JUAN I)E VALDÈS LE AL
A l'époque uù le talent de Murillo, accomplissant ha plus remarquable évolution, atteignait à cette unité sublime, mélange de tous les éléments épars qu'il a tour à tour demandés au Titien, à Rubens, à Van Dyek, à Kibera et à Velâzquez; alors que, dans toute la plénitude de son originalité, il trouvait il la fois ce dessin d'une franchise si aisée, ces lignes qui se fondent avec tant de douceur duns les demi-teintes, et ces tons harmonieux, caressants et d une si incomparable splendeur, un jeune artiste, qui, avec moins de parti pris, moins de fougue, et surtout avec moins d'orgueil, eût pu se faire l'émule et le euiilmuulcur du grand maître, venait grossir la brillante phalange des peintres de Séville : Valdès l.cnl arrivait de Uordoue. où il était lié en 1630. Il y avait été l'élève d’ Antonio dcl Caslillo. ce peintre désordonné et incomplet qui dessinait comme un Italien du xvi* siècle, mais peignait sèchement et recherchait trop les brusques oppositions d ombre et de luniiciv. Il semble que Castille ait transmis à son élève les côtés excessifs de son amour-propre en même temps que les dangereuses hardiesse* et les défauLs saillants de nui talent.
A Séville, Valdès fut bientôt réputé parmi ses rivaux pour son humeur difficile. C était le temps ou
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Murillo s'efforçait décrier une Academie de dessin, et il y conviait tou» les artistes : architectes, graveurs, sculpteurs et peintres. Seuls, llerrera d Mozo et Valdès Leal opposèrent à ce projet des résistances dont Murillo parvint cependant à triompher. Le 1 1 janvier 1660 l’Académie était ouverte, et Valdès en était uomraé le mayordomo. Le I" novembre de la même année, Valdès donna sa démission, puis il accepta de rentrer dans cette fonction, et s’en démit encore à la suite de difficultés dont «on détestable caractère était f inftw wte origine. Le 25 novembre 1663, cédant à ses orgueilleuse» prétentions, on lui confia enfin la présidence de l'Académie, et il la conserva jusqu'au 30 novembre 1666. .Mais à cette époque, de nouvelles querelles avec les autres membres en cliurge l’amenèrent à renoncer définitivement à faire partie de l’Académie.
Tous le.» biographe» de Valdès s'accordent à lui reprocher si» jalouses et amères critiques à l'égard de ses émules. Il voulait être le premier en tout et partout. Un éloge adressé devant lui à un autre artiste l'irritait à l'égal d’une injure personnelle. Polonium, dans sa biographie de Valdès, rapporte une curieuse anecdote qui fera mieux connaître quel chatouilleux amour-propre il apportait jusque dans les plus petite» chose». Au temps qu’il présidait l’Académie . un peintre italien, un de ces artistes nomades dont 1'histoire n'a pas même daigné conserver le nom, s'arrêtait à Séville. Désirant faire montre de son habileté devant le cénacle des maîtres, il demanda l'autorisation de venir dessiner à T Académie. Après avoir entièrement noirci nu charbon une feuille de papier, il commença, è l aide de mies de pain, de dégager les contours d'une figure, puis, successivement, il en modela toute» les parties avec la plus étonnante dextérité : il dépêchait ainsi, dans sa soirée, deux ou trois figures. Valdès, qui se piquait d être le plu» hardi et le plus savant dessinateur de l'Ecole, ne put endurer le concert de louanges que ses collègue prodiguèrent h la prestesse de main de l'étranger, et il lui refusa net l'entrée de l'Académie. A quelques jours de là, ('italien exposait sur les degrés de In cathédrale un Crutifi jt et un Saint Sdkistien exécutes, ou plutôt improvisés avec tant de verve et d'habileté, qu'ils firent sensation parmi les connaisseur». On en put texte pour blâmer In dur refus que Valdès avait opposé aux sollicitation', du pauvre peintre, et on ne manqua pas d’en faire remonter la cause à scs instincts jaloux. Valdès, dont la tète s'échauffait vite, jura qui; tout ce tapage coûterait cher b l'étranger. Il voulut voir là line sorte de défi public, et courut n In recherche du peintre dans le dessein de le provoquer. Mais l'auteur involontaire de tonte celle algarade, prudemment conseillé, trouva moyen de quitter brusquement Séville.
Avec tous ces travers d’esprit. Vailles n’en est pas moins l'un des plus grands maîtres de l'Ecole nudaloun lloué d'un coloris brillant et d’une puissante imagination . hui style est éuergique et son dessin d une étonnante hardiesse. Dans ses ouvrages, largement conçus, mais d’une exécution souvent hâtive, ce qu il recherche avant tout c’est l'effet, et ses premier» plans, traités en vigueur, font, comme dans les tableaux de son contemporain llerrera d JUozo , des repoussoir» énergiques au reste de la eoinpnsition. Aimant encore à tenir compte de l'emplacement que devaient occuper ses peinturas, Valdès sacrifiait beaucoup a la perspective; aussi, la plupnrl do ses grandes tuiles, arrachées à quelques parties élevées d'un édifice, non* apparai»ent-elle* aujourd'hui dans les musées ou dans les galeries, comme traitées en décor, dune pratique lâchée, d'un faire heurté et qui cède trop à l’abandon. Si son coloris est profond, éclatant, il manque île celle suavité harmonieuse et de celte grâce pénétrante qui séduisent tout de suite dans Murillo. Celle harmonie, ce charme. Valdès Leal, nature sombre, nerveuse, passionnée, les dédaigne ou plutôt les rejette, car les sujets qu'il traite de préférence sont dramatiques et violents: il lui faut de» supplices, le» épisodes sanglant' de» martyres, et il semble se complaire dans la représentation des plu» repoussantes hideur» do la mort
Murillo, s'adressant à Valdès, lui disait, en désignant la célèbre toile des Deux Cadavres, que l’on venait de placer ii l'hôpital de la Charité : « Voilà une peinture que l'on no saurait regarder sans avoir aussitôt «. envie de se bouclier le lier. » Et celte singulière louange adressée au farouche réalisme de Valdès avait cette foi» le pouvoir de satisfaire I amour-propre de l’irritable artiste; aussi répondit-il presque gracieusement : a Eh ! compère, est-ce ma faute si vous ave* pris pour vous les plus beaux fruits du panier, s et ne m'avex laissé que des moisissures ? ••
L'était avouer le mobile de ses partis-pris d'excentricité : puisque, dans le domaine de l'art, Murillo s’était
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emparé de la grâce et du charme, à lui Valdè». son rival, trop lier poür imiter personne, il ne restait donc que le violent et l'horrible.
L'œuvre de Valdès est considérable et révèle quelques changements de manière qu'il est intéressant de noter. Ses premiers ouvrages, qu'on voit i Conloue, sont plus naïfs et plus vigoureux; leur coloris, d’une exécution ferme, serrée et un peu minutieuse, rappelle les débuts de Velazque/ : Valdes peignait «lor»
beaucoup d’après le modèle; aussi ces œuvres sont-elles empreintes d une vivueilé et d'un naturel qui ne se retrouvent plus il un égal degré dans ses productions postérieures. Les peintures du mnilre-niitel de l'église de* (larmes, quelque* sainte* eu buste, mi Saint Andrr, et plus particulièrement encore un porlrail de II. Kiirique de Alfaro. frère du peintre, tels sont le* monuments de eette première époque. Mais v est a Sév die que Valdes a laissé ses plus importants travaux, et il n'est guère, dans la capitale de l'Andalousie, d'église ou de chapelle qui ne renferme quelque lahlcau de ce mailre.
L»rs|Hi', après sa conversion, II. Miguel de Manaro Vieentello de Lee», le lion Juan des poètes, fondu
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l'hospice de la C.harité, c'est à Murillo et n Yald ès qu'il en confia la décoration. Ou sait que Murillo a laisse là se* chefnl'irum, de* merveille* de couleur et de dair-obscur. Vailles, qui ne voulait pas être effacé par son harmonieux rival, exécuta GM sombres et terribles peintures dont l’une représente : /Jeux Cadavres rangés par les vers de la tombe, et l'autre : ta Mort entouré- de tous les emblèmes de la vanité humaine.
La cathédrale de Séville possède de Val dès un Christ flagellé par ses bourreaux, composition qui offre des raccourcis d'un dessin savant et un coloris de ta plu* grande puissance; on y remarque également un Saint Hdefonse recevant la chasuble, gravé pur Matins de Arteaga, élève de Valdès.
K il 1671, lors de la célébration dus rôle* de la canonisation de saint Ferdinand, Valdès Le al fut chargé, avec le sculpteur Bernard-Simon de Pineda, de diriger l'ensemble des travaux de décoration de la cathédrale. Il dut fournir tous les dessins de ce gigantesque appareil, qui lui valut, comme architecte-décorateur, une réputation nu moins égale à celle qu'il avait déjà comme peintre.
Lui-même a pris soin de reproduire à l'eau-forte, pour un ouvrage qui fut édité à Séville cette même année, toutes le* magnificences de cette décoration Valdès aimait à graver. On a de lui diverses autres pièce', et notamment quatre petite* eaux-fortes d'après la célèbre Custodia de la cathédrale, chef-d'œuvre de l’orfèvre Juan de Arfc.
En 167*2, Valdé* voulut revoir Gonloue, et c'est pendant ce second séjour dans sa ville natale que D. Antonio Pnlomiiio y VeluM-o, le Vasari espagnol, reçut de lui de* conseil* et des leçons. Quelque temps après, Valdès visita Madrid, muis, dan* ce voyage, il n’entreprit rien qui mérite d'être signalé.
A son retour à Séville, nu cours de l'année 1673, il fut chargé de peindre pour l’oratoire de l'archevêque lion Ambrosio Kpinolu une importante série de tableaux de chevalet dont les sujets étaient empruntés à la vie de saint Ambroise.
Kn 1662, après la mort de Murillo, Valdès Lcal demeura, sans conteste, le premier et le meilleur peintre de l'École d'Andalousie. Comme il se voyait surchargé de commandes pour lus églises et le* communautés religieuses, il «lut, dès cette époque, associera ses travaux son fils Lucas de Valdès.
Pendant l'année 1690, alors que l'artiste s'occupait de diverses compositions destinées à l’église de tas Yenerables, il fut atteint de paralysie. Son fil* acheva sans doute seul ces compositions, car, dès le H octobre 1691, Valdès mourait à l’âge de soixante et un ans.
Juan de Valdès Leal avait formé de nombreux élèves. Les plus brillant* furent Matias de Arteaga, peintre et graveur. Antonio Palotninn. Ignacio de Leun, Pedro de Fceda, tlristnhal de Leon. Clémente de Torres et, enfin, Lucas de Valdès, graveur et peintre comme son père, et qui s'aequit, il Séville, une juste célébrité. Les deux filles de Valdès, Maria et Luisa, se distinguèrent dans la peinture des portraits et dans la miniature.
PAUL LEFOBT.
• Fiesta» de la S*nla Iglesin melmpditnnii de ScvUia. 1671.
■jsscirüms
L'an ieaao galerie espagnole du Musée du Louvre possédait iliv lahli'tiuv de Vaille» Irai, iiuoiml'hui il n'y e»t |«lu>. représenté.
Oh ii Bermudez donne une iiiKnenriiiture Irès-délaillér «les œuvres de Vailles conservées dans Ips église». cbapetieo et ouuvenUile rK*>|a“ne. Voici «|iwlijue» Indicalioas «pii roin|dé- Irrofll re mUlngue :
Misé»: ne Mamud. — La Présentation de ta Vierge au inapte. — L'Empereur Constantin adorant ta Croix.
Mil*** dk Skviu.k. — Corner ptinn entourée d'ange». — Tentai un de saint JènUue. — Apparition de ta Vierge à hii momr kiérvhymite. — l’it Saint disant ta meme. — Un .S/unt ecêffuc kirrongutiie. — J. un eruriflè avec saint Jean, ta Vierge et sainte Madeleine. — Un Moine. — 1rs E iançaiUt* de sainte Catherine. — Saisi JtrAmt ehtUié par le» anges.
iT noimiéBg
t — Assomption. — Saint Antoine abbé. — Saint Antoine de Padnne. — Saint Indre a/nUre. — Sainte Catherine, — Saint Sebastien perce de flèche*.
Collection Di mr de Noxmnin, p*lai» de San Teènw, à Séville. — Invention de ta Croix, esquisse du tibfcwu de l' hôpital de la Charité.
Veux Aoimdo. IMS. — Jjourridân de ta Vierge.
31$ fr. — Apparition de ta Vierge. 100 fr. — Christ en Croix ; <65 fr.
Vente Soi et. 1852. • • Mariage de ta Vierge ; 60» fi .
Vente Lmts-Pinum:. Londres. 1853. — Dircusriun de saint Jèrdme avec les Rabbin* : 10 t. — IHsrmsinn de saint Je'nfmr avec 1rs Docteurs . 28 t. — Cm Drnmnirain ; ti t 40. — Martyre de suinl André; 8 * 10. — Martyre de saint Rartbelemg: 8 *.
Claudio Oellu est le dernier peintre de la grande Ecole espagnole du I dix-septième siècle, absolument comme les ('.arrache sont les derniers | niait res de la grande ïlcnnissaucc italienne; très-habile artiste, d'ailleurs.
comme tous ceux qui arment à la fin d’une péril «le glorieuse, et qui ont I prolilé des imaginations et des pratiques de leurs prédécesseurs. Je ne I crois pas qu’il ) ait jamais eu de peintres plus savants que les (lurrnrile dans I toutes les partie de leur art : composition, dessin, cluir-ohseur; une correction irréprochable ; l'abondance, l’adresse; savoir faire, tout faire, et bien faire. Ils s’étaient assimilé les écoles romaine, florentine , vénitienne, pannesane. Eclectiques prodigieux, qui prétendaient résumer I Haphael. Michel-Ange, Corrcge, Titien et tous leurs devanciers. Le guiil I public s’y trompa longtemps. Je connais en Angleterre un petit Annibal I ('.arrache, les Trois Maries , pavé plus de lOU.OOü francs à la vente de I l'ancienne galerie d'Orléans. Cet aveugle fanatisme pour les bolonais a I dure presque jusqu'à nos jours. A présent, liai. Ali riyht!
là* même, eu Kspagne, pour Claudio Coello : « Malgré sirs défauts, dit ■ Cean Itcrinudcz, les professeurs et les connaisseurs [inttUgtntes) l'estimaient comme un de nos meilleurs naturaliste * , disant que, à l'exemple d' Annibal Carrache résumant eu Italie les bonnes nommes de ses antécesseirrs, Cocllo, en Kspagne, avait réuni le dessin d'Alonso Cano uu coloris de Murillo et à Y effet de Velâzquez. et qu'il fut le peintre ultime de l'Espagne à l’époque ou cet art
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se précipitait vers sa ruine.» El Bermudez ajoute : a Coello sentait bien celte décadence de l'art espagnol, lorsque don Crulobal Ontaüoa lui disant, h l'arrivée de Lnca Giordano: — Ce Jordan (les Espagnols rappellent ainsi) vient vous apprendre à gagner beaucoup d'urgent. — Oui, répondit Coello, et aussi à nous affranchir de beaucoup de scrupules et il nous faire pardonner bien des vices ! »
Ilélas! ce fut la venue de cet Italien Fa /w«f/>qui lit mourir de chagrin le pauvre <V>ello. Ces intervention* de l'étranger — dans l’art d'un pays — ne sont jamais heureuses. A partir de l'invasion triomphante de Giordano en Espagne, le génie national fut enterré et l'on n'en vit plus jamais aucune résurrection, si ee n'est par les feux follets de Goya, enflammant l'atmosphère artiste au-dessus de la tombe de Velâzquez.
Claudio Coello est né à Madrid, on ne sait en quelle année. Mêlions, par approximation, vers 1630, car il fut élève de Francisco Ri», né pn 1608; il fut élève — et ami — de Juan Carreno, né en 1114; il fut collabo râleur de Xi me lies Donoso, né vers 1628; il fut le maître de Sébastian .Mtiii»*, né en 1654. Reste aux archivistes de Madrid à trouver dans le* papiers un document relatif à cette date de naissance.
Faust ino Coello, père de Claudio, était né en Portugal. Pour que son (ils pût l'aider dans sa profession de ciseleur, il lui fit apprendre le dessin. Francisco Ri», fils d'un Rolonai* et élève du Florentin. Vicente Cardiii'ho, lui parut le meilleur maître possible, et le jeune Claudio entra dans l'atelier de Riri. On vit tout de suite qu'il avait de grandes dispositions pour la peinture, el bientôt il surpassa tous ses condisciples. Sans quitter l'atelier de Ri», il fait déjà des peintures montraient aies pour le monastère de San Placido, pour l'église de San Andrea, pour l'église de Santa Gnu, avec tant de succès, que son maître voulut s'en déclarer l'auteur, afin que le jeune artiste en tirât une plus forte rétribution.
Pour se perfectionner dans le coloris, Coello travailla ensuite chez, Carreno, qui, en sa qualité de peintre du roi. lui ouvrit les palais et lui donna facilité de copier les tableaux de Titien et de Rubens, des Vénitiens et des Flamand*. (Test sans doute chez Carreno qu il connut Ximeues Donoso, revenant de Home 1 , où il avait passé sept ans et d’où il rapportait un goût pernicieux. Comme il avait surtout étudié en Italie rarehitecture et la perspective, et qu'il n'avait guère pratiqué que la fresque, Donoso cherchait aus-ô à se familiariser avec le maniement de la peinture ii l'huile auprès de l'habile coloriste Carreno. -
Coello et Donoso ne lardèrent pas à s'associer pour d'immense* fresques dans les églises et les monuments publics : au presbytère de l’église de Santa Crm, à la cathédrale de Tolède, à la H» a tireuse del Paular. à l’église San Isidro el Real, depuis Collège impérial des Jésuites, aux églises de la Triimlad et ib* San Basilio, à l’Alcaxar de Madrid, à la Panaderia (boulangerie de la place Mayor. Ensemble ils tirent nus»i le* dessins et les peintures pour les arcs de triomphe lors de t'entrée à Madrid de Marie-Louise d'oriéans, première femme de Charles II. I «o célèbre arc dp triomphe du Prado et les sujets décoratifs de la nie du Retiro. le* Rnis d Espagne offrant des fleur*, des fruit* et des kijotu à la nouvelle reine, ont été gravés. Claudio avait encore fourni des esquisses pour d'autres ornementations, par exemple les Travaux d'Herrule, qui furent peints par Francisco de Solis*.
Après avoir exécuté a Snragosse, en 1683, les fresques de la coupole de l'église du Collège des Augustin*. Claudio, rentré à Madrid, fut nommé peintre du roi, le 29 mars 1681, succédant à Rionisio Miuituimu*. qui venait de mourir. Tous les héritages tombaient sur lui : en 1686, il succédait comme pin for de ca nuira, » Francisco lierre ra le jeune ; il succédait à Carreno, dont les titres, les fonctions et le* émoluments lui
Xuncne* Dototo n'avait quitU- l'Espagne pour l' Italie qu'apré» la mort île son premier matin-, Francine» Fernandez. «te Madrid, c'est-à-dire après 1646. Son retour a Madrid cl u liaison avec Claudio Coello doivent donc dater de I65Ô k 1660.
* Ne à Madrid, en 1629, élève de son père. Juan de Solia, qui s'était formé à Sfgovic, chez Atonso de Herrcra, ami de Navarrrte et iludn. Mort en IM4 k Madrid, où il avait ouvert une académie ln*s-fr.i|untiU*e. Il a écrit Imigmplue* d'artiste* ev]KignuU. et il a grave divers portraits pour cet ouvrage, qui n'a jamais été publié. ■ Peu de professeur*, dit l'.oan Bermudez avec un enibousiawne eiagèré, ont contribué autant que Solia nu progrès et à l'éclat de la peinture. •
* Peintre et architecte, né à Bologne en 1624. Appelé à Madrid en 1656, pour 1e* décoration* du théâtre de Buen Retiro. il y mourut en 1684. lia travaillé parfois avec Francisco Rizi, avec Carrenn. avec Virale de Becia vide», élève de Riu.
CLAUDIO COKLLO.
furent attribués, sans compter des pensions et des faveurs exceptionnelles; il succédait aussi à son maître Francisco llizi, dont il dut terminer un important travail h l'Escortal.
O fut pour ('.oello « l'occasion de produire une peinture qui doit désorinais ixmservcr et honorer son nom. Cour en comprendre b; sujet, continue M. Louis Viardol, d'après une longue notice de (Van Hernuidez. il faut savoir que. depuis 1592, on conservait il l'Kscoria] une hostie [forma ) provenant de je ne sais quelle église de Hollande ; la cathédrale de Gottrcamia (T), ditCcan llcrmmloz), où, disait-on, les
disciples fanaliques de Zwingle l'avaient profanée par un indigne sacrilège. ('.hurles Il imugui:i, en Ifiül. d'ôter cette hostie d'un reliquaire où elle gisait cachée, pour lu mettre en évidence sur l'autel de la sacristie. C'est ainsi qu'il voulut remercier le Ciel de la délivrance de Vienne menacée par les armée» ottomanes. Mais le retable de cet autel n'était pas assez riche pour une telle destination; le roi chargea llizi d'en élever un nouveau, tout en bronze et eu marbre, et de peindre le tableau qui devait servir de voile à l’ostensoir, llizi fil exécuter le retable, mais il mourut, ne laissant du tableau qu'un dessin. t '.oello reçut du roi la mission de l'achever. N'approuvant pas le point de vue qu'avait adopté llizi, ('.oello dut changer toute l'ordonnance de la eonqMisilion. Sur une toile d'environ six mètres de hauteur et seulement trois de largeur, il avait il représenter la procession royale qui porta l'hostie a sa nouvelle place, eu
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choisissant I instant m'i h* prélnt donne In bénédiction aux assistants agenouillés. Il fallait une grande nüroKMf pour ajuster uii tel sujet aux proportions de la toile et pour éviter In monotonie des altitudes. Ces difficultés furent vaincues par Coello avec un extrême bonheur, et les portraits du roi, du prieur, du premier ministre, duc de Mediiui-Cu'li, et d’une cinquantaine d'autres personnages se trouvèrent merveilleusement eneadWs dans celte vaste scène, surmontée d’une dévote allégorie. Ce tableau, qu’on appelle et Cuadro de ta Forma , coûta à Coello plus de trois années d’un travail assidu. »
De l'Escurial, cependant, Coello avait été rappelé un moment h Madrid pour donner lus esquisses de décorations à faire dans la galerie de/ Cierzn et dans le palais ancien, pciuture et architecture. Il choisit |Miur sujet la fnhlc de Psyché et Cupûùm. et, avec l'agrément du roi, il s'adjoignit Palomino, qui exécuta les fresques de la galerie.
Et Cuadro de ta Forma eut un succès prodigieux. Toute la cour était aiïulée de Coello, et le pin for de tamara fut accaparé de nouveau par les portraits officiels, portraits de la reine inère, Mariana d’Autriche, île la scnmdc femme du roi Carlos, Mariana de Neuburg. et d'autres grands personnages. Il avait, déplus, à diriger la restauration des tableaux de la galerie royale.
En 1091, Claudio hérite encore du titre de peintre de la cathédrale de Tolède, qui n'avait été conféré « personne depuis la mort de lliii. Tous les honneurs et tous les bonheurs! La plus haute position don» l'art, « sans qu'aucun artiste, dit Cean Bermudes, pût lui disputer cette suprématie. » L'année suivante, tout s'écroule, et Coello se sent frappé a mort. Voici l'Italien Fa presto!
Lurn Giordano avait été mandé pour de grande* peintures dans l'église de rKscorial, ut il arriva à Madrid au mois de niai Il>‘.l2. Il avait alors soixante ans! Ah ! le terrible vieillard! il va en faire, des peintures, pcnduut ses dix années de séjour en Espagne! Deux cents tableaux pour les monuments publics, et peut-être une centaine d'autres, dispersés dans les collections particulières !
Coello, qui fut |K)urtmit un des plus Imrdis praticiens et un des producteur* les plus féconds de toult* l'Ecole espagnole, Coello était vaincu. YéUiit-oo pas aussi une insulte a son talent, un aiïront que lui faisait le débile Carlos? 11 peut y avoir de la fierté dans la jalousie. Il y avait sans doute aussi du patriotisme — et de cruels pressentiments — dans la jalousie de Coello. Eh bien! que le règne de l'étranger tue l'art national! Claudio abandonna son pinceau et *c laissa mourir : 20 avril 1693. Il fut enterré dans l'église de San André*.
Il est sùr que Coello fut un peintre richement doué, savant dessinateur, franc coloriste, et passionné pour son art. « S'il eût vécu dans le bon temps de Philippe II, dit llermudez, il eût été un de iris meilleurs peintres espagnols. » « Malheureusement, ajoute M. Louis Vinnlot, à l'époque de Coello, la décadence était partout : le mauvais goût dans les lettres et les arts marchait de pair avec l'av ilissement île la monarchie et du la nation. » Le milieu dans lequel s'exerce un homme de génie compte sans doute pour beaucoup dans In gloire que lui attribue la postérité.
Coello a lais»'* quantité de dessins, et même trois eaux-fortes, un Calvaire, avec In Vierge, saint Augustin et sainte Monique, et les portraits de Carlos II et de la reine mère. Mariana d* Autriche. Ses meilleurs élèves furent Sébastian Munoz et Théodore) Ardetnau».
w. » Oui. LH.
tKïïBMIilïS 3T IflMWJDCS
Cou Bermudez donne, en quatre pain», le Catalogue de» ■ ouvres de Coello dans les monuments publics , église*. palais, etc. Comme nous avons déjà noté dans le texte la plupart de res tableaux de Coello, nous renvoyons sitnptaiieul le* curieux au livre de Hermuib-x.
Dm» Im galerie» particulières consacrées a l'École espa-
gnole, les Coello im* sont jm» rare*. Il x avait de» Coello au Mutée Hvpagiwil du (.ouvre. «Lin» le» galerie* Sutill et Aguadu. dans la galerie Salumawa. etc. Quelques laUmu de ce iiiaU/i* oui passé dan* «les vente* récente*, sans grand Mtcce» et à de* |wix minime». Le Musée de l'Ermitage ]io»*cde un portrait de Coello peint par lui-même
tua. — iiuium r«uit.\n, in • lu ,
Sco/c $ÿ/<iy/io/t jëorfoa/ilâ. J£ay-iay*<).