GIROLAMO DI MICHELE MAZZUOLA
FLOBISSAIT DE 155Û A 1570.
Lorsque Francesco Mazzuola, dit le Parmesan, mourut à trente-sept ans, dans le plein éclat de son talent, la ville de Parme, dit Lanzi, ne crut pas perdre le grand peintre tout entier, puisque son cousin par alliance et son élève favori, Girolamo di Michèle Mazzuola, lui restait encore. Le vrai nom de Girolamo était Bedolo, mais il prit, en se mariant à la fille de Pier-Ilario Mazzuola, le nom de son beau-père, sous lequel il est connu. Par opposition avec le grand Mazzuola, on l'appelle aussi Mazzolino. Les deux cousins, dont la manière offrait tant de points de ressemblance, avaient autrefois vécu ensemble; toutefois, dans les derniers temps, cette amitié s'était refroidie, puisque le Parmesan institua deux étrangers pour ses héritiers au préjudice de Girolamo. Ce qui distingue Girolamo de Fi-anccsco, c'est une certaine franchise plus robuste et plus joyeuse dans l'exécution, une fidélité plus étroite aux principes du Corrége, le seul maître qu'il put connaître par l'ensemble de ses œuvres, puisqu'il n'alla pas à Rome compléter ses études et ne paraît même avoir jamais quitté Parme. Lanzi fait l'éloge de son habileté dans l'art des perspectives ; il employa, en effet, très-heureusement les fonds de riches architectures dans la plupart de ses fresques, où
il déployait heureusement la fertilité de son invention. Travailleur infatigable, il remplit les églises de Parme de ses décorations murales et de ses tableaux d'autel; aussi faisait-il trop vite pour toujours être assuré de faire bien. Ses qualités réelles sont gâtées par d'inexcusables négligences; son dessin est lâché surtout dans les nus, sa grâce dégénère souvent en afféterie, sa vigueur de gestes en brutalité. Dans beaucoup de cas, en outre, il confiait une partie de ses travaux à des collaborateurs dont l'infériorité éclatait à tous les yeux, sans qu'il se donnât la peine de retoucher leur ouvrage et de l'accorder avec le reste.
Son fils, Alcssandro Mazzuola, qui travailla dans la cathédrale de Parme en 1571, exagère encore les défauts de son père ; c'est le dernier de cette illustre famille, qui avait donné à Parme six artistes : Alessandro, Filippo, Francesco, Girolamo, Michèle, Pier-Ilario.
Parme. — Le Guide de cette ville signale, parmi lesœuvres de Girolamo, encore visibles dans les monuments publics : à San Alexandro, le tableau du maître-autel, la Vierge présentant à sainte Justine la palme du martyre et le Pape siint Alexandre recevant l'encensoir des mains de saint Benoît (15i0) ; à San Benedetto, dans la sacristie, une Nativité du Christ; dans la Cathédrale, les fresques de la tribune du chœur, représentant le Christ au milieu des Hiérarchies célestes, et celles de la voûte ; et dans la Crypte de la cathédrale toute la décoration en arabesques de la voûte et des lunettes ; énorme travail exécuté en deux ans, de 1555 à 1558, moyennant 350 écus d'or; à San Giovanni Evangelisla, dans la Sainte Chapelle à gauche, la Vierge entresainte Catherine et saint Nicolas, dans la chapelle à droite Saint Jacques le Majeur aux pieds de la Vierge, tableau exécuté pour une dame de la famille Palmia en 1543, et dans le réfectoire du couvent attenant une Perspective d'architecture; à San Marcellino, le tableau du maître-autel, la Vierge entre saint Marcellin et saint Jérôme ; à San Sepolcro, dans la chapelle Cusani, la Vierge assise avec l'enfant Jésun et le petit saint Jean- Baptiste, accompagnée de deux anges
au milieu d'une belle campagne, tableau payé 50 écus par une dame Diana Tagliaferri qui l'avait commandé le 24 novembre 1556 ; à Santa Maria délia Steccata, dans le chœur, deux grands tableaux représentant des Prophètes de dimension colossale, et dans la tribune, les fresques représentant la Descente de l'Esprit- Saint sur les Apôtres, avec tous les ornements qui accompagnent la composition, ouvrage payé 400 écus le 22 octobre 1546; à Saint-Vital, une Sainte Cécile; à San Uldaricho, une Nativité, etc., etc. L'Accademia délia Bella Arti conserve aussi plusieurs tableaux intéressants de Girolamo, principalement des portraits ; et le Mariage de sainte Catherine, qui fait partie de la collection du marquis Délia llosa Prati, passe pour une de ses meilleures œuvres.
Paius. — Musée du IjOuvre. N° 264. L'Adoration du Messie. La Vierge,à genoux sur les marches d'un édifice en ruines, présente son Fils à l'adoration des bergers et d'un saint évêque agenouillé à gauche, dont la crosse est posée à terre. Les cieux ouverts laissent apercevoir un chœur d'anges portés sur des nuages. II. 4 m. 84 ; L. 3 m. Oj.
VINCENZIO CAMPl
ni EN....: MOBT CN 1591.
Vincenzio, le plus jeune des trois frères Gampi, reçut successivement les leçons de son père Galeazzo et de son aîné Giulio, dont il devint bientôt le collaborateur assidu. Moins bien doué que Giulio et qu'Antonio sous le rapport de l'imagination inventive, c'est surtout dans les genres limités, tels que le portrait, le paysage, les fleurs et les fruits, qu'il semble avoir le mieux réussi lorsqu'il était abandonné à lui-même. Aussi fit-il beaucoup moins de peintures religieuses que ses frères et beaucoup plus de tableaux de chambre, quadri da stanza. Parmi les personnages illustres qui voulurent avoir leur portrait de sa main, Zaist cite les deux fils de l'empereur Maxi milieu II qui allèrent le voir, lors de leur passage à Crémone en 1563, et l'empereur Rodolphe II. Vincenzio, étant allé de bonne heure à Milan pour y aider ses frères dans leurs grands travaux de l'église SanPaolo, séjourna longtemps dans celte ville et y fit un grand nombre de tableaux, qui lui étaient commandés pour l'Espagne et pour la France. Il travailla néanmoins aussi pour quelques églises de Crémone ; son sujet de prédilection était la DéposUion de Croix; Zaist en comptait quatre de son temps, l'une à San Mattia, l'autre à San Siro, la troisième au Grand-Hôpital, la quatrième à la cathédrale. Cette dernière excitait l'admiration de Baldinucci par la hardiesse des raccourcis et la vigueur de l'exécution. Il semble pourtant que Vincenzio ait toujours mieux réussi dans les petites compositions que dans les grandes. Vincenzio mourut le 3 octobre 1591, sans laisser d'héritiers, dans la petite maison de sa famille, la casa Gampi, maison que les trois frères avaient couverte, du haut en bas, à l'extérieur et à l'intérieur, de peintures curieuses dont la description nous a été conservée, mais qui disparurent au xviii" siècle, sous
le badigeon. Vinccnzio eut pour élève Luca Catlapane, qui imita les Gatnpi, en exagérant leur manière sombre, et remplit de ses peintures les églises de Crémone.
Milan. — Musée Brera. — N° 399. L'no Vendeuse de fruits, i un Pnfant sur ses genoux, et deux autres figures. II. 1"" 43. H t" 43. L. 2, 13. — N° 405. Une Vendeuse de poinson avec | L. 2" 13.