‹ Histoire des peintres de toutes les écoles (volume 5)Chapitre 88 sur 136 · C.METTAli.D · texte numérisé non relu

C.METTAli.D

SAINT LOUIS BERTUANU EN MÉDITATION DEVANT UN PISTOLET CHANGÉ EN CRUCIFIX.

Par ses travaux et même par son éducation artistique, le Bacbiche appartient à l'École romaine bien plus (ju'à l'École génoise. Il forma plusieurs élèves, dont les plus habiles furent Giovanni Odazzi, Pietro Bianchi, (iiovanni- Maria délie Piane dit le Molinaretto, de Gênes; Henri Vaymer et Lodovico Mazzanti, d'Orvieto. Un seul de ses fils, Alexandre, fut artiste : il peignit quelques tableaux et s'adonna spécialement à léludc de l'architecture; mais il mourut jeune, en 1728.

MAHIUS CHAUMELIIH.

' Riitli raconte aulrement sa fin; selon lui, Gaulli abusa des liqueurs dont le pourvoyaient abondamment de» ncgocianls du nom de Malvezzi, chez qui était employé un de ses fils nommé Jules; il fut atteint d'une inflammation d'çntrailles, à laquclli* il succomba.

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Le Musée nn Louvre n'a pas de tableaux du Bachiche. En revanche, on n'y trouve pas moins de 33 dessins, dont plusieurs proviennent des célèbres collections Crozat et Mariette. Ils sont exécutés pour la plupart à la plume, lavés d'encre de Chine ou de bistre; quelques-uns sont rehaussés de blanc.

Musée de Versailles. — Le portrait du cardinal de Bouillon (voir la gravure, page 3). Voici, au sujet de cet ouvrage, la note intéressante qu'a bien voulu nous adresser un artiste de talent, qui est en même temps un connaisseur distingué, M. Eugène Charpentier, peintre d'histoire, professeur de dessin au lycée de Versailles : « Le cardinal, jeune homme de vingt-huit à trente ans, au teint blanc, aux cheveux noirs légèrement crépus, se lève de son fauteuil. De la main droite, légèrement maniérée, il retrousse et soutient son manteau rouge doublé d'hermine; la gauche, sur laquelle il se soutient légèrement, est appuyée sur le bras du fauteuil . Le personnage est vu jusqu'aux genoux et habillé d'une aube. L'œil noir et vif, la pose assurée, révèlent bien mieux le prince et l'aplomb du gentilhomme que le prélat. Cette figure nerveuse, militaire même, légèrement grasse, presque querelleuse, possède une individualité des plus grandes : ce devait être extrêmement ressemblant. Comme peinture, la sûreté de main du peintre est prodigieuse. L'œuvre, d'une couleur plutôt argentine que dorée, décèle l'artiste habitué aux grandes toiles, traitant le portrait avec une maestria trèsgrande, mais conservant peut-être un procédé un peu décoratif dans une toile qui eût demandé un peu plus de fini. — C'est donc, en somme, un fort beau portrait, malgré le défaut que je signale, et peut-être encore ce défaut est-il venu avec le temps et résulte-t-il en parlie de la fatigue que la toile a pu éprouver par suite des nettoyages et des transports. >' On ne pouvait apprécier avec plus de finesse et de goût, et en môme temps d'une façon qui fût plus élogieuse pour le Bachiche , ce portrait, qu'on s'étonne de voir relégué dans les combles du palais de Versailles, alors que l'auteur n'est pas représenté dans les galeries de peinture du Louvre.

Musée de Rennes. — Loth et ses Filles (dessin à la plume) .

Rome. — Outre les peintures mentionnées dans notre Notice et qui décorent les églises du Gesù, de Sainte-Agnès inpiazza Navonna, des Saints-Apôtres, de Sainte-Marthe, de Saint-Nicolas de Tolentino, de Saint-Roch in liipetta, de Sainte- Marie sopra Minerva, nous citerons : Dans l'église de Saint- André, à Montecavallo, trois sujets de la vie de saint François-Xavier, parmi lesquels la Mort du saint, un des meilleurs ouvrages du Bachiche, gravé par B. Farjat. — Dans l'église de Saint-François a Ripa, la Vierge, l'enfant Jésus et sainte Anne, composition des plus gracieuses, avec de petits anges, les plus jolis que Gaulli ait peints, dit Lauzi;

— Dans l'église de la Madeleine, Saint Sicolas de Hari devant la Vierge, ouvrage de la seconde manière du maître ; — à Sainl»- Marie in Campitelli, la Nativité de saint Jean-Baptiste. morceau de la même époque; — au palais Chigi, le portrait d'Alexandre VII, un Endymion, peint pour le cardinal Flavio Chigi, neveu de ce pape, et un Saint François cité par Vasi, etc.

Ascom. — Église des Jésuites: la Mort de saint François Xavier; — Palais des Anciens : Saint-François en prière devant la Vierge.

Musée des Offices a Florence. — Le portrait du peintre, celui qui est reproduit en tête de notre notice et qui a été gravé précédemment par Ben. Eredi, dans le Museo Fiorentino, et par G. Perini, dans l'ouvrage de Soprani et Ratti.

GÈNES. — Ratti cite plusieurs tableaux du Bachiche comme existant de son temps dans les galeries do Gênes, entre autres un portrait du cardinal Spinola, dans le palais d(< la famille de ce nom, et un Saint Guillaume préchant, beau tabhmu, au palais Cambiajo. Les derniers Guides ne font mention que d'un Enfant Jésus tenant le globe du monde dans sa main. au palais Brignolc-Sale. Un Saint Julien, ayant figuré dans la galerie G.-B. Spinola, a été gravé par Frey.

Porto-Maurizio. — Église des Observantins : La Vierge entourée d'anges et présentant l'enfant Jésus à saint Antoine de Padoue, tableau d'autel cité par Ratti.

Ancienne collection du Palais-Roval, à Paris. — L'ii Jeune Homme jouant du luth. L'abbé de Fontenay, qui mentionne ce tableau , parle aussi d'une Prédication de saint Jean comme existant, de son temps, dans la collection du roi; Lépicié a gravé ce dernier ouvrage, qui avait figuré précédemment dans le cabinet de Crozat, avec une Sainte Claire agenouillée devant la Vierge, toile haute de 6 pieds et large de 5, gravée par Louis Desplaces. (Voir la gravure, page îi de cette notice.)

Ancienne collection de Jui.lienne : L'Adoration des Mages, tableau de iO pouces 6 lignes de haut, sur 18 poucx's 3 lignes de large , composition traitée grandement , dit le Catalogue raisonné de Rémy (1767).

Parmi les personnages célèbres dont les portraits ont été gravés d'après le Bachiche, on remarque : le jtrince Panfili, gravé par L. Visscher ; le cardinal Pierre de Bonsy, archevêque de Narbonne, gravé par Van Schuppen. en 1690 {Bachichi pin.Tit Romœ) ; le même gravé par Blondeau ; le cardinal de Forbin-Janson. gravé à Paris, par B. Farjat : Clément IX, gravé par Alb. Clouwet; Clément X, gravé par P. Simon ; le carbinal F'abrizio de Forli, évêque de Ferrare, gravé par Arnold van Westerhoul (1697); le cardinal J.-B. Costaguta, gravé par Blondeau; les cardinaux J. Fansoni 1758), Sfortia Pallavicini (1757), Altieri (1764), J.-N. de Comitibus (1764), etc., gravés par Clouwet.

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De tous les maîtres de l'école génoise il n'en est pas qui ait eu plus de réputation que Giovanni-Benedetto Castiglione. Ses tableaux ont pris place dans les galeries les plus célèbres de l'Europe, et ses moindres dessins ont été reproduits par des graveurs émérites. Graveur lui-même, il a été surnommé par ses compatriotes « le second Rembrandt ; » peintre, il a dû au charme de son coloris d'être appelé le Grechetto (le petit Grec). Tous ceux qui ont parlé de ses ouvrages se sont accordés à en faire les plus brillants éloges. Soprani, l'historien des artistes génois, lui a consacré quelques pages où l'admiration la plus vive éclate à toutes les lignes; il vante la fécondité de son imagination, son habileté et son exactitude dans la composition, sa couleur harmonieuse et nourrie, sa délicatesse dans le maniement du pinceau. Baldinucci lui reconnaît les mêmes qualités et insiste particulièrement sur la richesse de ses idées, la franchise et la bravoure de son exécution. Suivant Orlandi, Castiglioniî fut un maître universel, également habile à traiter les sujets sacrés et les sujets profanes, le portrait, la perspective, le paysage et les animaux. Le judicieux Lanzi déclare que, pour

ECOLE génoise

ce dernier genre, il est le premier en Italie après le Bassan. « On peut observer entre ces deux artistes, ajoute-t-il, la même différence qu'entre les deux plus grands poètes bucoliques, Théocrite et Virgile; le premier est plus vrai et plus simple, le second plus savant et plus orné. Castiglione ennoblit en quelque sorte les prairies et les forêts par les ressources de son imagination, par ses allusions savantes, par l'expression vive et animée des passions. Son dessin offre des formes sveltes; sa couleur annonce un pinceau facile, gracieux et ordinainiment large ; son ton général est riant et souvent rosé. »

La renommée de Castiglione franchit de bonne heure les monts. Connu en France sous le nom de Bénédette, il y était estimé à l'égal des meilleurs maîtres, dès la fui du dix-septième siècle. Félibien, qui vit plusieurs de ses tableaux à Paris, trouve sa manière « assez particulière » et dit « qu'il paraît dans son coloris quelque chose de pétillant qui touche les yeux. » D'Argenville est plus explicite ; selon lui, «le Benedette est un des hommes qui se sont le plus distingués dans la peinture : son dessin est élégant, sa touche savante et son pinceau très-vigoureux; l'intelligence du clair-obscur y est si parfaite qu'on voit de ses tableaux qui frappent et saisissent tous les spectateurs. » Mariette, le plus grand connaisseur de son temps, n'a pas craint de citer comme des productions de premier ordre les peintures de Castiglione qui figuraient dans la collection de Hoyer d'Aguilles. Enfin ce qui prouve, mieux que tous les éloges, l'estime dont" cet heureux artiste a joui pendant de longues années, c'est l'empressement qu'ont mis les amateurs de tous les pays à se procurer des ouvrages de sa main.

Giovanni-Benedetto Castiglione naquit à Gênes en 1616. Ses parents, frappés de la vivacité de son imagination, lui firent étudier les belles-lettres (/e«ere umane); mais, tout en profitant des leçons de ses professeurs, l'enfant se sentait entraîné vers la peinture par un penchant irrésistible. Il commença, comme tant d'autres artistes célèbres , par couvrir ses cahiers d'écolier de dessins à la plume représentant des animaux, des arbres, des maisons. Il so plaisait aussi à acheter des images de sainteté, et après les avoir avidement contemplées, il s'efforçait de les reproduire. Son père, loin de contrarier sa vocation, ne négligea rien pour la favoriser. Soprani, de qui nous tenons tous ces détails, ajoute que Castiglione fut placé d'abord sous la direction de Paggi, l'un des peintres génois qui avaient alors le plus de réputation. En admettant que le fait soit vrai, Benedetto, malgré toute sa précocité, ne dut guère profiter de l'enseignement de ce maître, car il avait à peine atteint sa onzième année lorsque Paggi mourut (1627). Giovanni-Andrea de Ferrari, dans l'atelier duquel il entra ensuite, était un élève distingué et un habile imitateur de Strozzi; nous ignorons combien de temps Castiglione resta à son école, mais comment admettre qu'il en soit sorti pour prendre des leçons de Van Dyck ? Voilà cependant ce que tous les biographes ont cru et répété sur la foi de Soprani ! Des renseignements positifs nous apprennent que l'illustre Flamand, arrivé à Gênes à la fin de 1623, en partit vers le milieu de 1625; or, à cette dernière date, Benedetto était âgé de neuf ans !... Mais, s'il n'eut pas Van Dyck pour maître, il n'est pas douteux qu'il ait été séduit par les beaux portraits dont ce grand artiste avait enrichi les galeries de la noblesse génoise, et qu'il les ait étudiés avec un soin particulier. Cette influence se fait sentir dans deux portraits qu'il a gravés à l'eau-fohe : l'un, d'Augustin Mascardi, littérateur de Sarzane, mort en 1640; l'autre, du poète Antoine-Jules Brignole-Sale*. Ces portraits, gravés d'une pointe extrêmement spirituelle, ont la tournure aristocratique, la finesse et l'élégance de modelé qui distinguent ceux de Van Dyck.

Les admirables compositions que Rubens avait laissées dans les églises et dans les palais de Gênes ne firent pas moins d'impression sur Castiglione. Nous sommes même tenté de croire qu'elles furent ses modèles de prédilection, lorsque, entraîné par cette ardente soif de perfection dont parle Soprani % il se livrait avec un zèle infatigable à l'imitation des chefs-d'œuvre anciens et modernes que possédait sa ville natale. Rubens

' Ce dernier portrait, gravé en 1641, si nous en croyons Mariette (.Ifeeced., publié par M. de Chenue vières), se trouve dans le livre : Le Glorie degli Incogniti, imprimé à Venise en 1647.

2 Non sapeva Gio. Benedetto saziarsi, o dar qualche pausa a' suoi studj. I modelli, i disegni, le tavole de' migliori artefici, si anlichi clie moderni, erano la sua predilelta contemplazionc, e l'imitarli, la sua speziale delizia. Vite de' Pitlori, ScuUori ed Archiletli genovesi; I, p. 309 (édition de 1778).

est, en effet, le maître dont il se rapproche le plus dans ses meilleures peintures; il le rappelle, du moins, par la facilité du dessin, la vivacité de la touche, la fraîcheur du coloris.

Tout en formajit son style d'après les grands modèles, Benedetto Castiglione apprit, par l'observation directe de la nature, à peindre avec une habileté pou commune le paysage, les animaux, les fruits et Uîs fleurs. Il réussit également à représenter les scènes de la vie rustique, les travaux et les plaisirs des paysans, des fêtes, des kermesses, des intérieurs de cuisine. Mais, comme les tableaux du genre historique étaient ceux qui trouvaient le plus d'amateurs en Italie, il eut le bon esprit d'aller chercher ses personnages dans la Bible, et de demander à cette magnifique épopée de la vie pastorale des sujets de compositions où il pût accorder une large place aux animaux, aux ustensiles et aux accessoires de toute sorte. C'est ainsi qu'il

CAsriumE. P«x. BOCOURf. DLL

'découverte de CYRUS Collection du duc de Newcaslle

peignit la Création, l'Entrée des animaux dans Varche, le Départ des Hébreux pour la Terre promise, Jacob gardant les troupeaux de Laban, etc.

Lorsqu'il crut avoir épuisé à Gênes tous les sujets d'étude, et alors sans doute qu'il avait déjà acquis parmi ses compatriotes une réputation méritée, il résolut de visiter les principales villes do l'Italie. Il élait avide, dit Soprani, de voir les chefs-d'œuvre auxquels les grands maîtres devaient leur célébrité. — Son départ de Gênes aurait eu un tout autre motif, si nous on croyions l'anecdote que Mariette a rapportée dans ses notes sur VAbecedario d'Orlandi, et que ce savant dit avoir lue dans le manuscrit d'un coUectioimour romain, nommé Pio', qui aval! amassé un assez grand nombre de dessins passés depuis dans la collection

* Ce Pio serait-il le même que l'abbé D. Luigi Pio, à qui Gio-Domenico Rossi a dédié une Fuite en Egypte (B. 12", l'une des plus belles estampes de Castiglione? S'il en était ainsi, ses assertions mériteraient assurément quelque créance.

Crozal. Suivant le récit de cet amateur, Castiglione venait de terminer pour l'église de l'Annonciade un grand tableau que lui avaient commandé les frères Lomellini; ses ennemis, qui, paraît-il, étaient nombreux, persuaderont à ces gentilshommes que cet ouvrage ne méritait pas l'honneur d'être placé dans une église où se trouvaient des peintures dues aux maîtres les plus estimés de Gênes. Les frères Lomellini, qui ne s'y connaissaient pas autrement, vinrent prier Castiglione de vouloir bien retirer sa toile, s' offrant de le payer tout ce qu'il voudrait. « Mais Benedetto, n'ayant aucun égard aux politesses qu'ils lui témoignaient, devint si furieux à cette proposition, que, ayant pris un couteau, il hacha le tableau en pièces, jurant que jamais les Génois n'auraient de ses ouvrages. Et, en effet, il partit sur le-champ de Gênes, et vint à Rome, habillé en Arménien et se faisant passer pour Grec. Pollegrino Péri, brocanteur de tableaux, dont la boutique était près de la place Navone et chez qui il vint demander à travailler, fut si surpris de la belle manière de peindre de cet inconnu, qu'il n'hésita pas à l'occuper sur-le-champ; il voulut même lui donner un appartement pour peindre avec plus de facilité; mais Benedetto, qui avait ses vues, répondait constamment à cette proposition : Voglio star in potecca (je veux rester dans la boutique)'. C'était pour qu'on le vît opérer ; et son dessein lui réussit, car le duc de Mantoue, qui était pour lors à Rome, ayant entendu parlei' de ce nouveau peintre, voulut l'avoir auprès de lui, et, lui ayant donné une pension considérable, il le conduisit à Mantoue. »

Cette aventure romanesque, sur laquelle tous les autres biographes gardent un silence absolu, pourrait bien avoir été imaginée par Pio, qui, d'ailleurs, s'est appuyé sur je ne sais quelle autorité pour avancer que Sinibaldo Scorza fut le maître de Castiglione ^

Au dire de Soprani, Benedetto, en quittant Gênes, se rendit directement à Florence, où sa réputation s'établit si bien au bout de quelque temps, qu'il fut invité à peindre son portrait pour la célèbre galerie du grand-duc, et deux tableaux pour le palais Pitti : une Circé et un paysage avec bestiaux. De Florence il passa à Rome, où, toujours selon le même historien, il obtint un grand succès et laissa dans plusieurs palais des ouvrages dignes de lui. Ratti ajoute que son talent fut très-estimé des autres peintres qui se trouvaient alors à Rome, particulièrement de Carie Maratte. Ce dernier lui reprocha toutefois de trop épargner la couleur dans ses peintures [dipingesse con iscarsezza di colore); et pourtant, fait remarquer Ratti, telle n'était pas l'habitude de Castiglione.

Carie Maratte n'exposa son premier tableau à Rome qu'en 1650 : à cette époque, Benedetto était déjà fort connu dans cette ville, comme peintre et comme graveur. Plusieurs des estampes qu'il y publia chez (rio-Giacomo Rossi, éditeur dont la boutique était située près de l'église Sainte-Marie-de-la-Paix [alla Pace), portent la date de 1648'. La plus belle de ces estampes est intitulée : le Génie de Castiglione [B. n°23). Au pied d'un autel consacré à la déesse de. la peinture, un jeune homme presque entièrement nu est assis ; il est coiffé d'une toque ornée d'une plume et ses longs cheveux flottent sur ses épaules ; dans la main gaucho il tient un clairon, et dans la droite, un livre ouvert sur lequel est écrit : Genitim Jo. Benedicti Castilionis Januen. Près de ce jeune homme, un enfant bat du tambour, un autre tient un panier rempli de colombes. Dans les airs, un Génie sonne de la trompette et montre la couronne de l'immortalité. L'artiste

' Mots (jui appartiennent à cet italien barbare qui, sous le nom de lana;ue franque, est en usage dans les divers ports de la Méditerranée, principalement dans les échelles du Levant. En sa prétendue qualité d'Oriental, Castiglione ne pouvait moins faire que de se servir de celte langue-là. M. de Chennevières, quia eu l'heureuse idée de publier les notes de Mariette sur l'jlèefedano. il lu : Voglio far in polecca {je veux travailler dans la boutique).

' Sinibaldo Scorza mourut en 1631, alors que Castiglione n'avait que quinze ans.

■■' Nous avons même cru lire, sur quelques-unes de ces estam|:es (B., -lo, 16, 24), 1642 au lieu de 1648, date relevée par M. Cb. Le Blanc. Il s'ensuivrait que Castiglione aurait commencé à travailler à Rome dès l'âge de vingt-six ans, et, dans ce cas, on pourrait croire, avec t'io, que ce fut dans cette dernière ville que notre artiste vint se fixer au sortir de Gènes. Telle est, d'ailleurs, l'opinion de Bartsch, qui dit en propres termes : « Benedetto visita successivement Rome, Naples, Florence, Parn'e, Venise, Mantoue. » Une remarque qu'il n'est pas inutile de faire, c'est que le portrait que Castiglione a laissé de lui à la galerie de Florence le représente comme un homme de trente-cinq à quarante ans.

GIOVANNI-BENEDETTU CASTIOLIONE (1616). 5

a voulu faire coiuiaitre par le moyen de cette allégorie, dit Bartscli, ([ue sou but était de se rendre immortel en peignant des sujets champêtres. Quoi qu'il en soit, nous sommes en droit de penser qu'une (Composition aussi ambitieuse ne pouvait être que l'œuvre d'un artiste déjà en possession d'une certaine renommée.

Nous n'avons au(;un renseignement sm* les pointures que Castiglione exécuta durant son séjour à Home. Le succès que lui avaient valu ses premières gravures l'encouragea sans doute à s'adonner à ce genre d'ouvrages avec un zèle particulier. Il publia un assez grand nombre d'estampes chez Gio-Domenico Kossi, qui avait succédé à Gio-Giacomo et qui avait ajouté à son adresse : Alf Insegna di Parùji.

PAQUIER..D.

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