‹ Histoire des peintres de toutes les écolesChapitre 84 sur 136 · JEAN BOTH · texte numérisé non relu

JEAN BOTH

troisième plan ; entre les deux, passe un rayon de soleil qui dessine sur le terrain l’ombre allongée des jambes de deux chevaux qui vont aussi traverser le lleuve. Un vieux pont inachevé ou à demi emporté par quelque tempêle s’arrête au milieu de l’eau. A gauche, dans une large demi-teinte que fait l’ombre de la montagne et qu’adoucissent les rellets du soleil, un paysan mène son âne parle licou. Deux ou trois nuages floconneux remplissent la droite du tableau. Le paysage est tranquille, plein de lumière, et toutes les lois de l’art y sont observées avec une délicatesse rare.

Henri Versehuuring et Guillaume de Heuss furent les seuls élèves de Jean Both. Le premier se livra de

ÉCOLE HOLLANDAISE

style tellement noble, qu’elles semblent élever la pensée du peintre au-dessus d'une intention purement hollandaise, c'est-à-dire au-dessus du genre champèlre que de Piles a si bien défini. Un temple avec façade à colonnes adossées, une abbaye italienne ornée de pilastres’ et surmontée d'une campanille, donnent parfois à la composition de Bolli un aspect entièrement historique, à la Poussin. On éprouve alors beaucoup de charme à contempler cet abri qu’une communauté de moines s'est choisi au pied des montagnes, à deux pas d'un fleuve qui coule sans bruit, au sein d'une campagne remplie de majesté et de silence, liais cela même ne prouve-t-il pas que le peintre est moins sensible aux souvenirs de l'histoire qu'aux naïves émotions que procure le sentiment des beautés rustiques ?

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