CAMILLO RICCI
Des quatre élèves favoris d'Ippolito Scarscllino dont l'histoire de l'art a gardé le souvenir, Zaccaria Musi, Tommaso Ghicrici, Lodovico Lana, Gamillo Ricci, tous Ferrarais, ce dernier se fût seul peut-être élevé audessus de son maître, si la mort ne l'avait surpris dans la force de l'âge et du talent. Le Scarscllino, qui l'estimait beaucoup et qui regrettait, disait-il, de n'ôtre pas né après lui pour recevoir ses leçons, l'associa à presque tous ses grands travaux, et le forma si bien dans sa manière que les plus habiles s'y trompent et peuvent confondre leurs ouvrages. Néanmoins, quelque ressemblance qu'il y ait entre le style du maître et celui de l'élève, pour la grâce et le charme, il est juste de dire que le coloris de Gamillo Ricci est plus égal et comme plus reposé, mais que sa touche est moins hardie et moins franche, que ses draperies sont d'un je! plus timide avec des plis moins naturels et moins larges. L'abondance de son lalent souple et varié se manifeste surtout dans les peintures du plafond de S. Niccolo, oîi il représenta, dans quatre-vingts compartiments, autant d'épisodes de la vie du saint. Rien qu'il ait eu peu de temps pour travailler en son nom, il a cependant laissé à Ferrare un certain nombre d'ouvrages authentiques, qui lui assurent une place estimable dans la hiérarchie des peintres locaux. Raruffaldi cite, entre autres, à la cathédrale un Saint Laurent et une Sainte Marguerite ; à S. Hiagio le Martyre du Saint; à S. Benedetto une Résurrection du Christ; à S. Domenico un Saint Luc; h S. Giuliano la vie héroïque et les Actes de S. EUgio, et un certain nombre d'autres tableaux qui ont disparu des endroits où ils étaieut placés, sans qu'on sache ce qu'ils sont devenus. Il travailla aussi pour des églises ou des palais, dans les environs de Ferrare, à Finale, à Zenzalino, à Baura, à Porto Maggiore. La famille Trotti, à Ferrare, posséda longtemps beaucoup d'ouvrages de Ricci, qui lui avaient été directement achetés ou commandés, entre autres le portrait du peintre lui-même, de grandeur naturelle, représenté sous la ligure d'un beau génie nu, assis, sa palette et ses pinceaux en main, au milieu d'instruments de musique, de mathématiques, d'ustensiles d'architecte et de sculpteur. Ricci était en cftet un esprit Irès-ouvort et quasi universel; il s'occupait beaucoup de sciences exactes. Malheureusement une^grave maladie de poitrine le mit à ti'cnte-trois ans à deux doigts de la mort, et, s'il put à force de soins prolonger sa vie pendant cinq ans encore, il dut renoncer dès ce moment à toute espèce de travail. Il mourut en 1518 et fut enterré dans l'église délia Rosa.
GIUSEPPE MAZZUOLI dit IL BASTARUOLO