‹ Histoire des peintres de toutes les écoles (volume 5)Chapitre 41 sur 136 · HAB&U · texte numérisé non relu

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et l'invention du Primaticc , le tout assaisonné avec un peu de la gi-àcc du Parmesan. Le sonnet finit ainsi : « Mais sans se donner tant do peine, sans se condamner à taiil d'éludi-, (|iie cvAiù qui aspire à être un excellent peintre se contente d'imiter les ouvrages (ju'a laissés à Bologne notre Niccolo. »

Ma senza tanti stiuli e tanlo stoiUo,

Si porga solo l'opre ad iniitare Che qui lasciossi il nostro Nicolino.

A ces affirmations bolonaises, un écrivain judicieux et renommé pour la sûreté de sa critique, Giralomo Tiraboschi, a répondu victorieusement que le nom dell'Abat;', porté par Mccolo, étail celui de la famille modénaise à laquelle il appartenait; (juc Niccolo était le fds de Giovanni dell'Abate, ou plutôt di Abbà, peintre de Modéu.-, mentionné dans le registre mortuaire de la ville, comme y étant mort le 1" janvier 1559. M. Zovanno di Abbà, dipintor in Modena, morto in casa sua posta sotto la cura di Sant' Agala, e fu sepolto in San Domenico, c'est-à-dire « Messire Giovanno di Abbà, peintre à Modène, est mort dans sa maison, située sur la paroiss;» de Sainte-Agatlie et a été inbunié à San Domenico. »

Maintenant, Niccolo eut-il pour maître l'abbé de Saint-Martin, autrement dit le Primatice, dont il fut plus tard le collaborateur assidu à Fontainebleau? On ne saurait raftirmer. ïiraboscbi pense que Niccolo, dans sa jeunesse, après avoir reçu de son père les premiers enseignements, se lit le disciple du Gorrège qui à cette époque dut séjourner plusieurs fois à Modène, où l'appelaient des travaux importants, et qui d'ailleurs n'était pas bien éloigné, lorsqu'il travaillait à Parme, ou à Ileggio, ou à Correggio, sa patrie. Enfin, le même auteur regarde comme probable que dell'Abate apprit le dessin chez le célèbre sculpteur Antonio Begarelli, qui florissait en ce temps-là, et il ajoute que lorsque Niccolo transporta sa résidence à Bologne, il était déjà un peintre accompli, comme le reconnaît au surplus un écrivain bolonais, Giam Pietro Zanotti, qui s'exprime en ces termes : « Parmi les nôtres brillait à celte époque un antre maître digne aussi des plus grands éloges : c'était Niccolo dell'Abate ou plutôt dell'Abati (car je crois, dit l'auteur, qu'il faut le nommer ainsi), lequel s'éleva si haut que les Modénais et les Bolonais le réclament les uns et les autres pour un des leurs. A mon avis, Niccolo était de Modène et il était déjà passé maître lorsqu'il vint à Bologne, oîi sa famille s'établit et où il a vécu si longtemps qu'il est devenu notre concitoyen, et pour cette raison j'estime qu'on peut le ranger dans notre école *. »

Francesco Forciroli, qui écrivait sur la fin du xvi' siècle, parle de Niccolo dans ses Monumenta illustrium Mutineiisium. Il dit que ce peintre naquit à Modène en 1509 (cette date ne s'accorde point avec celle donnée par Lancillotto, cbroniqueur modénais, qui ditl51'2); que dans sa jeunesse il porta les armes et qu'il eut même quelque commandement. Si cela est vrai, il ftiut croire que Niccolo ne resta pas longtemps au service, puisqu'à l'âge de vingt-cinq ans, en 1537, selon Scanuelli et Vedriani, il travaillait avec Alberto Fontana aux fresques qui devaient décorer les Boucheries de Modène, Beccherie , et que de sa main, particulièrement, était peinte la figure de San Geminiano qui s'y voyait encore en 1786. Toutefois, le chroniqueur Lancillotto, qui non-seulement habitait Modène, mais qui était membre de la compagnie des Conservatori auxquels appartenait la commande des travaux publics d'art, mentionne les fresques de Fontana, sans dire un mot de la part qu'.» aurait eue dell'Abate. En revanche, le même écrivain, au sujet des peintures exécutées dans le palais public, noie, sous la rubrique du 26 février 1546, que les sieurs Alberto Fontana et Niccolo dell'Abate ont connnencé à peindre dans la grande salle de ce palais. Il parle encore de ces artistes en d'autres endroits de sa Chronique, disant, à la date du 15 octobre 1546, que Niccolo était alors âgé de trente ans; mais un peu plus loin il se corrige lui-même sur ce point, en atlrii)uant, l'année suivante, au peintre modénais, l'âge de trente-cinq ans.

' Fiorî trà i noitri al tempo di costoro unallro maestro, degno parimenti d'ogni gran hude ed onore, e questi fît Niccolo dell'Abate 0 Abati (che cosi credo che dobba dirsi) il quale tanto fà eccellente, che Modena e Bologna piatiicono a cui d'esse apparlenga. Il parer mio si e che Modenese egli fosse, e che, maestro già futto, a Bologna veniise, ove la sua famiglia locù, e tanto visse, che nostro cittadino divenne, eper quesla ragione eslimo che fra nostii si possa n^veraie. Sloria dcU'Accademia Clementina, tom. I, ]). 22.

NICGOLO DHLL'AHATK (1512}. 3

Uuoi lui le loiilinyciil dcll'Abalo dans sa collaboration avec Foiilaiia? Laiicillotto nous rapprend dans SOS noies du 28 aoùl cl du 12 novembre 1540. Pendanl que Fonlana n'élail cliarfj'é, celle lois, (jne des ornenienls el des frises, Niccolo peignait au-dessus de la iheminée les Travaux d'Hercule et, sur les nuirailles, le siège de Modène, approvisionnée el défendue contre Marc-Antoine par Dccius Brutus et la Formation du Triumvirat par Octave, Antoine et Lépide. ].c, duc de Modène étant alors Hercule II, Niccolo se plul à rappeler les traits de ce prince dans la ligure d'Hercule teri'assaul le lion de Néniée. Il est consigné encore dans le même document (|ue, le 17 novendire, la numicipalilé lit dresser un superbe lesliu auquel lïirenl conviés 3/csser Niccolo et Alberto Fonlana, avec le lils dudil Niccolo, Julio Camillo. liiltimeuts el peinliiics coiUèrent environ trois mille livres, chc la falérica insieme colla piltura eran costale circa tre niila lire'. ■ ■

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