ANTONIO CAMPI
FLORISSAIT DE 1580 A IjOO.
Antonio Campi fut un talent plus universel encore que son frère aîné, Giulio, dont il reçut de bonne heure les leçons. Non-seulement il fut peintre, architecte, sculpteur, graveur de renom, mais il ajouta à toutes ces gloires la gloire littéraire ; il fut l'historien de Crémone, et son livre la Cronaca di Cremona, fidelissima cilta, qu'il publia illustrée de nombreuses gravures, en 1585, est la meilleure source des renseignements où l'on doive aller puiser pour toute cette école. Gomme artiste, il excella surtout dans l'application de la peinture à l'architecture, et se rendit célèbre par la hardiesse de ses décorations plafonnantes ou en perspective. La sacristie de San Pietro al Po, à Crémone, montre un bel exemple de son savoir-faire dans un Enlèvement d'Élie emporté sur son char de feu par deux chevaux blancs dans la voûte. Cette église est couverte de ses peintures décoratives ; on en trouve aussi beaucoup d'autres à San Nazzaro, à San Francesco, à San Sigismondo, etc.. Lanzi compare Antonio Campi, pour l'universalité de ses connaissances, à Augustin Carrache, dont il fut l'ami et qui grava môme une de ses œuvres les plus célèbres. Saint Paul ressuscitant un mort, faite, nous l'avons vu, en collaboration avec son frère Giulio, dans l'église San Paolo de Milan. Cette église est à Milan le domaine des Campi, comme l'est à Crémone l'église de Saint-Sigismond. Antonio s'y distingue, non-seulement dans ses fresques, mais plus encore dans ses tableaux. A Saint-Sigismond, il se montre plus inégal, et moins heureux imitateur du Corrége dans la force que dans la grâce. En général, on peut dire qu'Antonio est le plus hardi, mais aussi le plus incorrect et le plus maniéré de tous les Campi. II abusait singulièrement parfois de sa facilité et faisait souvent exécuter, par des aides médiocres, ses grandes machines qu'il composait, de pratique, avec une étonnante désinvolture. Ses élèves, IppoUto Storto, G. B. Belliboni, G. P. Fondulo, Galeazzo Ghidonc, n'arrivèrent pas à une grande réputation.
CnÉMONE. — On peut comparer Antonio Campi à ses frères et à Bernardine dans la Cathédrale et à Saint-Sigismond.
Milan. — Outre les fresques d'Antonio faites en collaboration avec ses frères à San Paolo, on peut reconnaître, dans cette église, comme ses œuvres personnelles : 1" Le Martyre de saint Laurent, signé ANTONIVS CAMPVS CR. 1581 ; « travail très-faible, » dit le dernier Guide de Milan; 2° la Décollation de saint Jean-Baptiste, tableau éga-
lement médiocre; 3» sur le maitre-autel, la Naissance du Christ dans l'étable et l'Adoration des Bergers ; 4° les quatre fresques de la Vie de saitit Paul, dont il a été parlé ci-dessus. — Antonio Campi a encore à San Celso un Christ prenant congé de sa mère, à la Passione les Trois Maries, à San Barnaba trois tableaux, une Madone, Sainte Catherine et sainte Agnès, Saint Jérôme enfin à San Maurizio (Monasterio Maggiore) le tablean du maître-autel, les Mages en adoration, signé et daté 1579.