NÉ EN 1491, VIVAIT ENCORE EN
Michel-Angelo Anselmi, plus connu sous le nom de Michel-Angelo da Lucca ou da Sieua, appartient, môme par son origine, à la Lombardic, bien qu'il soit né à Lucques; son père, Antonio Anselmi, était de Parme, d'où il avait été banni pour cause politique, et ne s'était réfugié qu'accidentellement en Toscane. Le jeune Michel-Angelo reçut ses premiers enseignements dans le pays où sa famille avait trouvé un asile ; il étudia d'abord à Sienne, sous la direction d'Ant. Bazzi, dit le Sodoma, suivant Resta, ou de Bartolomeo Neroni, dit Riccio, le gendre de Sodoma, si l'on en croit Azzolini; toujours est-il qu'après avoir travaillé quelque temps dans le Siennois, il vint définitivement s'établir à Parme, où il s'éprit d'un enthousiasme ardent pour le Corrége, plus jeune que lui de trois ans. N'hésitant pas à reconnaître le génie de son jeune confrère, il vint lui demander des conseils dont il sut habilement profiter, et se pénétra si bien de l'esprit nouveau que le Corrége apportait dans la peinture, qu'il devint bien vite un de ses plus ingénieux imitateurs et l'un de ses collaborateurs les plus précieux. En 1522, quand le Corrége peignait la coupole et la grande tribune de la cathédrale, Anselmi fut chargé, de concert avec Rondani et le Parmesan, de décorer les chapelles voisines. La commande, il est vrai, ne fut pas exécutée, et le projet n'eut pas de suite, nous ignorons pourquoi; mais le choix seul qu'on lit de lui prouve que le Corrége le jugeait digne de travailler à ses côtés. L'admiration passionnée que Michel-Angelo ressentait pour le grand chef de l'école de Parme éclate dans tous ses ouvrages. Ses qualités sont celles de son modèle, largeur des contours, beauté expressive des tètes, charme délicat du coloris qui, chez lui, tourne volontiers au rose; mais il se montre beaucoup plus faible dans la composition, ne sachant point réunir dans une action claire ses personnages qu'il éparpille ou qu'il entremêle dans un désordre souvent inexplicable. .A Parme, il travailla surtout dans les églises. Lanzi regarde comme son chef-d'œuvre le tableau de Saint Etienne et saint Jean aux i^ieds de la Madone, qu'il fit pour celle de Saint-Elienne. Ses peintures les plus importantes, dans le genre religieux, sont celles de la Madonna délia Steccata, Widoration des Mages et le Couronnement de la Vierge, dans l'abside, belles compositions qu' Anselmi
aurait peintes, au dire de Vasari, d'après des dessins de Jules Romain. Lanzi a prouvé la fausseté de cette assertion en signalant l'existence d'un contrat qui assigne à Anselmi un local pour y faire ses cartons; s'il reçut l'aide de Jules Romain dans cette circonstance, ce ne fut donc, tout au plus, que par l'envoi d'une esquisse. Les tableaux de Michel-Angelo Anselmi sont beaucoup plus rares dans les galeries publiques qu'on ne pourrait s'y attendre d'après sa vie laborieuse et longue. La date exacte de sa mort est inconnue; mais il vivait encore en 1554 : cette année-là il ajouta un codicille à son testament.
Paris. — Le petit tableau, admiré par Lanzi, appartient au Musée du Louvre; il a fait partie du musée Napoléon. Le catalogue le décrit ainsi : La Vierge et l'enfant Jésus adoré par saint Jean-Baptiste et par saint Etienne. II. 1,69. L. 1, 23, sur bois. Fig. pet. nat. La Vierge assise, tenant son fils dans ses bras, est portée sur les nuages et environnée d'une gloire d'anges. A gauche, saint Jean-Baptiste, à genoux, lève les yeux au ciel ; sa croix de roseau est posée devant lui; à droite, saint Etienne, martyr, tient une palme et indique du doigt ces paroles inscrites sur le livre qu'un ange lui présente : Ecce video cœlos aperlos, et Jesum stantem a dextris virtutis Dei. — Gravé par Landon. T. I, pi. 45. — Musée Napoléon.
Sienne. — Dans l'église de Fonteqidsta on trouve à droite en entrant un tableau de maître-autel représentant LaVisitation, qui, d'après la tradition, aurait été peint par M. A. Anselmi avec l'aide de son maître Riccio.
Parme. — Dans la cathédrale on montre une fresque d'Anselmi, une Vierge et des Saints; à San GrovANNi Evan- GELiSTA (6' chapelle), une Passion; à la Madonna della Steocata, au-dessus de la porte d'entrée, l'Adoration des Mages, fresque dont nous avons parlé, et dans l'abside ce Couronnement de la Vierge dont les cartons ont été faussement attribués à Jules Romain ; à San Francesco bel Prato, diverses fresques. — L'Académie des Beaux-Arts a recueilli aussi une Vierge en gloire et une Vierge avec des saints.
FRANCESCO MARIA RONDANI