‹ Histoire des peintres de toutes les écoles (volume 5)Chapitre 47 sur 136 · LE CHRIST AU TOMBICAI · texte numérisé non relu

LE CHRIST AU TOMBICAI

d'ànie et qui enchantaient les dévots autant que les peintres. Scanelli cite au nombre de ses meilleures la Sainte Famille environnée d'anges, qui ornait la chapelle de la Conception à Saint -François', et qui, devenue la propriété des Farnèse, passa depuis à Naples et se trouve maintenant an Musée (ligli studi. Mais, de toutes ces madones, la plus belle, la plus révérée et la plus admirable, celle qu'il lil avec le plus d'amour, l'ut pour l'église paroissiale de Formigine, qui était proprement le lieu de sa naissance et où, selon le témoignage de Tiraboschi, il existait encore, en 178C, une lamillt! dn i i de

' V. lo Mkrmosmo délia pittura dl i'ramesrii Scanelli da l'orli, in Ce.sena, Ki.'iT

Schidone\ Le duc de Modènc ne put voir cette Vierge sans désirer l'avoir dans sa galerie, et il l'obtint facilement de la commune de Formigine. Les autres ouvrages de Schidone à Modène furent aussi, pour la plupart, destinés aux églises ou aux communautés religieuses. Pour l'autel de la Confession dans la cathédrale, il (it le tableau de San Geminiano, et pour la chapelle de la Conception à Saint-François, il composa une sainte Famille, qui tomba plus tard en la possession du S. liiuseppe Olivari. Mais on ne sait plus quelle congrégation pieuse ou quel amateur lui acheta sa Madeleine, peinture charmante qui aurait fait sourire le Corrégc. Désolée, pénitente et toujours belle, la courtisane est venue se repentir dans un désert; mais ses pensées lui tiennent compagnie sous la forme de deux amours, devenus des anges.

Cependant les amateurs de peinture commençaient à rechercher le Schidone, car pour eux les talents nouveaux ont toujours un attrait de plus, celui de raviver leur curiosité ralentie. De ce nombre étaient les gens de lettres et les poètes. Ils passaient alors une grande partie de leur vie dans les ateliers de peinture, et la plupart s'étaient créé le goût de collectionner des dessins de maîtres. Depuis que l'Arétin, pour se former un cabinet, avait si bien mis à contribution les artistes de son temps, et les avait tous intimidés ou séduits, à l'exception du terrible Michel-Ange, les poètes italiens imitaient volontiers l'exemple et les procédés de leur illustre confrère. Sonnets, madrigaux, épîtres familières, flatteries en prose ou en vers, ils mettaient tout en œuvre. Le plus intrépide de ces curieux était le cavalier Marini, qui fut grand ami du Poussin. De la cour de Turin , où il avait été conduit par le cardinal Âldobrandini, il écrivait lettres sur lettres au Schidone pour lui demander un dessin, et du jour où il en eût obtenu la promesse, il ne lui laissa plus un seul instant de repos. Les lettres de Marini, imprimées à Venise, trahissent en vingt endroits la vivacité de cette préoccupation, l'ardeur de ce désir : avoir un dessin du second Corrége. « Le seigneur Schidone, dit-il dans une de ses lettres, est comme le soleil de Mars qui agite mais ne résoud pas, che commove ma non risolve. Il m'a promis un dessin de sa main, et il ne s'en est plus souvenu. » Et dans une autre, il écrit : « Si le Schidone ne veut pas répondre à l'affection que je lui porte, il devrait au moins, par pure civilité, répondre aux lettres que je lui adresse; cent fois je l'ai prié ou fait prier de me donner un dessin, alin d'avoir une occasion d'illustrer son nom en le mettant dans ma galerie, c'est ainsi que j'appelle une œuvre que je forme en ce moment de dessins choisis de nos plus grands maîtres contemporains, et je n'ai pu rien obtenir... «Enfin après cinq ans de supplications et d'attente, Marini, par l'intermédiaire d'un ami commun, (iuidobaldo Benamati, reçut le dessin promis, et il faut voir dans sa correspondance avec quelle joie, avec quel feu il en parle. « Le dessin de Schidone, dit-il, a été regardé par tous les amateurs comme une merveille. Plusieurs ont juré qu'il devait être du Parmesan ou bien du Corrége, disant qu'il n'y avait aucun peintre moderne qui fût capable d'atteindre à un tel degré de perfection. Notre sérénissime duc de Savoie en ayant ouï parler, a voulu le voir, et il y a pris tant de plaisir que j'ai eu toute la peine du monde à le lui ôter des mains. En somme, c'est un morceau admirable et je le conserverai toujours parmi mes joyaux les plus chers. » Du reste, fidèle à sa parole, Marini ne manqua pas de faire pour le dessin de Schidone ce qu'il avait fait pour tous les autres dessins de sa collection, dont chacun était illustré d'un madrigal. Il composa les vers suivants sur le sujet même que le peintre avait choisi : Acte'on dévoré par les chiens ■

Quanti, o quanti Attliconi I mordaei appetili

Più raiseri di quello Ue' nostri sensi liumani,

Cil' esprime il tuo pennello , Cheallrc son che cani,

Si Irovano, Schidom ! Da noi stessi nutrili,

L'ingorde passion!, Onde siam poi ferili '.

' E forse le Scliedone voile lasciare a quel luogo cotai mcmoria, perché ei ne era nalio, benclie comunemenle dicasi inodencse, essendo tuttora in Formigine una civil famiglia di queslo nome. Tiraboschi.

- Ho ricevuto il désigne del Sig. Schidone, il quale è slato qui da tutti gli inlendenti dell' arte giudicalo un miracolo. Sono molti ch' hanno giurato esser del Parraigiano o del Correggio, perche non si sanno accomodare a crcdere, che viva alcun pitlore moderno il quale arrivi a lanta eccellenza... Lettere del Cavalière Marini, Venetia, ^673, p. 3H.

' Vedriani, Raccolta de' pittori, scultori et architetti modenesi. In Modena, H662.

BARTHÉLÉMY SCUIDONE (1570). 5

« 0 Schidonc, combien n'y a-t-il pas d'Aclcon plus misérables que celui qua retracé ton pinceau! Nos

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