FRANCISCO JOSE GOYA Y LUCIENTES
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(Test à Fuendetodos, dans la province d'Aragon, que nnquil, le 30 mars 1746, Francisco Jùse Goya. Son père, José Goya, cl sa mère, Gracia Lucîentcs, étaient do modestes laboureurs et vivaient du produit d'un peu de terre entourant leur maisonnette.
Destiné par ses parents à les aider dans leurs travaux, Goya vécut prés d’eux ses quinze ou seize premières années. Personne ne prenait grand souci de son éducation, jusqu'au jour où un moine du couvent de Santa Fé. prés de Suragosse, amateur de peinture et un peu peintre lui-méme. surprit reniant occupé à dessiner sur un mur. La bonne mine de Francisco lui plut. Il lui proposa de l'emmener à Saragosse, promettant de lui donner un maître qui lui enseignerait à peindre. Le père de Goya, consulté, laissa partir son fils, et, quelques jours après, Francisco était installé comme élève dans l'atelier deD. José Lujan Martinez.
Élève du Napolitain Mastreolo, Lujan, praticien habile et dont le talent a quelque analogie avec celui de Solimène, son condisciple, jouissait a Saragosse, sa ville natale, d'une bsm*z grande célébrité. A son retour d’Italie, il avait contribué à soutenir, de ses deniers et de son enseignement, une école gratuite de dessin, où se formèrent Deraton . Vallespin , F orfèvre Antonio Martinez et Francisco Buy eu de Siibias. CT est avec ce dernier, son aîné de douze ans, que Goya se lia plus particulièrement.
Durant quatre ou cinq années, Lujan garda son élève, s’attachant à moilérer sa fougue déjà exubérante, et n*y réussissant qu’à demi. Ardent au travail, très-épris de son art, pour lequel il montre des dispositions extraordinaires, mais en même temps trop passionné pour le plaisir, Goya, à dix-neuf ans, se révèle déjà I homme de toute sa vie. Véritable nature aragonaise, tête chaude, batailleur et bruyant , il fut bientôt mêlé aux
ÉCOLE ESPAGNOLE
luttes si fréquentes alors, dut tout l' Aragon, entre jeûnas gens (le paroisses différentes. Réunis en confréries, ayant toujours à vider, les soirs de fête, quelque question de rivalité, saisissant d'ailleurs toute occasion dp rencontre, plus d'une fois déjà, pour le plus grand honneur du San Luis ou de Notre-Dame del Pilar. la fronde et le couteau avaient ensanglanté 1rs rues et les faulHiurgs de Saragosse.
A la suite d'une de ces collisions, où trois jeunes gens étaient restés sur le carreau, Goya, l'un des plus compromis de la Lande, fut averti que l'Inquisition allait le faire emprisonner. Dieu vile, il dut partir pour Madrid, où il rejoignit son ami Bayeu , pensionné depuis deux années par l'Académie de San Fernando (‘I distingué par Meng», qui l'avait pris pour collaborateur dans ses grands travaux décoratifs au palais.
O premier séjour de Goya dans la capitale ne fut, du reste, que de courte durée. Il y partageait son temps entre ses études et ses plaisirs, visitait les richesses artistiques que renfermaient les demeures royales, les églises et les couvents, peignait peu. mais réfléchissait et cherchait sa voie. Puis, le soir venu, toujours en quête d'aventures, il courait les rues, la guitare à la main, l'épée sous la cape, tantôt menant grand bruit avec se*, compagnons d'atelier, lanlôl psealadaul les balcons de quelque nouvelle amoureuse, el préludant déjà à celle réputation de don Juan nudaeicuv et hretleur qui devait lui valoir plus tard, jusque parmi les gens du peuple*, une incroyable notoriété.
Mais, une nuit, on le ramassa avec un grand coup de poignant dans le dns. Il fallut le cacher quelque temps, puis, à peine guéri de sa blessure, le fuir»* sortir de Madrid. Goya, qui méditait un voyage en Italie, s'en fut à Home.
L'Italie l'attirait, et rependant son talent ne lui a rien ou presque rien emprunté, l'ne fois en présence des rbefs-d'd'uvre des malin**, Goya n'essaye même pas de les copier. Il passe des journées entières devant le même tableau; il en analvsc 1rs beautés intimes, compare entre eux les styles et h* coloris des différentes Écoles, en scrute les procédés et s'efforce de les pénétrer. O mode singulier d'études abstraites, et |h « ni ainsi dire d'intuition, explique pcut-éln* comment l'individualité si franche de Goya, loin de s'affaiblir an contact du passé, est demeurée, au contraire, plus ferme et plus vivace.
Pendant son séjour à Home. Goya se remontra avec David. Jeunes tous doux, et d’une tournure d'esprit qui dut les rapprocher, partageant sans doute à un égal degré h*s idées et les principes que l'école philosophique du dix-huitième siècle avait semés dans le monde, ces deux hommes, à qui la destinée réservait une tâche dans leu révolution» de leur patrie, se lièrent d une sérieuse amitié.
Otmbien dura cette liaison, et se poursuivit-elle après lu séparation des deux artiste»? La correspondance et les papiers intimes do Goya, nu du moins ce qui en subsiste, restent muet» sur cette intéressante intimité, (le que nous savons, c'est que Goya en conserva toujours un souvenir profond. Jusque dans son extrême vieillesse, il parlait encore avec émotion du «grand David. »
A Home, comme à Madrid, Goya ne tarda guère à se signaler par ses périlleuses escapades, «■ Un jour, il « imprime son nom au couteau sur la lanterne de la coupole de Michel- Ange, à l'angle d'une pierre que • n'avait pu atteindre aucun des artiste* allemands, anglais ou français qui l'avaient précédé dans celte folle « ascension ; un nuire jour, il lit le tour du tombeau de Cecilia Melella, en s'appuyant à peine sur l'étroite « saillie de la corniche \ »
Enfin, une entreprise plus romanesque l'obligeait à recourir à l'intervention de l'ambassadeur d'Espagne auprès du Saint-Siège. Surpris, une nuit, escaladant les murs d'un couvent où des parent* sévères avaient fait enfermer une jeune fille dont il était épris et qu'il avait résolu d'enlever, on le livra à la justice. L'ambassadeur le réclama, mais Goya, rendu à la liberté , dut s'éloigner immédiatement de Home.
Ses vieux parents désiraient son retour. Il revint donc passer auprès d’eux la fin de l’année 1774, puis il repartit pour Madrid. Quelques mois après, il se mariait avec Josefa Bayeu, la wrur de son ami Francisco.
Depuis la lin du dix-septième siècle, l'École espagnole était tombée dans une profonde décadence. Lucn
• FranriAco (inya.m vie, te» Heuin* tt te» mm-, farte*, pur M, V. Cardorera. avec dp* notes de M, Ph. Uuru, publié par In Iriselte det Be.iux-.4rtt, T. Vil et XV.