‹ Histoire des peintres de toutes les écolesChapitre 115 sur 136 · LE MENDIANT QUI DANSE · texte numérisé non relu

LE MENDIANT QUI DANSE

été gravée ou du moins dessinée par Thomas Wyck. J’y reconnais, en effet, dans le fond, la montée du Capitole du côté du Forum, celle qui est tout près de Tare de Septime Sévère.

Quant à l’exécution des eaux-fortes de Wyck, elle est vraiment exquise. Ses tailles tremblées et interrompues à chaque instant par les accidents que le graveur rencontre sous sa pointe, expriment à merveille, dans leur marche, en apparence capricieuse, la forme des objets aussi bien que le mouvement des figures. Elles font sentir la surface grenue des vieilles murailles que couvrent çà et là des lichens, les cannelures brisées d’une colonne abattue, les planches noueuses d'une porte à claire-voie, les briques d’une arcade, les fleurs qui poussent parmi les acanthes d'une colonnade en ruines, et l’eau qui écume sous la roue d’un moulin et qui clapote en fuyant. Comme l’ont fait Antoine Canaletti et les Tiepolo, Thomas Wyck ne croise jamais ou presque jamais ses tailles; il se contente de les serrer plus ou moins et de les fortifier par un redoublement de morsure dans les parties ombrées. De

■ Ces deux sujets sont tirés du roman espagnol Lazarilie de Tormcs. Mariette les a beaucoup mieux décrits que Barlsch

ECOLE HOLLANDAISE

celte manière, il laisse transparaître le papier et il obtient celte espèce de frissonnement de lumière qui nous ravit dans ses eaux-fortes.

Il parait que sous le règne de Charles II, Thomas Wvck passa en Angleterre, où ses talents furent tellement appréciés qu’il y demeura le reste de sa vie ; et c'est à Londres, selon Walpolc, que Wyck serait mort en 1G82. Quoi qu’il en soit, n’est-il pas admirable que l’artiste ait le privilège de se raconter dans ses œuvres et de se passer de biographie? Que faut-il à un peintre pour s’inscrire dans l’histoire? Une date, un nom, un simple monogramme gravés au bas d'une eau-forte où il aura traduit la fugitive impression de son âme, un jour de mélancolique humeur ou de gai soleil.

CHARLES BLANC

Thomas Wyck a gravé à l’eau-forle vingt et une estampes décrites dans le 4° volume d’Adam Bartsch.

1. La Fileuse au fuseau. A la gauche de ce petit morceau, une femme assise, vue de profil, et dirigée vers la droite, lilc au fuseau...

Sans marque. Très rare.

Nous en reproduisons un fac-similé en tète de ces Recherches.

2. Les Joueurs. Groupe de trois paysans qui jouent aux cartes; l’un d'eux, vu par

le dos, porte un chapeau rond. Nous avons reproduit par la gravure ce groupe en tête de la notice.

3. La Couseuse. Elle est assise et retourne la tète vers un paysan qui est couché à sa droite et qui tourne le dos.

4. L'Homme ajustant sa chaussure. On remarque particulièrement dans cette pièce un paysan vu par le dos, et s’inclinant pour ajuster la chaussure de son pied gauche.

5. Le Marchand de Marrons. Vis-à-vis de lui, un paysan, couvert d’un grand chapeau, est debout appuyé sur une pierre. Morceau très rare.

6. La Fileuse et le Forgeron. Sur le devant, à gauche, est assise une femme qui file au iuseau. Devant elle, un torgeron,vupar le dos et agenouillé, frappe sur une enclume.

Ce morceau nous parait être une copie d après un tableau de P ie.rre de Laer , comme Weigel l'a fait observer.

7 à 10. Différents paysages ornés de ruines. Suite de quatre estampes : 1° La Tour ronde. Port de mer avec une grande tour à demi ruinée ; 2° La Colonnade. On y voit un mulet chargé qui boit à une fontaine ; 3° La Forge. Sous une voûte, un forgeron est occupé de son travail; 4° Le Puits. Au bord, est un seau avec sa chaîne suspendue à la poulie.

H. Le Mendiant qui danse. Au milieu de ce morceau, un vieux mendiant est représenté sautant près d un pilier. 11 porte son chapeau de la main gauche, et de l’autre une sébile. Pièce quenous avons fait graver, voyezpage 3.

12. Le Mendiant mangeant du raisin. Un mendiant chauve et assis mange d’un raisin qu’il tient de la main droite, et qu’il partage avec un autre gueux à genoux près de lui.

13. Les Cuisinières près du puits. Vue de cour. A la gauche de l’estampe, une femme portant un plat couvert, semble parler à une autre femme.

14. La Femme portant deux paniers. Au milieu est debout une femme qui a un panier sur la tète, et qui en porte un autre de la main gauche. Elle a la tête retournée vers un vieux matelot qui est assis.

15. Le Marchand oriental. Un Oriental est debout près de plusieurs ballots de marchandises, faisant signe à deux matelots occupés à transporter d’autres ballots.

16. Le Magasin de marchandises. Un homme debout, vêtu à l'orientale, parle à un autre, habillé de même, assis, vu de profil et dirigé vers la droite.

17. Les Matelots occupés sur le rivage. Ils sont au nombre de quatre au bord d’une rivière chargée de plusieurs bâtiments.

18. La Fileuse près du pécheur. Sur le devant à droite, une femme qui lilc au fuseau, est debout près d’un homme qui pèche à la ligne, assis sur Je bord d’un ruisseau.

19. Le Pont. Ce pont est orné vers la droite de deux piliers carrés, et surmonté, au milieu, d’une espèce de grosse tour percée d'une porte.

20. L" Moulin à eau. A la gauche de ce morceau s’élève un moulin dont la roue est mise en mouvement par une rivière qui coule de la droite du fond vers la gauche du devant.

21. La Femme près de l'homme qui se repose. A une petite distance, à gauche, s'élève un autel de la Vierge, en basrelief. Le chiffre de l’artiste est marqué à gauche.

Toutes ces pièces portent le nom ou le monogramme de l’artiste, composé des lettres T. etW. entrelacées.

22. La Malle entr ouverte. Pièce inconnue à Bartsch, mais décrite dans le Catalogue Rigal.

Le Louvke ne possède aucun tableau de Thomas Wyck.

Musée Fabre a Montpellier. Paysage-Marine. Le Corsaire levantin et le Juif. Intérieur de Bazar sur le quai d'un port de incr.

Musée d’Amsterdam. Dans un intérieur, on voit une femme occupée à filer : près d’elle est un enfant avec un chien.

Pinacothèque a Munich. Un alchimiste dans son laboratoire entouré de beaucoup de livres ouverts.

Vente du Cardinal Fescii, 1845. Une Cour d'auberge. Dans l’intérieur de la cour, où sont étalés çà et là une selle, des pots, des paniers, un tonneau, des légumes, «te., un petit garçon est assis à terre au pied d’une couseuse. Plusieurs autres ligures, deux ânes et un cheval... 540 fr.

Vente de La Salle, 1856. La Malle entr' ouverte. Superbe épreuve signée, au verso: P. Mariette, 1671. — Cette belle pièce, que Bartsch n’a pas décrite, se trouve dans le cabinet Rigal, au n° 32 de l’œuvre du maître. 80 francs.

Vente Mariette, 1775. Un volume oblong, contenant quatorze petites Ruines, composées et gravées par Th. Wyck. Vendu avec d’autres pièces, par Breemberg, C. de Vael, Van Aclcen, Ruysdael, Bleker, Bargas et J. Miel.

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