Portrait de PUIIpp» II.

Anglktxmik. Collection Bahing — portrait de PW lippe III, enfant.

Belckhe. Miser, ne fini xllll*. — Port rut de Jeunne «f Autriche, — Portrait de Marguerite de Panne, fille «le tUia/les-Quint et gouvernante de» Pays-Bas. — Portrait de Mune d Autriche. autre fille de Charlcs-Quin!.

Coi trois tableaux prov iemienl dp l’ancieiMic Galerie espagnole. au Louvre. qui n-ufenuaut en tout neuf portraits, don' l un. catalogué sou» le numéro 14 et représentant I infant don Frmand, fils de Philippe II, pnrtait la signature suivante Atfonsius Santtu* ferii, 157 7.

Ivo-aumc. Misle iuital de Madaio. — Portrait de do:i Carlos, fil» de Ptiilip|w 11. — Portrait de l'infante dimia l*aliellr- Clairo-Eugrnie, fille de Philippe tl. — Portraits île deux infantes, filles de l*hvli|spo II. — Portrait d'un personnage que

I on croit être Antonio IVivZ. — lieux (sirliuils «I udunlm. — Iss piançailtr* dr sainte Catherine. — .S'unir Sebastien. laldeaii date de ITi'i.

Ntwr national tu: M.vnnin. — Portrait «le Paix'lndur liesse •l'Aiitriclie. l-i.dM'Ilo-liaire-Eugrnuv fille de I1 iiIi|«|m- II.

IvmiMii.. — E.i portrait de l'Iulqq*- II «H douze coini pMiliHU relig-eii* -• don voici Ir «fcrMpurtUin tfrrrtyrr 1 de* saints enfant* Juste et Pwlor. — . Saint tireyoïr* et 'Oint .lut' une, — Sri tat Haute tr lira ntl rl saint llhail’s Saint Jrrtimr rt .saint lu qastin signe rl (iule IÔHU . Saint Paul rl saint Anlomr atittr signé et date lü»2 . - Saint Lauréat et saint Etienne, martyr* «igné H daté I*iho . — Saint Vinrent rt viint tinrjM, - Sainte Claire et sainte Srhulastitpie — Sainte Paulr et sainte Monique Sainte Catherine rl sainte lors signé et riale l.'iXl . Saint Hennit et saint Bernard. — La 1 erge dt la Antiqna ., lS4t txuxr.cno* Miitmxu * Madrid. — Portrait d'ut» peisonnagr 1 inconnu — Portrait rl*- Philippe III, enfant. — Cm «leux tableaux provenaient de la coller loin du duc d'Ailamini ils appartiennent HUjourd litn à M. de Salamanca.

V iLhNii. . Misai.. — Portrait d'Alonxo Sanclie? Cuello peint par lui-méut*-.

V ente Loi is- l'ilium: . Il Londres. Portrait de Jeanne <1 Autriche , 2.713 fr. — Portrait dr Marguerite «le Panne, 2.24N Tr. — Portrait «le Marie rt' Autriche, 2.$72 fr Voiri la signature «le Sanrhei txielki. copiée sur fun dm ijiNimiix de TEsconal :

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J T A N RE JOANES

A l'heure ou les artistes «lt» Frurnre, d'Allemagne «*t «h* Flandre se sentaient invinciblement attirés ver* l'Italie, l’écoleeupngnole , à peine énianripée, ne privait manquer dé suivre l'exemple que lui donnaient les tintions voisines : séduite à son tour par le génie de la Renaissance ♦•Ile alla demander conseil à la grande institutrice du monde; Des le> premiers jours du seizième siècle, ou voit les artistes uspagnofs commencer leur pieux pèlerinage au pays des chefs-d'œuvre. Eli loin, Rerruguete travaille à Florence avac Michel- Ange, et lorsqu'il revieul d'Italie en 1520, sa patrie salue en lui un architecte, un sculpteur <*1 mi peintre. Ij» route une fois montrée, beaucoup d'autres y munirent, et bieUJ.it lu pi .Inique victorieuse de Cliarles-ttiiiiit établit entre l'Italie et l'Espagne îles relations dont lu premier résultat fut de reguInriMnentiv* h** deux |Kt>* rechange de» idée* et des méthodes, échange illégal d’ailleurs, car FF-sjiagne profitait seule du marché.

L'artiste, encore mal çnuiin, qui s*est illustré sou» le noui de Ju.ni brillants soldats de celle* nombreuse.

du J on nés fut I’mii do» plus amiee de poutre* qui allèrent demander à l'école de Rome le secret île sa Dur* et de «oi gr*ce. i; ’eniilitniii espagnole a **u quelque peine .i elaldir l » lal civil de - maître, . » noys devons avinioi' qiîe

PPlÉil

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KIÎULK ESPAGNOLE.

Ii» coftjectnrft* liemwnl encore un peu île pince dniw ce qu'il nom» rein p«e»sibb‘ île «lire «le lui. O nom d»' Joanès n'est évidemment qu'uut* forme, mflliidrojtcimnl lttini$ro, «le l'un «le» prénoms du peintre, qui, d'après le leste «le son testament, paraît seine nppelé Juan Yioenté. Il semble résulter, en nuire, «l<» patientes rethenhe» de Ccun ltcrnimb*z, que le nom polnmyuiqio* de Joiinés était Macip : e’esl ilu moins ainsi que son lils est nouinn* dans un document contemporain La date et le lien de sa naissance n’out pas moins inquiété les érudits. Toutefois, comme l’acte «tresse lors «lu dîmes de Jmiucs en «lécemhre 157!l lui donne «*iii<piniif«'-si\ ans, on est en droit dit conclure qu’il est né ter* la tin de 13*23. Knlln, on désigiiu le mndrsli* bourg «b* Fuentc de la I liguera, dans le royaitiiM* de Valence, comme le )i«>u où le uaif artiste a du voir le jour.

On ignore quel fut le premier maître de Juan Vieentr, Sa vit» est trop peu roiiiim* pour qu'on se lieruieite de rien préciser h cel égard, mais il csl tout naturel d«ï supposer que, lié sur celte ertle espagnole qui Tait face à Mlnlic, le jeune peinln' a dû IihiI d’abord songer à trav«»rs«*r la mer pour alkorder nu rivage sucré. Mariette, «pii, ici, parle avec |k*h «le prudence, veut qu'il ait étudié sous l'érugiu * ; Paloiiiino, qui ii<* doute de rien, assure qu'il s’est formé dans râtelier «le Haplun l. Il faut «rnrlcr l’une comme l'autre de ces assertions ; car lorsque Raphaël est mort, en 1320, Joanès n Vtait pas né, et il n’nmil guère qu'un on quand l‘éruein suivit son glorieux élève dans la tondM* il 52 1'. Ce qu'il aurait fallu dire, c'«*s! que Juan Macip a travaillé à Home dans l'école «l’un des disciple» de Itapliael, et rien iiVm|**cb«» en effet que, pendant son voyage en Italie, il ait pu eomiailre l'olydore «le llaravage, Jules Homnin ou Penoo del Vagn. Mais, si atlinilif <|U'il sr soit montré aux leçon» de son matin* inconnu, Joanès resta toujours Espagnol et no porviul jamais à s’assimiler complètement le fier dessin, l'idéale pureté «le l'école romaine.

Lorsque, après un séjour en Italie dont la durée un peut être précisée, Juau de Joanès revint à Valence, il y fut bien a«'cueilli et J jouit lout «J’id«rrd de c«* prestige qui «'attachai! aux artistes qui orrivaieul «lu pays des merveilles. La même circonstance faisait, à la même époqut», la fortune de Ijiis «Je Vargas et du KtamaiHl l’edro Lnmpann. Toutefois, quel que fut le talent que Joan«'*s eût ne pii» à Home, sa réputation, bien tôt faite à Valence et dans les environs, eut «u'and , |>eine à dépasser les limites «lu royaume. San» ambition d’ailleurs «d tout entier à son œuvre, l'artiste ne fit rien pour porter hors «le son pays la gloire «le son nom. Lt« églises et b» «*ouvenls suffisaient a occuper son piueeau, et l'on ne voit pas que <:haries-(,tiiint, qui encouragra parfois des peinln» recondaire*, ait jamais songé à utiliser le talent de Joanès.

Il faut dire qu'à celte époque Valence était bien loin de Madrid : d'ailleurs le caractère «le J:rnu Vi«*ente et le genre de vie qu’il avait adopté n’auraient pu sans «Imite s’accorder avec le lu\«* et IVlMpietle ■les cours. Juan était le plus austère de» hommes; son existence fut presque celle d’un saint, et, religieux dans ses moindres actions, il ne le fut pas moins dans son œuvre. Comme Luis «Je Mondés, qu'il semble parfois avoir choisi pour modèle, il n’a jamais |irinl«|ae dis* sujet*» de piété; comme Luis de Vargas, il ne prenait guère le pintvau sans se préparer par la prière à l’acte dévot qu'il n lait accomplir. L'historien Palomino, à qui nous empruntons <*es détails, raconte, à propos «le l'ardeule piei«* «le Juan «le Joanès, une anecdote qui fait connaître l«* earaclère (lu peintre, mais qui nous apprend bleu miens encore quel était au «nutum* siècbî le imstieisme «l'un Immi catholique en Espagne. Le co»f«*sreur

’ Voir sur ce* dèttil* ci sur la plupart dp» bits consignés dan» «Ile biographie les renseignements donné « par Céan BanndK dan» le texte di* U Ontario* litogrAfica de cuodro* del Hey de Etpaua .Iftift) , «l l'article consacré à Josne» pur N. L Yiurdot, .Varier» »ur Ira principaux peintre* de l'fapoyif, (43V. p. 43 et stliv.

• Voter I» note de Manette, qui, quoique mal informe sur l'homme, donne sur le peintre d'utiles renseignement» : « Jean de Valence, en Espagne, a été un excellent peintre; il étoit Ütn dr Pierre Pérugta, e« ainsi contemporain de Raphaël, dont il a unité la manière. On l'ippvllt, en Espwgnc , Juanes- It y cal dans une haute rrputnbon : se* ouvrage» y sont esUotèi à l’égal «le ceux de Raphaël. La correction étoit sa principale jsirlie, et il pissoit jsmr posséder, dans un éminent «fcytré, le» régie* de son art. On «oit plusieurs de scs ouvrages à Valence, sa patrie. » Mariette ajoute qu'il a tiré ce* détail» de- la jrefac* d'un livre de principes de dessin, par don Joseph Garda, en «kpognol. dhccedurio. tu, p. Ift.

Jl' AN UK JOANfcS ;I52AÎ. 5

«le l'artiste, U* Jésuite Martin Alherro. «'ait ru une tisiou : la Vierge lui était apparue et elle lui avait ronnniinde tic In peindre telle qu’elle w révélait u toi, c'est-à-dire avec «on manteau bleu jeté *ur *n robe bluuehc, le irnissaul «le la lune mmis ses pied», et ajuMiuuillec «levant 60 D Fils |K>ur recevoir «le lui, en présence de Dieu et du Suinl-Ksprit, • la couronne glorieuse. Le jésuite, qui ne savait pu» peindre, éprouva d'abord quelque embarras; mais il songea heureusement à Jeunes et lui dcmnudu «le faire, de sa vision, une réalité vivante. L'artiste se mil au tmvud avis* l'énergique conviction d’un homme qui

Angelicu, avnieul traité ce grand sujet. Il leur deiuainla le secret de leur naïveté touchante *, en nuire ; de lune» jeûne», d’ardentes prières*, dus actes de cuntrilion il chaque instant répiHes soutinrent son courage et lui donnèrent — c’Cst l'alowinu qui le nurontc — la force de mener n Ou eette «ruvro e&tru* mondaine. Le pieuv jésuite fut satisfait de sou ami et truova, «lit-on, l'image ressemblante. Telle

Ihtfolrt obrryer drt ;J » 11 (mmeus /•coifrr» opagmitb. Pari», 1749. p 66.

ECOLE ESPAGNOLE

Le* iw'ululioi» ont-elles enlevé ii m place primitive Pcnivre pieuse de Juan de Jomim? L’artiste a-t-il plusieurs fois reproduit le même sujet? Nous l'ignorons ; mais nous avons vu û l’exposition de Manchester, en 1857» une peiutnre de Joanès qui, sous le titre de Gntroftwmn/ de h Vierge, semble être l’exacte représentation de la vision du jésuite Martin Àlberro. Dans ce tableau, qui appartient à M. Alfred Stowe, I» Vierge, vêtue de blanc et de bleu, a aussi sous ses pieds ki pâle croissant de la lune, et l’un voit au-dessus d’elle le grotqte de la Saillie-Trinité qui la glorifie (tendant que le Christ pose sur son front le diadème lumineux, telle peinture peut êlre considérée comme l'un des chefs-d'œuvre de Juan île Joanès : le tlvle n’est pas d’une beauté parfaite, le dessin n'est pan d'une pureté absolue, les types ne sont qu’à demi lidèles à l'idéal italien ; mais l’ensemble n'en a pas moins, dans sa candeur même, une valeur incontestable et rare. Le coloris est plein de fraîcheur et de clarté, et les tête» ont une naïveté d’expression, je dirai presque une gaucherie, qui ajoute au camelèrc mystique de l'œuvre.

A le juger parle Couronnement delà Yierye et par quelques autres peintures de ce genre, Juan de Joaue* ne parait pas avoir été si complètement Inmstisuré par le génie italien que ses biographes veulent bien le dire. L’élégance et la splendeur de la forme n étaient pour lui que des instruments qu’il radiait mi service de son sentiment religieux; et, en ce point, malgré ses longues éludes en Italie, Juan Yicente est resté Espagnol. S’il était besoin d'en donner nue autre preuve, nous rappellerions que ses saintes images du Christ ou de lu Vierge rappellent parfois colles de Luis de Morale*. Les deux tableaux qui ont fait partie dé ta collection du maicclial Soull, VHccr. l/mm et le Christ tenant h cruix, n'etnienl-ils pas exécutés dans cette manière, loyale sans doute et vénérable, mais un peu sèche et presque archaïque?

Il n'est pas inutile de rappeler, d'ailleurs, que le caractère exclusivement religieux de la peinture de Juan de Jnanès, aussi bien que la piété de su vie presque monacale, lui avait attiré, la protection du clergé et particulièrement celle du bienheureux (ïarv«8, que l'Église «canonisé Ions le nom de saint Thomas de Villénonve. Lorsque l’ancien prédicateur de Ohnrles-ÿuint devint archevêque de Valence, il cniinul le pieux artiste, il l’aima et se plut a lui conlier l'exécution de travaux importants. Il lui fil faire notaunneiit une série de cartons représentant l'histoire de la Vierge, compositions qui furent envoyées en Flandre pour être reproduites en tapisseries, et dont la cathédrale île Valence a longtemps conservé le» originaux. C’est sans doute aussi à la puissante protection de saint Tbomas.de Villeneuve que Joanès dut d'être charge de peindre la plupart des tableaux de dévotion qui ornaient autrefois les église* de culte ville cl les couventdes environs; mais nu moment où ce patronage lui était le plus précieux, l'archevêque de Valence viid n mourir (8 septembre 1355). Juan de Joanès avait alors trentc-ifeux «ns.

L'année suivante, Philippe 11 était recrinnu roi d'Espagne; mais Ih fils «le Chnrtes-Ouint ne s'occupa guèie (dqs que lui du talent du peintre. Celui-ci reprit »n vie laborieuse, partageant presque exactement son temps entre le travail et la prière. Joanès s' était marié : il avait épousé (•eronima t Vîmes qui, selon h» conjecture parfaitement vraisemblable de M. Viurdot, appartenait sans doute a la famille du maître de chapelle Corne* qui dirigea pendant longtemps la musique de la cathédrale de Valence, et dont on exécute encore quelque* composition* religieuses. Joanès eut de tieromma plusieurs enfants qui cultivèrent b» peinture. Son lits, qui s'appelait comme lui Juan Yiceule, fut l’up de ses meilleurs disciples', et l'on assure aussi que se» deux filles, Dorotea et Margarita, surent mettre se» leçons à profil. A ce» premiers ••lèves s’était joint de bonne heure Boiras •, «pii se lit moine en 1375 dan* le couvent de San Geroitinm detialidia, et d'autres encore dont l'histoire n’a pus conservé les noms. L’atelier du maître devint dès lors un centre actif de travail et de propagande ; et Juan de Joanès est considéré par les historiens de l’art en Espagne comme le fondateur de cette glorieuse école de Valence d’où devaient sortir tant de maîtres illustres et forts.

1 Ou sait que te fils de Jean de humé» ImailUil encore en lüOft, mai* imi ignore b date de sa mort. Se» wvriigM ne sont jm* r«ire*- t.'nnriennr g*lfTie cftpognoU*. ou Lwnrv, poMédstil de lui b Ffayrtl itiam el le Repentir île *, tint Pierre; M, Agtuidn «mil de sa muni une Come/itian,’ enfin le cabinet du mardcli»! Soolt coa tenait un Chriti tennni *ri tjUjbf mrmomte d une rrvi.r. la» frère Nirnl.i* Hnrr.ui, uêâ IriicenUiyua en 15.10, mourut sers 1610.

JïJAN DE JOASfcS (1523). !»

révolutions, qui ont à tant de reprises agité les provinces espagnoles, ont disperse les Inhlçmiv exécutés par Jumi Vicente dans le cours d’une vie qui 11 e connut pas le repos. San* vouloir dresser

.tu/oiird'hui le catalogue de son (ruvn*, nous savons qu’il peignit pour le courent de Saint-SéUusIieu, situe aux portes de Valence, un Saint Fivtnçois de Poule, de grandeur naturelle, et une image du Christ pour la chapelle de Saint-Pierre de la même ville, l/églisc Sainte-Agnès, l’élise des Carmes et le couvent îles Augustines de Saint-Julien possédaient aussi de lui plusieurs peintures importantes. Enfin, il lit pour lu

fcf.OLE ESPAGNOLE.

chapelle «le Villanueva uuc Nativité el deux tableaux de forme ronde représentant le Martyre de sainte Aynès Juan de Joanës avait entrepris une <i< livre plus considérable encore, la «lécuration du inaitre-autel de l'église du bourg de Roeafrente, lorsqu'il y tomba malade. La mort, qui le surprit le 21 décembre 1579, ne lui permit pas d'achever ce grand travail, *oin pieux dunt son Ois dut s’acquitter. Joaiiùs avait demande eu mourant «pu* son corps fût transporté à Valence, dans In paroisse de Santa Cnn. Les recherches de Géâli lie nu ud ci nous uppreuuent que cette cérémonie eut li«*u eu 1 5Hfl .

L'Espagne perdait en Juan de Jonnés l'un des plus fidèles représentant' des idées italiennes, un des derniers survivants de celte école sévère qui avait essayé de se former en prenunt pour modèles les diefs-d’a-uvre de Florence et de Home. Luis de Vargas s Via il éteint dès 1568 ; Pedro Campan» était retourné à Bruxelles, et Na v arreté lui-même était mûri nu commencement de l'année qui vil disparaître Joanè>. Mais si le goût italien devait s’éteindre avec lui, Part religieux conservait dans Luis de Morales l’un de ses plu» fervents apôtres.

Les œuvres les plus fameuses de Juan Virent»* sont restées en Espagne et le musée de Madrid notamment a hérité de ses meilleurs tableaux. Il faudrait avoir vu ccs peintures pour se permettre de Juger, en pleine connaissance de cause, la valeur réelle de l’artiste. A en croire les avis des connaisseurs, ce# œuvres, bien supérieures à celles qu'on a pu voir en France cl en Angleterre, «‘raient «lignes «le la {dus hante estime. M. Viardot, qui u étudié avec un soin pnitn-ulicr le talent et la vie «le Jnanès, parle non -seulement avec sympathie, mais même avec entlMiiisiasim*, de sa grande composition de la Cène, * iruvru capitale, écrit-il, qui peut soutenir le parallèle avec relie «le Léonard, u Y est-ce pas trop dire? A juger de ce tableau par la reproduction «pii nous eu a été donnée par les soins de M. «le Madimo, conservateur «lu musée de Madrid, IVdoge serait un peu exagéré. toutefois, la composition est conçue dans un parti pris d'imitation it.dinmc qui semble indiquer que, lorsqu'il m ticva celte grande page, J un lies comnum«;ail à se défaire «les hésitations naïves de sa première manière : la tète du Christ et celles des apôtres qui l'enlou rent ont un caractère Ires-individucl et très-écrit; l’ensemble a de la simplicité et «le la grandeur. Une sincérité profonde, une conviction imis'antc respirent dans cette «ruvre virile.

M. Viardot ne parle pas avec moins d'éloge d'une série de six tableaux, qui font egalement partie du musée de Madrid, et où Juan Vicento a raconté les divers épisodes du Martyre de saint fc tienne. La meilleure page «h* ce petit poème nous parait «‘dre celle où l'artiste a représenté le premier inurlvr devant lesilocleurs qui l’accusent d«^ blasphémer, alon que, plongé dans une subite extase, il voit le ciel ouvert et considère In gloire «le Bien. Ici encore, la préoccupation de la Hennissince est évidente : les attitudes, l«s draperies apport miment nu goi'it italien le plu* pur, et il est curieux de retrouver dans l'architecture «lu monument que Jonnès a donné pour théâtre à sa composition, les ornements élégants, les gracieuse# arabiques «pie Jean «ITdine avait mis il la mode. J'ajouterai que, bien que le vtMemeiit du saint soit surchargé de broderies dont le luxe naïf nuit peut-être à la phvsionomic du personnage, sa tète est pleine «l'expression et parait toute resplendissante dans son extase mystique.

* De tous les imitateurs «le Raphaël, «lit euliu M. Viardot, Jouuès est celui qui s'est le plus approché du divin modèle. C’crt au poinl qu'en face de ses bons ouvrage#, il est permis d’hésiter quelquefois et de ne savoir à qui, du maître ou de l'élève, an doit les attribuer; c’est au point que, si l’on ignorait que l’un «*st imité et l'autre imitateur, on pourrait, sans «Tinte, être souvent embarrassé de savoir auquel des deux décerner lu palme. Jonnès n toute la pureté de dcwon, toute la beauté de formes, toute ta puissance d'expression qui distinguent l'école romain** personnifiée dans son chef. Sa perspective «si exacte et savante quoiqu’un |m*u courte, et si «m coloris n’a pas l'aisance vénitienne ou la fougue espagnole, il est cependant chaud, doré, lumineux, plein du charme el «l'une merveilleuse solidité. Ce qua l'on remarque particulièrement dans la manière de Joanès, c'est l'élégance qu'il dormait à ses draperies, la délicatesse quW mettait à peindre tous les details, mênn* d«*s cheveux et de la barbe, même d«*s fonds et «lu sut,

• Pdkinglnn cilc »u«i l'JkiMrcttiaMOiml rfw Ckrht, phicàdjii* b »m*Ur «le Saiiit-l’a-rrr. el, daita b csltiédrelt* , le Beptèm « du Chriii, ipi'ri n.L'nluianc nxniiir le ibcM truvrr du nullrv. Jimeral dutionary of patniert i«l«i ji. 304.

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