‹ Histoire des peintres de toutes les écolesChapitre 117 sur 136 · ISA AC OSTADE · texte numérisé non relu

ISA AC OSTADE

cagneuses et dont la trogne a moins de bourgeons. Pour tout dire, enfin, ce sont des magots bâtards, etc est peut-être la pire espèce. Voilà pourquoi sans doute les premières bambocha'des de notre artiste n eurent qu un médiocre succès et furent considérées comme de peu de valeur (heu are cmstdered of Utile value, dit John Smith, dans sou catalogue1.

Mais il arriva un beau jour que le chevalet d’Isaac Ostade lut éclairé par un rayon du génie de

Rembrandt. Cette lumière d’or qui avait illuminé la Monde de nuit, on la vit reparaître dans les scènes rustiques d’Isaac, non plus concentrée et brillant d’un éclat fantastique, mais diffuse, répandue dans l’air et se mariant avec le brouillard humide de la Hollande. Il n’est pas de hameau pour peu qu’il soit ombragé d’un bouquet de hêtres, qui ne devienne charmant à voir à travers cette atmosphère dorée qu interpose le génie du peintre ou plutôt son sentiment personnel, intime. L obscur asile d’un bûcheron, sur la lisière d’une forêt silencieuse, peut servir de motif à un tableau qui enchantera le poete, si l’artiste a su y démêler autre chose que des briques et du chaume. La

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Angleterre. Nous citerons 1 appréciation de cet expert louchant la bonne manière du peintre : « Hc allemands chan»cd lus style oi paintmg, and acquiredonepecuüarly lus own , andat the saine time selected different subjects for représentation rh * t,;av,cllers, hal ,‘"S '■>, cattle . etc., ai counlrv inns. „r views in villages, and canal s^n "S Undër

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i ÉCOLE HOLLANDAISE.

campagne csL ainsi : elle a son idéal cl. sa prose. Si on lie la regarde pas a travers une gaze de poésie, comme l’ont vue les grands paysagistes, les Ruvsdael, les Ilobbema, les Isaac Ostadc, les Karel Dujardin, il peut arriver qu’on se heurte à une réalité grossière ou insignifiante. Combien la pure imitation, par la chambre obscure ou la plaque chimique, d’une chaumière assise au bord d’un chemin, serait loin de produire l’agréable effet, l’émotion intérieure et indéfinissable que nous ressentons à la vue de cette même chaumière peinte par Isaac Ostade! Et pourquoi? Parce que le peintre lui-même ne l’a pas vue d’un œil indifférent, parce qu’il a senti jusqu’au fond de l'âme le charme éternel des lieux rustiques, la saveur agreste des haies vives qui protègent le verger d un paysan, la grâce d’un arbuste, le pittoresque (fuite clôture qui arrête un instant la marche de quelques brebis, la douceur d’un ciel voilé, toutes ces ineffables impressions de plaisir naïf, de calme ou de mélancolie que réveille une promenade faite au hasard dans les champs. Et ce chemin <pii passe devant la cabane servant d’hôtellerie aux voyageurs, ce chemin inégal, raboteux et un peu encaissé, le poète y entrerait volontiers malgré les ornières que les chariots de la ferme voisine y ont laissé; il s’arrêterait un instant peut-être à la porte de ccttc pauvre auberge, devant laquelle un vieux cheval blanc baisse la tète pour manger l’avoine dans une auge portative; il écouterait les propos de quelques villageois attardés sur le seuil et causant de la récolte, des présages d’inver, de la pluie qui tombera le lendemain, et il irait ensuite s’enfoncer dans le- bois, ou, cheminant sur la lisière, poursuivre cet indécis horizon que vous apercevez là-bas noyé dans la brume.

Ceux qui recommandent aux peintres le choix des sujets ont grandement raison sans doute, quand il s’agit de la peinture historique ou même de celle qu’on appelle d'intérieur et de genre. On peut assurément demander à tel peintre hollandais ce que signifie, par exemple, le tableau qui représente une femme accrochant une volaille a en croisée. Qui espère-t-on retenir devant une pareille action? Mais dès qu’on se place en présence de la nature, dès qu’on aperçoit la campagne et le ciel, qu importe le sujet? La simplicité, même, est souvent alors ce qu’il y a de mieux. Le plus petit coin de ce grand spectacle n’a-t-il pas le droit de nous intéresser? Pourvu que le peintre entrouvre une porte à notre imagination, nous sommes contents, et si étroite que soit 1 issue, notre poésie s y précipité aussitôt, et la voilà qui parcourt, libre et ravie, les coteaux boisés, les vallons verts et fleuris, les forêts, les champs, les plaines de l’air. Et que faut-il de plus? N’est-ce donc rien que de mettre notre âme en communication avec cette grande âme de la nature qui semble transpirer dans le frémissement des bois, gémir dans le souffle du vent? Quelle peinture héroïque pourra nous procurer de plus nobles élans, élever plus haut le vol de notre pensée?

11 lut un temps, et il n’est pas éloigné, où le sentiment de la nature avait complètement échappé à nos Français, trop perdus dans les spéculations philosophiques. Ainsi, la nature pour elle-même ne leur suffisait point. En vain, Jean-Jacques, Bernardin de Saint-l’ierre, Chateaubriand, Sénancour nous avaient montré à lire dans ce beau livre; nos penseurs l’avaient désappris. Je parcours un ouvrage classique de ce temps-là, fort estimable d’ailleurs, et j’y découvre une si étrange hérésie, que c’est à n’en pas croire ses yeux. « Ne convient-il pas d’ajouter que le peintre doit non seulement „ choisir des sujets qui manifestent évidemment un caractère d instruction morale, mais que tous » les sujets, quels qu’ils soient, sont plus ou moins susceptibles de devenir une leçon sous le pinceau » du peintre philosophe?... Si nous voulons considérer à ce point de vue le plus grand nombre des » tableaux fameux de nos galeries, nous n’en trouverons peut-être pas dix qui offrent cette qualité » ou ce profit tout moral que nous réclamons ici. Ouvrons, par exemple, le catalogue des tableaux » exposés au Musée royal, à Paris, 1827, et prenons au hasard un certain nombre d’indications... „ y' 095. Ostade (Isaac N ais) — « L u paçjsan clans sa charrette s arrête à la porte d un cabaret pour se „ rafraîchir. » La peine que prend un peintre qui produit de semblables tableaux, ne serait-elle pas » mieux employée s’il s’occupait de faire des souliers ou des habits, ou un métier utile à la » société1 ? »

I Traité complet de la peinture, par M. Paillet de Montabert, tome VIII. pages m, W«. Paris, Bossange, 18*. - L’auteur de ce grand ouvrage était un élève de David. Il peignait fort bien lui-même, surtout à le nrc, car la peinture a l’huile lui paraissait un procédé très imparfait, sujet à un interminable obscurcissement . cl il ne cessa de la décrier

ISAAC OSTAÜJi [1017.

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Se peut-il qu’il soit parlé ainsi d’un des plus admirables paysages qui aient jamais été laits par aucun peintre, et qu’un tel langage se trouve dans la bouche d’un homme aussi savant et aussi distingué que M. de Montabert! Et pourquoi donc un paysan et son chariot ne trouveraient-ils pas leur place en un paysage du style champêtre? Fallait-il d’aventure que le bon Ostade fit passer par

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