FLORISSAIT DE U15 À
« Les imitateurs de Corrégc, observe justement Lanzi, se divisent, comme tous les imitateurs, en deux groupes bien distincts : les uns, respectueux et timides, ressemblent à ces nageurs peureux qui n'osent s'éloigner trop du maître; les autres font au contraire montre d'indépendance et évitent de s'en trop approcher, comme pour donner à connaître qu'ils sont déjà des nageurs éprouvés. « Francesco Maria Rondani, qui passe pour avoir été le maître de Pomponio Allegri, appartient au premier de ces groupes. Tant que vécut Gorrége, il se contenta d'être son aide et son collaborateur très-humble, et, bien que la tradition locale lui attribue parfois exclusivement certains morceaux dans les peintures de Parme, il est bien difficile de reconnaître quelle fut la part de l'élève dans les travaux du maître. L'habileté de Rondani à imiter Gorrége était célèbre parmi ses contemporains, et, s'il s'agissait surtout d'une seule figure, il l'imitait à s'y méprendre. Lanzi déclare qu'il aurait sans hésitation attribué à Gorrége la Madone qui se trouve dans l'église de Santa Maria Maddalena, si des documents certains ne l'obligeaient à restituer le mérite de cette œuvre à Rondani. La même erreur pourrait être commise, dans la chapelle des Eremitani, en face de ses Saints AugusUn et Jérôme, tant l'imitation y est complète et habile ! Rondani, cela va sans dire, n'atteignit jamais cependant au grand style de son maître, et c'est par cet amollissement du dessin autant que par une certaine mesquinerie soigneuse dans les accessoires qu'on peut distinguer ses ouvrages de ceux du Gorrége. Cette infériorité est plus sensible encore dans ses peintures murales que dans ses tableaux de chevalet, d'ailleurs fort rares dans les galeries ou qui peut-être y usurpent depuis longtemps un nom plus illustre. Parmi les belles choses qu'il avait rencontrées de lui dans ses voyages d'étude, Lanzi cite une Madone tenant en main un roseau, rondine, signature fréquente de Rondani, qui se trouvait alors chez les marquis Scarani de Bologne et un portrait d'homme, dans la maison Bettinelli à Mantoue, vraiment digne de Giorgione par la richesse du vêtement et l'animation de la figure.