‹ Histoire des peintres de toutes les écoles (volume 5)Chapitre 59 sur 136 · NÉ EX 1515, VIVAIT ENCORE ES · texte numérisé non relu

NÉ EX 1515, VIVAIT ENCORE ES

Pomponio AUegri, fils du grand Antonio Allegri dit le Corrége, le fondateur de l'école de Parme, était

encore enfant, lorsque son père mourut à peine âgé de quarante ans, le 5 mars 1534. Il ne put donc

recevoir de lui que les premiers principes du dessin, mais son éducation fut complétée par son grand-père,

qui le recueillit dans sa maison et lui laissa, lors de sa mort, cinq ans après, une fortune assez ronde pour lui

assurer son entière indépendance. Dans quel atelier le jeune peintre entra-t-il alors pour achever ses études

de nouveau interrompues? On a tout lieu de penser que ce fut chez Francesco Maria Ilondani, l'un des plus

fidèles disciples de son père. Quoi qu'il en soit, il est certain que Pomponio, mettant sans doute habilement

à profit la collection des dessins et des esquisses qu'il avait trouvés dans son héritage, fit bientôt honneur

à l'illustre nom qu'il portait, et acquit promptement une certaine réputation dans Parme, où il s'établit. C'est

pour la cathédrale de cette ville qu'il peignit son grand tableau des Israélites attendant, aupied du mont

Sinaï, Moïse à qui Dieu vient de donner les tables de la Loi. Sans trouver cette œuvre parfaite, Lanzi estime

qu'elle mérite de grands éloges, moins encore pour la variété desattitudes et l'expression des tètes, que pour la

vivacité, la vérité, le charme d'un coloris très-remarquable. On a prétendu que Pomponio Allegri abandonna

de bonne heure le travail pour se livrer au jeu, qu'il vendit à vil prix tous les biens qu'il possédait à

Correggio, et mourut, jeune encore, dans la misère ; mais cette légende reposait sur des fondements aussi peu

solides que le fameux récit de la mort misérable du grand Corrége, si légèrement accueilli par Vasari et ses

copistes. Des documents aulhentiqucspermcttentd'élablir que Pomponio vivait encore en 1590, et que , sa vie

durant, il avait été fourni, soit par les particuliers, soit par la ville de Parme, de commandes nombreuses

et fort convenablement rétribuées. Le Père Afto, qui a démenti la fausseté de la tradition reçue, cite un

décret de la commune de Parme qui, en confiant un travail à Pomponio Allegri, lui donne le titre de peintre

■excellent, ottimo pittore. Or, c'était le moment où l'école du Corrége était en pleine floraison et abondait en

Jiommcs de talent. Le 5 février 1546, on voit Pomponio conclure un marché avec deux ecclésiastiques, Nicolo

Correggio et Battista Mcrli, pour la décoration entière de la chapelle du Corpus Domini dans l'église de

San Quirino à Gorrcgio, moyennant une somme de 50 écus d'or. Ces fresques ont été badigeonnées dans le xvii" siècle. La môme année il reçoit encore de la ville de Parme la commande d'un tableau pour l'église de rincoronata. C'est de 1560 à 1562 qu'il exécute le Moïse sur le Sinaï dans la cathédrale, et il reçoit, pour ce travail, 80 écus d'or. En 1565, il peint un arc de triomphe; en 1577, trente et un cartouches avec devises, allégories et épitaphes pour les funérailles de Marie de Portugal, femme d'Alexandre Farnèse; en 1584, la cheminée de la salle où se réunissait le conseil des Anciens. Les registres publics nous le montrent enfin en 1590 chargé, avec Innocenzo Martini, d'expertiser les peintures terminées par Giovan- Battista Tinti dans la coupole de Sainte-Marie des Anges, et en 1593 occupé, en collaboration avec le môme Martini, à peindre le catafalque du duc Alexandre Farnèse. L'année exacte de sa mort n'a pu ôtre fixée, mais on voit que cette mort n'eut en tout cas rien de prématuré, et on sait, d'autre part, que sa femme Laura Gemignani lui donna une nombreuse famille qu'il éleva fort bien.

Parme. — Dans la cathédrale, les peintures de la coupole du transsept, à droite, sont dues à Pomponio Allegri. L'Académie des Beaux- Arts, de cette ville , montre aussi

plusieurs toiles de lui, entre autres deux Sainte Famille; dans la plus petite l'enfant Jésus prend des cerises que lui offre S. Jean.

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