‹ Histoire des peintres de toutes les écoles (volume 5)Chapitre 16 sur 136 · FRANCESCO MELZI · texte numérisé non relu

FRANCESCO MELZI

MÉ EN 1492, HORT VERS làCO.

Francesco Melzi, sorti d'une des plus nobles et des plus riches familles du Milanais, s'attacha de bonne heure à Léonard de Vinci, qui lui voua, de son côté, une affection paternelle et l'emmena dans tous ses voyages, durant la dernière période de sa vie agitée. Ge furent d'abord sa beauté et sa grâce qui lui attirèrent la sympathie de l'illustre vieillard, et le dévouement du disciple récompensa dignement la bienveillance du maître. Lorsque Léonard se décida, sur Tinvitation pressante de François I", en 1516, à venir s'installer en France, Melzi n'hésita pas à l'accompagner; ce fut lui qui eût la douleur de recevoir son dernier soupir, au manoir du Glou, près Amboise, et l'honneur d'être désigné comme héritier de tous ses dessins et de tous ses manuscrits. La lettre simple et touchante par laquelle Melzi annonce la mort de son maître nous a été conservée : « Je pense que vous savez déjà la mort de maître Léonard, votre frère et le mien, et aussi mon excellent père. Il me serait impossible d'exprimer la douleur que j'ai ressentie de cette mort ; tant que mes membres se soutiendront, je garderai en moi une perpétuelle misère, et avec raison, car il me portait constamment une affection ardente et entière, sviscerato et ardentissimo amore. Il n'est personne qui n'ait déploré la perte d'un homme tel que la nature n'a plus la force de produire son pareil. »

Après la mort de Léonard, Melzi revint à Milan, dans sa famille, et il ne semble plus avoir, dès lors, quitté la Lombardie. Quand Vasari l'alla voir, en 1556, pour lui demander des renseignements sur son maître, il trouva en lui « un beau et noble vieillard, qui lui montra avec une généreuse bienveillance tous les papiers précieux qu'il conservait comme des reliques ainsi que le portrait de Léonard, de bienheureuse mémoire. » Ge culte exclusif ne pouvait manquer d'avoir une grande influence sur le talent de Melzi ; de tous les élèves du Vinci, il est en effet celui qui se rapproche le plus du maître. Gomme il était fort riche et ne travaillait qu'à ses heures, il laissa peu d'ouvrages ; encore ces ouvrages furent-ils presque tous attribués à Léonard. Gcpendant, au xviii* siècle, le duc de Saint-Simon, à Paris, possédait dans son cabinet une Flore qui poitait la signature de Melzi; Mariette, qui vit ce tableau en 1707, dit qu'il l'aurait pris pour un Léonard. On ne sait ce qu'est devenue cette Flore, le pendant peut-être de la Pomone du Musée de Berlin, qui, assise sous un ormeau chargé de pampres, une corbeille de fruits dans les mains, écoute les galanteries du dieu Vertumnc. Dans la villa de la famille Melzi, à Vaprio, sur la route de Milan à Bergame, se voient encore les fragments d'une Vierge colossale, peinte à fresque sur une muraille aujourd'hui coupée par un escalier, qu'on peut raisonnablement attribuer à Francesco Melzi, bien que la tradition y veuille voir une œuvre de Léonard de Vinci lui-même, faite en reconnaissance de l'hospitalité qu'il avait reçue dans la maison. Suivant Lomazzo, Melzi était aussi un excellent miniaturiste]; c'est sous ce titre que Baldinucci le range dans ses biographies.

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