I.K CAI.AIJHKSK : Ki I :i
après a\()ir cliidié cl adiiiirc U's aiilrcs. I.(! ( alabn'so voulut Miir tous ics iiiaitres de ïon loiiips : il allii visilcr, à Milan. Marazzoïii;, Saunnaccliini, Caslelli, l'aggi; à Géiios, Cambiaso; en France, Simon Voiiet fl PicMic Milliard; eu Belgiquo, lo graud lluhcns, mais il dcnu'ura ce que la ualurc lavait cri'c. un artiste robuste, au flair-obsi'ur violent, aux eonloiu's prononcés, au coloris lier, ijurstiiril vint à Paris, une chose excita sou entliousiasuie, ce l'ut la goleiie de Médicis |ieiute au Luxeudtourg par Hubeus; il n'avait encore rien \n d'aussi beau depuis Yéronèse. Ne pouvant résister au désir de connaître un si grand Iminnie (je parle de llubens , il poussa jusqu'à Anvers. .V son arrivée, mhi pieuiier soin lui d'allei' eiileruire la nii.'sse. dr, juvcisénienl, l'aulel iiii oriiciail li- prêtre se trouvait décoré d'un si uiagiiiliipie lableau de liiii)'!!-. iy\r li- Calabrèse, malgré
INCnEDL'l.lTE Dl; SAINT THOMAS (Mil'ii-.- île N.l|>li;
SI dexoiion, n'en put détaclier ses regards, A la lin de la ini'sse, il liil aborde a\ec une grande courtoisie par un genlilbomme ([u'eulourait une suite nombreuse et qui lui demanda sou sentiment sur le tableau de l'autel. « C'est pour eu coiuiaîtie laulenr qui' je suis venu en Randre, dit le Calabrèse. — Eli bien! reprit le geulilhommo, souffrez qui; je sois votre guide, <'t d'abord que je vous lasse les iionueurs de nui maison. » C'e disant, il conduisit l'étranger clans un liotel maguiliciue où l'on ne voyait que st:dnes, bas-reliefs, vases. médailles, curiosités de tout genre, sans parler des peintures, dont plusieurs étaient justement de r>nbens. Le gentillioinnie eu li( la critique avec beauitoup d'espril , tandis que le peiidre italien en indiquait du doi:;l loules les beautés, d Vous raisonnez trop bien sur la peintuie, dit le seigneur flamand, pour n'-t'-tic pas vous-même im niaiti'e égal à celui que \ous admirez. — .le suis venu dans ce pays, répondit biunbleuieul le Calabrèse, pour comiailre ce grand peinire el ap|(reudre qnel(|ue chose de lui. — l'.h bien! puisque c'est là votre désir, dit le geutilbunuiie. sachez (jue je suis Pierre-l'aul Uuiiens. » l'reti. qui pensait uvoii
î KCOLE ITALIENxNE.
(l(!vaiit lui un sraïul solpruiiir, un |)riiu'c, l'ut très-éloniié ; mais il n'en out que plus d'ologes pour la fraîcheur •l'un citiiuis (|ui faisait pâlir la nature même. « Vous savez, dit-il à Uubens, le mot de Guido lleni sur votre peinluie : (leliii-là pétrit du sang dans ses couleurs, macina sangue costui ne' suoi colori...^^ On juge quels rapports de bienveillance s'établirent entre les deux artistes. Quand ils se quittèrent, Rubens fit présent au Calabrèse d'une Héiodiade tenant la tête de saint Jean-Baptiste dans un bassin, superbe morceau (pii plus tard fut offert par le donataire au pape Urbain Vlll. Après une courte excursion en Allemagne, l'reti revint s'élablir à Rome, disposé aux plus sévères ét\ides (^t résolu d'abandonner pour jamais l'escrime.
Tant de pérégrinations n'avaient |)as du reste changé les instincts naturels de Preti. H se retrouvait le même, toujours porté à la manière forte, plein de goût pour les expressions énergiques, les ombres noires et les reliefs saisissants. Deux tableaux qu'il fit à son arrivée, et dont il voulait faire hommage au pape et à dona Olimpia, furent pris pour des (iuercliin : liui représentait le Christ devant Pilate ; l'autre, Pénélope qui chasse les faux amis d'Ulysse. Le peintre avait une ambition, celle d'être chevalier de l'ordre de .Jérusalem. Dona ()lin)])ia supplia le Saint-Père do conférei' cette dignité à Prcli; mais il fallait pour cela plusieurs quaiiiers de noblesse : Preti en fit la preuve. Cependant le grand-maître devait, selon l'usage, confier à des commissaires le soin de vérifier les titres. Ces commissaires, qui étaient à Rome, allaient se rendre à Cosenza et à Taverna, et ce voyage, accompli aux frais du postulant, eût été pour lui une dépense ruineuse. Le pape, à la prière du Calabi'èse, expédia un bref qui dispensait le candidat de preuves plus amples, et ce bref, daté du 13 novembre 1641, fut suivi d'un autre, en date du 31 octobre 16i2, en vertu duquel Mattia Preti fut armé chevalier, a Rome, dans l'église Santa- Anna-di-Rorgo. Son frère Gregorio venait d'être chargé de peindre deux fresques di' Saint-Charles de Catenari; mais comme il reconnaissait, avec tout le monde, que Mattia lui était supéi'ieur et (ju'il était charmé d'avoir un chevalier de Malte dans sa famille, il lui céda de fort bonne grâce une des '.^ fresques : Saint Charles distribuant son bien aux pauvres^ Rien n'était plus conforme qu'un tel sujet a l'humeur du peintre, qui se plaisait à représenter la douleur, la misère et les haillons. Autant qu'il m'en souvient, cette peinture, que j'ai vue à Rome, a çoussé au noir; -elle est empâtée vigoureusement et dun dessin ressenti, et le tout est enveloppé de cette teinte cendrée qui semble convenir, dit Lanzi, aux scènes douloureuses ou tragiques
Sui- ces entrefaites vint à Rome un fameux maître d'armes, qui avait été le professeur de l'empereur Léôpold, et (pu d(;jà rempli.ssail la ville du bruit de ses bravades, défiant tous les chevaliers romains et se proclamant invincible. La princesse de Rossano, chez qui les jeunes nobles se réunissaient qifelquefois pour l'exercice de l'escrime, imagina d'opposer à ce fanfaron l'hnbileté bien connue du Calabrèse, qui, après quelques hésitations, consentit ii soutenir l'honneur de la noblesse romaine. A l'heure dite, une foule immense se rendit sur le Ihéàtre du combat. On était convenu de trois assauts : à la première passe, le chevalier atteignit son homme en pleine poitrine, rim.ase perditorc il maestro, anzi carico di colpi nel petto. Mais, trop échauffé par la lutte, Preti défia son adversaire à l'épée nue et ie blessa au bras. Celui-ci, découragé, ne cessait de rompre et allait se dérober lorsque le chevalier s'emporta jusqu'à l'accabler d'injures, et prenant son épée par la lame, il fit mine de le frapper avec la garde. L'autre cherchant à esquiver le coup, se heurta contnî un morceau de bois, et en tombant il y donna de la tète avec tant de force qu'on dut yenir à son secours et le porter tout .sanglant chez l'ambassadein' d'Allemagne. Ce persoiuiage, fui'ieux de se voir humilié et outragé dans la personne d'un sujet de l'empereur, donna ordre à sas bravi de lui amener le Calabrèse mort ou vif. Grâce à dona Olimpia, on. cacha le peintre au Vatican; mais comme les assassins le chei-chaient toujours, le pape le fit s(!crètement conduire à Civila-Vecchia, où il s embarqua poui" l'île de Malte.
Une sorte de fatalité le poursuivait. A peine eut-il fini de peindre le portrait du grand-mailre et une nérollation de saint Jean, qu'un chevalier de je ne sais quelle nation lui chercha querelle sur sa noblesse, qu'il prétendait équivoque, disant que la chevalerie et la peinture étaient choses incompatibles, et autres propos de ce genre. Le Calabrèse en fut tellement irrité qu'un jour il frappa son adversaire de façon à le laisser pour mort sur la place. Après cet acte de violence, il fallait échapper à la justice du grand-maître : l'artiste n'eut que le temps de se jeter dans une felouque en partance poui' Livourne. Là se trouvait justement
LE CALABRÈSK (1613). ;i
un évêqiie de la (îoiir de Home, que Preti avait connu et qui venait d'être nommé nonce du pape en Espagne.
SAIM MCOI. AS nr DAIII «osée lie N«p:es .
Le |iciiilrc iiicepla a\(,'c joic lii piopoMlion ([iir lui lit le pi'élal de reiiiiiiciKir à Madrid. Il > lui accueilli axcc liiHiiKMir: mais son si'jiiiir l'ii F,s|)a^iie no lui |ias(li' liinaiic duiMM^et il v travailla pou. parce (pu; la niorl du pape
(i ia;OLE ITALIEN m;.
Urbain VIII, survenue en 1644, rappela le nonce au Vatican, où Ion \enail d élire le cardinal l'anlilio soii> \f nom dTiniocent X. Preti suivit le nonce. 11 espérait, en arrivanl à Rome, y obtenir de grands lra\au.\; maliicureusement la place était occupée par des peintres que l'on fc^rdait alors comme des prod ges, Lanfriuic et Pierre de Cortone. Il n'eut à peindre que des morceaux de pacotille pour un cnlrcpreneur de tableaiu i|iii (;n faisait le commerce, Pellegrino di Rossi. Tout cela l'eut l)ientôt dégoûté, et il prit le chemin de lioliigne, (lù il allait retrouver son ancien maître.
Le Guerchin reçut son élève comme il eiit l'ait d'un parent, et accablé lui-même d'ousragei^ il s eni|)i('>>;i d'envoyer le Calabrèse en son lieu et place à Modène, auprès des Carmes, qui voulaient décorer de peinluics la Coupole de leur église. Dominici raconte longuement toutes les dilTicult(''s (jue firent les frères pour contieila décoration d'une coupole à un homme qui Içur était inconnu. Les esquisses d(; Preti lurent portées à Bologne et soumises à tous les peintres de cette ville, qui affirmèrent que personne n'était capable de mieux conduire une pareille machine. Preti, en effet, s'en tira fort habilement : il peignit dans sa coupole le paradis avec la sainte Trinité qui dispense des grâces aux bienheureux frères du Carmel, par linteimédiaire de la Vierge el du prophète Élie. Les quatre pendentifs étaient remphs par les figures des évangélistes, et la composition tout entièie était pleine d'anges et de' chérubins qui baignaient dans la lumière du ciel. Celte fois l'artiste s'était souvenu du Corrége et de ces gracieux raccourcis qu'il avait admirés à Parme. Il sortit triomphant de ^on épnin c
Elle serait interminable l'énuméralion des peintures du Calabrèse. On la trouvera, sinon complète, du moin^ Irès-éteudue, dans la biographie de Dominici, qui a consacré à ce maître soixantiî-quiii/e pages iu-quailo. (»ii X verra mentionnés un tableau de Soplironie et Olindc, qu'il peignit à Hologne eu revenant de Modène, jiuis un voyage à ETorence, où il eut à faire son propre portait pour la galerie du grand-duc, ensuite une secondi' excursion à Venise, où il apprit la mort de Lanfrauc, qui laissait inachevées les fresques de Fan Andiea délia Valle. Cette circonstance lui inspira la résolution de retourner à Home. Là, grâce à rinilueucc de la bi'lle doua Olimpia, devenue toute puissante sous le pape Innocent X, il obtint de succéder à Lanfrauc dans une église déjà célèb.e par les admirables peintures du Dominiquin. Nous avons vu les fresques du Caiabrès;', (>t il faut convenir qu'elles oui deux défauts considérables : le lueniier d'offrir des ligures i;olossales à nue place où cette proportion n'était pas voulue ; le second, de ne pas soutenir le \oisinage des compositions si expressives et si bien senticîi du Dominiquin, (jui font paraître matérielles et pesantes celles du Calabrèse. U"a"tl on les découvrit, les Romains en tirent d'amères critiques, les peintres se moquèrent de l'auteur, et Preti, qui, dans sa colère, s'était emporté jusqu'à frapper violemment un de. ses railleurs, dut prendre la fuite et se réfugier à Naples. Mais une autre mésaventure l'y attendait. C'était en lOoti : la peste xenait de désoler la ville et le cordon sanitaire y était maintenu dans toute sa rigueur. Lorsque le chevalier se présenta aux barrières, •il se prit de querelle avec la garde qui voulait lui interdire l'entrée, et se voyant couché en joue i)ar un des soldats, il tira son épée el le tua raide. Comme il s'enfuyait, il rencontra la patrouille qui venait relevé les sentinelles, et qui, le trouvant une épée sanglante à la main, l'arrêta et le conduisit en prison. Il y allait cettL' fois de sa tête, et en effet les juges du conseil de guerre opinèrent pour la mort, lorsque le vice-roi, intervenant, s'écria • « Un gi'and artiste ne doit pas mourir : excellens in arte non débet mon. » Le Calabrèse fut condamne pour toute peine à peindre gratuitement les portes de la ville. La décorafion dune de ces portes, celle (!>■ Santo-Spirito, fut son chef-d'œuvre. On y voyait un ange superbe remettant dans le fourreau l'épée de la justice divine, tandis que sur les marches d'un temple gisaient des cadavics de pestiférés, entr'aulres celui d'uae femme avec son enfanta la mamelle. Un esclave de haute taille traînait au bout d'une corde uu de ces eadavicv à demi enveloppé dans un linceul. Cette figure, prise siu* le fait, car le peintre l'avait vue de ses yeux diuanl la peste, était peinte avec une verve surprcMiante, et Soliinène ne se lassait point de l'admirer.
Le Calabrèse eut à Naples ce privilège (jue les peintres napolitains, très-jaloux les uns des autres, se réunirent pour lui rendre justice. Il avait été chargé par les pères Célestins de peindre le soltile de leur ('■glise de San Pietro à Mujellii., et il devait y relÊ-acer la vie de saint Pierre (A'Iestin et les actions glorieusi-s de sainte Catherine d'Alexandrie. Sans donner des proportions démesurées à si's figures, il les avait lenue^ assez grandes pour la place qu'elles devaient occuper, (;t comptant <ur la perspective, il avait traité sa pein'un-
LK CALAimKSK I tl K»). ' 7
h'ôs-largomonl, IVappaiit de louches lieurUies, les narines les yeux, les bouches, (;t les clairs du IViml, de sorte qui , re|;ard(''os de près, ses IVesquei-' paraissaient brossées à la grosse et stro passées, comme diseiil les llaiiens, tandis (|u"à la dislanc(; prévue, elles devaient s'hannoniser et se linir d'elles-niêines |tar le seul ellel d« l'air interposé. Les moines, qu'un artiste jaloux avait excités contre le Calabrèse, refusaient d'accepter un ouvrage qui l<!ur semblait scandaleusement négligé. Il fallut ap|)eler des experts, et l'on choisit les peintres les plus renommés de Naples, Andréa Vaccaro, Francesco di Maria, Luca Giordano, (jui déclarèriMil (excellente clnleine d(! niaëslrie rexécution du Calabrèse. (iiordano pro|)osa même de prendre. leMoiles de son
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SAINTE CATHERINE HSf.EVKK PAU DES A.M'.KS.
conl'rèic en ('change de C(!lleï (yiil composerait lui-même. Les moines, vaincus et |)ersuadés, consentirent à mettre en place les peintures de Preti, qui furent applaudies de toute la ville. Parmi celles qui sont relatives à l'histoire de sainte Cath(M'ine, il en est une où on la voit morte, couronn(';e de roses et portée par des anges, composition gracieuse qui fait exception dans l'œuvre du maître, car il est surtout un peintre rude, lier et sombre, ('e même Giordano, qui prit loyalement son parti contre l(>s Célestins, ne laissait pas de le crili(pier vivement à l'occasion. Il lui reprochait ses airs de tète connnuns, son grossier natui'alisme et sa manière atti'istée par des teintes fondues dans le noir de fumée. Il disait tout hautqu' Preti donnait à ses personnages les plus nobles, par exemple à saint Sébastien, des physionomies de portefaix. De telles critiques étaient justes, et il y faut ajouter que le Calabrèse, pur décorateur, était banal aussi dans ses draperies et qu'il cherchait ces (contrastes forcés de gestes et de mouvements qui furent si longtemps de mode, en Italie counnc 1,1 France, api'ès la moi'l de Michel Ange.
s ' KCOLE ITALIENNE.
Ali surplus, (iiordano apercevait d'autant plus clairement les défauts de son rival, qu'il désirait le voir s'éloigner de Naples. Il eut ce plaisir en 1657, lorsque le grand-maître de Malte, Paul Lascaris, étant mort, l'ut lemplacc par Fra Martino de Rédin. Appelé à Malte par son supérieur, le chevalier se pi'éparait à parliipour cette île; mais un Florentin de ses amis l'entraîna en Toscane, où il fit un court voyage avant de se rendre auprès du grand-maître. Ce qu'il fit là de peintures décoratives, nous ne pourrions le dire sans fatiguer le lecteur. Non-seulement il décora toute l'église Saint-Jean et les autres églises de Malte, mais il envoya d'innombrables tableaux en Italie, en France, à Venise, à Madrid, dans les l'ays-IJas. Un des plus grands morceaux qu'il ait composés est le Martyre de saint Laurent^ qui a plus de dix mètres en largeur, et dont la beauté était si renommée que Louis XIV voulut l'acheter à tout prix, sans |>ouvoir l'obtenir. Toutefois, à mesure qu'il avançait en âge, sa main s'affaiblissait, et ses dernières œuvres sont ou négligées ou débiles. Mariette rapporte, dans ses notes sur YAbecedario d'Orlandi, ce que disait du Calabrèse un homme (|ui l'avait vu peindre et qui avait même demeuré chez lui : « 11 peignait avec un tel feu et une telle rapidité (|u'à la façon dont il distribuait ses teintes sur la toile et dont il maniait le pinceau, on aurait cru qu'il jouail du tambour; expression bizarre mais significative. «
tin juge ce qu'a dû produire un artiste qui travaillait avec une «pareille promptitude et (jui, ayant vécu jusqu'à l'âge de quatre-vingt-six ans, ne cessa de tenir le pinceau que peu de temps avant sa mort, arrivée à Malte en 1699. Sauf quelques nuances, le Calabrèse représente dans l'école napolitaine ce que furent Caravage à Rome, le Guerchin à Bologne, Valentin en France, Zurbaran en Espagne. Il a été, comme ces maîtres, un dessinateur savant et ferme, mais sans choix, un coloriste sans finesse et sans transparence. Environnées d'ombres opaques, et pour ainsi dire noyées d'encre; ses figures reluisent çà et là au sein des ténèbres et ne perdent un peu de leur vulgarité qu'en se cachant dans la poésie de la nuit.
CHARLES BLANC
ïaKGlMIlllES ^T nniDiI(CMHDl§
MiiSKE DU Louvre. — Saint Paul et saint Antoine dans le désert. Les deux saints, assis les yeux tournés vers le ciel, rendent grâce au Seigneur du pain qu'un corbeau vient leur apporter cliaque jour dans le désert. Musée Napoléon.
Martyre de Saint André. — I.a scène se passe à Patras, en Achaïe. Le saint, attacliè à une croix avec des cordes, tourne ses regards vers le ciel. A droite, un jeune tiomme appuyé sur un bâton le contemple; de l'autre côté, le proconsul, suivi d'un de ses gardes, attend que le saint ail expiré. Gravé dans le musée Filhol.
Musée degli studi, a Naples. — On compte plusieurs ouvrages du maître : Saint Nicolas dé Bari en extase au milieu des anges; V Enfant prodigue, le Denier de César, Jésus précipitant le démon du haut de la montagne.
San Pietro a Maiella, a Naples. LeplafonddeceUe église, peint par le Calabrèse, représente la vie de saint Pierre (Jélestm et les actes de sainte Catherine d'Alexandrie.
Église Saint-Jean, a Malte. — Toute cette église, et d'autres encore de la même île, sont décorées de la main du Calabrèse. On en trouvera la mention dans le livre de Dominici.
San Carlo de' Catenari, a Rome. — Saint Charles faisant l'aumône, peinture à fresque au-dessus de la porte; elle fui faite par Maltia en concurrence avec son frère Gregorio.
San Pantalkone, a Rome. — Il y avait un tableau relatif
à la vie du saint titulaire, mais il fut iransporti', au siitIc passé, dans le Collegio nuovo, comme le rapporte Tili. (Pitture di Roma, Roma, 1763).
San Rocco, a Rome. — Il y a un tableau du Calabrèse dans la chapelle de Saint-Antoine de Padoue.
S. Andréa della valle. — Trois épisodes de la vie du saint, peints à fresque sous la corniche de la tribune: les figures en sont colossales.
PiNAcoTiràouE DE MuNicH. — Sainte Madeleine repentante montre les instruments de la Passion. Demi-figurc de grandeur nat.urelle.
MusEO DEL REY, A Maprid. — Saint Jean-Baptiste. Il esl à genoux devant son^pèro Zacharie et sa mère Elisabeth. La composition est complétée par un groupe de [msteurs.
Galerie du Belvédère, a Vienne. — L'Incrédulité di: saint Thomas. -
Galerie de Dresde.— Le Martyre de saint Barthélémy .
Musée de Bruxelles. — Job visité par ses amis, et autres sujets.
Les tableaux de Calabrèse passent raremenl en vente publique. Le Trésor de la Curiosité ne mentionne qu'un seul morceau de ce maître» dans la vente Lebrun, 1806; Martyre de saint Pierre, neuf figures, chef-d'œuvre du maître, venant de la galerie d'Oiléans. On en connaît l'estiirape gravée par Desplaces. Retiré .'i tî,000 IV.
M!. ~ IMlMiMKIllE l'OtTKVm, Ul R llVMIKTTt, :! El
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