MORT ES 1C7G
De Gônes, sa ville natale, Langctti passa de très-bonne heure à Rome, où il reçut des leçons du Cortonc; puis il se rendit à Venise, oîi il se perfectionna en travaillant sous la direction de Giovanni-Francesco Cassana* , son concitoyen, et, mieux encore,, en étudiant les œuvres du Tintoret, dont le style puissant l'avait subjugué. Il devint un coloriste vigoureux et mériterait d'autant plus que l'école de Venise le réclamât comme un des siens, qu'il se fixa dans cette ville, y exécuta de nombreux travaux et y accomplit le reste de sa carrière.
des Mages. Une composition sur le même sujet, une Circoncision et un troisième tableau représentant la Femme adultère appartenant à la galerie de Dresde. Un Noli me tangere figure dans la collection du comte de Yarborough, et une Sainte Famille dans le cabinet de M. Ford, en Angleterre.
M. Ch. Le Blanc, dans son Manuel de f amateur d'estampes, a donné les titres de ■io eaux-forte.s de Biscaino; ce sontpour la plupart des Madones et des Sainte Famille. Un Moïse sauvé des eaux et une Bacchanale sont au nombre de ses pièces les plus estimées;
' Stefano Magnasco mourut en 1665, ftgé d'un peu plus de trente ans. Soprani dit qu'il travailla beaucoup pour la France. Aucun ouvrage néanmoins, que je sache, ne figure sous son nom dans nos collections publiques; mais, peut-être conviendrait-il de lui restituer quatre toiles placées au palais épiscopal d'Orléans et inscrites au catalogue du musée de cette ville comme ayant été exécutées par son fils Alessandro : ['Entrevue d'Étiézer et de Rebecca, Jacob quittant la terre de Chanaan,Josephracontant ses songes et Joseph vendu par ses frères. Cet Alessandro, plus connu sous le sobriquet de Lissandrino, naquit en IBGletnonen 1681,comme tous les biographes l'ont répété d'après un erratum Aqs Vitede' pittori genovesi{\\,^. I.ï5). Balti, se corrigeant lui-même (p, 161), rapporte que cet artiste était âgé de quatre-vingt-sept ans lorsqu'il mourut en 1747. Lissandrino s'était formé, à Milan, à l'école de Filippo Abbiati, peintre de grandes machines; mais il exécuta de préférence, €t avec succès, de petits tableaux de genre, représentant des intérieurs d'écoles, de boutiques, de corps de garde, de couvents, de synagogues, des paysages animés par des moines, des paysans, des soldats, des mendiants, etc. 11 eut de son temps un très-grand succès. Il y a des tableaux de lui au musée des Offices, au musée de Turin, dans la galerie de l'Académie Ligustique.
2 G. -F. Cassana, né dans l'Etat de Gônes en 1611 ou vers 1620, passa une grande partie de sa vie à Venise, exécuta d'importants travaux à laMirandole et y mourut à l'âge de quatre-vingts ans. Ce fut, au dire de Lanzi, un coloriste moelleux et délicat. 11 eut trois fils et une fille, qui s'adonnèrent à la peinture :Niccolo (1659-1714), l'aîné de ces quatre enfants, est celui qui paraît avoir eu le plus de talent ; il réussit surtout comme portraitiste, travailla longtemps à Florence et mourut à Londres. Giovanni- Agostino se fit prêtre, peignit le portrait et les animaux, et mourut à Gênes, en 1720; son portrait est au musée des Offices, ainsi que ceux de son frère et de son père Niccolo. Giovanni-Battista, troisième fils de Gio-Francesco, cultiva la peinture de fleurs et de fruits. Maria- Vittoria, la fille, peignit des sujets religieux et mourut à Venise.
Le peintre vénilien Marco Boschini a fait un grand éloge de Langclti, dans ses curieux dialogues en vei*s, publiés en 1660 sous le titre de Caria del navegar pitloresco; il vante particulièrement la franchise de son exécution, son soin à observer la nature, la justesse d'attitudes et la vive allure de ses personnages. Il décrit avec enthousiasme deux de ses tableaux, un Apollon écorchant Marsyas peint pour le comte Gasparo Tienc, et un Bacchus o/frant à Pan une outre do vin. Zanctti, dans son livre Delta Pittura Veneziana (1771), a parlé de Langclti avec non moins d'estime; il le signale comme un peintre naturaliste des plus énergiques, traitant de préférence les sujets sombres et farouches, se plaisant, même lorsqu'il avait à représenter des héros et d'illustres personnages, à reproduire des types bas et vulgaires, mais les relevant d'ailleurs par le bi'io de la touche, la force et l'éclat du coloris. Il nous apprend en outre qu'il avait coutume de se vôtir d'une robe de brocart d'or pour travailler et qu'il trouvait les moyens de satisfaire à ce luxe excessif en vendant fort cher les moindres productions de son pinceau : il lui arrivait fréquemment de peindre, dans l'espace d'une matinée, une demi-ligure, qu'il baptisait du nom de quelque philosophe ou de quelque anachorète, et que les amateurs lui payaient à raison de cinquante ducats.
Langclti exécuta pour l'église des Thérésiennes, de Venise, cinq grandes compositions, dont la plus remarquable représentait la Madeleine agenouillée aux pieds de Jésus crucifié. Ratti mentionne aussi différentes peintures qui, de son temps, se voyaient dans les églises de Padoue et de Bergame, et dans la galerie de Florence. Il rapporte que Langclti travailla quelque temps, dans cette dernière ville, pour le grand-duc Ferdinand de Médicis.
A Gènes, on voit trois tableaux de cet artiste dans la galerie du palais Durazzo, un Saint Pierre-ès-liens, la Bénédiction de Jacob et la Mort d'Abimélech : ils ne sont pas sans analogie avec les œuvres d'un autre maître de l'école génoise, B. Strozzi; l'exécution toutefois en est moins fondue et le caractère plus violent.
Langetti serait né en 1625, si l'on en croit Ratti; mais Zanetti prétend qu'il mourut en 1676, à l'iige de quarante et im ans, ce qui fixerait la date de sa naissance à 1635, et il ajoute qu'il fut enterré dans la vieille église de la Madeleine, où on lui fit cette épitaphe louangeuse : jo. baptista langetti celeberrimus pictor
NATURA CESSIT MORIEXS VIVEXS QUI ARTE NATURAM EXCELLUIT. ANNO BOMINI MDCLXXVI XI KAL. NOVEMB.
Musée de Dresde. — Apollon châtiant Marsyas, tableau | galerie de l'électeur de Saxe. Est-ce le tableau peint pour de 8 pieds 4 pouces de larpe, sur 7 pieds 8 pouces de j le comte Gasparo Tiene? haut; acheté en 1731, par h. Le Plat, directeur de la |