‹ Histoire des peintres de toutes les écoles (volume 5)Chapitre 70 sur 136 · MORT VERS · texte numérisé non relu

MORT VERS

Giuseppe Mazzuoli, le contemporain et le rival de Rastianino et de Scarscllino, n'est guère connu que sous son surnom de Bastaruolo, le vendeur de blé, qu'il doit au métier qu'exerçait son père. G'est un peintre habile, élégant, soigneux, qui reçut probablement des leçons de Francesco Surchi, dit Dielai, élève lui-même et collaborateur habituel des frères Dossi, et c'est lui qui fut chargé de terminer les peintures du plafond de l'égUse del Gesù après la mort de son maître. Lanzi remarque que Mazzuoli n'avait pas pour la perspective la même habileté que pour le reste. Ses figures, trop grandes ou trop petites, n'étaient pas toujours à leur place, et ce défaut nuisit beaucoup à ses succès. Il était d'ailleurs très-timide, très-consciencieux, très-lent au travail; aussi était-il un objet de railleries pour ses confrères généralement peu scrupuleux et fort expéditifs, qui lui donnaient volontiers la réputation d'un esprit borné. Son talent est toutefois réel et assez original, surtout dans la seconde période de sa vie, lorsqu'il donna plus de grandeur et de fermeté à son

dessin, plus de charme et de variélé à sa couleur. S'il doit beaucoup aux Dossi pour le fonds général de se» conceptions, il n"est pas exempt non plus d'une certaine imitation de l'école parmesane dans sa recherche des effets de clair-obscur et de l'expression tendre des visages. C'est d'ailleurs, comme la plupart de ses compatriotes, un artiste éclectique, et on pourrait aussi montrer, dans ses tableaux, telle vivacité et telle harmonie de couleurs qui révèle l'influence des grands Vénitiens. Lanzi signale, comme des chefs-d'œuvre, deux compositions placées dans l'église del Gesù, une Annonciation ci un Crucifiemoit; dans l'église des Capucins une Ascension, commandée par une princesse de la maison d'Esté qui est une œuvre très-grandiose, grandiosissima opéra; et dans la maison des orphelines de Santa Barbara, un tableau de la Sainte entou/rée de petites filles, qui est, dit-il, belle outre mesure, vaga oltremodo. Le Bastaruolo, vieux et infirme, mourut noyé dans le fleuve où il allait chaque jour prendi'c des bains, emporté par les eaux au moment où le domestique, chargé de le garder, avait le dos tourné. Il fut enterré avec pompe à San Andréa.

FERRAnE. — Des nombreuses peintures que le Bastaruolo fit dans les églises de cette ville, on n'y retrouve guère aujourd'hui que la Santa Barbara dont il a été parlé ci-dessus, dans l'éulise Sta Maria della Rosa; V Annonciation et le Crua'/ïeme«<, dans l'église del Gesu; un tableau dé maître-autel, la Vierge en gloire avec les saints Bonaventure, Jean-Baptiste, Sébastien, dans l'églisi; San

FRANCESco;la Déposition de Croix, dans celle du Campu Santo. Enfin, les compositions religieuses qui avaient été faites par le peintre pour réglise del Gesù ornent aujourd'iiui la frise de la grande salle d'entrée à la Pinacothèque. Florence. — La galerie des Uffizh possède, dans sa collection spéciale des portraits de peintres, le portrait de Bastaruolo peint par lui-même.

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