‹ Histoire des peintres de toutes les écoles (volume 5)Chapitre 128 sur 136 · FRANCESCO CURIA · texte numérisé non relu

FRANCESCO CURIA

KÉ VERS 1538. — «ont VERS ICIO.

Francesco Curia fut initié au style de l'école romaine d'abord par Giovanni-Filippo Criscuolo, et ensuite par Lionardo da Pistoja \ peintre de talent, qui avait accompagné à Naples le Fatlore, son maître, et qui

•• Suivant les annotateurs de la dernière édition de Vasari, cet artiste serait né à Pistoja, après 1502, et aurait eu pour nom de famille Grazia et pour surnom Malatesta. Une Annonciation que possède la cathédrale de Lucques est signée : Leonaruus Gratia Pistohiensis Facedat {sic), et une Madone avec l'Enfant Jésus, saint Pierre et saint Sylvestre, qui se voit à Gastel-Guidi, porto l'inscription : Lionardus Malatesta Pistoriensis Pinxit. A Naples, Lionardo da Pistoja reçut encore le surnom de Guelfo. Vasari nous apprend qu'il peignit dans celte ville pour Diomède Carrafa, évoque d'Ariano, une Lapidation de saint Etienne qui fut placée dans l'église San-Domenico, et qu'il fit pour le maitre-autel de l'église de Monte-Oliveto une Présentation de l'Enfant Jésus au temple. Le premier de ces ouvrages, a disparu; le second, auquel on substitua par la suite un tableau de Vasari lui-même, se voit aujourd'hui an musée des Éludes : les figures.

exécuta dans cette \ille de nombreux tableaux. Pour compléter son éducation artistique, Curla jugea utile d'aller étudier à Rome môme les œuvres de RaphaCl. Revenu dans sa ville natale, il y acquit une grande réputation. Lanzi lui reproche d'avoir été un peu maniéré, à l'exemple de Vasari et des Zuccheri ; mais, il reconnaît qu'il mérita d'être applaudi pour la grâce et la noblesse de ses compositions, ainsi que pour la vérité de son coloris.

Le musée des Studj a de cet artiste une Sainte Famille qui nous a rappelé la manière tendre, délicate et moelleuse du Parmesan ou môme du Gorrège, beaucoup mieux que celle de Raphaël. La Madone, vôtue d'une robe rose et d'un manteau vert, a une grâce juvénile tout ù fait séduisante : elle tient sur ses genoux le bambino à qui le petit saint Jean tend sa croix. Joseph est relégué au second plan, dans l'ombre. Sur le devant du tableau, à gauche, est le portrait d'un jeune garçon, en vêtement noir avec une fraise tuyautée, qui montre du doigt la Sainte Famille. A droite, deux saints dominicains sont groupés.

Bernardo de' Dominici a fait un grand éloge d'une Circoncision qui fut exécutée par Guria pour la chapelle de la Pietà dépendant de San-Giovanni a Carbonara; il dit que Ribera, Luca Giordano, Solimene, la considéraient comme une des meilleures peintures qu'il y eût à Naples, et il ajoute qu'on ne saurait se lasser d'y admirer la dévotion touchante du vieillard Siméon, la tendre préoccupation de la Vierge et de saint Joseph, la noble gravité des prêtres, les attitudes pleines d'élégance des femmes qui apportent des pigeons pour le sacrifice, la belle architecture de l'édifice où la scène se passe.

Francesco Guria exécuta des peintures décoratives pour divers églises de Naples, entre autre une Nativité de la Vierge, qui orne un des compartiments de la voûte de l'église de la Santissima-Nunziata.

Les élèves les plus distingués de Guria furent Fabrizio Santafede, Girolamo Imparato et Ippolito Borghese. Il sera parlé plus loin de Santafede. Girolamo Imparato avait reçu de son père Francesco les premières leçons; il séjourna à Rome, à Modène, à Venise, et s'y appliqua tout particulièrement à l'étude des maîtres coloristes; ses œuvres les plus estimées sont une Vierge entourée (V anges et adorée par plusieurs saints bénédictins, dans l'église San-Severino, et une Madone du Rosaire, à Saint-Thomas d'Aquin. Il y a de lui au musée de Naples une Annonciation, d'un style gracieux, coquet et quelque peu prétentieux : les figures nous ont paru bien dessinées, mais les draperies manquent de simplicité.

Ippolito Borghese est placé par Stanzioni au-dessus de Girolamo Imparato. Nous n'avons pas vu Y Assomption, qu'il peignit en 1605, pour la chapelle du Mont-de-Piété, et dont Dominici a signalé l'excellent dessin, le coloris d'une fraîcheur incomparable; mais nous avons pu juger du mérite de cet artiste d'après deux Dépositions de croix que possède le musée des Studj : l'un de ces tableaux, — celui où le Christ est étendu sur une draperie bleue, — nous a particulièrement frappé par la beauté de la tête du Sauveur, la souplesse du modelé et le moelleux du coloris. Borghese n'a laissé à Naples qu'un petit nombre de tableaux ; on croit qu'il passa la plus grande partie de sa vie en Lombardie. La cathédrale de Pérouse a de lui une Assomption datée de 1620, que Baldassare Orsini [Guida per l'augusta città di Perugia) dit être une œuvre médiocre,

Musée des Studj. — Outre la Sainte Famille que nous avons décrite et qui est peinte sur bois, M. d'Aloë mentionne dans son catalogue du musée une Vierge du Rosaire avec des Saints, comme étant l'œuvre de F. Guria.

Dans le nombre des peintures du même maître signalées par Dominici, nous remarquons : une Annonciation, dans l'église de Monte Oliveto; — l'Apparition de la Vierge à saint François d'Assise, tableau peint pour l'église San-Francesco délie Monache, « coïi ben ideato e colorito

che sembra che avesseimitato in questa pittura le belle idée del Correggio » ; — la Présentation de Jésus au temple et V Adoration de la Vierge, peintures exécutées pour la décoration de la voûte de Santa-Maria del Carminé Maggiore et transportées depuis dans une salle du couvent contigu à cette église, etc.

Paola. — A la cathédrale,dans la chapelle de Saint-François de Paule : un tableau à six compartiments, dont les principaux réprésentent le CVir/sne/iajii sac/oix et la CîVconcwwn.

de grandeur naturelle, sont nombreuses et ne manquent ni d'expression, ni d'élégance; les tons blonds et roses dominent dans le coloris qui est harmonieux et chaud ; le modelé nous a paru très-correct e( très-ferme ; bien que Vasari prétende que Lionardo fût bon coloriste, mais dessinateur médiocre. Parmi les autres tableaux que cet artiste exécuta à Naples, le plus curieux est un Saint Micliel terrassant Lucifer, qui est placé dans une chapelle de l'église Santa-Maria del Parte : suivant la tradition, Lionardo aurait donné au démon les traits d'une dame napolitaine par qui Diomède Carrafa fut éperdûment aimé, avant qu'il eût embrassé l'état ecclésiastique; et ce serait en souvenir de ce qu'il avait triomphé des tentations et des embûches de la beauté, que l'évêque d'Ariano aurait commandé ce tableau. Le bas peuple de la Marinella a baptisé ce singuher démon du nom de Diavolo di Marcellino.

LES SANTAFEDE

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