ESTE BAN MARC H
Né à Valence, dans les dernières aimées du seizième siècle, Esteban Mardi, que son origine classe dans l'École Valencienne, se rattache cependant par ses études à l’Ecole de Tolède et aux Vénitiens, puisqu il est élève d’Orrente, disciple lui-même du Greco. Le talent de Mardi est au surplus un composé d éléments très-divers : s’il rappelle Orrente et les Vénitiens, il se rapproche encore plus étroitement de Ribera, que Mardi s’est visiblement proposé d’imiter. Coloriste énergique et naturaliste vigoureux, il recherche, à la suite de ce maître, les puissantes oppositions de lumière et d’ombre et en reproduit avec preference les types pittoresques : ses têtes de vieillards, chauves, barbues, aux traits sauvages; ses mendiants enguenillés, ses ascètes au corps décrépit; mais, moins bien doué et surtout moins habile que son illusüe modèle, il exagère l'effet, dépasse toute mesure et tombe dans F affectation de l’horrible et du laid. Au demeurant, Mardi est très-inégal : quoique ses compositions religieuses ne manquent ni d originalité ni
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d’éclat, ses ébauches, ses tableaux de chevalet, comme le Campement et le Passa f/e de la mer Rouge. du Musée de Madrid, plaisent davantage par la légèreté et le laisser aller de l’exécution.
À en croire Palomino, Mardi aurait été quelque peu lunatique et cerveau brûlé : voulait-il peindre une bataille, son genre favori? il battait le tambour, sonnait la charge, et, se saisissant d’une épée, s’escrimait d’estoc et de taille contre les murs de son atelier : c’est ainsi qu’il s’échauffait l’imagination. Avec cela, Mardi n’est cependant point parvenu à donner à ses batailles tout l’entrain désirable : sa fougue reste à la surface. Cet artiste présente en effet ce singulier contraste d’une touche vive, hardie, emportée même, alors son dessin est lourd et sans animation.
Mardi eut pour élèves son fils Miguel, qui alla se perfectionner en Italie et mourut à Valence en 1670, puis Senen Yila et Juan Conehillos Falco, tous trois peintres estimables.
Parmi les plus importantes compositions religieuses de l’artiste, Cean Bermudez cite une Cène dans l’église de San Juan del Mercado, à Valence, et deux épisodes de la vie de saint François de Paule, au couvent des Minimes. Il peignit pour le palais du Buen Retire quelques pages d’histoire sacrée, des paysages, des batailles et un grand tableau, les Noces de Cana.
Madrid. — Musée royal. — VieilleFemme tenant un tambour de basque.— -Campement. — Vieillard buvant. — Vieille Femme tenant une bouteille. — Saint Jerome (en buste). —
Passage de la mer Rouge. — Portrait de J. -R. Mazo.
Académie de San Fernando. — Saint Isidro laboureur.
— Saint Paul apôtre. — Les Douze Apôtres.
Valence. — Musée provincial. — Diverses batailles. — Reddition d’une place forte. — Triomphe de David. — Télé de saint Jérôme.
Valence. — Vente de l’ancienne Galerie espagnole du Louvre (Londres 1853). — Passage de la mer Rouge. £ 6 10.