‹ Histoire des peintres de toutes les écolesChapitre 76 sur 136 · LA FEMME QUI NE DORT PAS · texte numérisé non relu

LA FEMME QUI NE DORT PAS

avaient été plus d’une fois exercées. 11 faut donc attribuer à l'influence des traditions domestiques, le goût prononcé de Gérard Terburg pour ces simples et paisibles drames de la vie intime; drames sans mouvement et sans bruit qui n’agitent que la pensée, et dont toute l’intrigue consiste dans un serrement de main, dans l’abaissement d'une prunelle, dans l’échange d’un regard ou d’un sourire.

CHARLES BLANC

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Les ouvrages de Terburg sont fort rares. On n’en connaît guère plus de 80 en Europe. La plupart sont immobilisés dans les collections nationales et dans les galeries de l’Angleterre. 11 n’en a été gravé qu’un petit nombre, tant au burin qu'à la manière noire, par Basan, Audoin, Vaillant, Simon Fokke, Van Somer, Gaillard et autres. Suyderhoefa fait d’après Terburg un deses chefs-d’œuvre, la Colère de buveurs, et Wille ses plus célèbres estampes, l' Instruction paternelle, la Gazetièrc hollandaise.

Le Musée du Louvre renferme quatre Terburg : f° Un militaire offrant des pièces d'or à une femme. — C’est le tableau dont nous avons parlé et qu’on appelait autrefois la Courtisane. — Il provient de la vente Van Slin-

gelandt faite à Dort en 1785. Il fut adjugé à 2,635 florins. 11 vaut maintenant 30,000 francs, au moins.

2° La Leçon de musique. — Un jeune cavalier joue du luth, assis près d’une table où sont posés un cahier de musique, un chandelier, un vase. A droite, une femme debout, coiffée en nœuds de rubans, tient dans ses mains un livre de musique. Un petit chien sur un fauteuil, une servante qui entr’ouvre la porte et une carte de géographie complètent la composition. Au bas de cette carte on lit : Burg f. 1660. — Ce tableau fut acheté par Louis XVI à la vente Braamcamp, en 1771, 800 florins seulement.

3° Le Concert. — Une jeune femme, en jupon de satin blanc et corsage jaune, est assise près d’une table et

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cliaote en tenant un papier d'une main. A gauche, derrière la table, une femme debout l'accompagne sur un sistre ; à droite, un jeune page apporte un verre sur un plateau d’argent. Sur le barreau de la chaise, on lit : T. Burg.

4° Assemblée d'ecclésiastiques. — Ils sont tous vêtus de robes noires, avec rabats et bonnets, dans une vaste salle éclairée par de hautes fenêtres. On remarque à droite quatre évêques encamail. — Ce n'est qu'une belle esquisse.

Musée d’Amsterdam. — Les plénipotentiaires de V Espagne e.i de la Hollande qui ont assisté à la conclusion de la paix à Munster. Gravé par Simon Fokke. — L'Instruction paternelle. C’est une variante du célèbre tableau que NVille a gravé et qui est connu de tout le monde. Il y a de plus dans celui du Musée d’Amsterdam un grand chien de chasse à poil rude, qui se tient près de la chaise du père.

Musée de La Haye. Portrait en pied qu’on dit être celui de Terburg lui-même. — Un officier ayant à la main une. lettre remise par un trompette, et une dame écoutant la lecture de la lettre avec attention.

Pinacothèque de Munich. — Le Trompette. Il remet une lettre h une dame élégante qui est assise à une table; de l'autre côté, une servante qui porte un plateau et une aiguière d’argent. Gravé en manière noire par Vaillant.

— Un jeune garçon tient un chien dans ses genoux et s’amuse à lui chercher les puces. Auprès de lui. on voit un chapeau et un étal de boucher.

Galerie de Dresde. — Une jeune femme , en robe de satin blanc bordée d’une dentelle d'or, se lave les mains dans un bassin d'argent que lui tient une servante qui lui verse de l'eau. — Une dame en robe de satin blanc et fichu noir, et tournant le dos au spectateur, est debout devant une table couverte d'un tapis rouge. — Une dame en casaquin de velours bleu, bordé d'hermine, joue du théorbe en regardant un gentilhomme assis de l’autre côté d’une table. — Une jeune femme, assise, joue du luth, tandis que son maître, debout derrière elle, parait suivre l’exécution du morceau.

Galerie du Belvédère, a Vienne. — Une dame, coiffée de dentelles noires et vêtue d’un casaquin de soie jaune, bordé d'hermine, pèle une pomme pour son enfant qui la regarde avec impatience. — Une répétition de ce tableau, tout aussi belle, se trouvait à Paris dans la collection Boursault.

Musée de Berlin. — L'Instruction paternelle dont nous avons parlé plus haut, et dont il existe une répétition à Amsterdam.

Collection du prince Esterhazy. — Le Cadeau de. l'amant. Composition de quatre figures. Ce tableau capital a été maladroitement restauré.

Galerie de la reine d’Angleterre. — Jeune fille lisant une lettre à sa mère. Elle est vêtue de satin blanc et très gracieuse. La mère est de l'autre côté d'une table. Un page s’approche, tenant un gobelet d’or et une soucoupe. Ce morceau est exquis. Il provient de la vente Geldemeestre, où il fut acheté par sir Francis Baring, 450 livres (12,500 fr.). — Jeune fille à table. Elle est habillée de velours pourpre, garni d’hermine, et reçoit d'un gentilhomme l'invitation de boire un verre de champagne.

— Provenant de la collection de l'abbé Le Blanc, d'où il était sorti, à la vente, pour 1,221 liv.

Galerie Bridgewater. — Une jeune fille, habillée de satin blanc et tournant le dos au spectateur, tient un cahier de musique. A droite sont assises deux personnes, un cavalier qui écoule et une femme âgée qui boit un verre de vin.

Galerie Sutherland. — Un gentilhomme entre chez une dame et la salue profondément. Dans le fond, trois musiciens. La dame est, comme toujours, vêtue de satin blanc.

Collection Robert Peel. — La Leçon de musique. — q Une dame joue du théorbe. Elle estassise à une table, de l’autre côté de laquelle est son maître de musique. lTn homme de distinction les écoute. — Ce précieux tableau provient des collections du duc de Choiseul et du prince de Conti et a passé successivement dans les cabinets de Praslin, Seréville et du prince de Galitzin. Robert Peel l'a payé 020 guinées (environ 24,000 francs).

On trouve encore quelques tableaux de Terburg dans plusieurs galeries célèbres h Londres, chez le marquis de Bute, b Lutonhouse ; dans les cabinets de M. Six et de Mmc Van Loon, à Amsterdam, du prince d’Aremberg, à Bruxelles, dans les musées de Turin, Stockholm, Copenhague, etc.

M. Cotti ni, à Paris, possède un tableau curieux et capital de Terburg, représentant un Jeu de bagues auquel prennent part quinze cavaliers ; parmi les spectateurs, on croit reconnaître Terburg lui-même. — Grande composition de 65 figures, signée du monogramme T. B. G.

Aux prix que nous avons indiqués plushaut, nous ajouterons ceux que nous relevons dans les catalogues de vente.

Vente nu comte de Vence, 1750. — Le Magister hollandais, tableau gravé par Basan. 400 fr.

Vente du duc de Choiseul. 1772. — Le Veire de limonade, tableau gravé dans la galerie Choiseul. 4.000 livres.

— La Santé portée et la Santé rendue, deux tableaux gravés dans la galerie Choiseul. 3,101 livres les deux. —

L'Intérieur d’une cour de paysati. 4,800 livres. — La Leçon de musique. C’est le tableau qui se trouve aujourd’hui dans la collection Robert Peel. 3,000 livres. Il est gravé dans la galerie Choiseul.

Vente Blondel de Gagny, 1776. — Deux tableaux, dont l'un représente une femme assise, lisant une lettre ; l’autre une femme qui écrit, et la suivante qui attend. 3.902 livres.

Vente Randon de Boisset, 1777. — Trois dames dans une Chambre : l'une, assise, écrit une lettre, dont l’autre semble suivre le contenu, appuyée sur le dos d'une chaise ; la troisième, debout auprès de la table. 28 pouces sur 23. 10,000 livres.

Vente prince de Conti, 1777. — Le tableau dont nous venons de parler, sous le titre la Leçon de musique, 4,800 liv.

— Les deux tableaux de la vente Choiseul, connus sous le nom de la Santé portée et la Santé rendue. 3,000 livres les deux. — L'Intérieur d'une cour de paysan, le même que celui ci-dessus. 2,400 livres.

Vente Poulain, 1780. — L'intérieur d'une écurie. Gravé dans la galerie Poulain. 2,400 livres. — Les deux tableaux de la vente Blondel de Gagny, ci-dessus décrits, en deux articles, 5,180 livres, soit 4,550 le premier, et 630 seulement le second. Celui-ci était sans doute une copie.

Vente Robit, 1801. — Trois dames dans une chambre. Ce tableau, précédemment vendu 10.000 livres à la vente Randon de Boisset, ne monta ici qu’à 9,000 fr.

Vente Séreville, 1812. — La Leçon de musique, la même qui a figuré plus haut dans les ventes Choiseul et Conti, et qui depuis avait passé dans le cabinet Praslin où elle s’était vendue 13,001 fr., 15,000.

Vente Prince Galitzin, 1825. — Le même tableau dont nous venons de parler, 24,300 fr. Il est aujourd’hui, nous l’avons dit, dans la riche collection Robert Peel.

Vente duchesse de Berri, 1837. — Les Plénipotentiaires de la Hollande et de l'Espagne signant la paix à Munster. Cuivre, 16 pouces sur 21. C’est le tableau qu’a si merveilleusement gravé Suyderhoef. 45,500 fr. — M. Demidofl.

Nous reproduisons ci-dessous les divers monogrammes de Terburg et sa signature d’après un des tableaux du Louvre.

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HERMAN SAFT-LEVEN ou ZACHT-EEEVEN

En quelques lignes, Hagedorn a parfaitement caractérisé le talent et les peintures de ce maître : « Herman Sacht-Leven, dit-il, s’est attaché à rendre les montagnes qui bordent les rives du Rhin. Il avait soin de les varier et de les mettre en opposition avec les plus belles vallées. Dans son ardeur infatigable, il montait sur ces hauteurs d’où il promenait ses regards sur un pays immense, couvert de maisons de plaisance et de villages, et disposé, avec le fleuve majestueux qui sépare ce pays, à s’arranger de lui-même pour lacomposition du tableau. Desbateaux de marchandises, des tonneaux roulés sur le rivage, d’autres dressés pour servir d'appui au spectateur, des matelots occupés à différents travaux, tous ces objets qui frappaient les regards du peintre, ornaient ses compositions et les animaient. Le coteau à l’ombre duquel l’artiste considérait les ouvrages delà nature et l'activité de l’homme, formait l’avant-scène du spectacle. Mais l'effet adouci delà lumière du soleil qui pénètre le long des branches jusqu’au feuillage intérieur, et les transparences de la verdure répandent sur ce premier site un charme entraînant. Pour le repos de l’œil, il avait soin de placer peu de figures sur le devant de son tableau : il voulait y faire dominer le plan du centre et les lointains. »

ÉCOLE HOLLANDAISE

Voilà qui est bien jugé et qui est bien dit, mais il en est d'Herman Saft-Leven et de son frère Corneille, comme d’un très grand nombre de peintres hollandais : il est plus facile d'apprécier leur talent que de connaître leur vie. Tout ce que nous savons par Sandrart, qui fut son contemporain, c’est qu’Herman était né à Rotterdam en 1609, et qu'il excellait à peindre les paysages et les travaux rustiques1. Houbraken, qui est venu après Sandrart, n'a rien ajouté à ces avares renseignements, et nous ne savons pas même en quelle année est mort Saft-Leven. D'Argenville donne la date de 1685, sans dire où il l’a puisée. Ce qui est certain, c’est que la vie du peintre qui nous occupe s’est passée presque tout entière à Utrecht ou dans les environs, et qu’il a fait de fréquentes excursions sur les bords du Rhin, en remontant ce fleuve dont les rivages sont si plats en Hollande, jusqu’à ce qu'il le trouvât encaissé d’une façon pittoresque, tantôt par des montagnes rocheuses hérissées de sapins, tantôt par des collines gracieusement boisées, semées de jolis villages ou accidentées de quelque ruine féodale. Ses tableaux, ses eaux-fortes et les beaux dessins gravés d’après lui par Jean Van Aken, nous disent tout cela plus clairement et plus sûrement que toutes les biographies. Les paysagistes ont ce privilège qu’ils écrivent, sans y songer, dans leurs peintures, l'histoire de leurs pensées et de leur caractère, le récit de leurs mobiles impressions, le journal de leur vie intime, silencieuse et ambulante. Chacun de leurs tableaux nous dit les endroits où ils plantèrent leur chevalet, l’arbre qui leur prêta son ombre, le rocher qu’ils choisirent pour premier plan, la montagne d'où ils aperçurent ces perspectives heureuses qui nous charment aujourd'hui, parce qu’eux-mêmes ils en furent charmés. Cela est vrai surtout des peintres hollandais qui, dans leur amour pour la nature, se gardaient bien d’y rien changer, et ne s'occupaient que de la rendre telle que Dieu l'a dessinée et colorée, avec tous les phénomènes de relief et d’enfoncement, de précision et de mystère, qu’y produisent la lumière et l’ombre.

Quand il s’agit de peintres qui ont apporté dans leurs œuvres tant de conscience, une ingénuité si aimable et une si profonde sincérité, il est impossible de se tromper sur les prédilections de leur esprit, sur les habitudes de leur existence, et particulièrement sur les pays qu'ils ont parcourus, puisque, à chaque pas, ils ont représenté la campagne qu’ils avaient devant les yeux. Aussi sommes-nous bien assurés que d’Argenville a commis une erreur lorsqu'il a dit que Saft-Leven avait voyagé en Italie. Un tel voyage n'aurait pu se faire sans qu'il en restât quelque trace dans les paysages du peintre de Rotterdam, et cependant il n’est pas une seule de ses peintures dont la vue ne soit prise, ou dans la ville d’Ulrecht ou aux environs, ou sur les rives de la Meuse, ou sur les bords du Rhin, en amont de Cologne, à la hauteur où le fleuve présente les ligneslesplus mouvementées elles rivages les plus intéressants pour l’œil d’un artiste. Jamais on ne voit dans un paysage d’Herman Saft-Leven ces nobles fabriques, débris de pyramides ou d’obélisques, temples circulaires, colonnades ruinées et en fleurs, statues mutilées, dont s’embellissent toujours les campagnes de Nicolas Poussin, du Guaspre et de Claude, et que l’on retrouve dans les tableaux des peintres hollandais qui ont passé les Alpes, tels que Berghem, Asselyn et Barthélemy Breenberg.

On peut se faire une idée juste des ouvrages d’Herman Saft-Leven en prenant pour types de sa manière trois sortes de tableaux, dont le premier représenterait un intérieur de ville, le second une vue du Rhin ou de la Meuse avec tous les épisodes qui animent ordinairement les rivages d'un grand fleuve, et le troisième un paysage de Hollande égayé par des travaux et des amusements rustiques. Les vues de villes furent les premiers ouvrages de Saft-Leven, et il paraît qu’il commença de très bonne heure à les peindre, car il existe de lui des tableaux de ce genre qu'il a dû faire à l’âge de seize ans. Nous lisons, en effet, dans le catalogue de la vente Braamcamp, qui eut lieu à Amsterdam en juillet 1797, la description d’une peinture du maître, qui « représente la place de la ville d'L’trecht, nommé le N eu, au milieu de laquelle on voit un corpsde troupes : les W.aast-Gelders , levées en 1616 par Barnevelt et congédiées parle prince Maurice. Sur le devant manœuvrent des cavaliers, l’effet de ce morceau est admirable ». Maurice de Nassau étant mort en 1625, il résulte de la description qui précède, que le tableau de Saft-Leven a dùêlre peint avant

1 fioterdami nalus anno 1609, in pingendis subdialibus variis nec non rebus ruralibus et œconomicis similibus exprimendis cxcellcbat, lam ob curam quam ob argutiam. — Academia nobilissimœ artis picloriœ ; Norimbergæ, 1683.

celte année 1623 ou celle année même, etpar conséquent lorsque l'artiste avait tout au plus seize ans. Quelle précocité dans ces natures pourtant septentrionales ! et comment ne pas croire à une vocation qui se déclare dans un âge si tendre par des morceaux d'un efj'el admirable , comme dit le catalogue Braamcamp, rédigé par les plus grands connaisseurs de la Hollande, les Y ver, les de Winter, les Ploos van Amstel ?

Les environs d'Ltrechl sont si riants et d'une si belle verdure qu'il n’est pas surprenant qu’un peintre s’y soit fait paysagiste, surtout un élève de Van Goyen, car il parait que Saft-Leven avait été à l'ccole de cet habile maître, le plus hollandais certainement de tous ceux qui ont peint la Hollande. Dans ses

l’hiver

promenades à travers la jolie province d’Utrecht, Herman remarqua d'abord le côté pittoresque, les travaux et les divertissements champêtres, l'animation que produit dans les prés la coupe des foins, les tableaux tout faits que présentent les jeux des faneuses, ou bien leur repos quand elles sont groupées et assises sur l’herbe courte à l’ombre d’une meule. Les amusements d’hiver furent aussi l’objet de ses études, et, comme le faisaient tous les paysagistes de ce temps-là, il prit plaisir à dessiner et à peindre des patineurs qui se fuient et se poursuivent sur la glace d'un canal, en y gravant des chiffres avec le tranchant de leur semelle d’acier, ou en riant de la chute d'un novice ; il observa ces jeunes paysannes qui, penchées avec grâce sur un talon, portent leurs denrées à la ville en passant comme une flèche.

Ces tableaux de la vie des champs occupèrent la seconde période de l’existence de Saft-Leven ; mais il ne se borna pas à peindre les saisons de l'année et les scènes rustiques qui y correspondent ; il en fit aussi le sujet de quelques eaux-fortes remplies de lumière, de mouvement et de saveur1. Sans ressembler

1 Herman Saft-Leven a gravé à l’eau-forte et au burin trente-six pièces qui ont été décrites par Adam Bartsch dans le premier tome de son Peintre-graveur , et pour lesquelles on peut consulter aussi le Supplément de M. Rudolf Weigcl.

i. Portrait d'Herman Saft-Leven. Il est représenté à mi-corps et de face, ayant une petite calotte sur la tète; se-

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à celles de Berghem, ni de Van de Velde, ni de Karel du Jardin, ni de Rogman, ni aux paysages gravés de Rembrandt, quelques-unes des estampes de Saft-Leven, par exemple les Quatre Saisons et la Porte des Femmes Blanches (Wilte-Wrouwen poort), sont/aites dans le même principe, c’est-à-dire à peu de frais, à la manière des peintres.

oreilles sont couvertes de deux grands toupets de cheveux frisés. Il porte de petites moustaches et une petite barbe audessous de la lèvre inférieure. Il tient un petit rouleau dans la main droite. Dans la marge du bas est écrit en lettres capitales : Herman Saft-Leven , et plus bas, vers la gauche : D. Saft-Leven pinx. 1660.

2 à 10. Différentes figures d'hommes et de femmes. Suite de neuf pet ites estampes datées de l’année 1647, et marquées du chiffre de l’artiste. 1. Le Mercier. Il est vu de profil, dirigeant ses pas vers la droite, et portant devant lui un panier avec de la mercerie. 2. Vieillard lisant dans un livre. Il porte une barbe longue, a la tête couverte d’un chapeau rond, et le corps d’un manteau court. Vu de profil et dirigé vers la droite. 3. Jocrisse. Un paysan assis, vu de profil et dirigé vers la gauche ; il semble compter des grains qu’il laisse tomber dans un petit pot placé sur ses genoux. 4. Le T à le-Poulc. Autre paysan, vu presque par le dos, et dirigé vers la gauche; il est assis sur une butte, et a sur ses genoux une poule qu’il tâte. o. Le Buveur. Garçon buvant dans une cruche, tandis qu’il laisse écouler un tonneau qui est à sa droite, et devant lequel il est debout. 6. La Charité. Une paysanne assise, dirigée vers la gauche, et ayant sur ses genoux un petit enfant. 7. La Patience. Un homme qui pêche à la ligne. Il est assis sur une butte et dirigé vers la gauche. 8. Le Pouilleux. Il est assis sur une butte et dirigé vers la droite. Il a ses jambes écartées, et cherche ses poux dans son sein. 9. Gueux qui cherche les puces de son chien. Il est assis à terre et il a entre ses jambes écartées un grand chien, à qui il cherche les puces. 11. Le Paysan. Paysan vu de profil, dirigeant ses pas vers la droite de l'estampe ; il porte sur le dos un petit paquet de ramilles, attaché à un bâton.

12 à 17. Différents paysages en largeur. Six estampes de 81 millimètres environ de hauteur, sur 110 millimètres environ de large. On les nomme : le Bateau ; l'Homme monté sur un âne ; le Fendeur de bois ; les Ruines ; le Fanal ; le Pays montueux. Toutes ces pièces portent le monogramme de l’artiste, composé des lettres II et S enlacées. La troisième est datée de 1646 ; la cinquième de 1610.

18. Le Paysage à la grande rivière. Un vaste pays avec la vue d’une grande rivière qui serpente depuis la droite jusqu’à la gauche, dans le fond de l’estampe. Sur le bord au delà, est une chaîne de hautes montagnes, au bas de l’une desquelles est une ville dont la haute tour carrée se distingue particulièrement... Sur le devant à droite, un homme est assis au haut d’une colline entièrement ombrée. Le chiffre de l’artiste et l'année 1667 sont marqués à gauche dans la marge du bas.

19. Le Laboureur. Ce morceau fait le pendant du précédent. Sur le devant à droite, est la porte d’une haie, près de laquelle un paysan est assis sur une pierre ; deux autres paysans qui parlent ensemble, sont debout à une petite distance.

20. Les deux Bateaux. Deux bateaux chargés, vus de face et attachés l’un derrière l’autre, sur une rivière qui s’étend dans toute la longueur du bas de l’estampe. Ils passent devant un rocher au haut duquel est une baraque. Un peu plus bas est pratiquée une espèce de balcon, où Ton voit un homme parlant à un batelier qui est debout dans le deuxième bateau. IIS. 1667.

21. La. Maison au bas du rocher. Sur la droite de ce morceau, qui fait le pendant du précédent, un grand rocher, garni de quelques arbres et arbrisseaux, s’élève jusqu’au bord supérieur de la planche ; à son pied, au milieu de l’estampe ; est une maison entourée de beaucoup d’arbres. Même chiffre et même année qu’à la pièce précédente.

22 à 25. Les Quatre Saisons. Suite de quatre estampes. 1. Le Printemps. Vue d’une rivière dans laquelle plusieurs jeunes gens s'amusent à nager ; trois autres, dont un se déshabille, sont sur le bord, à la droite de l’estampe. Dans la marge du bas est écrit : Ver aperit terras... 2. L'Eté. Paysage dans lequel plusieurs paysans sont occupés à moissonner. Un voit sur le devant, à droite, un jeune garçon parlant à deux moissonneurs, qui sont à terre. Dans la marge du bas écrit : Gratior agricolas Aestas... 3. L'Automne. Paysage montueux. Sur la gauche sont des vignes où l’on vendange. Vitibus Automnes. .. 4. L'Hiver. Plusieurs hommes patinant, sur un canal, le long des murs d’une ville (Utrecht?), qui sont à la gauche de l’estampe. Le lointain, à droite, offre la vue d’une maison entourée de bois. On lit dans la marge du bas : Frigida venit IIiems...

26. Le paysan en repos. Sur la droite de cette estampe, un paysan, vu presque de face, est assis à terre. Au bas de ce même côté est le chiffre de Saft-Leven et l’année 1646. On lit dans la marge du bas : Terra faclus liomo terrain proscindit arator... etc.

27. Le Bois. Ce superbe morceau représente l’entrée d’un bois. Sur la gauche, en bas d’une colline, deux arbres, à côté l’un de l’autre, s’élèvent jusqu'au bord supérieur de la planche. On remarque sur ce même côté un petit lointain qui ofi're la vue d’une rivière, dont les bords sont en partie garnis d'arbres. Tout en haut de la gauche est le monogramme de H. Saft-Leven et l’année 1644. Cette estampe, d'abord faiblement gravée, a été retouchée une seconde fois à l’eau-forte par le peintre lui-même.

28. Le grand Arbre. Ce morceau, qui fait le pendant du précédent, est du nombre des plus beaux que nous ayons de

Saft-Leven. Il est très rare. Sur le devant à droite, s’élève un grand arbre dont le branchage s’étend presque sur toute la partie supérieure de la planche . Au bas de la gauche est le chiffre de l'artiste avec l’année 1647.

HERMAN SAFT-LEVEN (1609) S

En ménageant une large place à la lumière, l'artiste fait jouer un grand rôle à la blancheur du papier ; toutefois, dans ses commencements, il n'en était pas ainsi, et ses premières pièces, telles que, par exemple, la Femme trayant une vache (15. .34), trahissent l'influence de Jean Van de Velde et l'imitation involontaire des travaux très serrés et très roides du comte de Goudt. Saft-Leven, qui vivait à l'trecht où avaient été publiées les célèbres estampes gravées par ce gentilhomme d’après Elzheimer,

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