ANTOINE MORE
ou qu'il ait jamais vu l'Italie. More s’est représenté tenant à la main sa palette, devant un chevalet, sur lequel on ne voit qu’un cartel. Ce portrait a cela de singulier, qu’on lit dans le cartel une inscription
versiliée en trois langues, en grec, en latin et en italien. Voici la version italienne : elle est de Salvini et ne contient, du reste, que des louanges banales:
Cnaffe ! di clii il ritralto ?
Dell’ ottimo pitlore;
Di co!ui, ck’Apelle, e Zeusi Col restante degli antichi Ei novelli tutti quanti Nell’ arle superb.
Egli fu che sua figura Di propria man qui pinse Mirandosi d’acciaro In un forbito specchio.
O excellente fabro !
Poiche questo finto Moro, Torse, o Moro, parlera.
« ÉCOLE HOLLANDAISE
Antoine More travaillait, lorsqu'il mourut, ;i une Circoncision qu'il peignait pour l'église cathédrale d’Auvey et qu il laissa inachevée. Ce tableau, dit Van Mander, eût été une œuvre magnifique, si le peintre avait pu la terminer. Pour nous, qui n'avons jamais vu de sa main que des portraits, nous ne pouvons juger de ses talents comme peintre d’histoire ; mais ce que nous disons sans la moindre hésitation, c’est qu’Antoine More est, pour les portraits, le Titien de la Hollande.
en AH LE S BLANC.
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Mi ske du Louvre. — On n'y voit que deux morceaux d Antoine More : 1° le Portrait d'un homme vêtu d'unpourpoinl de satin noir à munchcs tombantes : il indique de la main droile une monlre ; 2° le Nain de Charles-Quint. C'est le portrait qui est gravé dans la présente notice.
Musée de i,a Haye. — Portrait d'homme à mi-corps. Il est assis devant une table. Il a été gravé pour cette notice, voyez page 3.
Palais de Madrid. — Beaucoup de peintures d’Antoine More ont péri dans l’incendie du Prado en 1608. Il en reste cependant deux au palais de la reine, à Madrid. Ce sont les portraits de deux daines assises dans leurs fauteuils, etdont l'une tient à la main une rose, l'autre un petit chien. Ces deux portraits ont été gravés au pointillé par Vasquez père et lils, en 1705.
Musée du Belvédère, a Vienne. — On y compte sept portraits de More :
1-2. Deux portraits en pendants, homme et femme. Ils sont datés de 1564. La femme a une coiffe garnie de dentelles et une fraise à larges plis.
3-4. Deux autres portraits en pendants : un homme qui lient des gants, et une jeune femme qui relève de la main gauche une chaîne d'or qui pend à sa ceinture.
11. Portrait d’un homme de qualité portant barbe et vêtu de noir. Il lient ses gants de la main gauche et s’appuie île la droile sur une table, sur laquelle on voit un livre et une riche écritoire. Antonius Mor. faciebat. 1349.
6. Portrait du peintre Gilles Mortaert , vieux ; cheveux courts, barbe rougeâtre, fraise à dentelles.
7. Portrait de Y Archiduc/u sse Marguerite d'Autriche , fille de Charles-Quint. Elle est âgée, richement vêtue et chargée de pierreries.
Angleterre. — Au palais de Ilampton-Court. Deux portraits de femme.
Chez M. Ncels. Portrait de Thomas Gresham, tenant une orange.
t «titan»
Chez M. Ilolford. Portrait de Walsingham.
Société des Antiquaires. Portrait de More avec l'inscription Ant. Morus Phi. Hesp. Ilegis Pict. De scorelio Pictori a" mdlx .
Muilland. Portrait du docteur Butls (immortalisé par Shakspeare) et de sa femme.
Petworth. Portraits de Sir Henry Sidney .et de Marie Dudley, sa femme, père et mère de Sir Philippe Sidney. Datés de 1553.
Chez le vicomte Dillon. Sir Francis Drake, célèbre marin. Daté de 1868. En celte année, Sir Francis Drake n’avait que 23 ans, et comme le personnage représenté paraît être dans 1 âge mùr, il y a lieu de croire qu’il est nommé par erreur Sir Francis Drake. Ce Portrait, exposé à Manchester en 1857, est reproduit au commencement de cette notice.
Chez le comte de Carlisle. Portrait de la reine Marie, seconde femme de Philippe IL
A Bromby. Elisabeth de Valois, troisième femme de Philippe II. Daté de 1369, selon M. Waagen. (Ne serait-ce pas plutôt 1559, année du mariage d’Elisabeth avec Philippe-')
Chez lord Spencer. Portrait de Philippe II exposé à Manchester. — Portrait de More ; c’est celui qui est décrit et gravé dans celte notice, et qui fut exposé à Manchester. — Une dame vêtue de velours rouge avec manches blanches, coi Ifure et corsage brodés d’or.
Chez lord Yarborough. Portrait contesté de la reine Marie. Elle est en cornette et en robe noire, avec manches rouges ; assise et vue de trois quarts. Exposé à Manchester.
Vente Prince de Cahignan. — Portrait d'un architecte tenant une équerre et un compas, 1 006 livres.
Vente Walpole a strawberry-iiill, 1842. — Portrait du duc de Norfolk. 42 guinées, soit 1,092 fr. 30 cent.
Même vente. — Autre portrait du duc de Norfolk en miniature, 33 guinées. Adjugé à M. P. Howard, esq.
Même vente. Portrait de John lord Shelfield, 14 guinées. Ce portrait provenait de la collection Buckingham.
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