FRANCISCO JOSE GOYA Y LUCIFNTKS
Ciordano, réalisant la prédiction du pauvre Claudin Coello, dédaigneusement oublié pour son liahih* mal, avait engendré toute une légion de peintre* fn presto. Aux Napolitains nv aient succédé les Français : (lovasse, Runc, Louis-Michel Yunloo; puis à ceux-ci, les Tiepnlo; mais do tous ces maîtres étrangers aucun n‘ était de taille à relever l'Ecole. F.nfiii Charles 111 avait appelé Mengs, regardé alors commet le Messie
d mi art qui devait réunir « la grâce d’ A pelles, l'expression de Itapluiel. le chiir-«d»cur du l.orrege et l.i couleur du Titien. »
\ l'époque où Covn revenait a Madrid, Mengs souinetlail a. sa discipline (ouïe une armée d artistes •d dirigeait en maître souverain les gnuids travaux décordtiRr^flui s'exécutaient aux palais de Madrid et d \nuijue*. « Ce n était de toutes parts, dit spirituellement M. Yriarte, que lutte» de Titans, n|Millié<»f«. triomphes irilemile. glorification de Cerès: mais llova vint bienldl escalader 1 Olvmpc, faire de \ciius
i fiCOLE ESPAGNOLE.
une manola , el substituer l'épouvantable Saturne dévorant se* enfants , de la Quinte» , au dieu du Temps., au toivse académique, goûtant sa progéniture avec prudence et circonspection \ ••
Présenté par Haven à Mengs, Goya fut bien accueilli, et le surintendant des Beaux- Arts le chargea de composer des cartons pour la manufacture royale de tapisserie de Santa Barbara. Goya accepta. Bans ce* compositions, l'artiste, s'abandonnant à toute la spontanéité de son talent, sut, du premier coup, manifester la richesse de son imagination et son merveilleux instinct de l'art décoratif. Rompant nettement avec la tradition et laissant de côté tout le vieil appareil mythologique, Goya ne peignit, pour ces cartons, que des sujets empruntés à la vie nationale : danses, jeux , assemblées joyeuses, majos, mm toi as et torero % ; tout cela spirituel, vif, pittoresque, très-mouveiucnlé, bien groupé, s'enlevant sur des fonds champêtre* ou baignant gaiement en pleine lumière. Ces compositions eurent un très-graud succès, et llengs, tout te premier, s'en montra ravi. A la cour, à 1a ville, il ne fut bruit que de Goya et de ses cartons : dès ce moment commence sou ride de peintre national.
Plus soucieux d'observer et d'apprendre que de mi livrer à de hâtives créations, Goya n’avait rien produit jusqu'alors qui put faire soupçonner ce qu'il y avait en lui de facultés puissantes. « Il a maintenant trente » ans, et U sent bien, dit M. Mat héron, qu'il lia qu'à prendre le pinceau pour être un grand peintre.*.. Pendant plus d’un deuii-siècle d'une vie laborieusement remplie, abordant tous les genres, tour à tour graveur el peintre, il va successivement donner, dans un œuvre immense, la mesure de sa rebuste fécondité.
Goya débuta par la peinture de genre. Comme pour les cartons de tapisserie, il demanda surtout ses sujets aux mœurs nationales. Coup sur coup il produisit uu nombre considérable de tableaux de chevalet, tout imprègne* de couleur locale : courses de taureaux, drames de voleurs, rencontres galantes, processions, mascarades. L'esprit foisonne el la fantaisie abonde dans ces jolies scènes qui 1 Goya a traitée* avec une nniveté et un naturel exquis.
Sa couleur est alors très-légère, très-lumineuse et argentée. Le dessin de ees charmante* composition* n'est pas toujours correct, mais ou l'ouldie aisément en faveur do la verve endiablée el de la séduisante facilité de l'exécution.
Vers le même temps, Goya publia la collection dos eaux-fortes qu’il avait entrepris de graver d'après les plus importants tableaux de Velâzquez. Hans res eaux-fortes, il a su rendre, avec uu bonheur étonnant, le dessin. In couleur et le caractère de son modèle. Toute celle belle série, qui comprend seize pièces, fut exécutée pendant l'année 1778. Bientôt Goya est nppelé h assurer sa réputation pur des travaux plu* importants. Iles sommes considérables venaient d'être employées à construire l'église des Franciscains. Les meilleurs artistes de l'Ecole furent chargés de la décoration des chapelle*. Goya, pour sa pari, eut à peindre un Christ en croix et une Prédira t ion de saint Français.
I n dessin admirable el d'uuc distinction toute particulière dan* les ligues îles bras, un modelé tin, délicat . un colons blond, Irés-lumincnx et d une grande légèreté de louche, s'unissent dans le Christ en croix à uu sentiment d'une surprenante profondeur. C’est fa meilleure œuvre religieuse de Goya. En revanche, le Saint Crantais prêchant y composition pompeuse, assez mal conçue, mal pondérée, el dont les fonds d'architecture sont lourds, ne fait guère briller que le rulorislc el justifie assez peu l'engouement du public et de la cour.
Toutefois, Goya avait numif<*sté dans ces deux dernier* ouvrages des qualités vraiment magistrales, et l'opinion publique s'étonnait que les honneurs ne vinssent pas chercher l’artiste qu elle traitait déjà connue son peintre de prédilection. D'ailleurs, malgré les inégalités et la tournure véhémente el tourmentée de son talent, sa forte originalité impressionnait et s’imposait. I/Académie de San Fernando le comprit, et le 7 mai 1780 elle le nommait académicien de mérite.
Quelques mois après sa nomination à l'Académie. Goya était appelé à Saragosse pour concourir, sous la direction de Francisco Bayou, à la décoration du sanctuaire île Noire-Daine «lel Pilar. F ne voûte et ses
• flot/a, sa vie, ion i ruvre, par Cb. Yriarto. Pan». IH67. 4 (iiHfa, pur 11. l-aureml Mnlhrrw. Paris, ts »S.