‹ Histoire des peintres de toutes les écolesChapitre 110 sur 136 · ACQUIS-PHILIPPE LE11AS · texte numérisé non relu

ACQUIS-PHILIPPE LE11AS

Fils d’un mailre perruquier de Paris, L.ebas naquit dans celte ville le 8 juillet I /O/. Sa mère, devenue veuve, n avant d’autre revenu que la mailrise de son mari qui lui produisait cent cinquante livres de rente, au principal de trois mille livres, pouvait à peine exister, elle el son fils. Elle lui enseigna pour toute instruction à connaître les lettres de l’alphabet, et plus tard Lebas parlait avec esprit de sa reconnaissance envers les marchands et les artisans de la bonne ville de Pans, dont les enseignes et les écriteaux lui avaient appris à lire. La mère de Lebas, lui voyant une aptitude naturelle pour le dessin, le plaça chez un graveur d’architecture assez médiocre, nommé llérisset. Mais quelle froideur en ce géométrique travail, surtout pour un jeune apprenti qui était plein de pétulance dans le caractère et de vivacité dans le sang ! Heureusement que Lebas, ayant vu un jour quelques estampes de Gérard Audran, fut averti tout à coup de son propie génie. Il entrevit sa destinée, el, en dépit des ardeurs de son tempérament, il résolut d'acquérir toutes les qualités nécessaires à un graveur et dont la première est la patience. A l’âge de quatorze ans, sa mère l'avait conduit chez un fripier, l’avait habillé de pied en cap et l’avait ainsi lancé dans la vie. Mais comment se faire connaître sans travail, et comment obtenir du tra-

ARENT ou ARNOULD VAN DER NEER (1G15).

caprices à ceux qui l'aiment. Les uns sont amoureux de sa mélancolie, comme Ruysdael; les autres l’épousent dans sa gaieté, comme Berghem. Van der Neer, tout en se livrant aux diverses impressions, a suivi la pente de son caractère qui le portait à ne choisir dans la nature que les variantes de sa tristesse. Non seulement il la peignait de préférence pendant la nuit, mais dans les scènes du jour il préférait encore celles de la saison d’hiver. Souvent aussi il ajoutait à la mélancolie de ses Clairs do luno le navrant spectacle des incendies nocturnes. Son plus beau tableau dans ce genre — où il s’est illustré — est celui que nous avons vu à Copenhague, dans la galerie du roi, et qui représente un incendie

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