C U A H L E S BLANC
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Le Musée du Louvre renferme deux la-bleaux de Govert Flinck : 1° L'Annonciation aux bergers; imitation de l'eaulorle deltembrandt ; ‘2° Une figure (le jeune fille à mi-corps.
Musée d’Amsterdam, — Isaac bénit Jacob.
Fête de la Garde civique. — C’est le tableau que nous avons décrit ici et gravé ; il est signé Flinck, 1G48.
Musée d'Anvers. — Portraits d’un homme etd’une femme, les deux personnages se donnent la main.
Musée de Copenhague. — Portrait d’homme.
Musée de Berlin. 1° Abraham renvoie Agar ; 2° Education de la Vierge.
Pinacothèque de Munich. — 1° Une variante ou une répétition du tableau d’AmsIerdam Isaacbénil Jacob ; 2° Un corps
de garde. — Deux figures grandeur naturelle sur bois. On trouve à la Pinacothèque un portrait de Flinck attribué à Hembrandt. .
Galerie Paui. Eszteriiazy. — Portrait d’homme.
Galerie du Belvédère a Fienne. — Un Vieillard avec barbe.
Galerie de Dresde. — 1° Buste d'un homme vu de profil ; 2° Buste d'un vieillard coiffé d’une calotte noire ; 3° Buste d’un homme à barbe grise, coiffé d’un petit bonnet rouge.
Vente Paignon Di.io.wal, 1821. — Jeune femme à micorps, 76 centimètres sur 06. 100 florins.
Schmidt et Blootelingh ont gravé, d’après Flinck, quelques beaux portraits.
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Ed. Crété.
THOMAS WYCK
N’eût-il fait que. ces jolies eaux-fortes dans lesquelles scintille la lumière du ciel italien, Thomas Wyck ne saurait être oublié dans rhistoire de l'art. 11 y a d’ailleurs sa place marquée en tant que peintre. 11 avait le talent de représenter des ports de mer remplis de mouvement, de figures et de marchandises, des marchés, des charlatans forains, des places publiques, des chasses, des ruines, des cours d’auberge, et tout ce que les Italiens appellent des caprices, capricci; mais le genre qu’il a traité avec le plus de soin, de goût et de bonheur, c’est celui des laboratoires de chimistes. Aussi, les amateurs recherchent-ils de préférence ces sortes de tableaux, parmi les ouvrages de Thomas Wyck. 11 a eu, du reste, sa manière à lui de les arranger, de les éclairer et de les peindre. Sans y mettre la magie d’Adrien van Ostade, sans les envelopper dans une atmosphère aussi pleine, aussi chaude, Thomas Wyck a donné à ses intérieurs d’alchimistes beaucoup de charme et aux objets qu’il y a multipliés beaucoup de saveur.
Ceux qui n’ont jamais vu des tableaux de Thomas Wyck, particulièrement de ses laboratoires ou de ses intérieurs, peuvent s'en faire à peu près une idée en voyant au Louvre la Cuisine de Drolling, avec celte
ÉCOLE HOLLANDAISE
différence que le peintre français a une exécution pauvre, fluide et mince, tandis que celle du Hollandais est nourrie, assez ferme et plus empâtée. Ce qu’ils ont de commun, c’est une certaine propreté de faire, c'est l’abus des reflets, c’est aussi l’exacte vérité d’un grand nombre d'accessoires vus un à un et rendus de même. Et pourtant Thomas Wyck entend assez bien le clair-obscur. Il jette une ombre officieuse sur les arêtes de poissons, les crocodiles empaillés et autres carcasses de bêtes monstrueuses qui pendent au plafond de l’alchimiste. Ordinairement la lumière principale, entrant par l’ouverture même du cadre, vient frapper un amas de fioles, de cornues, de fourneaux, de soufflets et d'alambics, tout un attirail de bizarres ustensiles qui, dans lin pareil sujet, ne sauraient être regardés comme de purs accessoires, et qui sont touchés avec esprit, mais sobrement, l’ne seconde fenêtre, placée au fond de l’appartement, laisse pénétrer un rayon plus doux qui fait écho à la principale lumière et accuse faiblement d'autres objets amortis par l'interposition de l’air. Placé au centre de son laboratoire et coiffé d’une loque ronde, l'alchimiste de Thomas Wyck a cela de particulier qu’il n’est pas vieux, chauve, voûté et grisonnant; c’est, au contraire, un homme dans la force de l’âge, plein de santé, à la mine ouverte et à l’œil vif, qui n’a rien de la mélancolie qu’affectent les alchimistes au fond de leur retraite enfumée, grasse, suintante et mystérieuse. J’en conclurais volontiers que Thomas Wyck s’est représenté luimême dans la personne de scs chercheurs d'or.
Dans ses ports de mer, ses foires, ses marchés, ses bazars d'Orientaux en plein air, Thomas Wyck a aussi de l’originalité. Il est plus naïf que Lingelbach ; il a plus de finesse et de vérité, ou du moins de vraisemblance que Jean-Baptiste Weenix. Au lieu d’être imaginés dans l'atelier du peintre, les tableaux de Wyck ont été faits sur nature, et dans la multitude d'objets que peut offrir un port de mer encombré de marchandises, plein de matelots, de portefaix et de voyageurs débarqués, il a su choisir avec esprit et avec sagesse tout ce qui pouvait intéresser le regard sans fatiguer l’attention. Autant Weenix est invraisemblable, fantasque et même absurde lorsqu'il entasse sur le rivage d'une de ses marines les objets et les figures les plus disparates, par exemple, un chasseur à cheval, tout armé, qui semble prêt à partir pour aller courre le cerf en pleine mer, autant Thomas Wyck est simple, réservé et naturel dans ses compositions, toujours suffisamment animées sans regorger de monde, toujours pittoresques et enrichies de détails agréables, sans qu’il ait besoin d'avoir recours à des motifs de fantaisie pure. Ainsi les étoffes d’Orient qu’un marchand de Smyrne fera dérouler sur le rivage fourniront le prétexte d’égayer le premier plan par des tons caressants et riches. Que si l’artiste veut se divertir à peindre les attributs de la chasse gardés par un épagneul, ce n'est pas sur un quai de Lingelbach ou de Weenix qu'il ira placer des objets de cette nature, mais dans une halle à la Wouwermans.
La physionomie des ports de mer de Thomas Wyck, le caractère de ses fabriques, la chaleur du soleil qui les inonde, prouvent assez qu’il a voyagé en Italie et qu'il a planté son chevalet dans les ports de la Méditerranée. On ne sait malheureusement rien sur ce peintre aimable, qui fut un charmant graveur. Tout ce que nous apprennent les biographes hollandais, c’est qu’il naquit à Harlem en d 6 16 et qu'il mourut de la peste dans cette ville en 1G8G. D’après ses estampes, il est facile de voir qu’il a été à Rome, et il est probable qu'il y a connu Pierre de Laer, son compatriote, qui était plus jeune que lui de vingt ans. Ce peintre excellent, qui s’est illustré à si peu de frais, se trouvait à Rome en 1G36, et il y publia cette jolie suite d’eaux-fortes dont tant de peintres ont imité la manière savoureuse, étincelante de lumière et d'esprit. Nul doute que Thomas Wyck n’ait été séduit par les eaux-fortes de Bamboche, car les siennes sont faites à peu près dans le meme goût. On n’en connaît que vingt-deux, et si elles sont tant recherchées des amateurs, ce n’est pas seulement a cause de la rareté de ces petites estampes, c’est aussi parce qu’elles sont essentiellement pittoresques, lumineuses, pleines d’effet et intéressantes par la variété des scènes familières quelles représentent. Rien de plus naïf que ces eaux-fortes : ici, c’est la famille d'un forgeron qui le regarde tranquillement raccommoder sur l’enclume un de ses outils, tandis que la mère file sa quenouille et que l’âne flaire un tonneau :
THOMAS WYCK (1016) 3
Iti, ce sonl des cuisinières qui jasent auprès d un puits, ou bien des paysans qui attendent qu’un Savoyard ait fait rôtir des marrons dans une poêle; plus loin c'est un mendiant aveugle, sans doute Lazarilie, qui, assis près d’un pont, mange du raisin avec son guide, qui lui en dérobe la plus grosse part; et, dans une autre estampe, le Mendiant qui dame, nous retrouvons ce même Lazarilie qui, par le conseil de son perfide conducteur, saule devant un pilier auquel il se heurte, et tombe il la renverse, tenant sa sébile à la main ’. 11 est ici évident que la scène se passe à Home, et que c’est là qu’elle a