‹ Histoire des peintres de toutes les écoles (volume 2)Chapitre 40 sur 58 · ALONSO BERRUGUETE Y GONZALEZ · texte numérisé non relu

ALONSO BERRUGUETE Y GONZALEZ

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Peintre, sculpteur cl architecte, Alonso Berruguele est le premier artiste espagnol qui ait répandit dans sa patrie les grandes traditions de la Renaissance; quoiqu'il n'ait pas porté dans In peinture les qualités éminentes qu'il déploya principalement dans la sculpture, l’élévation de son style, la savante correction de son dessin, sa mile cl nerveuse élégance, et ses connaissances approfondies des procédés de la peinture à l'huile, cucore imparfaitement connus en Espagne au temps de son retour d'Italie, lui acquirent une influence considérable; à tous ces titres, l'Espagne place Rerruguctc au premier rang des maitres de l'École.

Né vers 1480, à Pwedesdc Nova, Alonso fut d'ubnrd élève de son père. Pedro Berrugnete, peintre du roi Philippe el Uermoso. Pedro Berruguctc, un des plus remarquables artistes de son temps, est l'auteur d'un grand nombre d'ouvrages exécutés dans la manière du Pérugin; aussi suppose-t-on, bien que les preuves concluantes fassent défaut, que pedro avait appris son art auprès de ce malin*. Obéissant aux conseils de son père, Alonso dut, à son tour, aller chercher la science au pajs des chefs-d'œuvre.

En 1503, comme l'atteste Vasari, Alonso était il Florence, et il y copiait le fameux carton de la Guerre Je Pèse; Michel- Ange l'admit dès lors parmi ses élèves; ce fut donc à ses côtés que le jeune Espagnol apprit les règles el la pratique des trois arts qu'il cultivu simultanément.

Eu 1504, Alonso accompagnait .Michel-Ange, appelé à Rome par le pape Jules II, et il y secondait le maître dans la plupart de mr* travaux. Vers cotte époque, le Bramante ayant mis au concours la reproduction du Laotoon , Bemiguete prit part à ce concours en même temps que le Sansovmo, Zaccharias Zacchi de Vol terre et le Vecchio de Rologne; leurs modèles cil cire, grandeur de l'original, furent soumis au jugement de Raphaël, qui désigna le modèle de Sansovino comme devaut être coulé en bronze.

Après la mort de Filippo Lippi, Berruguele était choisi pour terminer le tableau que Filippo avait laissé inachevé chez les religieuses hicronyinitcs de Florence; mais tandis qu’il travaillait à cet ouvrage, .Michel-Ange le rappela à Rome; le tableau de Lippi ne fui donc point entièrement terminé par l'artiste espagnol.

Au cours du l'année 1520, Berruguele revint dans sa patrie; des sou arrivée à Snragosse, on lui mutiait d'important.^, travaux ; il exécutait, dans l’église de Santa Eugracia, un retable décoré du sculptures et le tombeau du vice-chauceticr d'Aragon.

Le sculpteur Domian Forment venait de terminer l'admirable maitre-aulcl do style gothique de la cathédrale del Pilar, et se trouvait alors à Huescu. où il commençait le grand retable de la catliédrule. Désirant connaître rel habile artiste, Berruguele su rendit k Huesca. Là, il prit quelque temps part aux travaux de Forment, qui, séduit par le style énergique de l'élève de Michel-Auge, modifia profondément sa propre manière, et tenta dès lors de s'assimiler lu caractère de force et d’ élégance de la Renaissance italienne.

De retour en Castille, Berruguele fut tout de suite distingué par l'empereur Cliarles-Quint, «|ui le nomma sou sculpteur el sou peintre, et lui confia la direction de travaux considérables à l'Alcazar de Madrid et au palais qu'il faisait construire à Grenade, dans l'enceinte mémo de l'Allunubra. A ces premières distinction» l'empereur ajouta bientôt de nouvelles faveurs : Berruguele reçut en don la charge de escribam del trimai de la chancellerie de Valladolid, et le titra de ayuda Je va mura. Eh 1529, don Alonso de Fouseca, archevêque de Tolède, choisissait Bemiguete pour exécuter le» sculptures et les peintures dn maître-autel «lu collège qu'il fondai! à Salamanque. On croit que l’artiste fut également chargé «le la décoration du cloilre au collège que l‘évé«|ue de Cuença créait, a la même époque, à Salamanque.

Ayant épousé à Valladolid «loua Juana Dcreda, Alonso s'était fixé dans celle ville, où il exécuta successivement le tombeau «le l'évèque de l’alcncia, au collège de Saint-Grégoire, le grand autel du monastère

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du Saint-Ile noit, et quelques autres outrages pour les églises île Valladolid et de diverses localités de la Vieille-Castille.

Le contrat par lequel Bemiguete s’engageait à terminer dans un délai de quatre à cinq ans le maitre-autel du couvent de Saint-ltonolt est doté du 8 novembre 1526; une de ses clauses principales était que les têtes et les mains des diverses ligures, peintes ou sculptées» devaient être traitées par l’artiste lui-même. Ce ne fut qu'en 1532 que Borruguetu donna son travail pour achevé et en sollicita le puyemeut : des arbitres, Andrès de Nsjen le sculpteur, et Julio Aquilesle peintre, ce dernier choisi par Berruguele, furent désignés pour taxer l'œuvre de l'artiste. Foute d’accord, un troisième arbitre, Felipe Vigumi, plus connu sous le nom de Felipe de Borgofia, fut adjoint uu\ deux premiers. Une sentence définitive, rendue en 1533, fixa enfin à 4,(00 ducats le prix du ce retable, détruit à l'époque de la suppression des couvents, mais dout les figures, exécutées en bols et coloriées, ont été recueillies nu Musée provincial de Valladolid.

En 1539, Berruguele fut désigné par le chapitre de la cathédrale de Tolède, en même temps que Felipe de Borgona, pour décorer de sculptures et de mosaïques de marbre les stalles du chœur; Felipe mourut après eu avoir terminé trente-cinq : les trente-cinq autres, ainsique le siège du primat, sont l’œuvre de Bemiguete, moins le médaillon représentant la Vierge apportant la chasuble à saint I Idc fonte, qui est de Gregorio Vigumi, frère de Felipe.

La Transfiguration du Seigneur , magnifique groupe de marbre dont les figures sont de grandeur naturelle et qui se trouve placé au-dessus du siège archiépiscopal, est également dû à Berruguele, qui le terminait vers 154 K.

Ces importants travaux, empreints du caractère le plus élégant et le plus robuste, et d’uulrcs encore que Berruguele entreprit dans le même temps, lui créèrent une réputation bien supérieure à celle de tuus les artistes qui l’avaient précédé; ce* travaux lui donnèrent la richesse; car, en 1559, Alonso acquérait de Philippe II la seigneurie et les revenus de la ville de la Yentosa, près de Valladolid, qui demeurèrent la propriété de sa famille jusqu'à latin «lu dix-huitième siècle.

Bemiguete mourut à Tolède en 1561, alors qu'il travaillait avec son fils au mausolée du cardinal Tavera, à l'hôpital de San Juan Bautista.

L'Espagne est 1ère de ce grand artiste qui a peuplé de ses œuvres ses palais et ses cathédrales. Saragosse, Tolède, Madrid, Valladolid, Palencia, Salamanque, Grenade, Médina de| Campo, Alcala de Ueimrès, Parodes de Nava, et bien d'autres localités encore, possèdent en effet quelques superbes travaux du maître dans l’un ou l'autre des trois arts qu'il exerçait conciirreumieut. Comme architecte, Hcrruguele n’a jamais été surpassé dans ce style somptueux que l'Espagne de-signe du nom pittoresque de plateresro, mélange de Renaissance et d’invention nationale, d’une richesse parfois excessive, niais dont Alonso sait racheter l’exubérance par une exquise délicatesse d'exécution.

Comme sculpteur, l'artiste a laissé de magnifique» ouv rages où brillent surtout la force, la grandeur îles formes, et qui rappellent par leur savante anatomie, par leur modelé toujours puissamment ressenti, le style de Michel-Ange. Bemiguete n'a guère élé peintre que dans ses retables, dont il exécutait à lui seul toutes les purlies. Se» peintures, devenues aujourd’hui très-rares, sont très-expressive» et d’une savante correction de dü&si»; comme ses sculptures, elles affectionnent les formes grandioses, mais le coloris, trèslerminé, en est froid et manque absolument de caractère.

Le lils de Berruguele, Alonso Berruguele y Pereda, aida son père dans les travaux qu’il exécuta sur la fin de sa vie et termina notamment le tombeau du cardinal Taxera.

Aucun de* Musée* d'Espagne ne powèdo «le peintures dt* ftemigiirtp : c'a* (lait* l« cathédrale* qu'il /nul aller chercher le* très-rare* productions do l'artiste échappée* à la destruction. Cran Uormudn/. iti cite quelques-unes : n I*jteucia, Jésus accompagné de» patriarche* apparaît à sa mère après m rcsurrrrtüm ; à Puiedr» de Nava, quelque* ta-

bl*ju\ qui fout partie «le ImiiIcI placé derrière II* grand retable, et une .Viifieite' «pii décore un oratoire; h la Vcntow, sur l’autel de uint MicJiel. IMrvhmpr chassant difurw et Ève du paradis terrestre , la Chute des mauvais Ange», et «tiver» autres sujets religieux.

APPENDICE

JUAN HE VILLOLDO

Ht VER» ItH - MORT VRRfi IIS».

On ignore le lieu et la date de la naissance de cet artiste, qui résidait n Tolètle au commencement du seizième siècle; un sait setilemcnt que Juau de Villoldo était le neveu de Alvar ferez de Yilluldn, qui peignait vers li'.iK, en col la lu ira t ion avec Juan de Dorgona, les fresques du cloilrc de la cathédrale de Tolède. Juau fut sans doute l'élève de sou oncle, et il est probable encore, bien qu'aucun des biographes espagnols u'en fournisse la preuve, qu'il ulla se perfectionner en Italie. En 1507, Juan était à Tolède et le chapitre le choisissait comme arbitre pour Axer le prix des travaux de décoration que louaient de terminer, dans la salle capitulaire d'hiver, les sculpteurs Juan de Dru velus, Francisco du Auibcrcsel Loreiuco (îurricio. En I50M, Villoldo, aidé de Juun de Itorgoùa et de Francisco de Aniheres, peignait les panneaux du retable de la chapelle mozarabe. Eli 1.11V, il travaillait encore à Tolède, puisque le chapitre le choisissait de nouveau pour taxer, avec Antonio de Comontes, les fresques que Juan de Dorgoiia avait peintes dans la bibliothèque de la cathédrale ; mais, à dater de celle époque et jusqu'en 1147, nous ne savons plus rien de Villoldo; peut-être lll-il alors le voyage d'Italie.

En 1547, nous retrouvons Villoldo à Vallndolid; le 12 août, il signe un contrat par lequel il s’oblige à peindre pour l’évéque de Paleuciu, cinq toile» contenant dix erses compositions, et destinées à la chapelle del Obispo, attenante à l'église San Andrès do Madrid. Ces tuiles ont été heureusement conservées et il est encore d'usage, durant les dernières .semaines du carême, qu’on les tende autour du clinmr de cette même chapelle. Exécutées à la détrempe — al aguaso — les draperies en grisailles cl les carnations légèrement coloriées, ces peiutures appartiennent à ce genre éminemment décoratif qu’on appelait en Espagne pintura de sur y as, et qui fut pratiqué avec beaucoup d'habileté par les meilleurs maîtres du seizième siècle.

Pour ce vaste travail, Villoldo puisa les sujets de ses composition* dans l'Ancien et le Nouveau Tcstumcul; chacun de ces sujets, répartis sur trois rangs, est encadré dans une architecture d'ordre ionique ; les plus remarquai île* par l'importance de la composition ou par le mérite de l'exécution représentent : Adam et Eve chassés du /utradis terrestre, la Mort d'AM, I ' Entrée de Jétus-Chrisi à Jérusalem , la ( 'rue. In Résurrection de btzare, le Calvaire, le Christ desrendu de lu vrais. la Mise nu sépulcre, la Résurrection, el enfin le Jugement dernier. Comme style, comme dessin, comme caractère, on dirait ces peintures échappées au pinceau de Perino del Vagn, ou encore du Fatlore. Si Villoldo n'est pas l’élève direct des Italiens, ces toiles autorisent du moins a affirmer qu'il s' est largement inspiré des production» de l'Ecole romaine et de l'École florentine.

Geau Rcnnudez attribue a Villoldo deux tableaux, peints sur panneaux, placés sur deux autels de cette mémo chapelle : l'un représente le Rapt*' me du Christ , l'autre, h» Martyre de saint Jean F Évangéliste.

Villoldo eut pour élève Luis de Canajal (1534*161 3), peintre de Philippe II et auteur de nombreux et importants travaux à l’Eseurial.

Lck Miihh’» rie Madrid ne |M«.v<*lrtil aucun Mfimmofl de ce malin*. «I, à lexceptiou de* tu Mo* il x de lu l'Impetle ricl ttbnpo, nou* ne r-rojom pan «pfil existe en E»pü|inr quelque juin' ouvrage aullwiilniuu «ht VilMdo.

Le* Catalogue du Musée île l'Heraulage. à Suinl-Pütersbourg, ini’ntioiinr une InJViNi'wfHt» de Villoldo, pcoxenanl Min* doule île Ufolloclkou Cooawelt, de Londres.

GASPAR BECERRA

sk an tsi«. — mort sa ht».

Après Bemiguete, Gaspar Iteeerra est un des artistes les plus complets qu’ait produite l’Espagne. Né à Daeza, en 1520, quarante ans plus tard que le grand Alonso, dont il put admirer les travaux comme

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sculpteur et comme architecte au palais Je Grenade. Beccrra comprit qu'il fallait aller puiser les leçons de l’art aux sources mêmes, et, jeune encore, il partit pour l'Italie, Là, il étudia non sous Raphaël, comme le dit Palomino, puisque le divin Sanzio était mort en 1520, mais très-probablement sous Michel- Ange. I!ii très-beau dessin de ltecerra, d'après la fresque du Jugement dernier, conservé au Musée royal de Madrid, atteste du moins que l'artiste espagnol s'appliqua à se pénétrer du style du grand Florentin.

A Rome, Bccerra aida Yasari dans ses peintures de la salle de la Chancellerie, et celui-ci raconte qu'une Tavoia représentant la Xativitéde In Vierge, qu'avait peinte le jeune Espagnol, fut placée dans l'église île la Trinité-dii-Moiit, en regard mémo d'un tableau de liauiclde Yollerre avec lequel elle pouvait entrer bunlimeiit en puralléle. Becerra est également l'auteur des dessins d'un livre d anatomie publié à Rome, en 1554, par le docteur Juan de Valverde, livre destiné à la fois aux artistes et aux chirurgiens. Pendant son séjour en Italie, il exécuta encore deux précieuses statuettes anatomiques dont les moulages figurèrent dans toutes les écoles.

En 1350, après s'élre marié à Rome avec Paula Velâzquez, Beccrra revint dans sa patrie. Philippe II ne tarda guère à se rattacher; il le nomma d'abord son sculpteur, le chargeant de la direction de divers travaux à l'AIcazar de Madrid et au palais du Purdo, puis, en 1503, par une royale cédule datée du 23 août, il le iioiumait son peintre.

A celte époque, Recerru peignait à fresque et décorait d'arabesques h? passage de la salle des audiences a la galerie de l'ouest, dans l'Alcazar; il y représentait, par d élégantes ligures, les Quatre Éléments. Dans la partie cintrée de la galerie, il peignait également il fresque h-s Arts libéruus, et rouvruil les parois des plus gracieux caprices décoratifs. Vers le mémo temps, aidé de (’astello le Rergamasque, il exécutait, dans le cabinet du roi, divers sujets empruntés de la Fable, qu’il encadrait d'une riche ornementation. Toutes ces peintures, admirées des contemporains rouime des chefs-d'œuvre d'habileté, d’invention et de goûl, ont péri dans l'incendie qui dévora le Pardoen 1735. A la lin du siècle dernier, il lie subsistait plus do tant de merveilleux travaux qu'une seule fresque : Méduse, Persée et Andromède, qui permettait d’admirer jusqu'à quel degré de perfection Bccerra avait porté son art.

Ile même que Bcrruguete, Becerra parait encore avoir été plus grand sculpteur que grand peintre. Son chef-d'œuvre, comme sculpture, est une statue de la Vierge de In Sotednd , commandée par la reine Isabelle de la Paz, et qui, plucée autrefois nu couvent des Minimes à Madrid, orne aujourd'hui le grand autel de la chapelle de la Communion, dans f église San Juan del Merendo à Valence. Trois fois Becerra avait échoué dans ses efforts pour sculpter celle ligure, qui «levait traduire son idéal d’artiste et la ferveur de sa foi; il avait, avec désespoir, renoncé à son oeuvre lorsque, dans la nuit. Marie lui apparut et lui ordonna de tailler im tronc d’arbre qui brûlait dans le foyer ; Becerra obéit cl U en tira une de ces images inspirées, véritable prodige de l'art que le génie, allié au plus ardent mysticisiuu religieux, pouvait seul produire.

lin moine, fray Antonio de los Arcos, raconte cette précieuse légende dans un livre édité à Madrid en IG SU. où sont rapportés tous les nombreux miracles allrihués à la Vierge «le Becerra.

L'infante doua Maria, veuve «lu prince du Brésil, chargea l'artiste «le construire, pour le couvent des Bescahas Renies, le somptueux maitrc-autel détruit en 1862 par un incendie. La perte de ce magnifique ouvrage est d'autant plus regrettable qu'il était dû tout entier au génie de Becerra. l'architecture comme les sculptures et les peintures. Ces deruièrus représentaient Y Annonciation, la Visitation, la Naissance de Jésus- Christ , l 'Épiphanie, IM.fmiJwm.ln Descente de P Esprit-Saint sur les Apôtres et «les Saints appartenant à l'ordre d«î saint François. Aucun de ces tableaux, croyons-nous, n'a été sauvé.

Après avoir exécuté ù Grenade, dans l'église de San Gcronimo, un bas-relief représentant la Mise au tombeau, considéré comme un de ses plus beaux ouvrages , et divers travaux importants à Valladolid, à Ibirgos, à Rioseco, à Médina del Lampe et à Bribicscu, Becerra terminait, en 1569, le magnifique retable «le la cuthédrahle d'Astorga, élevé sur ses dessins, et oriiéd«' reliefs et de statues dus à son ciseau. On jugera de l'importance de ce travail par le prix que reçut l'artiste : le chapitre le lui paya trente mille ducats, y joignant une gratification de trois mille autres ducats et lui faisant don d'une charge d ’escribuno que Becerra vendit encore huit mille ducats.

APPENDICE. 7

La mort vint trop tôt enlever ce grand artiste à l'Espagne; en 1570, à peine âgé de cinquante ans, il mourait à Madrid ; on l'enterra dans l'église du couvent do la Victoria.

Deccrtm avait fait école et formé de nombreux: élèves, sculpteur» et peintres. Parmi les premiers, il cite lui-même, dans une supplique adressée à Philippe II, lus noms de Miguel Martine/, du Rallazar Tomeo, de Miguel de Ribns, qui l'avaient aidé dans ses travaux au Pardo; de Juan Hui/ de Casluùcda ut du Torribio tionzalez, et, parmi les peintres, Harloloine del Hio, llemuis, Francisco Lopez, (ïeronimo Ya/quez, enfin, Miguel Harroso, né à Consuegrn, en 153s, artiste d'une grande érudition et trcs-hnbilc peintre, qui laissa de remarquables ouvrages à 1'F.scorial.

Le Musée royal de Madrid ne possède aucune peinture de Itecerra : l'Escorial, si riche d’ordinaire en travaux des artistes contemporains de Philippe II, n'a qu'une copie d'une Assomption de la Vierge , dont l'original existe, croit-on, dans lune des églises de Home. Seul, le Musée du Fomente a pu recueillir un tableau provenant de l'église des dominicains de Ségovie et représentant la Madeleine au désert. Etendue sur le sol, au fond d'une grotte, la pécheresse contemple le crucifix; une draperie, largement traitée et d'un ton rose assez délicat, voile chastement son beau corps. Ce n'est sans doute pu* là une des meilleures productions de l'artiste, mais elle surfit a indiquer que Deccrra possédait un dessin grandiose et qu’il avait conservé les formes élevées et la noblesse de stylo «le l'École florentine.

Mnâ Pt PostMo , à Madrid. — La Madetrin* nu I r>R l'IIcrhitaae. a Sûlt-Pétenbourg. — Cru*

désert. \ Sibylle.

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