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MARINE

autres, pensent que Van der Neer naquit à Amsterdam. Il est hors de doute qu’il habita cette ville pendant longtemps, un grand nombre de ses paysages, pris pour la plupart au clair de lune.

On lit au bas de quelques-unes de ces planches : Lebas et Cochin fiHussocii sculpserunt. Mais l’ami le plus intime de Lebas fut Descamps, 1 auteur de la Vie des peintres flamands. Confident des querelles du ménage, c'était lui qui s’employait à mettre la paix entre les deux époux. Lebas, qui donnait à sa femme des sujets sérieux de jalousie, avait la faiblesse d’être jaloux d elle et la poursuivait de soupçons mal fondés, quand lui-même il en inspirait de si légitimes. Il faut lire dans la notice manuscrite de M. Ilecquet, dont nous avons parlé, les faits et gestes de ce mari jaloux, qui avait si peu droit de 1 être, et notamment certaine aventure dont les élèves de Lebas s’amusèrent longtemps. Inquiet des sorties de sa femme, Lebas se précipite un jour à sa poursuite dans un fiacre, sans prendre le temps de changer la toilette de son petit lever. Le fiacre, au lieu de suivre la voiture de madame, en suit une autre qui conduisait un abbé dans le Marais. La voiture s arrête, I abbé descend, et le mari soupçonneux, se jetant furieux dans la maison où il a cru voir sa femme, rudoie le concierge, fait un vacarme effroyable, demande sa femme à cor et à cri, enfonce les portes et tombe enfin sur monsieur 1 abbé, qui, l’apercevant dans ce négligé grotesque si peu en rapport avec son indignation d’époux outragé,

1 C est 1 auteur des Notices générales des graveurs divisés par nations et des peintres rangés par écoles , Dresde et Leipsig

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représentant des vues de villages connus pour être situés dans les environs d’Amsterdam et entre cette ville et Utrecht. On trouve aussi, de lui, quelques vues semblables, prises à l’effet du soleil levant et du jour. Mais ce sont, le plus souvent, des clairs de lune , genre de sujet où il n’a jamais eu d'égal. Ses tableaux se composent de villages bâtis au bord de l’eau, de rivages où se reflètent les clartés de la lune, et qu’animent des navires, des bateaux et quantités de figures. Les ciels sont la partie dans laquelle il a déployé le plus d'art et de beauté. Les hivers sont également des représentations fidèles de la nature; ils sont riches de composition. Sa couleur est vraie, sa touche

lui part d’un immense éclat de rire à la figure... Lebas cependant avait eu deux enfants naturels, un garçon et une fille, et sa femme, après bien des tempêtes, avait eu la bonté de les prendre avec elle et de les élever. Le garçon mourut et Mme Lebas en conçut autant de chagrin que si elle eût perdu son propre fils. La fille fut mariée et dotée richement; mais, à l'insu de Mmc Lebas, elle tira tant d’argent de son père que l’on peut dire qu’elle recueillit sa succession de son vivant.

Cette femme admirable, Mmc Lebas, mourut en 1781. Son mari, qui avait alors soixante-quatorze ans, fut profondément affecté de cette mort. A un âge où l'on n'aspire qu’au repos, il connut pour la première fois les contrariétés, les afflictions, le découragement, la détresse même. Son entreprise des Figure s de /’ Histoire de Fiance, qui exigeait des avances considérables, l’avait mis à découvert de fortes sommes. La lenteur affectée de Moreau le jeune, avec lequel il était en froid, à lui fournir des dessins pour cet ouvrage — qu’il conduisit seulement jusqu’à Louis IX, — la nécessité de quitter la maison où sa femme venait de mourir après y avoir habité quarante-huit ans, tout cela le mina, le tua. Il mourut en 1783, au moment même où le succès de son entreprise de l'Histoire de France commençait à se déclarer. Au milieu des ennuis qui troublèrent scs vieux jours, il eut encore quelques lueurs de gaieté : « En 1782, dit M. Ilecquet, nous fûmes à Trianon. Nousétions dans l'appartement de Mmt‘ la princesse de Monlbazon, dont les croisées étaient ouvertes sur un petit parterre d’eau où le Dauphin, qui n'avait pas un an, se promenait ou plutôt était promené par ses femmes. Le petit prince s’étant arrêté devant la fenêtre, Lebas, en faisant des grimaces, gonflant ses joues et frappant dessus, excitait le rire de cet enfant. Comme on lui fit observer que ses singeries étaient peu respectueuses, Lebas les interrompit pour dire gravement à l'héritier présomptif : « Je suis Jacques-Philippe Lebas, graveur et pensionnaire de votre aïeul, dont je m’estime heureux d’avoir fait rire le petit-fils. » Plus naturel que ceux qui avaient la sottise de l'éloigner, l’enfant témoignait à Lebas par ses pleurs et par ses cris le regret d’être séparé d'un aussi joyeux compagnon.

Qu’on nous pardonne cetLe-longue notice au sujet d’un homme qui mérite d’autant plus d’être loué après sa mort qu’il fuyait les éloges pendant sa vie; au moins avait-il de la peine à les supporter en face. Un jour qu'il subissait à bout portant les compliments d'un visiteur avec lequel il avait eu autrefois des altercations. « Allons, dit-il, je vois bien, monsieur, que vous m'en voulez encore. » Par contre, les gens de prétention lui portaient sur les nerfs. On le vit quelquefois montrer à de faux connaisseurs des estampes à rebours, et avec une parfaite bonhomie, un sang-froid imperturbable, leur faire admirer les arbres et les figures la tète en bas, en assaisonnant la chose de lazzis à faire étouffer de rire tous ceux qui l’entendaient.

Ce fut le 9 thermidor an IV (1796) que la Bibliothèque nationale fit l’acquisition de l’œuvre de Lebas formé par M. llecquet moyennant la somme vraiment bien modique de 3,000 livres. Qu’était-ce en effet qu’une pareille somme pour une pareille collection? Composée de quelques centaines de pièces, toutes épreuves de choix et la plupart, comme on dit, de remarque, données ou vendues par l’auteur lui-même, qui les choisissait avec le plus grand soin, la loupe à la main, cette collection inestimable était encore enrichie des précieuses notes manuscrites d’un amateur plein de goût et plein d’esprit, bien connu par ses travaux, notamment par son Catalogue de l’œuvre de Corneille Visscher, imprimé à la suite du catalogue des estampes gravées d’après Rubens par Basan. En tète de ces notes, aux premières pages, on lit cet avertissement :

« Ce serait une entreprise aussi folle que dispendieuse de vouloir former une collection de toutes les estampes qui portent le nom de Lebas. Indépendamment de la peine qu’on aurait a se procurer des épreuves d’une infinité de planches que cet artiste n'a point gravées pour son compte (comme vignettes, culs-de-lampe pour différents livres, planches de géographie et d’histoire naturelle, feux d’artifices et fêtes publiques pour les villes de Paris et de Strasbourg, décorations de théâtre), on ne craint pas d’avancer que Lebas lui-même eût été dans le cas de désavouer une partie de ses planches dont il n'avait pas conservé d’épreuves ou qui même ne sont pas de lui. »

Viennent ensuite les documents biographiques dans lesquels nous avons puisé les éléments de cette notice, bien surpris de voir que, depuis plus d'un demi-siècle que ces documents se conservent dans l’œuvre de Lebas, il n’était venu encore à personne l’idée de les mettre en ordre pour en faire profiter le public. Nous sommes heureux d’avoir eu le premier cette bonne idée, comme d’autres ont eu celle de publier les notes excellentes de Mariette sur l'Abecedario du P. Orlandi.

Pour en revenir à Lebas, ce graveur ne fut donc pas seulement un artiste de premier ordre; ce fut aussi une personnalité remarquable, un caractère. Il nous représente parfaitement ce qu'était avant la révolution de 89 le Français du tiers étal. Mais ce qui donne à son type quelque chose de plus marqué, c'est que l’originalité de son esprit, le naturel de son tempérament ne furent point effacés par les frottements de l’éducation. Franc jusqu’à la rudesse, galant, passionné, fier avec les grands, il montra dans les dernières années de sa vie une grande mobilité d’humeur, passant de la timidité à l’effronterie, toujours prodigue avec d’étranges velléités d’avarice, capable aujourd'hui de vendre 12 livres une estampe qui en valait 3, el le lendemain de faire gracieusement cadeau à l'acheteur d’une estampe de 36 livres. En un mot, Lebas demeura toute sa vie l’enfant de la nature, et l'on a pu comparer son caractère à ces corps de femme qui ne furent jamais emprisonnés dans les baleines qu’on met aux jeunes filles pour leur former une taille fine et légère, au risque d’augmenter les défauts que l’on veut cacher ou de créer les difformités qu’on veut prévenir. (Ch. Bl.)

ARENT ou ARNOULD VAN DER NEER (1013).

facile et prompte, et il règne dans toutes ses peintures une harmonie de ton qui enchante. Autrefois ses ouvrages abondaient en Hollande, et c'est là, sans doute, ce qui explique pourquoi ses talents, moins communs que ses tableaux, n’étaient pas appréciés à leur juste valeur. Les étrangers, profitant de la modicité du prix auquel se vendaient les peintures de Van der Neer, n’ont pas manqué d’en remplir leurs cabinets, et maintenant ses œuvres sont devenues très rares en Hollande ; aussi les paye-t-on des prix très considérables, quand elles paraissent dans les ventes publiques. En 1823, en Hiver, provenant du cabinet de M. Vranken van Lokeren, fut vendu 3,000 francs; il est aujourd'hui

en la possession de M. Henry Bevau, en Angleterre; mais un autre tableau du même maître, gravé au trait dans la galerie de Lucien Bonaparte, sous le litre de Paese cou figure ed animali (paysage avec figures et animaux), fut vendu publiquement à Londres, en 1833, huit cent huit livres sterling

(20,200 francs) . » N’est-il pas surprenant, en vérité, qu’un écrivain d’Amsterdam en soit réduit,

pour retracer la vie d’un peintre hollandais, à rapporter ce qu’en disent ou ce qu’en pensent des auteurs étrangers ? Et que serait donc devenue la mémoire de tant de grands peintres si, eux-mêmes, ils n’avaient pris soin d écrire et de rehausser la meilleure partie de leur histoire, leurs chefs-d’œuvre?

L hiver et ses plaines glacées et ses tristes divertissements ont dû frapper les regards d’un paysagiste qu aîïriandaieut toutes les mélancolies de la nature. Mais si Van der Neer est inimitable dans ses incendies et ses clairs de lune, il n est pas sans rivaux lorsqu’il représente des canaux glacés,

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couverts de traîneaux et de patineurs. On pourrait alors le confondre avec Isaac Oslade, son contemporain. Quelques arbres dépouillés, n'ayant plus qu’un feuillage de neige, des moulins, des barques engagées dans la glace, une foule de patineurs, dont les uns, timides apprentis, gardent l'immobilité de leur gaucherie, tandis que les autres, lancés comme des flèches, sillonnent en ligne droite le miroir glacé, ou décrivent, sur un seul pied, d’interminables spirales : tels sont à peu près tous les hivers , et si ceux d’Arnould ressemblent à ceux d'Isaac, c’est que les deux maîtres, dans leur parfaite naïveté, ressemblent l’un et l’autre à la nalure.

Il est assez curieux d'établir ici un rapprochement — et peut-être n’en trouverons-nous jamais une meilleure occasion — entre les préceptes académiques d’un professeur et les exemples fournis par un artiste qui se laisse naïvement aller au sentiment de l'art. Gérard de Lairesse, dans son Grand Livre des Peintres, déclare que s'il avait à peindre un clair de lune, il ne croirait pas manquer à la vérité en suivant les principes qu’il a indiqués pour la représentation du soleil, c’est-à-dire en ne peignant jamais dans le tableau cet astre même, mais seulement sa lumière, et en la faisant tomber sur les objets par devant, par derrière ou de côté, d'une manière un peu plus sombre que dans les représentations du jour, — « afin, dit-il, qu'on la prenne pour un véritable clair de lune et non pas pour la lumière du soleil à laquelle elle ressemble beaucoup par ses coups subits de lumière et ses ombres portées tranchantes, » — avec quelques étoiles scintillantes sur un ciel d'azur, qu’on verrait paraître çà et là parmi les nuages. S'il fallait suivre les leçons de Lairesse, la lune devrait être supposée hors du tableau, et c'est seulement aux masses plates, décidées et tranchantes des ombres portées et au ton pâle des couleurs locales qu’on ferait reconnaître sa présence dans les deux, sans l'exposer à la vue. J’ajoute qu’on devrait alors affaiblir les reflets qui ne sont jamais aussi intenses par les froides lueurs d’un clair de lune que par les chaudes clartés du soleil.

A côté de ces enseignements, si nous plaçons quelque nocturne paysage de Van der Neer, nous verrons combien il est difficile, en peinture, d’établir des règles, du moins absolues. Parfois, sans doute, il est arrivé à Van der Neer de cacher la lune derrière un bocage; mais alors.il faut le dire, ses effets nous trompent : là oh il voulait peindre la nuit éclairée, nous croyons voir le crépuscule qui s'étend sur la terre après le soleil couché. Et rien n’est plus défavorable à la force de l'impression que cette incertitude où nous sommes sur la nature du phénomène observé. Lairesse a beau dire qu’il est plus important de bien éclairer un tableau que d’y faire paraître un corps lumineux ; la première préoccupation du peintre doit être de produire une impression vive, et, pour qu’elle soit vive, il faut qu'elle soit une, c'est-à-dire qu’il ne puisse y avoir dans notre esprit aucune indécision sur l’objet représenté, à moins que le vague de l’intention ne soit la poésie même du tableau, comme il arrive quelquefois chez Rembrandt. En présence d’un paysage de Van der Neer, le spectateur qui ne saurait pas s’il voit le crépuscule du matin ou le crépuscule du soir, si c’est le soleil qui Unit d’éclairer ou la lune qui commence à luire, serait fort empêché de ressentir dans sa plénitude l’émotion que le peintre a voulu lui procurer. D’ailleurs, que devient la scène quand le principal acteur est absent? Si l’astre est en dehors du tableau, l’artiste se trouvera privé de toutes les ressources qu'il peut tirer de l’arrangement du ciel, lorsque la lune y joue le premier rôle. Car c’est au firmament que se porte l’attention dans les tableaux de nuit; c’est là surtout que se passe le drame de la lumière, et que le mouvement des nuages semble continuer la vie interrompue sur la terre qui dort.

« Je voudrais aussi, ajoute Lairesse, pour rendre les lumières plus fortes et le coloris plus roussâtre et plus jaunâtre, me servir de flambeaux, de bûchers, de sacrifices et autres lumières artificielles dont les ombres seraient moins tranchantes que celles de la lune. Cela produirait, selon moi, un grand effet, principalement si ces lumières accidentelles, se trouvaient dans les endroits les plus obscurs. Mais il faut observer surtout d’y répandre en général plus d’obscurité que de lumière et de ne point mettre dans le tableau de plus belles couleurs que celles du ciel... »

A ces conseils de docte professeur, je préférerais la simple recommandation d’observer rigoureusement le principe d’unité. On peut sans doute rester fidèle à ce principe, même en introduisant dans un clair de lune des feux de pêcheurs, des lueurs de flambeaux ou telle autre clarté artificielle, pourvu

ARENT od ARNOULD VAN DER NEE R (161b).

qu elle soit secondaire et francliement subordonnée, comme on en voit des exemples dans les effets de nuit de Joseph Vernet; mais Van der Neer, ce me semble, demeure plus expressif et plus imposant, lorsque, supprimant ces contrastes qui occuperaient le regard ou distrairaient la pensée, il nous transmet dans toute leur unilé les grandes impressions que produit le spectacle de la nature aux heures solennelles du silence et de la nuit.

Il y a dans le sentiment de la mélancolie une saveur qui semble être restée longtemps inconnue aux Français. De nos jours seulement, le souffle du nord nous a porté ces vagues et romantiques émotions. Aussi, dans aucun temps, les tableaux des Ruysdael et des Van der Neer ne furent mieux compris, mieux sentis; jamais on n’en parla mieux. <• Que de songes, que d’errantes pensées font naître les toiles de Van der Neer, s'écrie poétiquement M. Alfred Michiels ' ; il aime surtout les clairs de lune et les reproduit avec une habileté magique. Une rivière tortueuse et lente coule au milieu du tableau. Des touffes de joncs en hérissent les bords; quelques masures se dressent un peu plus loin, et derrière les cabanes on entrevoit la cime dentelée des forêts. L’astre mélancolique argente la surface de l’onde; une traînée brillante la divise; une lumière pâle se reflète jusque dans les moindres criques, tantôt les lustrant d'un léger glacis, tantôt les encadrant d’une ligne blanche. Les nuages qui ceignent l'orbe radieux se moirent aussi de nuances différentes, et une lueur indécise en tombe à travers les ténèbres. La reine des nuits est le centre et la divinité de ce monde obscur, dont les formes disparaîtraient sans elle. Le génie de Goethe n’eût pas mieux inventé. » — A l’époque où Van der Neer peignait ses silencieux et nocturnes paysages, personne en France n’eût songé à y découvrir le sentiment qui avait ému l’âme du peintre, personne n’eût écrit une telle page. Ces poétiques attendrissements étaient trop éloignés de l’intelligence claire et du ferme cœur de nos Gaulois, ils en étaient encore, avant les révolutions littéraires du dix-neuvième siècle, à soupçonner, tout au plus, cette émotion dont parlait Montaigne, quand il disait : « J’imagine qu'il y a quelque umbre de friandise et délicatesse au giron mesme de la mélancholie. »

. CUARLES BLANC.

1 Histoire de la •peinture flumande et hollandaise , tome I01', page J 33.

ISillllîüti

Les tableaux de Van der Neer sont assez rares, et cette circonstance ajoute encoreà leur valeur. On en trouve toutefois dans presque tous les musées de l'Europe et dans la plupart des célèbres collections particulières de France, d'Angleterre et d'Allemagne.

Le Louvre ne possède que deux toiles de ce maître. 1° Bords d'un canal en Hollande. C'est un effet de soir. A droite, trois vaches, dont doux couchées non loin d'une barque. A gauche, une rangée d’arbres et de ma:sons le long du canal. Au premier plan, un homme appuyé sur une clôture en planches Plus loin on aperçoit un homme qui dirige un bateau à l'aide d’une perche, et, parmi les maisons, le clocher d'une église. On lit, sur une planche à droite, je monogramme de l’artiste AV. DN. Les animaux, dit le catalogue, sont attribués par l’inventaire à Albert Cuyp.

2° Village traversé pur une route. A droite des maisons au bord d’un cariai où l'on voit la réflexion de la lune, et des canards au premierplan ; surune route, des arbresabaltus, un chien, des ligures; plus loin, un paysan et un cavalier suivi d’un homme à pied. A gauche, des arbres et des maisons entourés de clùturcsà claire-voie. Au pied d'un arbre, le monogramme du peintre AV. Ü.NEU. Ce tableau a été acheté par l'Administration à la vente de M de Morny, le 24 mai 1832, au prix de 6,800 francs.

Musée de Dresde. — Trois Van de Neer : 1° Un petit Paysage représentant quelques édifices près d’un lac. 11 est peint sur bois. — 2° Un Paysage hollandais ; le jour est à son déclin : il fait déjà clair de lune. Un fleuve, dont les deux rives sont bordées de beaucoup d’arbres et de bâtiments, traverse lacontrée. Dans le loin tain, une grande ville. — 3° Le pendant du précédent. Une plaine, de l'eau, des barques; des nuages bien exécutés. Le tout faisant un effet magique, au clair de lune. Ces deux tableaux sont également sur bois.

Pinacothèque de Munich. — Un grand et beau tableau représentant un Lac au milieu d'une forêt dont les arbres se réfléchissent dans l'eau. Ce tableau prouve que le plus célèbre peintre des clairs de lune a su également peindre la nature dans ses effets du jour.

Galerie du Belvédère, à Vienne. — Un clair de lune. On v voit une enceinte dejardins et un édifice sur le bord d'une rivière coupée par des digues. Dans lelointain est une ville près de laquelle des navires ont jeté l'ancre.

A la Galerie de Copenhague se trouve le bel Incendie dont nous avons parlé.

Galerie ducale de Gotha. — On y compte six tableaux

de Van der Neer. Dans le nombre en est un marqué du monogramme de l'artiste et de la date 1043. C’est aussi un Clair de lune. Sur le devant on voit une rivière, avec un pont. Le second est un Site champêtre éclairé à la lumière du soleil couchant. Des quatre autres tableaux la plupart sont des E/fefs de et portent lemonogrammeM.,commecomposé des lettres AV. D. N. entrelacées.

Chez la reine d’Angleterre, un beau Van der Neer. Il représente, comme à l’ordinaire, les Bords d'un canal en Hollande, à l’effet du soir. On y remarque une voiture et des chevaux ; à droite, un château environné d'arbres ; dans le fond, une ville.

Galerie de Bridcewater, chez lord Ellesmere. — 1° Une Vue de Hollande au clair de lune. 2° Un Village hollandais et ses environs au clair de lune.

On ne trouve de Van der Neer, ni chez sir Robert Peel, dont la collection était si riche en maîtres hollandais du premier ordre, ni dans la galerie Grosvenor, chez le marquis de Westminster, ni dans celle de Lansdovve, ni dans celle de Sutherland.

Un tableau de Van der Neer, représentant une Scène d'hiver, se voyait à Londres, dansla collection II.Beckford.

| M. Waagen, qui le mentionne dans son livre sur les arls en Angleterre, parle de cet ouvrage comme d'un prodige de vérité et de transparence.

A la Galerie d:. Goettingue, qui appartient à la fameuse université de celle ville, on remarque un deschefs-d’œuvre du maître : il représente un Incendie.

Dans la fameuse Collection des tableaux deWinckler, de Leipsig, vendue vers le commencement du siècle, il y avait un Hiver, outre deux Clairs de lune.

Les tableaux de Van der Neer, étant presque tous des tableaux à effet, ont été gravés, et par les meilleurs maîtres dans le genre du paysage. On trouve la liste des estampes gravées d'après ce peintre dans le catalogue du célèbre cabinet de Winckler, dont la vente eul lieu à Leipsig en 1801.

Voici le relevé de quelques-uns des prix auxquels sont montés les Van der Neer en vente publique :

Vente de la Roque, 1743. — Un paysage peinf sur bois, représentant un Soleil couchant, dont la bordure est bien sculptée et dorée, I LS francs.

Vente Lebrun, 1806. — Un Clair de lune où l’on voit une rivière sur laquelle sont deux bâtiments : à droite, une barque de pécheurs qui relèvent leurs filets. Ce tableau ne se vendit, — qui le croirait ? — que 56 francs. Il est vrai qu'à la même vente un Paysage de Moucheron, avec des figures d’Adrien Van de Velde, ne monta qu’à la somme de 203 francs.

Vente Cambry, 1810. — Site de Hollande, avec perspective d’un village sur la gauche et une rivière qui occupe la partie opposée. Effet d'une belle nuit d’été, 225 francs.

Vente Érard. d 842. — Paysage avec effet de lune. Plaine marécageuse, bordée d'habitations à gauche, terminée à droite par des arbres. Un petit enclos, plusieurs chemins, beaucoup d'arbres, des mares, une rivière sur laquelle on distingue, vers l'horizon, plusieurs barques, divisent et enrichissent les autres parties du point de vue, 5,900 francs.

Vente du comte C., à Anvers, 1842. — Patineurs sur l'Amstcl, 3,000 francs.

Vente cardinal Fesch, 1845. — Unelarge Rivière traversée par un batardeau formé d’un seul pilotis, et que sillonnent plusieurs bateaux-pécheurs, arrose et partage une vaste étendue de pays. Les bords de cette rivière sont embellis de jolies maisons entremêlées d'arbres. Au premier plan, trois personnes sont arrêtées dans un sentier, la lune se réfléchit dans l'eau et fait briller au ciel d’épais nuages. Prix : 400 scudi (2,400 francs environ).

Même vente.— Un Hiver. Ony voit une centaine défigurés patinant sur une rivière glacée, au-delà de laquelle une ville avec ses clochers occupe une étendue considérable de l'horizon: quelquesarbreschargésde frimas, des joncs, des filets et une barque engagée dans la glace, obstruent à gauche les abords de la ville ; à droite, de grands arbres dépouillés s’élèvent parmi les roseaux; au milieu, plusieurs groupes s'amusent à lancer des boules sur la glace. Un pauvre homme traîne une bûche, etc. Prix: 170 scudi (1,020 francs).

Vente de Guillaume 11, roi de Hollande, 1850. —Paysage hollandais, coupé par un canal bordé des deux côtés de maisons : quelques figures, telles qu’un homme à cheval et plusieurs autres placées sur la rive droite, animent ce paysage. Bel effet de clair de lune. Prix : 1,000 florins. Vente Montcalm, 1850. — Clair de lune, 8,100 francs. Nous donnonsci-dessousla signature de V an derNeeret ses divers monogrammes.

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