RECHERCHES ET INDICATIONS
à l’idéal. Dans les cieux comme sur la terre, Velâzquez n’a vu que des hommes, et dans les hommes il n’a vu que des Espagnols, c’est-à-dire des figures d’un certain climat et d’un certain tempérament, se mouvant et respirant à la clarté du soleil. Sa peinture a donc manqué de style; mais, en revanche, dans ses portraits surtout, elle est remplie de caractère, et ce caractère, c’est la vérité. Ses héros ne vous tiennent pas à distance comme ceux d’Antoine More ou du grand Titien; au lieu d’être éloignés de nous par les fictions de l’art, ils sont rapprochés par le prestige de la vie. Ils ne posent pas : ils sont.
CHAULES BLANC.
MGlSffiŒB ET IMMMPHS
Pour se former une idée précise du génie de Velâzquez, c’est au Museo ciel Rey qu’il faut aller l’étudier; caron peut dire que, sauf quelques rares échantillons portés hors de l’Espagne par les dons des rois et la spoliation de la guerre, l’œuvre entier de ce grand artiste est au Musée de Madrid.
Ce Musée renferme soixante-quatre tableaux de Velâzquez; l’espace nous manque pour les mentionner tous. On en trouvera dans le livre de M. Stirling un bon catalogue dressé par M. W. Burger ; nous citerons seulement les principaux :
Le Christ en croix, peint pour les religieux de San Placido.
Saint Antoine abbé et saint Paul ermite, dans un grand paysage; un corbeau leur apporte un pain.
La Forge de Vulcain. C’est le tableau que nous avons décrit. Il fut peint en Italie vers 1630.
Mercure et Argus. Les figures sont de grandeur naturelle.
Les Fileuses (en espagnol las Hilanderas). Ce tableau représente une fabrique de tapis ; nous en avons parlé plus haut. C’est un des chefs-d’œuvre du maître. Il en existe une répétition chez M. Banks, à Kingston-Lacy.
Le Musée du Louvre possède trois tableaux de Velâzquez : le Portrait de l’infante Marguerite-Thérèse.
Portrait de chapelain à mi-corps (don Pedro Moscoso de Altamira), tableau très-bien peint , mais qui ne paraît pas être un Velâzquez bien authentique ; acheté 4,500 fr.
Réunion d’artistes, petites figures ; a été payé 6,500 fr.
Portrait de Philippe IV, avec son chien, sur un fond de paysage : c’est une répétition de celui qui est au musée de Madrid. Le Musée l’a achetée 23,000 fr. à M. Mündler.
La Galerie du Belvédère, à Vienne, se flatte de posséder six tableaux de Velâzquez : un Paysan riant, tenant une fleur de la main droite, tableau à mi-corps ; la Famille du Peintre, composition de 12 figures, deux tiers de nature; le Portrait de Philippe IV, figure jusqu’aux genoux ; le Portrait de l’infante Marguerite-Thérèse , celui de sa sœur dona Maria et celui de don Baltazar Carlos.
De ces six tableaux, qui sont plus ou moins douteux, il en est un tout à fait précieux et de la plus rare beauté, c’est la Famille du Peintre, chef-d’œuvre, que l’on dit supérieur au tableau des Meninas.
La Pinacothèque de Munich en aurait un égal nombre. Le Portrait de l’artiste, un Mendiant, le Portrait du cardinal Rospigliosi , et trois autres portraits, tous contestables.
Galerie de Dresde. — Portrait du duc d'Olivarès, tenant un papier à la main. Il est vêtu de noir et décoré de la Croix verte de Alcantara.
Buste d’homme habillé en noir, avec un cordon en or.
Portrait d’homme, à mi-corps, vêtu de noir.
Ces trois portraits proviennent de la galerie du duc François d’Este, de Madrid. Ils furent acquis en 1745 par le roi Auguste. Ils avaient été vendus comme étant de Ilubens.
A I’Ermitage de Saint-Pétersbourg, treize cadres portent le grand nom de Velâzquez. Si on excepte les deux fameux portraits acquis en 1850 par l’empereur, à la vente de feu Guillaume II, roi de Hollande: — ils représentent, l’un, le portrait en pied de Philippe IV, l’autre celui du comteduc d’Olivarès, et ils furent payés ensemble 88,549 fr. 15 c.. frais de vente compris ; — si l’on excepte encore trois études: Un jeune paysan riant aux éclats, l’ébauche du portrait d’innocent X, le portrait en buste du comte-duc d’Olivarès, et peut-être deux vues : l’une de Saragosse, l’autre de la Caraca, on pense qu’il convient de ranger les autres dans le nombre des apocryphes.
La Galerie nationale de Londres possède de Velâzquez une Chasse au sanglier menée par Philippe IV et les grands de sa cour. Nombreuses figures d’hommes et d'animaux. Ce tableau incomparable fut donné par Ferdinand VII à lord Cowley, auquel le gouvernement anglais l’acheta en 1846.
L’Adoration des Bergers. — C’est le tableau qui se trouvait au Louvre dans le Musée espagnol. Acheté en 1853.
Musée de Berlin. — Deux portraits douteux : l’un d’un homme à longs cheveux blonds ; l’autre du cardinal Dezio Azzolini. Ce dernier était attribué autrefois à Murillo.
Galerie de Florence. — Beau Portrait de Velasquez. par lui-même. Autre portrait, qui peut être une répétition d’atelier, dit M. Viardot.
Palais Doria, aRome. — Portrait d’innocent X. C’est le portrait fameux dont nous avons parlé plus haut. Il fut peint en 1648, au second voyage du peintre en Italie.
Galerie Suermondt, à Aix-la-Chapelle. — Portrait d’Isabelle, première femme de Philippe IV. Figure entière, de grandeur naturelle. Ce portrait est décrit sous le n° 116 dans le catalogue de la Galerie Suermondt, dressé par Burger.
Collection James de Rothschild. — Portrait équestre de don Luis de Haro, acheté à la vente Northwick.
Deux portraits d’infantes.
Collection de M. le marquis Maison. — Deux pendants ; un Singe près d’un panier rempli de fruits et de fleurs qu’il disperse, et un dmourqui renverse une statue et un autel.
Deux autres pendants : un Panier emballé, avec un petit coq attaché à l’anse du panier, et un autre Panier avec des pigeons et un lapin attachés à l’anse.
Galerie Lacaze. — Portrait de l’Infante Marie-Thérèse. devenue femme de Louis XIV. Provenant de la vente Viardot.
Collection Eudoxe Marcille. — Portrait de l’Infante