JUAN DE VALDÈS LEAL
emparé de la grâce et du charme, à lui Yaldès, son rival, trop fier pour imiter personne, il ne restait donc que le violent et l’horrible.
L’œuvre de Yaldès est considérable et révèle quelques changements de manière qu’il est intéressant de noter. Ses premiers ouvrages, qu’on voit à Cordoue, sont plus naïfs et plus vigoureux; leur coloris, d’une exécution ferme, serrée et un peu minutieuse, rappelle les débuts de Velâzquez. : Yaldès peignait alors
LES DEUX CADAVRES (Hôpital de la Charité à Séville).
beaucoup d'après le modèle; aussi ces œuvres sont-elles empreintes d’une vivacité et d'un naturel qui ne se retrouvent plus à un égal degré dans ses productions postérieures. Les peintures du maître-autel de l’église des Carmes, quelques saintes en buste, un Saint André, et plus particulièrement encore un portrait de D. Enrique de All'aro, frère du peintre, tels sont les monuments de cette première époque. Mais c'est à Séville que Yaldès a laissé ses plus importants travaux, et il n’est guère, dans la capitale de l’Andalousie, d’église ou de chapelle qui ne renferme quelque tableau de ce maître.
Lorsque, après sa conversion, D. Miguel de Manara Vicentello de Leca, le Don Juan des poètes, fonda
ÉCOLE ESPAGNOLE
l’hospice de la Charité, c’est à Murillo et à Valdès qu’il en confia la décoration. On sait que Murillo a laissé là ses chefs-d’œuvre, des merveilles de couleur et de clair-obscur. Yaldès, qui ne voulait pas être effacé par son harmonieux rival, exécuta ces sombres et terribles peintures dont l’une représente : Deux Cadavres rongés par les vers de la tombe , et l’autre : la Mort entourée de tous les emblèmes de la vanité humaine.
La cathédrale de Séville possède de Yaldès un Christ flagellé par ses bourreaux , composition qui offre des i‘accourcis d’un dessin savant et un coloris de la plus grande puissance; on y remarque également un Saint Ildefonse recevant la chasuble, gravé par Matias de Arteaga, élève de Yaldès.
En 1671, lors de la célébration des fêtes de la canonisation de saint Ferdinand, Yaldès Leal fut chargé, avec le sculpteur Bernard-Simon de Pineda, de diriger l’ensemble des travaux de décoration de la cathédrale. Il dut fournir tous les dessins de ce gigantesque appareil, qui lui valut, comme architecte-décorateur, une réputation au moins égale à celle qu’il avait déjà comme peintre.
Lui-même a pris soin de reproduire à l’eau-forte, pour un ouvrage qui fut édité à Séville cette même année, toutes les magnificences de cette décoration Valdès aimait à graver. On a de lui diverses autres pièces et notamment quatre petites eaux-fortes d’après la célèbre Custodia de la cathédrale, chef-d’œuvre de l’orfévre Juan de Arfe.
En 1672, Yaldès voulut revoir Cordoue, et c’est pendant ce second séjour dans sa ville natale que D. Antonio Palomino y Velasco, le Vasari espagnol, reçut de lui des conseils et des leçons. Quelque temps après, Yaldès visita Madrid, mais, dans ce voyage, il n’entreprit rien qui mérite d’être signalé.
A son retour à Séville, au cours de l’année 1673, il fut chargé de peindre pour l’oratoire de l’archevêque Don Ambrosio Spinola une importante série de tableaux de chevalet dont les sujets étaient empruntés à la vie de saint Ambroise.
En 1682, après la mort de Murillo, Valdès Leal demeura, sans conteste, le premier et le meilleur peintre de l’École d’Andalousie. Comme il se voyait surchargé de commandes pour les églises et les communautés religieuses, il dut, dès cette époque, associer à ses travaux son fils Lucas de Yaldès.
Pendant l’année 1690, alors que l’artiste s’occupait de diverses compositions destinées à l’église de los Venerables , il fut atteint de paralysie. Son fils acheva sans doute seul ces compositions, car, dès le 14 octobre 1691, Valdès mourait à l’âge de soixante et un ans.
Juan de Yaldès Leal avait formé de nombreux élèves. Les plus brillants furent Matias de Arteaga, peintre et graveur, Antonio Palomino, Ignacio de Leon, Pedro de Uceda, Cristobal de Leon, Clemente de Torres et, enfin, Lucas de Valdès, graveur et peintre comme son père, et qui s’acquit, à Séville, une juste célébrité. Les deux filles de Valdès, Maria et Luisa, se distinguèrent dans la peinture des portraits et dans la miniature.
PAUL LEFOKT.
1 Fiestas de la Santa [glesia metropolitana de Sevilla, 167t.
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L’ant ienne galerie espagnole du Musée du Louvre possédait dix tableaux de Valdès Leal; aujourd’hui, il n’y est plus représenté.
Cean Bcrmudez donne une nomenclature très-détaillée des œuvres de Valdès conservées dans les églises, chapelles et couvents de l’Espagne. Voici quelques indications qui compléteront ce catalogue :
Musée de Madrid. — La Présentation de la Vierge au temple. — L’ Empereur Constantin adorant la Croix.
Musée de Séville. — Conception entourée d’anges. — Tentation de saint Jérôme. — Apparition de la Vierge à un moine hiéronymite. — Un Saint disant la messe. — Un Saint évêque hiéronymite. — Jésus crucifié avec saint Jean, la Vierge et sainte Madeleine. — Un Moine. — Les Fiançailles île sainte Catherine. — Saint Jérôme châtié par les anges.
— Assomption. - — Saint Antoine abbé. — Saint Antoine de Padoue. — Saint André apôtre. — Sainte Catherine. — Saint Sébastien percé de flèches.
Collection du duc deMontpensier, palais de San Telmo. à Séville. — Invention de la Croix, esquisse du tableau de l’hôpital de la Charité.
Vente Aguado. 1843. — Résurrection de la Vierge: 345 fr. — Apparition de la Vierge; 400 fr. — Christ en Croix; 265 fr.
Vente Soult. 1852. — Mariage de la Vierge; 600 fr.
Vente Louis-Philippe. Londres, 1853. — Discussion de saint Jérôme avec les Rabbins: 40 I. — Discussion de saint Jérôme avec les Docteurs: 28 £. — Un Dominicain; 8 S 10.
— Martyre de saint André; 8 * 10. — Martyre de saint Barthélemy: 8 £