‹ Histoire des peintres de toutes les écoles (volume 2)Chapitre 24 sur 58 · TE LA SOC EZ · texte numérisé non relu

TE LA SOC EZ

«xqingnol y parait déjà vieux el fatigué ; cnr il n 'était plus alors tel que lui-même il s’était peint dans l'admirable portrait rapporté par M. Taylor nu musée espagnol du Louvre. Combien de fois ne suis-je point demeuré en contemplation devant celle tête, une des merveilles de l’art de peindre! Le regard est si profond qu’il pénètre dans les secreLsdc notre âme; c'est une œuvre sans prix, ou la fermeté de la touche se marie, par un rare mélange, au (km du pinceau. Les formes en sont précises, et cependant le contour en est insaisissable ; le modelé est d’une exactitude parfaite, d’un étonnant relief, et cependant il est impoviblede dire où Suit la lumière, où commence l’ombre. Il y a là toute une théorie de la peinture.

Velasquez était, en effet , en 1660, aussi vieilli qu’il le parait sur le tableau de Lebrun. Les fatigues inhérentes à ses fonctions et au voyage avaient affaibli son organisation, dont la délicatesse peut se deviner, malgré l 'énergie de son visage, à une certaine Qnesee de chair. De retour il Madrid , il affligea sa famille pur l'altération de scs traits. Philippe IV, apprenant l’étal de son ami, s’empressa de lui envoyer les médecins du roi ; mais Velasquez vécut seulement quelques jours; il succomba le 7 août 1660. Lot grands d'Espagne, la cour, les chevaliers de tous les ordres assistèrent à ses funérailles ; sa veuve mourut de douleur au bout de sept jours , et fut inhumée à côté de lui dans l’église de San-Jnan.

Si la peinture n était qu’un second en futilement de la création, Velasquez serait, sans contredit, le plus grand des peintres. Van Dyck, Rubens et Titien l’ont égalé pour le portrait; ils ne l’ont point surpassé. Dessinateur correct, coloriste vrai, iiuûs vrai jusqu’au sublime, aucun des prestiges de la nature physique n’a échappé à la puissance de son imitation. Il commença par reproduire le modèle sèchement el crûment ; ensuite il tint compte des phénomènes visibles : il s’aperçut que In forme n’est pas abstraite, qu’elle est modifiée par la présence de l’air, que la couleur dépend de la distance dus objets et de la lumière pins ou moins vive qui lus frappe. Alors il peignit la nature comme elle se montre à nos yeux pour ne les point blesser, pour leur plaire. Lutin, arrivé aux limites de la perfection, il supprima tes apparences de l’art, et il ne resta sur la toile que la nature elle-même. .Ne cherchez, parmi les œuvres de Velasquez, ni la pensée profonde du Poussin, ni le sentiment exquis de Lesueur, ni le beau antique , ni l'idéalisme des Florentins du quinzième siècle : Velasquez n’a vu dans les vieux que des hommes , cl dans les hommes il n’a vu que des Espagnols, c'est-à-dire de* figures se mouvant sous Lcmpire des passions, à la clarté du soleil. Sa peinture a dune manqué de style; mais, en revanche, elle esl remplie de caractère, et ce caractère, c'est la vérilé.

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